lundi 8 octobre 2018

Les bulles en vrac #2


♦  Bonjour ! Voici un nouvel article spécial Bande-dessinée et manga. Je lis de plus en plus de livres à bulles et j'ai déjà le troisième article en préparation. C'est génial parce que je crois que c'est les articles que je préfère écrire. C'est concis, je parle de choses et d'histoires différentes alors c'est diversifié. Bon. Vous allez voir que cette semaine, on a quand même beaucoup de geeks et de personnes qui ont du mal avec les relations sociales. Je n'ai pas eu de lectures très diversifiées niveau livres à bulles...
J'espère que vous allez aimer ce dont je vais vous parler aujourd'hui, et peut-être même que vous allez découvrir des choses... sait-on jamais !



Bulles en vrac n°1

Otaku Otaku, tomes 1 & 2 de Fujita
Édition Kana (Big)
Je ne pouvais pas aborder ce nouvel article sans parler de mon manga coup de cœur de 2018 ! Narumi et Hirotaka sont des otaku - ils préférent rester parmi les manga, les jeux vidéos ou autres cosplays plutôt que de faire des activités plus "adaptées" pour les gens de leur âge. Sa condition d'otaku révélée à ses collègues, Narumi change de boîte et tombe dans celle de Hirotaka, ami d'enfance et otaku comme elle. Narumi constate qu'elle ne peut être épanouie en couple que si elle sort avec une personne otaku comme elle. Et voici Hirotaka qui lui propose d'être son boyfriend. 
D'abord, ce manga est très drôle. En effet, nos deux héros ne sont pas familiers des relations sentimentales, ce qui donne des situations à la fois grotesques et tout aussi adorables. S'ajoute à ça une recherche de leurs sentiments. Hirotaka se demande s'il n'est pas un "bouche-trou" pour Narumi et Narumi essaye de déterminer les sentiments d'Hirotaka. S'ajoute à cela leur collègues, otaku eux aussi, à la relation tumultueuse. Ce manga est à la fois très drôle et touchant. Et gros gros plus : il est original de par la personnalité otaku de ses héros et par la façon dont c'est abordé, sans clichés et sans exagération - ou à peine. 



Cliquez sur l'image pour l'agrandir


Bulle en vrac n°2


Culottées, tome 1 de Pénélope Bagieu
Édition Gallimard
Je ne regrette absolument pas d'avoir emprunté cette BD sur un coup de tête. C'est d'ailleurs le genre de livre que j'aurai aimé avoir en ma possession dans ma bibliothèque. Pénélope Bagieu expose les vies de plusieurs femmes qui ont comme point commun de ne pas s'être rabaissées devant la société, les hommes ou tout autre forme d'institution qui considère les femmes comme inférieures aux hommes, ou encore d'autres qui se rebelle contre les stéréotypes féminins. On y trouve par exemple Joséphine Baker, Annette Kellerman... J'ai été très touchée et fière de l'impératrice Wu Zeitan, dont la dynastie a été la plus prospère, contrairement à celles des hommes. Pénélope Bagieu nous expose la vie de ces femmes de manière concise et ludique, sous fond de sarcasme. Je vous recommande fortement cette BD : c'est à la fois une leçon d'Histoire, de sociologie, et ça a le mérite de nous faire réfléchir et/ou réagir sur la condition passée, actuelle et future de la femme. 





Bulles en vrac n°3


Rouge Karma d'Eddy Simon et Pierre-Henri Gomont
Édition Sarbacane
Pour le pitch, une femme enceinte qui veut retrouver son mari dont elle n'a plus de nouvelles. Malgré sa grossesse avancée, elle se lance en solitaire dans périple à travers l'inde, ses dangers, ses rencontres. La bande-dessinée a le mérite (ou l'inconvénient, je ne sais pas) d'être assez courte. À la fois l'histoire est assez simple à suivre, autant, elle aurait gagné à être davantage développée. Je pense même qu'elle peut certainement être adapté en roman pour que l'on puisse s'imprégner des détails. Les couleurs utilisées pour les dessins sont chaudes. J'ai trouvé qu'artistiquement, cela représentait l'Inde comme on peut parfois se l'imaginer, avec ses couleurs chatoyantes, partout autour. Les personnages sont touchants, j'ai particulièrement aimé le chauffeur de taxi qui vient en aide à cette bonne femme. C'est globalement une bonne lecture - quoiqu'un peu rapide, mais j'aurai du m'en douter - avec, en fond, une exposition des travers de l'Inde parmi les richesses dont elle regorge.

