samedi 6 juillet 2019

Gardiens des Cités perdues, tome 7 : Réminiscences

Titre : Gardiens des cités perdues, tome 7 - Réminiscences
Titre original : Keeper of the lost cities, book 7 - Flashback
Auteur : Shannon Messenger
Traduction : Mathilde Tamae-Bouhon
Édition : Lumen
Parution : 2018
Nombre de pages : 762
Synopsis : Sophie Foster ne sait pas quoi (ou qui) croire. Et dans un jeu avec autant de joueurs, la pire erreur peut devenir une vraie menace. Mais quand les Invisibles prouvent à Sophie qu'elle est bien plus vulnérable qu'elle ne l'avait imaginée, elle réalise qu'il est temps de changer les règles. Ses puissantes capacités ne peuvent plus la protéger à présent. Pour affronter des ennemis impitoyables, elle doit apprendre à se battre. Malheureusement, l'entraînement au combat ne peut pas aider un de ses plus proches amis qui fait face à un danger tout à fait différent, où la seule solution implique l'un des plus grands risques que Sophie et ses amis n'aient jamais pris.




Cette chronique traite du septième tome de la 
saga Gardiens des Cités perdues
/!\ Risques de spoilers


Avis :
     Nous en sommes déjà au septième tome de la saga Gardiens des Cités perdues. Ça va vite, cette affaire-là ! Je crois que je n'ai pas avancé dans une saga aussi rapidement depuis des années. En même temps, l'autrice écrit un tome en un an et demi, donc ça va assez vite. En ce qui concerne ce tome, heureusement que j'ai accroché à cette saga et à bon nombre de ses personnages, parce que ce n'est pas l'intrigue de ce livre qui m'a convaincue de lire le prochain tome qui arrive en Novembre...


    Le Cygne Noir vient de fêter sa plus grande victoire : après l'exploit de Linh en Atlantide, la découverte du lien entre Gisela et Vespéra et la capture d'Alvar, il est grand temps de se reposer sur ses lauriers, et aussi de cuisiner le prisonnier, devenu amnésique. Ce tome s'ouvre sur le procès d'Alvar pendant lequel le Conseil prend une décision... surprenante, qui laisse Fitz furieux. Alors que Sophie le réconforte, ils se font enlever et torturer par les Invisibles, ce qui leur laisse de sévères blessures dont ils mettront des semaines à se remettre. 
    Honnêtement, j'ai vraiment cru que ce tome allait bien se dérouler : on commence avec une attaque sauvage des Invisibles qui mettent hors d'état de nuire Sophie et son Apparenté, ils ont visé fort. Tellement fort que le Cygne Noir décide de changer de tactique : répondre à la violence par la violence. Ce sera apprentissage du maniement des armes pour tout le monde. C'est badass un peu non ? Moi j'étais prête à ça, à ce que ça devienne plus sombre et tout... et puis non

    C'est à mon sens LE gros défaut de ce livre : de la page 100 à la page 450, il ne se passe RIEN. Il ne se passe rien parce que Sophie est coincée à l'infirmerie à souffrir le martyr, dormir, discuter avec Fitz, recevoir les visites éclair de ses amis... et pendant 350 pages. Voilà. Et ça me fait du mal de dire ça, hein. 
    Autant, les longues  phases de discussion dans le tome 6 ne m'avaient pas dérangée, autant là, il ne se passe rien ! Même dans les discussions, ça tourne en rond. Ils ne découvrent rien, n'avancent sur rien, même les relation Fitz-Sophie ou Keefe-Sophie, faut gratter pour trouver. Oh et, vous avez aimé la cohésion du groupe d'amis ? Les personnalités de Tam, Linh, Dex, Biana ? Et bien il va falloir gratter aussi parce qu'on ne les voit presque pas. De tout le livre. 
    Je sais que ces lignes feront du mal... à tout ceux qui ne l'ont pas encore lu. C'est pour cela que je passe aux points positifs directement ! 


