dimanche 11 octobre 2020

La goûteuse d'Hitler

Titre : La goûteuse d'Hitler
Titre original : Le Assaggiatrici
Autrice : Rosella Postorino
Traduction : Dominique Vittoz
Édition : Albin Michel
Parution : 2020
Nombre de pages : 384
Synopsis : 1943. Reclus dans son quartier général en Prusse orientale, terrorisé à l'idée que l'on attente à sa vie, Hitler a fait recruter des goûteuses. Parmi elles, Rosa.
Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerée à sa bouche, Rosa s'exécute, la peur au ventre : chaque bouchée est peut-être la dernière. Mais elle doit affronter une autre guerre entre les murs de ce réfectoire : considérée comme "l'étrangère", Rosa, qui vient de Berlin, est en butte à l'hostilité de ses compagnes, dont Elfriede, personnalité aussi charismatique qu'autoritaire.
Pourtant, la réalité est la même pour toutes : consentir à leur rôle, c'est à la fois vouloir survivre et accepter l'idée de mourir. 

 

Points + : le personnage d'Elfriede
Points - : un synopsis trompeur, une héroïne fade


Avis :
    Les habitués du blog le savent : j'aime lire des romans historiques et en particulier des livres qui se déroulent en 39-45. Je ne crois pas être la seule dans ce cas et les maisons d'édition l'ont compris. Avec ce livre, j'ai voulu plonger dans une face cachée de l'histoire, une facette méconnue. Est-ce que ça a marché ? Pas tellement !

    Rosa est une femme mariée, vivant chez ses beaux-parents en Prusse Orientale. Son mari est parti au front, et elle n'a pas ou très peu de nouvelles de lui. Aussi bien pour participer à l'effort de guerre que pour gagner un peu d'argent, elle se porte volontaire pour être goûteuse d'Hitler. Hitler pense qu'on veut sa mort - et c'est vrai ! - mais surtout, il pense qu'on va l'empoisonner. Il recrute alors des goûteuses pour goûter absolument tous ses plats. La mort peut venir de chaque bouchée. On suit la vie de Rosa, plus dans ses lamentations que dans son travail de goûteuse, je ne vous le cache pas.

    Je crois que c'est clair : c'est une déception pour moi. J'étais pourtant très pressée de découvrir cet aspect méconnu de l'Histoire mais on passe très peu de temps avec les personnages dans leurs rôles de goûteuses. C'est le gros problème de ce livre pour moi : il est frustrant. La frustration est là parce qu'on nous vend ce livre comme une histoire d'une femme goûteuse, et finalement on retrouve peu cet aspect. On a peu d'appréhension, on a peu le sentiment de peur. Non pas que je veuille que les personnages souffrent pendant 350 pages mais on nous le vend comme ça, relisez le synopsis.
    L'aspect historique est assez peu exploité finalement : on voit très peu les SS, on voit très peu le rituel des tickets de rationnement, on nous parle de prisonniers sans le dire clairement. Le livre traite plus de la vie quotidienne des femmes pendant la guerre, finalement. 

    Si on se focalise plus sur la vie des femmes pendant la guerre, le livre est plus intéressant. Il rend bien compte des difficultés rencontrées par les femmes allemandes : le manque de nourriture, la loyauté forcée envers l'Allemagne qui enlève fils et maris, les pulsions sexuelles, la délation, la fraternité qui ne dure qu'un temps...
    J'ai fini ce livre en étant mi-figue, mi-raisin car la fin est aussi frustrante, c'est cohérent de bout en bout. L'histoire est finalement assez insipide. On en sait trop peu et des questions restent en suspens. Mais a-t-on vraiment envie d'avoir une réponse ? 

    Côté personnage, heureusement que les beaux-parents de Rosa relèvent le niveau d'humanité dans ce livre. Elfriede relève clairement le niveau en donnant de l'espoir, des palpitations et de l'émotion, car c'est pas sur Rosa qu'il faut compter. J'aurais vraiment aimé qu'Elfriede soit le personnage principal, l'unique voix de ce roman. 

    Finalement, c'est un roman qui aurait été moins frustrant si le synopsis avait été plus réaliste et moins vendeur. Je ne vais pas aller jusqu'à dire qu'il n'était pas renseigné historiquement mais en tout cas, ça ne s'est pas bien vu. Le personnage de Rosa est fade et ne possède pas de vraies valeurs, ce qui manque dans ce genre de récit. Ce livre aura été une grosse déception, peut-être trouvera-t-il son public ailleurs que dans ma bibliothèque. J'espère que la personne qui l'a pris en boîte à livres appréciera.