 → Vu aussi chez La ronde des post-it





Bulles en vrac
en +

Depuis peu, je me suis mise à lire des Webtoon, notamment via Line Webtoon, où j'ai trouvé des histoires sympathiques à lire, de toute sorte. Surtout, dites-le moi si je sors de ma grotte beaucoup trop tard. En tout cas, voici les 2 histoires que j'ai aimé cette semaine

I love Yoo de Quimchee : ici
/!\ En anglais
Shin-Ae est une lycéenne asociale qui ne veut plus obtenir de faveur de quiconque. Malheureusement, son caractère impulsif la pousse par deux fois à être confrontée à deux jeunes hommes, riches, et pas prêts de vouloir la lâcher. Yeong-Gi est un rouquin jovial et très attaché à notre jeune Shin-Ae. Elle refuse d'abord d'avoir affaire à lui et accepte finalement de le laisser pénétrer son cercle d'amis très privés - ou plus ou moins. À l'inverse, Kosouke est terne et sérieux : mais Shin-Ae semble l'intriguer. 
J'imagine que vous voyez le pitch. J'aime lire cette romance parce que je la trouve très drôle, avec tout de même quelques éléments dramatiques expliquant les caractères spécifiques des personnages. 


Let's play de Mongie : ici
/!\ En anglais
Sam veut devenir développeuse de jeux vidéos. Elle crée son premier jeu vidéo, mais malheureusement, un youtuber y joue et en fait la démonstration sur sa chaîne. Il descend complètement le jeu vidéo de notre pauvre Sam qui se prend toute la haine des fans du vidéaste. Elle n'est pas au bout de ses peine, car Marshall Law vient d'emménager à côté de chez elle.
Le personnage de Sam est atteint de troubles anxieux, qui sont la cause d'une isolation depuis la plus tendre enfance. Isolation qui ne fait que renforcer son trouble. J'ai aimé les confrontations entre Marshall et elle, l'évolution de leurs points de vue, et plus globalement, leur évolution en tant que personne. J'ai vraiment accroché à cette histoire. Petit plus, je trouve que l'auteure représente assez bien le trouble anxieux, au moyen de maux sous formes de personnages effrayants, mais parfois marrants. 



#NowWatching : Brooklyn 99 - Season 5
Étrange, non ?

Le complexe du papillon

Titre : Le complexe du papillon
Auteur : Annelise Heurtier
Édition : Casterman
Parution : 2016
Nombre de pages : 195
Synopsis : Qu'est-ce qui fait qu'une adolescente sportive, a priori bien dans sa peau, va basculer dans l'anorexie ? Il peut y avoir mille déclencheurs : la mort d'une grand-mère adorée, la réserve d'une mère, le regard des autres, ou de soi-même sur son propre corps, la naissance du désir, de l'amour, le dictat de la mode, internet... Petit à petit, Mathilde va tomber puis s'enfermer dans sa maladie... Démunie, son amie Louison refuse de la voir se détruire. Mathilde devra trouver en elle la solution pour résister et s'en sortir.





Avis :
     Pour ce livre, tout est parti de Twitter : j'avais demandé à mes abonnés - et au-delà - quels livres évoquaient les maladies mentales ou troubles du développement. Ayant été étudiante en psychologie, je redoute particulièrement les livres qui se méprennent sur la nature ou sur le développement d'une maladie ou d'un trouble. Il est assez pénible de tomber sur des synopsis mettant en avant une bipolarité du personnage pour ainsi se rendre compte que le personnage en question passe simplement du coq à l'âne dans son comportement - ce n'est pas de la bipolarité. L'objectif était de trouver des livres abordant le sujet le plus justement possible, et sans éternels clichés.

    Mathilde est collégienne. À la rentrée, elle découvre qu'une de ses camarades de classe s'est transformée : d'abord boulotte, elle est devenue le temps d'un été, un véritable papillon. Les premiers complexes arrivent pour Mathilde : comme sa camarade et comme Cara Delevingne,  elle voudrait avoir une taille fine et le thigh gap, un espace qu'ont les filles minces entre leurs cuisses. Mathilde veut tout d'abord faire un régime, puis c'est vite trop...

    Ce livre aborde donc le sujet délicat de l'anorexie mentale. Un sujet difficile, mais qui, curieusement, est abordé de façon simple, douce, sans se départir de sa facette inquiétante. À travers la vie de Mathilde, on suit les débuts insidieux de la maladie. En effet, elle se confronte aux images de mannequins, lui donnant de nouveaux complexes. Mathilde ne peut pas abandonner ce mal être en en discutant avec autrui : d'abord, elle pense que ses parents trouveront le problème futile, ils seront probablement trop préoccupés par leur travail ; ensuite, bien que son amie Louison l'encourage à s'amincir, Mathilde fait la sourde oreille quand il s'agit de s'arrêter. La seule qui aurait pu la réconforter, c'est sa grand-mère, malheureusement disparue. 
    Certains lecteurs ont trouvé que le sujet de l'anorexie était abordé beaucoup trop superficiellement, beaucoup trop simplement. C'est vrai, mais pour ne rien vous cacher, je préfère ça. J'ai apprécié qu'il soit traité de cette façon et pas de façon brutale, avec des détails à nous faire frémir. C'est abordé de façon assez claire pour nous faire comprendre la gravité de ce qui se passe, sans pour autant nous faire peur. Je pense notamment aux jeunes filles, qui sont la cible principale de ce genre de roman. 