    Voici les contre-arguments directs aux défauts que je viens de souligner. On voit peu les autres membres du Cygne Noir, ces petits jeunes motivés et talentueux ? Mais d'autres personnages font leur apparition. J'ai aimé le personnage de Tarina, une trollesse chargée de la protection de Sophie - oui parce qu'elle est encore plus protégée. Tarina est calme, posée, mais en même temps une vraie guerrière qui s'avère être de bon conseil. Je l'ai même préférée à Sandor. Notons aussi la présence de Bo, un ogre qui semble assez proche de Ro, l'ogresse garde du corps de Keefe. On entretient l’ambiguïté tout au long du livre, ça donne un fil rouge rigolo. 
    À mon avis, il existe maintenant tellement de personnages qu'il est difficile de les intégrer complètement à l'intrigue - surtout si celle-ci repose concrètement sur 300 pages dans un livre qui en compte 762. J'en veux à ce temps mort pendant lequel Sophie est à l'infirmerie parce qu'il ne méritait pas autant de détails. Enfin, les ellipses ça existe... On aurait peut-être eu plus de scènes d'actions, pendant lesquels nos amis s'entraînent...

    Vous savez ce qui m'a convaincu de lire la suite ? Bah c'est les 100 dernières pages. Là où toute l'intrigue se concentre. Là où on apprend vachement plus que dans les 600 précédentes pages. Là où le maniement des armes sert à quelque chose. Là où on voit tous les amis de Sophie. Là où on voit le monde des elfes trembler. Là où Sophie fait enfin des CHOIX (sentimentalement parlant - garanti sans spoil). Enfin, là où il y à de l'action quoi.
    

    En conclusion, je suis vraiment déçue. Il y a bien quelques point positifs à ce récit à savoir quelques nouveaux personnages, un aspect un peu plus sombre, des sentiments dévoilés... mais parallèlement, une intrigue qui n'avance pas ou très peu sur la fin, de l'action qui tarde vraiment à arriver, l'absence des personnages chouchous... C'est, pour moi, beaucoup trop de points négatifs pour m'avancer sur un coup de cœur. Surtout quand on nous annonce un tome badass et que cet aspect n'est pas le point central du roman... Allez, pour le tome 8, on y croit !



"- Minute ! la retint Sophie. Keefe n’a toujours pas dit s’il était d’accord.
Un sourire triste mais déterminé aux lèvres, le jeune homme revint sur ses pas pour prendre la main de Sophie.
- Je serai toujours avec toi, Foster. Quoi que tu décides, j’en suis. Maintenant, essaie de te reposer un peu, tu risques d’en avoir besoin !"


Lu dans le cadre du 
Challenge des pavés


Lu dans le cadre du Défi Lecture 2019
9/100


Autres tomes
1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6


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L'école du bien et du mal, tome 1 de Soman Chainani
Shades of Magic, tome 1 de V.E. Schwab

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lundi 1 juillet 2019

BILAN AVRIL - MAI - JUIN


Bonjour ! Voici le deuxième bilan trimestriel de mes lectures. Je pense garder ce format - à savoir des bilans tous les 3 mois parce que 1) ça me donne l'impression de beaucoup lire et 2) j'ai au moins du contenu pour chaque publication. Du coup, on est sur 14 livres lus durant ces derniers mois, dont beaucoup de bande dessinées et de manga. J'adore en lire en ce moment *émoji désolé*

Du coup, pour les 3 prochains mois, j'essaierai de lire davantage de romans. Je songe toujours à vider ma pile à lire.
Je profite également de ce bilan pour vous annoncer que le blog a ENFIN un Twitter dédié.
Retrouvez moi sur BibliAmelie

Côté perso : je reprends mes études en Septembre. Malheureusement, c'est fini pour la psychologie, mais je me lance dans le travail social J'ai réussi les étapes d'admission pour les instituts de travail social de ma ville. Contente d'avoir réussi au moins cela. Le métier d'assistante sociale me plaît, par son approche et les lieux d'exercice. Vraiment hâte de commencer le premier stage.

En avant pour les lectures !