Chapitre 1, page 18 :
"Mon estomac ne bouillonnait plus : il s'était laissé coloniser. Mon corps avait absorbé la nourriture du Führer, la nourriture du Führer circulait dans mon sang. Hitler était sain et sauf. Et moi, de nouveau affamée."

Pour aller plus loin :
Margot Woelk, une goûteuse d'Hitler
Les femmes sous le 3ème Reich

 
Ce livre a été lu dans le cadre du Défi Lecture 2020
19/100

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Prochaine chronique :
Shades of Magic, tome 3 - Shades of Light de V.E. Schwab

dimanche 4 octobre 2020

BILAN DE JUILLET - AOUT - SEPTEMBRE

Bonjour ! C'est l'avant dernier bilan de l'année ! Il sera bientôt l'heure de faire un bilan annuel. Au fait, vous faites quoi pour le Nouvel An ? Il serait temps d'y penser, au lieu de tout préparer à la dernière minute, comme d'habitude.

Sinon, avez-vous passé un bon été ? Pas de voyages annulés, de vacances écourtées ? Perso, j'ai passé un bon été et je n'ai pas arrêté de sortir. Après 3 mois de confinement je pense que ça m'a fait du bien et j'ai pu commencer ma 2ème année de formation plus sereinement.
Je suis actuellement en 2ème année de formation en Travail Social et il paraît que c'est la plus intense. Niveau lectures, ça sera donc limité, j'ai bien compris le message, ok !
On commence avec un stage qui dure jusqu'en janvier et le rythme est déjà très intense. Dire que je vais devoir combiner ça avec... des dossiers ? Bref. Comment s'est passée votre rentrée à vous ?

Niveau lecture, je suis assez contente de moi même si ça fait 2 semaines que j'ai une baisse de motivation côté lectures. On est sur 8 romans et 7 BD/Manga lus. J'ai eu plein de belles découvertes et des lectures superbes ! Seulement 2 déceptions, mais il faut bien équilibrer le tout, hein !
C'est parti !

 

Meilleures lectures du mois


Dompteurs d'anges de Claire Favan : Un de ces thrillers qui réconcilient avec le genre. On frissonne, on a peur, on espère, c'est les vraies montagnes russes. Bien que l'histoire soit affreusement  sadique, on peut souligner un certain réalisme, une histoire sans éléments tirés par les cheveux. Je cherche encore à savoir si c'est inspiré d'une histoire vraie...
Chronique

Hôtel Castellana de Ruta Sepetys : C'est LA lecture du trimestre. Ce livre possède tout ce que je recherche : des personnages construits de A à Z, une richesse culturelle, une inspiration de faits réels, et une plume magnifique et addictive. Pour en savoir plus, lisez-le !
[Chronique à venir]

A toi la nuit moi le jour de Beth O'Leary : Une romance qui paraît lue et relue mais il n'en est rien. L'histoire est originale, les personnages ont un passif qui influence plus ou moins leur histoire d'amour. C'est adorable et original !
Chronique

 

Les déceptions


 La goûteuse d'Hitler de Rosella Postorino : J'attendais beaucoup de ce livre... il semblait contenir pas mal de détails historiques oubliés, et pourtant on suit la vie (inintéressante) de Rosa tout le long. Dommage, parce que si sa vie avait pas été si monotone, j'aurais pu apprécier.
[Chronique à venir]

Complètement cramé de Gilles Legardinier : Et c'est malheureusement LA plus grosse déception. Histoire sans saveur, humour qui tombe à l'eau, bons sentiments à outrance... je n'ai pas du tout apprécié ma lecture. Ce sera mon dernier Legardinier.
Chronique

 

Les autres lectures

Petit pays de Gaël Faye : Gaël Faye décrit une période charnière de l'Histoire du Burundi avec poésie, tendresse et des mots parfois durs et innocents. J'ai appris beaucoup avec ce livre, il nous fait voyager et nous offre un autre regard, un regard d'enfant, sur le génocide des Tutsis et des Hutus.
[Chronique à venir]

Shades of Magic, tome 3 - Shades of Light de V.E. Schwab : Un roman qui conclut avec brio cette trilogie qui m'aura marqué par sa plume, ses personnages et sa magie. Les personnages se retrouvent au pied du mur et les enjeux deviennent vitaux, quitte à menacer l'équilibre des Londres. Un roman riche en aventures !
[Chronique à venir]