    J'ai été très touchée par le personnage de Mathilde. J'aurai aimé lui ressembler lorsque j'étais au collège, mais loin de moi l'idée de complexer ! La jeune fille ressemble finalement à une adolescente lambda, en plus d'être particulièrement gentille, sportive et enjouée. On se retrouve vite impuissant face à sa descente aux enfers. On a assez vite envie de la protéger, de la conseiller, de la secouer aussi, un peu, lui faire prendre conscience de choses...
    Son amie, Louison, n'est pas en reste : c'est une des copines les plus chouettes que vous rencontrerez dans la littérature. Elle est très loyale, aimante, et très inquiète aussi. Elles font la paire, avec Mathilde. 

    En conclusion, le récit en lui-même est simple mais très addictif. On a envie de connaître l'issue de ce petit morceau de la vie de Mathilde. Le livre se finit néanmoins assez rapidement avec ses 195 pages mais il est assez fort pour marquer les esprits, le mien, en tout cas. Il aborde certes le sujet de l'anorexie mentale, mais aussi du deuil, la solitude, les complexes : je ne l'ai pas trouvé superficiel du tout. Au travers de ces sujets douloureux, on retrouve quelque chose de frais, de léger, puisque Mathilde évoque l'amitié, l'attachement à sa famille, son amour du sport et sa volonté.
    Je pense que c'est une lecture qui s'avère importante, notamment pour les adolescents, à qui je le recommande fortement.



Chapitre 6, page 50 :
"Je sais bien qu'il est inutile de se comparer à des mannequins. Mais après plusieurs heures passées à observer des corps parfaits, le contraste a dû être trop violent pour mes yeux et la clémence de mon jugement. Je me suis fait l'effet d'une fille sans style, sans grâce, suffisamment bizarre pour préférer, à toute autre chose, courir autour d'un stade ou à travers les bois. Une fille en sweat et leggins, assise en travers d'un lit dans une ferme sombre, l'estomac encore lourd d'une tarte aux prunes - ou peut-être aux poires ? - avalée sans même y prêter attention."


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mardi 2 octobre 2018

Frozen, tome 1

Titre : Frozen, tome 1
Titre original : Heart of Dread, book 1 : Frozen
Auteurs : Melissa de La Cruz & Michael Johnston
Traduction : Valérie Le Plouhinec
Édition : Albin Michel (Jeunesse Wiz)
Parution : 2015
Nombre de pages : 405
Synopsis : La couverture de Nat ne tient plus qu'à un fil. Bientôt tout le monde saura qu'elle fait partie des "marqués". Le casino, où elle officie comme croupière, va découvrir qu'elle a volé des jetons... Sans aucun scrupule, elle fait accuser à sa place un dénommé Wes, joli garçon mais arrogant. Nat, elle, a déjà détourné le regard : elle a assez d'argent pour quitter cet infâme New Vegas plongé dans l'aire glacière, et rejoindre le Bleu, là où l'air est pur et la mer azur. Là où les renégats comme elle peuvent vive en paix. Il suffit juste de payer un mercenaire. Mais le passeur, ô surprise, n'est autre que Wes... Après tout, se dit Wes pas rancunier, un voyage dangereux en compagnie d'une jolie fille ne se refuse pas. 


Avis :
    Je n'avais jamais ajouté ce livre à ma wish-list, je me demande bien pourquoi puisque le synopsis avait tout pour me plaire. On mélange à la fois la dystopie et la science-fiction, avec en fond, une romance sur fond de love/hate : ça annonçait le coup de cœur ! Et pourtant...


    Nat est une jeune fille Marquée, reconnaissable à ses yeux d'une couleur particulière dans ce monde où les pouvoirs magiques et la singularité sont proscrits. Nat veut aller vers le Bleu : un monde idyllique où les gens comme elles sont acceptés. Elle réussi à voler de l'argent au casino où elle travaille et fait accuser Wes, un jeune homme fourbe qui passait par là. En recherchant une bonne âme pour l'amener le plus loin possible de ces terres hostiles, elle n'a pas d'autres choix que de demander de l'aide à Wes et son équipe. Les voilà parti pour un voyage rempli d'aventures. 

    D'abord, j'ai trouvé que l'intrigue tenait debout : une jeune femme à la recherche d'un monde idyllique, plaque tout pour tenter de l'atteindre à ses risques et périls. Elle tombe sur un jeune homme charmant prêt à risquer tous les dangers en échange d'argent. Accompagnés de personnages amusants, méfiants... ou autre, leur trajet ne sera pas sans danger, vous vous en doutez. 
    Je ne me suis pas du tout ennuyée lors de ma lecture. Il y a assez de péripéties pour ne pas tomber dans le monotone. Les imprévus mettent réellement nos héros dans l'embarras, à tel point que l'on s'inquiète réellement pour eux, en se demandant si cela va avoir des conséquences irréversibles. 