Umbrella Academy - Saison 1


Livres lus :
Culottées, tome 2 de Pénélope Bagieu : encore un très bon tome qui associe pédagogie, féminisme et humour. Toutes les femmes présentées dans ce tome inspirent le respect.
Retour à la terre, tome 6 de Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri : je m'attendais à un tome sans surprise et répétitions, mais l'auteur sait se renouveler sur ses blagues... inspirées de sa vie.
Otaku Otaku tome 5 de Fujita : un cinquième tome qui met en avant le 3ème "couple" d'otakus et qui rend celle des protagonistes principaux un peu plus tendre.
Brooklyn de Colm Tóibín : premier roman décevant de ce trimestre, le style narratif donne une impression de lenteur et la fin est pour moi complètement bâclée.
Gardiens des cités perdues, tome 7 - Réminiscences de Shannon Messenger : 2nde déception, puisque j'ai eu l'impression qu'il ne se passait rien de concret dans ce tome... de plus de 700 pages.
Blue Flag, tome 2 de Kaito : un tome tout aussi convaincant que le premier, on en apprend un peu plus sur le 3ème protagoniste, et après cette fin, on a envie de connaître la suite.
La couleur pourpre d'Alice Walker : livre lu dans le cadre du Our Shared Shelf, c'est une lecture poignante mais qui m'a déstabilisée par son style narratif.


Les meilleures "petites bulles" du trimestre


Zombillénium, tomes 1 et 2 d'Arthur de Pins
J'ai un peu honte, parce que j'ai eu envie de me plonger dans les BD seulement après avoir vu le film d'animation inspiré du premier tome. Alors que je connaissais la série depuis des lustres. Surprise d'avoir été surprise du premier tome, qui connaît quelques différences avec le film. J'ai tout de même savouré la lecture. Idem pour le deuxième tome que j'ai totalement découvert. Je trouve ces BD drôles, et en même temps glauques, et alors les graphismes. Je crois que c'est ça qui me fascine. J'ai adoré !

The promised neverland, tomes 1 et 2 de Kaiu Shirai et Posuka Demisu 
Encore une lecture qui me fait dire "Mais POURQUOI je ne l'ai pas lu avant ?" parce que wahou. Quelle claque. Hey, moi je m'attendais à un truc mignon. Et en fait bah... c'est hyper glauque aussi. Alors les personnages sont très attachants, on est sur une ambiance pesante voire oppressante... j'attends de me procurer les tomes suivants.

Un petit goût de noisette et de fruits rouges de Vanyda - ici
Que dire, sinon que j'ai adoré ce dernier tome de Vanyda. Elle raconte des petites romances touchantes et indépendantes les unes des autres. Chacun vit sa petite histoire. Les dessins sont doux, de telle sorte qu'on sent la douceur et le romantisme dans chacune des histoires. Je vous le recommande chaudement.

Les meilleurs romans du trimestre


Attachement de Rainbow Rowell - ici
Une romance mignonne et originale que j'ai longuement cherché à lire. On reconnait le style narratif de Rainbow Rowell et elle arrive comme toujours à nous pondre des petites histoires mignonnes avec des personnages attachants comme Lincoln.

À la place du cœur d'Arnaud Cathrine
La surprise du chef, c'est ici. Je ne m'attendais pas à grand chose, mais je suis loin d'être déçue. le personnage de Caumes est touchant de naïveté et d'empathie, déstabilisé par ce qui se déroule en France. On plonge dans le début d'année 2015 qui a été terrible pour la France. Caumes et ses amis subissent l'afflux d'informations, de patriotisme et aussi l'injustice.

Abyss - Saison 1


Chroniques publiées :
Shades of Shadows
L'assassin royal, tome 1 - L'apprenti assassin
• Bulles en vrac #5 #6
La danse hésitante des flocons de neige
Une prière à la mer
Orphelins 88 
Brooklyn
Attachement


Chez les autres blogueurs :
Plouf qui lit - Tag de A à Z : elle vous conseille de lire Le retour à la Terre de Manu Larcenet. Et via son article, c'est aussi moi qui vous lance un subtil message pour que vous vous lanciez enfin !
Dragon Lyre - Les confessions de Frannie Langton : une chronique sur une récit à la fois historiquement documenté et terriblement mystérieux. Qui est Frannie ? J'ai très envie de le savoir aussi, du coup !
Boulimie livresque - Deux femmes dans la tourmente : Encore un livre dont l'intrigue prend place pendant la seconde guerre mondiale, et comme la chronique le souligne, un des rares à parler de la guerre dans le Pacifique. 