Kim Kiyoung, née en 1982 de Cho Nam-Joo : Une bien belle découverte que ce livre ! Il rend bien compte de la réalité des femmes en Corée du Sud, pays entre tradition et modernisme, deux valeurs qui, manifestement, ne profitent pas aux femmes. La plume de l'autrice est un grand plus !
Chronique

 

Les BD - Manga

Zombillénium, tome 3 - Control Freaks d'Arthur de Pins : Un troisième tome qui conserve ses personnages emblématiques, avec de nettes évolutions dans leurs relations, et un côté plus dramatique à l'histoire. Une BD toujours à recommander !
Chronique

La voie du tablier, tomes 1 et 2 de Kousuke Oono : Une bien belle découverte, avec un ancien yakuza homme au foyer. J'avoue avoir bien rit de son quotidien. Vraiment, je vous le recommande, il est drôle et original !
Chronique


Blue Flag, tome 5 de Kaito : La relation a évolué entre Taichi et Futaba, Tôma est bousculé dans ses choix, dans ses sentiments... ce tome est vraiment émouvant et on assiste à plein de moments tendres entre nos trois amis, en particulier entre Taichi et Futaba qui apprennent à se découvrir amoureusement. Une saga toujours mignonne !
[Chronique à venir]

Daytime Shooting Star, tomes 6 et 7 de Mika Yamamori : Alors je suis partagé sur ces tomes, parce que, à la fois, Suzume partage de doux moments d'amitié avec Mamura, qui est très présent, et elle reste accroché à ce professeur, qui lui fait faux bonds plusieurs fois. Partagé sur ce manga, parce que le love interest me paraît bien malsain, mais j'espère toujours que l'héroïne reviendra à de plus justes sentiments. Elle semble gagner en maturité cependant. Un bon Shojo.
[Chronique à venir]
 
 

Black Butler, tomes 1 et 2 de Yana Toboso : Alors... grosse déception avec ce manga. Je n'ai pas réussi à accrocher aux personnages, ni à l'histoire qui semble n'avoir ni queue ni tête, et sans réelle continuité entre les évènements. Je ne pense pas continuer à lire cette série, mais j’essaierais volontiers de le voir en anime ! 
Chronique
 
 
A bientôt ! A dans 3 mois !
 💗

samedi 26 septembre 2020

A moi la nuit, toi le jour

Titre : A moi la nuit, toi le jour
Titre original : The Flat Share
Autrice : Beaty O'Leary
Traduction : Valéry Lameignère
Édition :  Mazarine
Parution : 2020
Nombre de pages : 490
Synopsis : Tiffany cherche désespérément un logement pas cher. Leon travaille de nuit et a absolument besoin d'argent. Leurs amis respectifs pensent qu'ils sont complètement fous, mais aux grands maux les grands remèdes : pourquoi ne pas tout simplement partager un appartement, même s'ils ne se connaissent pas ? Leon habite le studio le jour de 9h à 18h, Tiffany le reste du temps. Mais entre les ex un pu fous, les clients exigeants, un frère emprisonné à tort et, bien sûr, le fait qu'ils ne se sont jamais rencontrés, ils vont découvrir que pour avoir un foyer harmonieux, il vaut mieux ne pas s'en tenir aux règles et suivre son cœur...
 
 
Points + : originalité du récit, profondeur des personnages
Points - : quelques longueurs
 
Avis :
    J'ai découvert ce livre sur le blog de My Pretty Books qui en parlait si bien que j'ai directement voulu me le procurer. Un des rares livres que je me procure neuf, et en grand format ! Est-ce aussi pour moi un coup de cœur ? 

    On est sur une romance assez originale puisque les deux protagonistes habitent ensemble... mais ne se rencontrent pas ! Tiffany est une grande femme travaillant en maison d'édition le jour et et Leon un infirmier travaillant de nuit. Ils communiquent uniquement par post-it au sein de l'appartement, mais très vite, la douceur de l'un et l'humour de l'autre donnent envie aux deux colocataires de se rencontrer. Mais interdiction formelle de le faire, puisque la petite amie de Leon l'interdit ! Comment se rencontrer, s'entendre, ne serait-ce que pour devenir amis... au début ? 