    Paradoxalement, j'ai trouvé que tout se passait très vite. On a beaucoup de péripéties, il arrive des choses dangereuses à nos compagnons mais je n'ai pas eu l'impression que ce soit exploité à son maximum. On passe d'un problème à l'autre sans avoir le temps de respirer - donc ça c'est assez cool - mais en même temps j'ai ressenti comme une impression d'inachevé. Vous me suivez ? Non ? Continuons quand même. 
    Peut-être qu'il y a une sensation de rapidité dans le récit par manque de descriptions ? Ou trop d'informations ? Trop brouillon ? Je n'ai pas réussi à me représenter les différentes terres hostiles que nos héros traversent. À part le fait que ce soit rempli de glace, de froid et d'hostilité, j'ai pas compris. J'ai également eu du mal à me représenter les personnages : j'arrive à me rappeler leurs personnalités travaillées mais pas spécialement leur physique. C'est contraignant. Enfin, je trouve.
    Vaut-il mieux un personnage bien décrit physiquement mais sans personnalité ou une personnalité travaillée sans pouvoir s'appuyer sur une description physique ? Je suis assez pour une personnalité plus travaillée au dépend d'une description physique. Même s'il vaut mieux avoir les deux, en sachant que souvent, le physique d'un personnage laisse transparaître sa personnalité. Je ferme la parenthèse. 

    Les personnages, parlons en peu, parlons-en vite. Nat et Wes m'ont beaucoup plu. Indépendamment l'un de l'autre. Nat est une personne courageuse, déterminée, et aussi un peu perdue. Ce qui représente une faille pour ce personnage qui ne veut montrer aucune faiblesse - surtout devant les hommes. Wes est - au départ - un jeune homme bien arrogant et sûr de lui, insensible, meneur de son groupe. Petit à petit, ce personnage laisse lui aussi s'écailler sa carapace et montre ses véritables ambitions. 
    Comme indiqué dans le synopsis : il y a du love. C'est assez cool. Cependant, j'ai été un peu déçue. Pour moi, les romances dans les romans Fantasy, SF, Thriller... etc, c'est une sous-intrigue. C'est la petite histoire mignonne qui rappelle que tout n'est pas noir. Quand un moment romantique se pointe dans le récit, c'est mignon, parfois inattendu. Le souci, ici, c'est que cette romance prend bien 50% de l'intrigue à un certain moment. Et bon, c'est bien. Mais disproportionné. Enfin je veux dire... des choses graves se passent et nos héros divaguent pour un eye contact. Ça va 2 minutes, votre bateau dérive ! J'exagère. Mais si peu. J'ai été un peu lasse de leurs moments d'intimité au bout d'un moment, tout de même.

    La plus grosse déception de ce livre, c'est sa fin. Je ne peux pas vous expliquer pourquoi j'ai été frustrée de cette fin, mais je l'ai été voilà. C'est ma faille. Quel ascenseur émotif. Je pense que c'est une sorte de cliffhanger, mais manque de bol, je n'ai pas spécialement envie de connaître ce genre de suite. Je ne peux pas non plus vous expliquer pourquoi je ne veux pas connaître la suite parce que ce serait 1) dévoiler la fin, et 2) dévoiler les objectifs de chacun des personnages, et donc l'amorce du 2ème tome. 


    Je suis mi-figue, mi-raisin face à cette lecture. À la fois, j'aime le côté oppressant, propre à la dystopie, j'aime le fait d'avoir une romance passionnelle au milieu de tout ce foutoir, j'aime la personnalité de chacun des personnages... mais c'est trop. Trop d'actions rapides, trop de questions sans réponses, une fin qui me donne envie de continuer mais juste par curiosité et non par réelle envie... Finalement, c'est dommage que je n'ai pas eu un réel attachement à l'histoire ou pour le devenir des personnages. C'est peut-être ça qui m'a manqué.


Chapitre 44, page 360 :
"Rappelle-toi notre accord, dit-elle. Plutôt mourir de tes mains que des leurs.
Il secoua la tête.
- On en arrivera pas là."

Lu dans le cadre du
Challenge des pavés

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mardi 25 septembre 2018

Emma

Titre : Emma
Auteur : Jane Austen
Traduction : Josette Salesse-Lavergne
Édition : 10/18
Parution : 2016
Nombre de pages : 575
Synopsis : Le destin n'y est pour rien. Si les couples se font et se défont, dans le petit bourg de Highbury, c'est qu'Emma s'est improvisée des talents d'entremetteuse. Il est bien plus distrayant, pour une jeune femme accomplie, de s'immiscer dans les affaires matrimoniales des autres plutôt que de chercher un mari. À moins de se retrouver prise à son propre jeu...






Avis :
    Ça fait un moment que j'avais envie de me replonger dans un roman de Jane Austen, depuis Orgueil et préjugés que j'avais réellement adoré. Aucune romance ne surpasse ce roman à mes yeux, encore aujourd'hui. J'ai pu lire Emma grâce à ma tante qui a gentiment accepté que je le lui emprunte : je ne suis pas déçue du tout.

    Emma est une belle jeune fille, de bonne famille, cultivée, douce et très trop sociable. Alors qu'elle vient de jouer les entremetteuse pour sa préceptrice et un veuf de son bourg, elle souhaite en faire son passe-temps favori. Forte de son succès, elle cherche à reproduire l'exploit pour sa nouvelle amie Harriet, seulement, cette jeune fille ne semble pas avoir les critères requis pour conquérir le cœur d'un gentleman.