Et voilà, c'est la fin de ce bilan trimestriel ! J'espère aussi que vous avez bien lu, que vous allez passer un bon été - que ce soit à travailler ou en vacances - et que vos lectures seront à la hauteur de vos espérances. 

À bientôt ! 
PS : L'alcool est à consommer avec modération. Et pas pendant la canicule.

lundi 24 juin 2019

Attachement

Titre : Attachement
Titre original : Attachments
Auteur : Rainbow Rowell
Traduction : Claire Allouch
Édition : Milady
Parution : 2018
Nombre de pages : 475
Synopsis : 1999. Lincoln, gentil geek aux faux airs d'Harrison Ford, travaille dans une entreprise où son rôle consiste à contrôler les mails des employés. C'est ainsi qu'il parcourt les échanges de Jennifer et de Beth, deux copines aussi drôles et imprévisibles qu'attachantes.
Sans même l'avoir vue, Lincoln va tomber amoureux de Beth. Mais comment lui déclarer sa flamme sans passer pour un fou ? Surtout que la jeune femme semble avoir un faible pour un "inconnu" qui travaille dans le même immeuble...




Avis :
    Ce livre était dans ma Wish-List depuis une éternité ! Je ne sais pas quelle malédiction je n'ai jamais réussi à me le procurer. Pas faute de l'avoir demandé à Noël et aux anniversaires. Bref. Souvent, quand on attend de lire un livre pendant tant de temps, on l'idéalise, on en attend beaucoup. Et finalement, il nous déçoit. Pour moi, pas de déception en vue, mais on est pas sur un coup de cœur non plus


    Lincoln est passionné d'informatique. En attendant de se trouver une ambition, il a trouvé ce job dans un journal : contrôler les mails qu'envoient les employés. Chaque fois qu'un mail comporte des mots interdits style "pervers", "putain" et même "black-jack", ils sont transmis à Lincoln qui doit prévenir les employés de leur incartade. Lorsqu'il tombe sur la conversation de Beth et Jennifer, il ne peut s'empêcher de tout lire, et commence à s'intéresser à leur vie, leur façon d'en parler, les piques qu'elles se lancent, et finit par tomber amoureux de Beth, alors qu'ils ne se sont jamais vus, et qu'elle ignore même son existence.


    J'ai tout de suite accroché à cette histoire. Le héros, c'est Lincoln, dont on suit la vie au bureau et chez sa mère, puis avec ses amis. On n'entend parler de Beth que lorsque Lincoln lit ses mails. L'alternance entre la lecture de mails et le quotidien de Lincoln rend la lecture fluide et enlève le sentiment de lassitude que l'on peut trouver à cette romance qui, il faut le dire, met un sacré bout de temps à démarrer. En plus de cela, le récit regorge de petites références à la pop culture des années 80/90. C'est vraiment un petit plus qui nous rend nostalgique ou même qui peut faire sourire : qui se souvient du prétendu bug de l'an 2000 ??


    L'intrigue est à la fois très prévisible et très originale. Je m'explique : on sait ce qu'il adviendra de Beth et Lincoln, ce qui intéresse le lecteur dans ce genre de roman, c'est comment le personnage arrive à ses fins. Tout le déroulé de la romance jusqu'à sa conclusion passionne le lecteur, peu importe si l'on devine dès le départ les rouages les plus importants. Le récit est original aussi parce loin du cliché "un beau brun ténébreux/belle blonde plantureuse que j'ai du mal à supporter vient travailler avec moi", Lincoln tombe amoureux d'une personnalité, d'une vie, d'une façon de s'exprimer. Ses sentiments se développent sur la base d'un fantasme. Et, ses sentiments restent surtout à sens unique pendant longtemps, parce que oui, comment annoncer à la femme qu'on aime qu'on a lu ses mails des mois durant ?

    En lisant les mails de Beth et Jennifer, Lincoln en apprend énormément sur leur vie privée. Déjà, petit bémol, il y a quelque chose de malsain dans le comportement de Lincoln. À la fois, il ne dénonce pas ses collègues suite à leurs échanges dangereux, mais en même temps, il continue de lire alors même qu'elles échangent sur leurs vies privées, voire intimes. Mais soyons honnêtes, s'il avait arrêté, il n'y aurait pas d'histoire et donc pas de roman. Il ne peut de toute façon plus faire parche arrière et doit prendre le taureau par les cornes.