    J'ai adoré ce livre. On est pas sur un coup de cœur parce que j'ai perçu quelques longueurs à partir du moment où ils se rencontrent, mais on est encore sur un livre doudou à lire pour quand ça va pas. Ce livre est rafraîchissant car il est plein de bons sentiments - et sans qu'ils dégoulinent voyez ? Ce livre est aussi drôle que tendre, aussi romantique que dramatique. Les post-it jouent un rôle central pour évoquer la sensibilité de Leon et l'humour de Tiffy, je ne vous le cache pas que j'ai adoré cette idée de post-it. PS : songer à communiquer comme ça à la maison aussi.
 
    La romance tarde à se développer mais c'est un bon point, puisque ça permet aux personnages d'évoluer, de montrer leurs faiblesses et de briser une carapace. Leon et Tiffy ont un passif qui les fait agir de telle façon dans le présent et j'ai aimé que leur personnalité soient évoquée plus longuement que dans d'autres romances. On est pas uniquement sur du "Oui tu sais je suis comme ça parce que mon ex me manipulait, déso !" et on a une vraie problématique, des hauts et des bas. Les personnalités et le passif sont vraiment travaillés et explorés en profondeur, hors des clichés habituels. Tout ça permet de mieux nous attacher à Leon et Tiffy et ça permet également de ne pas laisser la romance s’essouffler. 

    Parlons peu, parlons romance : j'ai évidemment adoré suivre l'évolution de la relation entre Tiffy et Leon qui passe d'une gentille affection à la plus urgente des passions, l'obsession de se voir. On est d'abord et surtout sur une notion de respect de non-envahissement de l'espace de l'autre pour aller dans le respect de ses sentiments, de ses relations, de ses tristesses. Ils blaguent, philosophent, discutent sérieusement, parlent de leur vie et cela ne va pas trop rapidement comme on peut le voir souvent dans ce genre de livre. Tout est très bien amené. 

    Parlons encore un peu et parlons personnages : je ne sais pas lequel j'ai préféré entre Leon et Tiffy. J'ai adoré Leon qui est la douceur incarnée, plus calme que l’exubérante Tiffy. J'ai aimé découvrir sa relation avec son frère aussi. Tiffy est donc l'excentricité incarnée : elle est drôle, porte des vêtements de couleurs (oui, au pluriel) et adore fabriquer toutes sortes de trucs. La relation qu'elle a avec ses amis est si pure. Les deux se complètent quand même parfaitement. PS : Les autres personnages sont aussi bien, sauf toi, ex-copain de Tiffy et toi, copine de Leon. 

    En conclusion, une vraie romance doudou qui est plus profonde qu'il n'y paraît. L'humour et le dramatique s'allient bien pour nous faire découvrir une romance poussée et profondément réaliste. PS : sauf pour la coloc' à appartement partagé nuit/jour évidemment. On se plonge dans une histoire originale qui sait s'appuyer sur les codes de la romance tout en restant unique. Je vous le recommande, surtout pour les froides soirées d'hiver !

Pour aller plus loin :


 
Chapitre 10, page 75 :
"Bonjour Leon,
Tu veux bien avoir la gentillesse de rabaisser la lunette des toilettes, s'il te plaît ? J'ai bien peur de ne pas avoir trouvé le moyen de te demander ça sans avoir l'air d'une emmerdeuse qui se donne des airs sympas. C'est dingue, ce truc avec les notes : il suffit de sortir un stylo et une not Post-it pour se transformer en garce ! Du coup, j'ai décidé d'y aller franco et de jouer à fond la carte passive-agressive. Je crois bien que je vais même ajouter des smileys pour que tu n'aies plus aucun doute sur ma personnalité.
Amicalement, 
Tiffy."
 
 
Ce livre a été lu dans le cadre du Défi Lecture 2020
18/100

 
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La goûteuse d'Hitler de Rosella Postorino

jeudi 17 septembre 2020

Complètement cramé

Titre : Complètement cramé !
Auteur : Gilles Legardinier
Édition : Pocket
Parution : 2014
Synopsis : Lassé de tout, Andrew Blake quitte l'Angleterre et se fait embaucher comme majordome en France, au Domaine de Beauvillier. Confronté à de surprenantes personnalités - sa patronne, Odile la cuisinière, Manon, ou encore Philippe le régisseur -, lui qui croyait en avoir fini avec l'existence va être obligé de tout recommencer.
 