    L'histoire est pleine de rebondissements. On suit l'évolution des sentiments de Harriet, les stratagèmes d'Emma pour l'unir au fameux Mr Elton, et bon nombres d'autres intrigues qui sont loin d'être secondaires.
    Emma mène une vie bien mouvementée. Il faut dire que se mêler de la vie sentimentale de ses voisins lui prend beaucoup de temps. Si seulement les sentiments de Harriet étaient sa seule préoccupation... mais non : il y a beaucoup d'autres intrigues. Plus Emma rencontre les habitants, plus les intrigues se multiplient. Le point fort de ce livre, c'est qu'on a pas le temps de s'ennuyer. Comme dans Orgueil et préjugés, les quiproquos, les non-dits s’entremêlent jusqu'à mettre Emma au pied du mur... ou presque. 
    Le seul bémol, c'est que j'ai réussi à deviner comment l'histoire allait se dérouler, et même... se terminer ! C'est assez agaçant, je ne vous cache pas. Parfois j'étais comme "Oui, bon, ok. Le monsieur le dit pas mais en fait il aime la demoiselle là, ça se voit, à la page 124 il a laissé échapper quelque chose, à tous les coups dans 50 pages il avoue tout". Et à la page 174, le monsieur avouait tout. Ça gâche un tantinet le plaisir. C'est une remarque très personnelle, mais il y a une possibilité que vous deviniez l'intrigue petit à petit si vous avez déjà lu un livre de cette auteure. 

    Pour parler de l'auteure justement, j'ai adoré retrouver sa jolie plume. J'adore comment Jane Austen tourne ses phrases - le phrasé de l'auteure était peut-être aussi joli pour l'époque. On se fait vite à la tournure ancienne des phrases. Cela rajoute même un côté dépaysant à la lecture. On est totalement immergé dans l'époque via le phrasé, puis par les paysages décrits, puis par les valeurs des personnages.

    La richesse des romans de Jane Austen, c'est aussi la singularité des personnages qu'elle met en scène. Elle arrive à leur donner une personnalité propre alors que ceux-ci peuvent apparaître très rarement dans le récit. J'ai personnellement adoré Mr Knightley qui fait trop peu d’apparitions à mon goût. Il est posé, mature, même si parfois trop soucieux d'Emma. Emma est à la fois mature et distinguée de par son éducation et du milieu dans lequel elle évolue. Elle s'avère être un brin joueuse et manipulatrice. Je n'ai pas trop aimé le fait qu'elle se mêle de ce qui ne la regarde pas, tout en diffusant partout ses propres préjugés. Je n'ai pas réussi à m'attacher à Harriet qui m'a plus fait de la peine qu'autre chose. Elle est trop naïve et n'arrive pas à voir que tout le monde se sert d'elle comme d'un faire-valoir. 
    Globalement, j'ai réussi à apprécier tous les personnages avec leurs qualités et leurs défauts. Ils sont tout simplement réalistes, c'est peut-être pour ça. 


     En résumé, je suis très contente d'avoir pu lire un autre roman de Jane Austen. Il était comme je m'y attendais : dépaysant, assez drôle, avec des rebondissements propres à l'époque et avec des personnages singuliers. Je ne peux que recommander cette lecture à d'autres adeptes du genre.




Page 290 :
"- Vous êtes trop tatillonne, ma chère, lui dit son mari. Est-ce que ces détails ont de l'importance ? Vous ne verrez plus rien à la lumière des bougies et cette maison paraîtra aussi propre que Randalls. Nous ne nous occupons nullement de ces bêtises lorsque nous venons passer la soirée au club.
Les dames échangèrent certainement à ce moment-là un regard qui disait "Les hommes sont aveugles à la saleté", et les messieurs songèrent peut-être chacun pour soi que "les femmes s’embarrassent décidément de petits soucis stupides et sans le moindre intérêt"."

Ce livre a été lu dans le cadre du
Challenge des pavés

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lundi 17 septembre 2018

C'est Lundi, que lisez-vous ? #24


C'est un rendez-vous inspiré de It's Monday, What are you reading ? par One Person's Journey Through the World Book et qui été repris par Galleane

En théorie, on répond chaque Lundi a 3 questions :
1 - Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2 - Que suis-je en train de lire en ce moment ?
3 - Que vais-je lire ensuite ?


1 - Qu'ai-je lu la semaine passée ? 


Deux romans historiques en une semaine ! J'ai d'abord fini ce pavé qu'est Victoria : les débuts de la jeune reine d'Angleterre qui deviendra par la suite une des plus grandes monarques de l'Histoire. On se concentre ici sur les débuts de sa vie politiques, et ses premiers émois amoureux. J'ai beaucoup aimé : il y avait la dose parfaite de romance et de politique !
J'ai enchaîné avec Chère Mrs Bird, qui prend place en 1941, en Angleterre également. On suit la vie d'Emmy qui se rêve journaliste et qui finit par répondre aux courriers des femmes aux problèmes superficiels... mais pas que. Emmy veut jouer un rôle important dans cette guerre qui implique essentiellement les hommes, mais il se pourrait qu'aider les femmes restées à l'arrière soit aussi un rôle important. J'ai beaucoup aimé aussi cette lecture, pas toujours drôle mais terriblement touchante. Les chroniques arriveront prochainement ! 