     On pardonne à Lincoln ce comportement curieux parce qu'il est extrêmement gentil. Il est timide, sans pour autant être asocial. Il est cependant assez content de ne pas avoir à fréquenter ses collègues travaillant la journée. Sa "rencontre" avec Beth réveillera des douleurs passées et le mettra au pied du mur. Plus que le développement de ses sentiments, on assiste à la renaissance du personnage bien trop occupé à ressasser une ancienne histoire avec une ex toxique.
    Beth est une personne pétillante, passionnée par son métier et qui semble, elle aussi, en couple avec une personne toxique et surtout très égoïste. Lincoln et elle ont au moins ce point commun : se mettre des œillères pour retarder une confrontation. Contrairement à lui, elle est épanouie dans son travail et semble se ragaillardir davantage lorsqu'un bel homme pointe le bout de son nez - trop rarement à son goût. Jennifer quant à elle, a l'histoire la plus touchante. Sous son franc parler, il y a des désirs inavoués qui semblent la dépasser. Bizarrement, je l'ai préférée à Beth. 


    En conclusion, une romance assez sympathique qui s'articule autour de deux personnages à la personnalité élaborée. L'intrigue doit son originalité à la mise en avant des personnalités des principaux protagonistes. La lecture est fluide et ponctuée de références au cinéma, à la musique des années 90, ça change réellement des autres romances contemporaines. Les seuls défauts que je relève : une intrigue prévisible et une fin trop rapide pour moi. Globalement, encore une belle lecture que l'on doit à Rainbow Rowell !



"Le premier amour n'est rien d'autre que ça: le premier. Ça suppose qu'autre chose va suivre."


Lu dans le cadre du Défi Lecture 2019
8/100

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Carry On de Rainbow Rowell

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lundi 17 juin 2019

Les bulles en vrac #6


Me revoici avec cette chronique spéciale manga/BD. Je lis beaucoup de BD et de manga, il semblerait. C'est la faute à tous ces bookstagrameurs qui ne présentent que des bons manga, c'est terrible...
J'en lis d'ailleurs tellement que j'ai décidé de présenter 4 BD/manga dans ce genre de rendez-vous au lieu de 3 comme précédemment. Ça me permettra de vous présenter les livres plus rapidement, 4 par 4. J'ai déjà même l'article suivant de prêt ! Bonnes découvertes !


Bulles en vrac : 1 - 2 - 3 - 4 - 5


Bulle en vrac n°1

Culottées, tome 2 de Pénélope Bagieu
Édition Gallimard
Comme dans le tome 1, ce livre rassemble les biographies de femmes qui ont marqué l'histoire de leur pays ou du monde en combattant les préjugés, le sexisme et en bravant des interdictions propres aux femmes. J'ai été particulièrement marquée par les histoires de Sonita Alizadeh, jeune rappeuse afghane opposée à son mariage dès l'âge de 10 ans, ou encore par celle de Chery Bidges, jeune femme qui n'aspirait qu'à courir ou même celle de Thérèse Clerc, créatrice de maisons pour les personnes âgées indépendantes. En gros, tant d'histoires de femmes "qui ne font que ce qu'elles veulent" et qui militent consciemment ou non pour des causes justes et égalitaires. On en apprend beaucoup, et l'humour de Pénélope Bagieu permet aussi d'adoucir ou d'appuyer sur certaines points importants du féminisme.


→ Vu aussi chez Les lectures d'Alice

Cliquez pour agrandir

Bulle en vrac n°2


Le retour à la terre, tome 6 - Les métamorphoses de Manu Larcenet 
Éditions Dargaud (2019)
Je ne cache plus mon adoration pour le travail de Manu Larcenet. Autobiographique, la BD relate les déboires de Manu Larssinet habitant à la compagne. Dans ce tome, le héros est complètement dépassé par son métier d'auteur de BD : totalement focalisé sur ses projets, la grossesse de sa femme passe souvent au second plan. C'est très drôle, les petits strips s'enchaînent et la BD se lit rapidement. Elle peut se lire indépendamment des autre tomes même si vous n'aurez pas toutes les références non plus. Une série à découvrir, ne serait-ce que pour Mortemont, la vieille dame aigrie qui zieute tout ce qui passe.