 
 

 

 

Points + : sans prise de tête, personnages plaisants
Points - : humour lourd, sans profondeur, trop loufoque


Avis :

    J'ai trouvé ce roman dans une boîte à livres. Il n'est d'ailleurs pas rare de trouver du Gilles Legardinier dans une de ces boîtes, mais celui-ci, je ne l'avais jamais lu. J'ai déjà lu du même auteur Demain, j'arrête ! et Et soudain tout change. Autant le premier avait été plaisant à lire, le deuxième un peu moins, mais alors celui dont il est question aujourd'hui... c'était fastidieux !

    Andrew Blake est un vieil homme, approchant l'âge de la retraite, et lassé de sa vie de chef d'entreprise. Il est surtout blasé tout court. Sur ce qui semble être un coup de tête, il décide de tout plaquer et de partir pour la France. Il est embauché comme majordome dans un vieux domaine, pour une raison inconnue. Là-bas, il est bien mal accueilli par les habitants du domaine. Sous cette aversion se cache finalement bien des soucis qu'Andrew va tenter de résoudre. 

    Peut-être ai-je laissé des indices indiquant que je n'ai pas aimé ce livre. Plus encore... je ne l'ai pas compris. D'abord, je n'ai pas compris l'enjeu. Que fait Andrew ? Pourquoi il part ? Pourquoi il reste alors que ça le fait profondément ch... bref. Il ne se passe rien de bien important pour le héros tout le long du livre. Il n'a plus envie de vivre mais n'a pas envie de mourir pour autant. Il est blasé, il n'a plus goût à la vie, mais alors POURQUOI devenir majordome ? J'ai pas compris. Et même si, je crois qu'il y a un semblant d'explication je l'ai trouvé tiré par les cheveux pour que ça me touche. 

    En parlant de choses tirées par les cheveux, parlons des péripéties. Les actions se déroulent les unes après les autres sans aucune sorte de cohérence entre elles : on enchaîne la grossesse du chat, la préparation d'une soirée d'Halloween et Andrew qui fait les entremetteurs. Les personnages ont en effet plein de problèmes hyper complexes - c'est pas ironique, c'est vraiment vrai - et Andrew les résolve en deux temps trois mouvements à coup de phrase sorties de gâteaux chinois. C'est dommage parce que je pense sincèrement qu'il y aurait eu matière à approfondir.
    La quatrième de couverture indique que le roman est "hilarant". Je suis très très dubitative. Je ne vous cache pas que je n'ai pas souris une seule fois tellement les blagues étaient lourdes, basées sur des jeux de mots faciles ou sur des situations bien trop loufoques pour moi. Ce livre a certainement trouvé son public mais le feel-good ne passe pas cette fois. 

    Côté personnages, j'avoue que le niveau est relevé grâce à Odile et Philippe, deux personnalités aussi touchantes qu'opposées. Odile est un personnage dont la problématique m'a touché et que derrière cette femme grincheuse, un cœur d'ange se cache. Philippe est aussi vraiment attachant. Sinon, évidemment que je n'ai pas aimé Andrew puisque je n'ai pas compris ce qu'il faisait là - oui c'est le personnage principal. Ah. Notons aussi les gros clichés concernant les cités. Bref.

    Finalement, c'est forcément un roman feel-good qui plaira au plus grand nombre, réconfortant, calme et doux, mais qui favorise trop les situations rocambolesques pour que l'histoire en elle-même puisse me toucher, en y ajoutant trop de discontinuités dans l'histoire... Ce sera définitivement mon dernier roman de l'auteur.


Chapitre 59, page 297 :
"Les chemins qui conduisent à trouver notre place sont souvent surprenants. Je me souviens d'un bon ami qui, tout jeune, habitait près d'une grande route dans la campagne anglaise. Chaque matin, il se désespérait de trouver des hérissons morts sur le bas-côté. Je l'ai vu plus d'une fois pleurer ces petites créatures qu'il enterrait au fond du jardin de ses parents. Bien des années plus tard, devenu jeune ingénieur, il n'en parlait plus jamais. Pourtant, il a remporté le concours qui a lancé sa brillante carrière grâce à une étude sur les fossés spéciaux et des tunnels qui protégeaient la faune des campagnes. Est-ce le chemin parcouru qui fait de nous ce que nous sommes, ou bien choisissons-nous notre voie en fonction de ce qui nous touche ?"

