lundi 8 décembre 2014

La liste de Freud

Titre : La liste de Freud
Titre original : Sigmund Freud's Sister
Auteur : Goce Smilevski
Traduction : Harita Wybrands
Édition : Belfond
Parution : 2013
Nombre de pages : 275
Synopsis : 1938. L'Allemagne nazie s'apprête à envahir l'Autriche, les Juifs cherchent à fuir.
Alors qu'on lui délivre des visas pour l'Angleterre, Freud est autorisé à soumettre une liste de 20 personnes qu'il souhaite emmener avec lui.
Y figurent, entre autre, son médecin et ses infirmières, ses femmes de ménage, son chien et sa belle-sœur ; mais pas ses propres soeurs, qui mourront toutes les 4 dans les camps nazis, tandis que le père de la psychanalyse terminera ses jours à Londres.
Et Adolfina de raconter : l'enfance, les souvenirs, les regrets aussi, et l'incompréhension devant la décision de celui dont elle était pourtant la plus proche. Mais également ses rencontres de hasard avec Otla Kafka, Klara Klimt, sacrifiées comme elle sur l'autel de la célébrité de leur frère.

Article de 2014
Modifié 2017

Avis :
    Sachez tout d'abord, que ce sont mes études de psychologie et l'intérêt que je porte à cette matière qui ont fait que ce livre m'ait attiré. C'est bien, que ce livre ait attiré mon attention mais j'en ressens encore quelques déceptions.

    Pour ceux qui seraient tentés par le synopsis : non, ne vous attendez pas à ce que l'histoire se concentre sur la vie de Freud. On y rencontre surtout Adolfina et cela ne se passe pas au cœur des camps de concentration, et on a à peine une entrevue de ce qu'il se passe pendant la guerre. Ceux qui seraient attirés par le titre : vous serez déçus : on aborde à peine la fameuse liste de Freud et l'histoire ne se concentre pas du tout sur ça - même si on devine qu'Adolfina nous raconte tout ça pour nous aider à comprendre le choix de ce cher Sigmund.

    Le titre trompeur, le synopsis presque trompeur : deux raisons pour lesquelles je suis déçue. Je ne m'attendais pas à ça. Certes, je savais que l'histoire se concentrerait sur une des sœurs, mais je pensais que le roman allait prendre une tournure autobiographique, de par les yeux de Freud.
    On aborde à peine la vie de Freud. Par contre, le récit est porté par Adolfina, l'ainée des sœurs de Freud, mal-aimée par une mère qui vénère déjà son premier fils et traitée d'incapable parce qu'elle possède tous les défauts du monde.

    Le début du roman se concentre sur la période 1938 : les Juifs sont tués, expulsés, et on comprend très vite quel sera le destin de ces 4 sœurs. À partir de là, Adolfina se souvient : elle nous raconte des bribes de souvenirs d'avec son frère et nous fait découvrir l'époque où sa famille était encore soudée.
    Le contexte de l'histoire m'a plu : on apprend encore quelques petites choses sur la vie de Sigmund Freud et la vie d'Adolfina - et même si elle n'est pas spécialement trépidante, n'est pas désagréable à lire. Il y a des passages de longs débats entre Sigmund et quelques personnes qu'il rencontrera via sa petite sœur - je pense à Clara Klimt notamment, une jeune féministe engagée qui fait rager les plus traditionnels de son époque. Ça peut paraitre longuet à certains, mais ça ne m'a pas déplu. Un autre passage assez longuet, c'est le moment où Adolfina arrive dans ce qui semble être les anciens hôpitaux psychiatriques, c'est long, mais long... c'est le moment où il faut relire le titre pour se souvenir du sujet basique, parce que sinon on se perd.

    Un point positif encore mais que je n'ai pas encore pu vérifier moi-même : c'est la véracité de certains faits de ce roman. La mise en place dans les camps et même la mise en place du centre psychiatrique de Vienne sont de vrais évènements, mais cependant, gardez à l'esprit que ce qui est écrit dans le livre est fictif. Le contexte est vrai, mais pas les faits dont on accuse Freud. J'aurais aimé vérifier les actes de Clara Klimt et les relations tumultueuses de son frère, les relations qu'entretenaient réellement les filles avec leur mère dans sa famille et bien d'autres choses mais je crains qu'il soit impossible de se lancer dans ces recherches sans y perdre le mois.

    C'est l'heure de la conclusion - actualisée ! - de ce roman : je l'ai lu en 2014, et en 2017, quasiment plus aucun souvenir. Je me souviens vaguement d'un livre longuet, accusateur envers Freud. Le contexte est intéressant : l'avant-guerre, l'avant Hitler, l'avant tout ce qui a fait basculer l'Humanité, mais très franchement, je ne comprends pas pourquoi avoir adopté ce point de vue. Pourquoi les sœurs ? Adolfina a certes une personnalité intéressante mais pourquoi tout ça ? J'avais écrit en 2014 qu'on en "tirait une certaine philosophie". Je sais pas quelle philosophie j'en ai tiré puisque je m'en souviens plus. Mais ça devait être quelque chose...


"La folie ne se comprend pas elle-même, et la normalité non plus ne se comprend pas. Et ce qui les sépare, c'est la peur : la normalité a peur de la folie comme la folie a peur de la normalité."
 

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1 commentaire:

  1. Je ne connaissais pas ce livre, ce n'est pas mon genre du moment mais plus tard pourquoi pas :)

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