2 - Que suis-je en train de lire en ce moment ? 

♦ La Faucheuse, tome 1 de Neal Shusterman ♦
Est-il encore nécessaire de présenter ce roman ? Pour les quelques personnes qui ne connaîtraient pas, je vous mets un lien juste ici. Je ne sais pas à quoi m'attendre : j'ai vu des gens en attendre trop et être déçus, j'ai vu des grands satisfaits. Advienne que pourra !
L'avez-vous lu ? Apprécié ?

3 - Que vais-je lire ensuite ?


J'hésite entre ces 3 livres. Je commencerai bien par Gardiens des Cités perdues - Nocturna parce que c'est le plus gros et que l'univers m'a manqué. Mais aussi, j'ai lu que dans le roman Les cartographes, l'intrigue mettait du temps à se mettre en place, alors autant le lire quand j'ai l'esprit tranquille. Mais en même temps, Je t'ai rêvé est le plus court et celui qui semble avoir l'écriture la plus fluide... je ne sais pas. J'attends des avis ici. Ou je laisserai ma sœur choisir.
L'avantage, c'est qu'ils rentrent tous dans le cadre du Challenge des pavés. Et c'est exactement ce que je voulais.


Quand tu viens de finir une romance dont l'intrigue se passe dans le 19ème siècle


Et vous ? Que lisez-vous ?


PS : Pour choisir mes prochaines chroniques,
rendez-vous sur Instagram : labiblidamelie

samedi 15 septembre 2018

Audrey retrouvée

Titre : Audrey retrouvée
Titre original : Finding Audrey
Auteur : Sophie Kinsella
Traduction : Juliette Lê
Édition : Pocket Jeunesse
Parution : 2016
Nombre de pages : 299
Synopsis : Audrey a 14 ans. Elle souffre de troubles anxieux. Elle vit cachée derrière ses lunettes noires, recluse dans la maison de ses parents à Londres. 
Ça, c'était avant. Avant que Dr Sarah, son psychiatre, lui demande de tourner un film sur sa famille, pour voir la vie d'un œil nouveau : celui de la caméra. Avant que Linus, un copain de son frère, débarque. Avec son grand sourire et ses drôles de petits mots griffonnés sur le coin d'une feuille, il va pousser Audrey à sortir. Et à redécouvrir le monde...



Avis :
    Ce qui m'a attiré dans ce livre, c'est le thème abordé : les troubles anxieux / la phobie sociale. J'ai vu que c'était ce qui avait attiré beaucoup de lecteurs à lire ce roman, outre le fait qu'il avait été écrit par Sophie Kinsella. Je n'ai pas eu le coup de cœur espéré mais je ne peux pas dire que c'est une déception...

    D'abord, je tiens à préciser que je suis sortie de ma zone de confort avec ce livre. On le désigne comme du chick-lit et c'est loin d'être mon type de livre préféré. Je n'ai jamais eu l'envie de me lancer dans la saga de L'accro du shopping et je craignais que le style de l'auteure ne me plaise pas, bien qu'elle se trouve ici dans un tout autre registre, avec pour thème, un sujet délicat.
    Bienheureusement, ce n'est pas le cas. C'était une agréable lecture. J'ai fini le livre assez rapidement, et avec le sourire ; tout cela certainement grâce à la plume fluide de Sophie Kinsella. Audrey retrouvée fait désormais parti de ces romans que je nomme "roman doudou" ou "roman bonbon". L'écriture est fluide, on lit sans forcément réfléchir, c'est amusant, c'est gentillet. La lecture n'est pas prise de tête, ça nous remonte le moral et tout coule de source.

    Tout coule de source. C'est vrai que c'est bien. Je voulais lire ce livre pour me remonter le moral, c'est chose faite. Seulement, vu le thème, j'ai trouvé que tout se passait trop facilement - trop rapidement. Ne vous méprenez pas : je n'aurai pas aimé non plus voir cette pauvre Audrey galérer de trop pour se sortir de ce trouble qui lui gâche la vie. J'aurai juste aimé que certaines scènes, certains critères, soient abordés plus longuement. 
    La phobie sociale est un trouble que je connais bien (au même titre que les troubles anxieux) et j'ai trouvé que tout coulait de source dans la vie d'Audrey. À partir du moment où elle rencontre Linus, elle arrive à tout. Elle se lance trois phrases motivantes et c'est parti. Alors, bon. Tant mieux pour Audrey, mais quelle rapidité dans le récit !! 
    Au début du roman, la phobie sociale est bien représentée chez Audrey : on comprend sa souffrance, on a envie de la pousser à faire quelque chose, on a envie de l'aider, ça doit pas être facile. Et puis en fait, bah, Linus restera sa source de motivation. Quasiment pas besoin de la psy. Je comprends que le but n'était pas de faire un exposé sur ce qu'est réellement la phobie sociale / les troubles anxieux mais un peu plus de profondeur ne m'aurait pas dérangée
 