 

Ce livre a été lu dans le cadre du Défi Lecture 2020
17/100

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dimanche 13 septembre 2020

Dompteur d'anges


Titre : Dompteur d'anges
Autrice : Claire Favan
Édition : La bête noire (Robert Laffont)
Parution : 2017
Nombre de pages : 416
Synopsis : Condamné pour un meurtre qu'il n'a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là mêmes censés assurer l'ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu'il est reconnu innocent et libéré, ce n'est plus le même homme. Il n'a désormais plus qu'une seule idée en tête : se venger de cette société qu'il fait par-dessus tout.
Pour frapper se bourreaux au cœur, il va enlever leurs enfants et, méthodiquement, au fil des ans, faire de ces petits anges des bêtes féroces avant de les envoyer punir ses tortionnaires à sa place. Tout se déroulera selon ses plans jusqu'à ce qu'une de ses créatures lui échappe, et disparaisse dans la nature...

Points + : page-turner, personnages travaillés, effrayant
Points - : /

Avis :
    J'ai reçu ce livre à mon anniversaire... en 2 exemplaires ! J'avais envoyé ma Wish-List à mes amies qui cherchaient une idée de cadeau, et sur les 300 livres de ma WL, elles ont acheté le même ! Incroyable. Enfin bref, l'une a échangé le livre et j'ai gardé la version grand format de ce thriller. Finalement, est-ce que ça vaut le coup ? Oui ! 

    L'histoire commence par Max qui a été accusé à tort du crime de son meilleur ami. Vivant seul et sans origines, il est le coupable tout désigné. Une fois en prison, il est violenté, abusé, manipulé et lorsqu'il en ressort, il n'est plus le même homme et a soif de vengeance. Il enlève alors les enfants du juge, du garde de prison et d'autres et les élève pour être de vrais meurtriers. Seulement, Cameron est le plus vif d'esprit de tous. Il a été dressé très vite, il est obéissant, il est loyal, mais lors d'une mission en solitaire, les questions se bousculent. Il échappe à la vigilance de son bourreau. 

    Bien que le synopsis se concentre sur Max, c'est bien sur Cameron que le livre se concentre. Il est le premier enfant à être enlevé. D'ailleurs, la scène de son enlèvement est particulièrement dure à lire et beaucoup de passages dans ce livre le sont. J'ai dû faire des pauses lors de ma lecture, pauvre chose que je suis.

    J'ai adoré ce livre : l'histoire est très bien ficelée, on a du suspens, des frissons, et la psychologie des personnages est exceptionnelle. On s'y croirait et ça rend encore le tout plus effrayant encore. On assiste à une course contre le montre entre Max et Cameron, et entre Max et des gens, et entre Cameron et des gens, ça part dans tous les sens sans que l'on s'embrouille. On sent le danger à chaque page.
    C'est vraiment ce livre qui me réconcilie avec les thrillers. Il m'a plus fait frissonner que Le silence des agneaux, si l'on exclu les discours sanguinolents d'Hannibal Lecter. On a vrai jeu du chat et de la souris et la peur à chaque page. Max est un personnage impitoyable et ses revirements de situations sont effrayants. On est peut-être maso mais on devient addict au récit : Max finira-t-il ce qu'il a commencé ?   

    Côté personnages, Cameron est le gros gros point fort du livre. On s'y attache petit à petit et on ne peut aussi que grimacer en constatant qu'il devient un monstre. On a pitié de lui comme on en a peur. Le personnage de Max renforce la tension parce qu'il est sans limite et sans faille. Il est le chef et les autres autour de lui ne sont que des pions, mais Cameron est également son élève et a beaucoup appris de lui. Ils sont très intelligemment construits. 

    En conclusion, c'est un livre qui serait parfait à lire comme premier thriller. Il a toutes les bases et en même temps, il me semble qu'il arrive à innover avec cette histoire d'enlèvement d'enfants que l'on suit pas à pas. Tous les revirements de situations tiennent en haleine et on a affaire à un vrai page-turner addictif. Je recommande !

Pour aller plus loin :

Chapitre 26, page 144 :
"- Et là, je me suis retrouvé immergé au milieu de tous ces symboles de ce que nous rejetons avec force : la musique, les images sur les murs, l'amour...
- Je comprends, Cameron. La société tentera de te séduire grâce à la ruse et à la tentation. Tu devras rester fort pour ne rien accepter d'elle.
Cameron lève les yeux vers Max.
- Rien du tout ?
- Rien du tout, confirme Max. Ni objet, ni comportement, ni émotions parasites..."