Chronique des précédents tomes ici

Vu aussi chez Chikita Lit




Bulle en vrac n°3

Un petit goût de noisette et de fruits rouges de Vanyda
Éditions Dargaud (2019)
Une fois n'est pas coutume, j'ai adoré le travail de Vanyda. Elle présente de nouveau des petites histoires d'amour plus ou moins longues, de tous les âges - j'ai tellement aimé Capucine qui a 3 ans - et de toutes orientations - comme l'histoire de Bianca, qui dure pendant des années et qui nous plonge en Italie. Je ne vais pas répéter que j'adore le coup de crayon de Vanyda - oups ! Je l'ai redis ! - et la simplicité de ses histoires qui finalement sont extrêmement touchantes. Elle arrive à présenter des personnages de toutes origines et à leur créer des histoires d'amour uniques, décevantes ou réconfortantes. Le tome 3 est annoncé sur la quatrième de couverture !


Chronique du tome 1

Vu aussi chez Les lectures d'Agathe

D'autres extraits ici


Bulle en vrac n°4

Otaku Otaku, tome 5 de Fujita
Édition Kana (2019)
J'ai adoré ce cinquième tome. Notre couple d'otaku - l'équivalent du geek au Japon - continue de s'apprivoiser et leurs sentiments se développent davantage, surtout ceux de Narumi. Chacun essaie de s'adapter aux goûts de l'autre - surtout Hirotaka qui dans ce tome, cède aux envies excessives de Narumi... Nao, le jeune naïf, a gaffé avec Kô, la gameuse asociale, il se rattrape comme il peut, d'une manière... geek. Encore un tome convaincant en somme ! Je comptais parler du tome 5 et 6 en même temps mais le tome 6 sort en fin d'année, ça aurait été trop long d'attendre...



Chroniques des tomes précédents
ici & ici

Vu aussi chez Les blablas de Tachan


Bulles en vrac
en +

Big Jo de Jungle Julia : ici 
/!\ Disponible en Français
Jo est une fille obèse, moquée depuis l'enfance à cause de son poids. Tom est le sportif du lycée. Il souhaite participer à un challenge qui consiste à coacher une personne obèse et lui faire perdre le plus de poids possible. Il fait croire à Jo que c'est pour son bien... elle va tenter de dépasser ses propres limites pour les beaux yeux du garçon.
Une webtoon qui - mine de rien - prône l'acceptation de son corps et met en avant le mauvais traitement réservé aux personnes obèses. J'ai aussi adoré le coup de crayon.



 The four of them de Mai Hirschfeld : ici
/!\ En anglais - niveau facile
Johnny aime Mariel. Quel désastre quand il apprend que l'adolescente sort avec sa sœur... Aidé de ses amis Martina et Gaby - cœur sur lui - il essayera de surmonter l'épreuve et de vivre sa vie d'adolescent le plus normalement du monde.
Une Webtoon qui n'est pas si originale mais qui dépeint le syndrome du cœur brisé, la difficulté pour les adolescents homosexuels de s'assumer à la vue de tous. Il n'y a pas beaucoup de chapitres donc l'histoire commence seulement, j'ai vraiment hâte de voir comment ces personnages vont s'en sortir.



 Allez ! À dans un mois !
Ci-joint : mon personnage préféré de Umbrella Academy !

mardi 4 juin 2019

Brooklyn

Titre : Brooklyn
Titre original : Brooklyn
Auteur : Colm Toibin
Traduction : Anna Gibson
Édition : 10/18
Parution : 2012
Nombre de pages : 332
Synopsis : Années 1950. New-York, terre d'exil et nouvelle Terre promise, s'étend à l'horizon. Alors qu'elle quitte l'Irlande pour travailler à Brooklyn, la jeune Eilis se perd dans cette ville anonyme. Mais bientôt, une drame la rappelle dans son pays natal. Déchirée entre deux mondes, entre l'enfance et l'avenir, quels choix fera-t-elle pour tracer sa voie ?