    Petit bémol en plus : on ne sait pas ce qui a causé les troubles anxieux d'Audrey. L'auteure se concentre sur les conséquences. Peut-être que c'est un choix : peut-être que l'auteure s'est dit que citer une cause spécifique ne serait pas significatif, puisqu'il en existe plein - c'est mon hypothèse. Mais... non. 
    Je veux dire : on a la chance d'avoir une héroïne avec ce type de trouble qui touche de plus en plus d'adolescents, on a la chance de les laisser s'identifier à cette héroïne, on choisit un thème délicat... et on en parle qu'à moitié. Finalement... Je ne peux m'empêcher de penser au Complexe du Papillon d'Annelise Heurtier, qui oriente son histoire sur les causes et les horribles conséquences de l'anorexie mentale. On prend davantage conscience de la gravité de la chose. Ou alors, le but n'était pas de se focaliser sur les troubles anxieux à 100% et je l'ai mal compris.

    Parlons d'Audrey, parlons des personnages : cette héroïne est vraiment touchante tout de même. Comme je l'ai dit, on ressent sa souffrance dès le départ, cet isolement, cette envie d'aller de l'avant mais de rester bloquée à la moindre difficulté sociale rencontrée. On ne peut pas nier qu'elle est pleine de volonté et de joie de vivre.
    J'ai adoré le personnage de Linus : il est adorable. Leurs échanges de petits mots se fait simplement - voire trop facilement, du coup - et cela rend leur relation toute mignonne.  
    J'ai eu cependant du mal avec la mère d'Audrey, tout à fait inquiète de tout. Pour Audrey, mais aussi pour son frère, qu'elle juge "accro aux jeux vidéos" : elle ne cherche pas à le comprendre et se lance à corps perdu dans une guerre contre un divertissement qu'elle ne connait pas. C'est dommage de pouvoir comprendre les troubles anxieux mais pas l'envie de rester seul, un instant. 


    Je crois avoir écrit plus que de raison pour cette chronique ! Non ? Globalement, c'était une lecture très douce, très tranquille, à la fois amusante et très émouvante. Je redoutais un manque de profondeur vis-à-vis du thème, je l'ai trouvé. C'est dommage mais ça n’entache pas le plaisir que j'ai eu à le lire. Je vous le conseille au coin du feu, à la plage, ou tout seul, sans les lunettes de soleil pour vous cacher.



"Conseil en or pour les profs qui lisent ça (c'est à dire aucun probablement ) : abstenez-vous de monter du doigt la fille qui se crispe chaque fois qu'on la regarde. Parce que ça ne l'aide pas des masses. Et évitez d'en rajouter une couche en déclarant devant toute la classe : "Audrey est le plus grand espoir de sa promotion , elle est extrêmement douée."
Qui rêve de représenter le plus grand espoir de quoi que ce soit ? Qui veut être "extrêmement douée" ? Qui a envie de passer le reste de l'année à subir les regards de travers de ses camarades de classe ?
Enfin, je ne reproche rien à ces profs. Je dis juste ça comme ça." 


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vendredi 14 septembre 2018

Shades of Magic, tome 1

Titre : Shades of Magic, livre 1
Auteur : V.E. Schwab
Traduction : Sarah Dali
Édition : Lumen
Parution : 2017
Nombre de pages : 505
Synopsis : Kell est le dernier des Visiteurs, des magiciens capables de voyager d'un monde à l'autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est le centre à chaque fois. Le nôtre est gris, sans magie d'aucune sorte. Celui de Kell, rouge, et on y respire le merveilleux avec chaque bouffée d'air. Le troisième est blanc : les sortilèges s'y font si rare qu'on s'y coupe la gorge pour voler la moindre incantation. Le dernier est noir, noir comme la mort qui s'y est répandue quand la magie a dévoré tout ce qui s'y trouvait, obligeant les trois autres à couper tout lien avec lui.
Depuis cette contagion, il est interdit de transporter un objet d'un monde à l'autre. C'est pourtant ce que va faire Kell, un chien fou tout juste sorti de l'adolescence, pour défier la famille royale qui l'a pourtant adopté comme son fils, et le prince Rhy, son frère, pour qui il donnerait pourtant sa vie sans hésiter. Et un jour, il commet l'irréparable : il passe une pierre noire comme la nuit dans le Londres gris où une jeune fille du nom de Lila la lui subtilise. Mais la magie n'attire jamais à elle personne par hasard. 


Avis :
    Pour être tout à fait honnête avec vous, le pitch ne m'intéressait pas plus que ça, de base. Je voyais passer cette saga partout sur les blogs adeptes du genre, des coup de cœur absolument partout, des éloges, des recommandations... j'étais tout de même moyennement emballée. Je suis tombée dessus sans le chercher - n'oubliez pas : c'est la meilleure technique pour trouver un livre - et étant donné que je cherchais à lire des romans avec beaucoup de pages dedans pour mon Challenge des pavés je me suis lancée.