 
Ce livre a été lu dans le cadre du Défi Lecture 2020
16/100
 
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Complètement cramé ! de Gilles Legardinier

dimanche 6 septembre 2020

Kim Jiyoung, née en 1982

Titre : Kim Jiyoung née en 1982
Titre original : Palsip Yi Nyeon Saeng Kim Jiyeong
Autrice : Cho Nam-Joo
Traduction : Kyungran Choi & Pierre Bisiou
Édition : Nil
Parution : 2020
Nombre de pages : 219
Synopsis : Kim Jiyoung est une femme ordinaire, affublée d'un prénom commun - le plus donné en Corée du Sud en 1982, l'année de sa naissance. Elle vit à Séoul avec son mari, de trois ans son aîné, et leur petite fille. Elle a un travail qu'elle aime mais qu'il lui fait quitter pour élever son enfant. Et puis, un jour, elle commence à parler avec la voix d'autres femmes. Que peut-il bien lui être arrivé ?




Points + : le thème, le discours calme et dénonciateur
Points - : /

 Avis :
    J'ai découvert ce livre sur le blog de Thalie et il m'a tout de suite rappelé un drama coréen que j'avais vu qui s'appelait Because this is my first life et dont l'héroïne est née autour de 1982. Je voulais alors vraiment connaître ce qu'il en était, pour ce roman.

    Ce livre parle de la vie de Kim Jiyoung, de sa naissance jusqu'à sa trentaine. L'histoire est divisée en chapitres qui abordent différentes périodes de sa vie : l'enfance, l'adolescence, la faculté et l'âge adulte. A travers 6 parties, on découvre la vie de cette coréenne née dans la décennie 1980.

     La Corée atteint le plus haut taux de fécondité en Corée dans les années 80, et notamment en 1982. La vie de Kim Jiyoung est le reflet des injustices sociales et sexistes imposées aux femmes : dès son enfance, on lui apprend qu'elle n'ira jamais aussi loin qu'un homme, que les filles doivent aider les garçons à réussir. Adolescente, elle continue de voir se creuser le fossé : les garçons ont plus facilement accès aux matières scientifiques - coucou la France aussi ! C'est surtout en famille et au travail que tout se joue. Puisque les postes manquent pour sa génération, Kim Jiyoung aura plus de mal que les autres à trouver un travail, mais d'autant plus parce qu'elle est une femme...

    Ce livre est tout simplement poignant. A travers diverses anecdotes, on ne peut que constater que le sexisme a fait partie intégrante de sa vie. Les anecdotes sont racontées de façon simple, de façon calme. Le discours passif-agressif amène à la démocratisation et à la généralisation de toutes ces inégalités. En plus, Kim Jiyoung a du mal à imposer une opinion, mais pourtant, chaque fois, c'est comme un coup de poing. Surtout lorsqu'on constate que c'est parfois pareil chez nous.

    En conclusion, il s'agit en réalité d'un discours qui parlera à beaucoup de femmes, si ce n'est toutes. Ce livre a le mérite de mettre en lumière les choix difficiles que les femmes coréennes doivent faire et dont elles subissent toujours les conséquences. Entre modernité et traditionalisme, cette lecture est déstabilisante mais essentielle.


Pour aller plus loin :

Page 113 : 
"Elle sut qu'elle n'avait pas d'avenir dans cette entreprise. Après mûre réflexion, elle donna sa démission. Elle eut droit en retour à des commentaires sarcastiques, du genre : Quand on vous dit que ça ne marche jamais avec les filles. Elle répondit que c'était eux qui faisaient tout pour que ça ne marche pas.
Pour les femmes salariées, le taux d'utilisation des congés maternité était de 20% en 2003. Un taux qui n'a franchi la barre des 50% qu'en 2009. Encore aujourd'hui, quatre femmes sur dix travaillent sans congé maternité."


Ce livre a été lu dans le cadre du Défi Lecture 2020
15/100

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samedi 5 septembre 2020

La femme au miroir

Titre : La femme au miroir
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Édition : Le livre de poche
Parution : 2013
Nombre de pages : 476
Synopsis : Anne vit à Bruges au temps de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale de Sigmund Freud, Anny à Hollywood aujourd'hui. Toutes trois se sentent différentes de leurs contemporaines ; refusant le rôle que leur imposent les hommes, elles cherchent leur vrai destin. Trois femmes dans trois époques différentes qui vont néanmoins se tendre la main... Et si c'était la même ?