Avis :
     Dans ma wish-list depuis longtemps, puis trouvé d'occasion à Gibert Joseph, c'est un livre que j'avais très envie de lire, et ce sans avoir lu trop de chroniques sur le sujet. Le contexte d'après-guerre me tentait et je pensais percevoir la détermination d'Eilis à chaque page... Voyons ce qu'il en est vraiment.


    Eilis est une jeune femme avec une expérience dans la comptabilité qui espère couler des jours paisibles dans son Irlande natale. Le travail manque cependant, et elle est toujours dépendante de sa mère. Un jour, le père Flood la convainc de partir travailler aux États-Unis et de vivre le rêve américain. Elle laisse mère et sœur et embarque sur le bateau qui la mènera outre-Atlantique. Là-bas, elle peut travailler et se divertir plus facilement qu'en Irlande, trouve l'amour... c'était sans compter un décès soudain qui la rappelle sur sa terre natale, elle devra ainsi faire le choix de rester ou partir. 


    Premier point positif du roman : on est plongé dans le contexte migratoire d'après-guerre. Les allers et venues des immigrés américains entre leur terre d'accueil et leur terre natale, leur intégration, le mal du pays, souvent le racisme - à l'égard des Italiens, Juifs, Irlandais, la communauté noire... - et leur rêve commun : réussir en Amérique. J'ai bien aimé découvrir l'intégration d'Eilis, progressive, et qui renseigne sur la facilité à s'intégrer à une époque où la main d’œuvre était beaucoup demandée. Eilis voit plein de choses, se fait à la vie américaine, bouscule ses valeurs et ses habitudes de vie. Le contraste est d'autant plus marqué lorsqu'elle revient en Irlande se confronter à des gens qui ne connaissent pas le mode de vie Américain. 
    Le point négatif qui accompagne l'intrigue, c'est le style narratif, qui enchaîne les évènements avec logique mais d'une telle manière qu'on croirait des petits cinématiques de 5 minutes, pour enchaîner ensuite avec une autre. C'est un peu brusque, j'aurai aimé que parfois, la narration s'attarde davantage sur des évènements importants. 

    Le gros gros défaut de ce livre, et j'en suis la première désolée, c'est sa fin. Je ne conteste pas le choix d'Eilis, parce que finalement, l'auteur fait bien ce qu'il veut de ses personnages, mais comment vous dire... je vais vous la résumer en quelques lignes. En gros, Eilis est en Irlande, le choix s'impose brusquement à elle : partir ou rester. Oh mon Dieu, elle hésite 1 jour, 2, puis 3 puis finalement, elle en parle à quelqu'un de confiance qui ne semble même pas choqué de tout ce qu'Eilis lui révèle (alors que bon bref c'est quand même important...) et Eilis décide d'écouter cette personne et règle le problème en 2 pages et demi. On n'a pas le droit de connaître les conséquences de ce choix, ni les réactions des personnages quand ils l'apprennent. Pour un élément qu'on cite dans le synopsis, j'aurai pensé que ça prendrait au moins une bonne cinquantaine de pages.


    En réalité, faire des choix à la va-vite et être influencé par le premier venu, c'est un bon résumé de la personnalité d'Eilis. Elle se laisse aller au gré des envies de chacun. La propriétaire de la maison où elle vit lui demande de changer de chambre, oui, d'accord, je me poserai des questions plus tard. Le garçon avec qui je sors me demande quelque chose d'important, je vais être d'accord pour me débarrasser et évaluerai les conséquences plus tard. Certains soulignent un récit assez lent, mais je pense qu'Eilis n'y est pas pour rien, elle se laisse tellement porter que finalement, il n'y a aucune intensité dans son histoire
    Heureusement, on a Tony et Jim. Tony est un fils d'immigrés italiens qui tombe sous le charme d'Eilis lors d'un bal Irlandais organisé à Brooklyn. Il est jovial et généreux même si dans certains cas je l'ai trouvé égoïste. Jim est irlandais, fils de riches propriétaires : c'est un personnage surprenant à la personnalité compliquée. J'aurai aimé le voir davantage, si seulement le gros de l'intrigue ne se concentrait pas sur les 60 dernières pages. 