    Kell est un Visiteur : il peut voyager de mondes en mondes. C'est bien pratique puisque dans l'univers de Kell, il existe 4 mondes dont Londres est le centre : il y a le Londres Rouge - le plus rempli de magie - , le Noir - le plus rempli de magie, mais obscure -, le Blanc - la magie y est très rare - et le Gris qui est le plus neutre. Kell est un privilégié puisqu'il a grandi avec la famille royale du monde Rouge, et il a une lubie peu commune dans cet univers : il fait passer des objets d'un monde à l'autre, alors que c'est formellement interdit. À force de jouer avec le feu, Kell finit par transporter une pierre sombre dotée de magie noire dans le monde Gris... et la perd lorsque Lila la lui vole. Lila, c'est la petite voleuse des rues qui se rêve pirate : elle profite de la faiblesse de Kell sur l'instant pour lui faire les poches et lui subtiliser le caillou. Prenant conscience que cette pierre aux nombreux pouvoirs peut s'avérer dangereuse, ils décident de s'allier pour la ramener dans son monde d'origine : le Londres Noir.

    Voilà pour le résumé. C'est complexe. Le premier point positif, c'est que j'ai trouvé l'histoire très originale. Ici, il n'y a pas d'élu ou de prophétie - pour l'instant.
    Dans le genre Fantasy, on retrouve souvent la magie au centre du récit. J'apprécie quand celle-ci n'est pas apprise par le héros mais acquise, présente dans ses veines - littéralement. Je trouve que cela donne plus de puissance au personnage, il contraste avec le reste plus que dans n'importe quel roman. 
    L'histoire n'est en soit pas très compliquée à comprendre : c'est comme une contagion. Kell fait rentrer illégalement une pierre du Londres Noir dans le Londres Gris. Manque de bol, cette pierre est pleine de magie noire. Il faut la remettre dans le Londres Noir avant qu'elle ne contamine tous les autres mondes. J'ai adoré la course contre la montre qui découle de cette situation. Les personnages - ceux qui veulent que la pierre contamine tout - et les autres se battent pour garder la pierre et en faire ce que bon leur semble. C'est très rythmé, juste assez pour nous faire perdre haleine et reprendre nos esprits ensuite.

    Parmi les chroniques que j'ai eu la chance de lire avant de me lancer dans ce livre, une "critique" revenait assez souvent : l'histoire annoncée par le synopsis met du temps à arriver. Et c'est vrai.
    Je ne vous cache pas que rien qu'à la lecture de la quatrième de couverture, j'étais un peu perdue avec tous ces Londres. Je ne voyais pas le lien entre Lila la voleuse "sur un coup de tête" et Kell qui "défie la famille royale". Bon. Après lecture, je n'ai toujours pas compris pourquoi Kell défie la famille royale ni pourquoi elle s'est donné du mal avec lui tout ça pour lui voler un caillou. Bref. La rencontre entre Kell et Lila met du temps à arriver : l'auteure pose les bases de leurs 2 mondes, dans quels contextes se sont-ils retrouvés là, comment fonctionnent les mondes, comment passe-t-on d'un monde à l'autre ? C'était long avant d'être happée par le récit mais je voulais vraiment comprendre l'univers, m'imprégner de tous les détails. Il faut dire que la plume de Mme Schwab est formidable - ou alors, merci à la traductrice ! L'écriture n'est pas addictive mais j'ai pris plaisir à suivre à la fois l'histoire des Londres et les péripéties de Lila et Kell

    L'intrigue a été facile à suivre grâce à la variation de narrateurs. On alterne les points de vue de Kell et Lila, parfois sur une même scène. Plus rarement, on peut avoir le point de vue d'une personne ennemie - souvent du Londres Blanc, du coup. J'adore quand la narration varie : ça empêche le lecteur de trop s'ennuyer avec un personnage un peu trop taciturne - par exemple - et ça permet au lecteur d'avoir un point de vue omniscient. Ici, c'était parfaitement dosé : juste quand je commençais à me lasser de Kell, il y avait le point de vue de Lila.

     Les personnages, parlons-en ! C'est assez rare pour le souligner : j'ai davantage accroché avec le personnage féminin que le masculin. Kell est un personnage mature, concentré sans être ténébreux. Je n'ai concrètement rien à lui reprocher mais Lila m'a plu encore plus ! Elle est téméraire, déterminée et pleine d'humour. J'ai vraiment aimé le duo qu'ils formaient. J'ai trouvé qu'il se complétaient sans pour autant être fusionnels. Petit bémol pour le personnage de Rhy - le frère de Kell - que j'ai trouvé un tantinet superficiel.


    En gros, vous l'aurez compris : j'ai adoré cette lecture. Que ce soit pour la narration, pour les personnages, pour l'histoire, pour le genre, pour la longueur, j'ai a-do-ré ce livre ! J'étais pas loin d'être accro à l'histoire. Ne soyez pas effrayé par le pavé qu'il est : lancez-vous !



"- Prêt ?
- Non, répondit Kell, tourné vers le château.
- Tant mieux, répliqua-t-elle avec un sourire acéré. ceux qui se croient prêts finissent toujours par mourir." 


Ce livre a été lu dans le cadre 
du Challenge des pavés


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