Points + : un vrai message, un fil conducteur prenant
Points - : Un moment avant de rentrer dans l'histoire


Avis :
    J'avais ce livre depuis une éternité dans ma PAL. Je l'avais commandé à Noël suite à mon coup de cœur pour La part de l'autre, du même auteur. Et je ne l'en sors que maintenant. Je me demande comment j'ai fait pour ne pas lire ce livre avant cette date !

    Eric-Emmanuel Schmitt nous propose trois histoires en une. Les récits d'Anny, Anne et Hanna ne se ressemblent en rien, mais pourtant, elles semblent toutes les trois ne pas correspondre à leur époque. Anne est fiancée à un jeune homme charmant mais sent qu'on lui impose ce mariage depuis le début. Elle fuit dans la forêt et ressent l'appel d'ailleurs. Hanna est heureuse en ménage, elle participe en plus aux plus grandes soirées viennoises de la fin du 19ème, et pourtant, un évènement malheureux va lui faire comprendre que depuis le début, tout n'est que déni pour elle. Anny elle, profite de sa renommée pour faire la tournée des boites de nuit. En enchaînant les coups d'un soir, elle en profite pour faire la une des journaux people. Ces trois femmes là semblent ancrées dans leur époque, et pourtant, la rébellion est proche. 

    Il a été très difficile pour moi de m'approprier les histoires de ces trois femmes. En réalité, le livre s'organise ainsi : un chapitre est consacré aux fiançailles d'Anne, elle fuit, et paf, on passe à Hanna qui enchaîne les soirées mondaines bourgeoises, mais quelque chose cloche, paf, on passe à Anny, bourrée, dans une boîte de nuit, et elle perd connaissance, et paf, on repasse à Anne. C'est difficile de rentrer dans ne serait-ce qu'une histoire. Je dirais que j'ai commencé à accrocher quand chacune commence à comprendre ce qui cloche dans leurs vies, et ce qu'il faudrait faire pour que ça s'arrange. L'immersion est très longue - 200 pages environ. 

    Ceci dit, on va s'accorder une chose : la plume de l'auteur fait bien son travail. On ressent vraiment les émotions de chacune de ces femmes et c'est en cela une petite frustration que de les laisser en fin de chapitre pour repasser à une autre époque. L'auteur rend bien compte des problématiques sexistes - oui, parce que c'est de cela dont il est question - auxquelles sont confronté ces trois femmes. On assiste à une vraie prise de conscience, on pense que le fil rouge de leurs histoires s'arrête là, mais que nenni ! Quel happening les amis je vous le dis !
    Vous trouverez sûrement une histoire qui vous touche plus qu'une autre - perso, c'est celle d'Hanna, je ne sais même pas pourquoi - mais les trois sont vraiment attachantes et feront écho à quelque chose en vous. L'auteur arrive à faire passer une multitude de messages en un seul livre, comme toujours.

    On voyage vraiment dans trois époques différentes, c'est dépaysant. Même si l'histoire d'Anny prend place de nos jours, on est pas du tout dans le même monde, elle est nous. Et si oui, que faites-vous sur mon blog ? Les époques de la Renaissance et du 19ème sont vraiment bien renseignées et on reste en immersion tout le long du chapitre. Oui, toujours cette frustration de couper les époques mais bref.

    Je ne parlerai pas des personnages dans cette chronique parce que j'ai peur de trop en dévoiler si je vous montre leurs personnalités mais sachez que vous trouverez forcément votre compte avec une des 3 histoires, et que lorsque tout se mettra en place, les autres femmes vous plairont également. 

    En conclusion, un joli livre avec un message féministe, basé sur l'indépendance de corps et d'esprit à (re)trouver. Le message est bien amené, par une plume riche et addictive. Un très bon livre dans lequel vous trouverez quelque chose à laquelle vous identifier. 


Chapitre 15, page 182 : 
"Anny grimaça : s'il y avait quelque chose de surprenant chez les hommes, c'était la béatitude qu'ils tiraient du sexe ! Sur ce plan, elle estimait qu'il n'y avait pas d'égalité entre les mâles et les femelles. a sensualité comblait les premiers, pas les secondes. Eux recherchaient le plaisir et l'obtenaient ; pas elles. 
Avait-elle rencontré un homme qui ne fût pas euphoriquement satisfait après une partie de jambes en l'air ?
Non. Ah si, David peut-être, dans le visage duquel elle avait discerné de l'inquiétude... Parce qu'il attendait des applaudissements, sans doute. David était un acteur, c'est-à-dire une femme avec des couilles." 
 
Pour aller plus loin :

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2020
14/100

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