    En conclusion, Brooklyn est un récit intéressant et historiquement juste. Si vous êtes intéressé.e.s par cette période de l'histoire je vous le conseille fortement. C'est vraiment dommage que les péripéties s'enchaînent rapidement sans profondeur et que le personnage d'Eilis soit si plat... j'aurai vraiment aimé ce livre, sinon.



"Il n'arrivait jamais qu'une femme de couleur entre seule dans le magasin. La plupart d'entre elles ne croisaient pas le regard d'Eilis et ne lui adressaient pas directement la parole.
Quand, exceptionnellement, elles s'adressaient à elle, c'étaient avec un ton de politesse si excessive qu'Eilis perdait contenance et devenait maladroite."


Lu dans le cadre du Défi Lecture 2019
7/100


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lundi 27 mai 2019

Orphelins 88

Titre : Orphelins 88
Auteur : Sarah Cohen-Scali
Édition : Robert Laffont (Collection R)
Parution : 2018
Nombre de pages : 432
Synopsis : Munich, juillet 1945. Un garçon erre parmi les décombres. Qui est-il ? Quel âge a-t-il ? D'où vient-il ? Il n'en sait rien. Il a oublié jusqu'à son nom. Les Alliés le baptisent "Josh" et l'envoient dans un orphelinat où Ida, directrice dévouée, et Wally, jeune soldat noir américain en butte au racisme de ses supérieurs, vont l'aider à lever le voile de son amnésie.
Dans une Europe libérée mais toujours à feu et à sang, Josh et les nombreux autres orphelins de la guerre devront panser leurs blessures tout en empruntant le douloureux chemin des migrants. 





Avis :
     Il existe des livres qu'on commence à lire et dont on sait qu'ils deviendront des coups de cœur. Orphelins 88 est de ceux-là. Je ne me mouillais pas trop : j'adore lire des romans historiques et j'avais déjà adoré Max, de la même autrice. Ce livre est certifié premier coup de cœur de 2019.

    Le contexte ? C'est la fin de la guerre : Hitler est mort, l'Allemagne est perdue et un petit garçon erre parmi les décombres. Il ne sait pas comment il s'appelle, mais sait juste qu'il sort de la Napola, une école d'enfants Lebensborn - des enfants typiquement aryens, enlevés à leur famille, ou encore, nés uniquement dans le but d'en faire de bons petits allemands. Comme bon nombre d'enfants perdus, il est récupéré et placé dans un orphelinat de fortune tenu par les américains et Ida, la responsable. Rebaptisé Josh en attendant de trouver sa véritable identité, il vit les arrivées des nouveaux venus, provenant des camps, ou du programme Lebensborn comme lui. Bien qu'il arrive à s'épanouir, l'envie de connaître ses origines devient sa priorité...


     Par où commencer pour parler de ce merveilleux livre ? Parlons de la façon dont il traite de la fin de la Seconde Guerre Mondiale. C'est l'un des livres les plus complet et les plus renseignés qu'il m'ait été donné de lire. J'ai eu l'impression que l'autrice n'omettait aucun détail de la période après-guerre : les orphelins, les rescapés des camps, leur longue guérison, leur renaissance, la présence des soldats américains et leur façon de faire découvrir les produits d'Amérique, leurs viols, la présence des Russes, la façon dont les Américains et les Russes se découpent les territoires allemands et Polonais, les autres massacres de Juifs en Pologne - les progrom - mais aussi la famine, les vagues migratoires de populations qui tentent de retrouver, famille, amis et maison... 

     L'histoire pourrait s'en tenir à "un jeune enfant perdu tente de retrouver ses origines tout au long du roman", mais ce serait presque triste de résumer ce roman à cela. Le récit est tellement riche que l'on peut trouver plusieurs histoires en une : celle d'Halina, rescapée des camps qui cherche à retrouver sa famille, Wally qui rêve d'un futur meilleur, et toute l'histoire de ce peuple allemand qui cherche à fuir la famine et le déshonneur, ou qui perd sa dignité pour chercher à manger. On se penche aussi sur l'occupation soviétique, loin d'être vus comme des héros. Le roman ne se concentre pas seulement sur l'Allemagne, mais aussi la France, la Pologne, et même le Japon. Je ne pourrais pas détailler en une chronique à quel point le récit est objectif et extrêmement bien renseigné.
    Ça semble lourd, écrit comme ça, mais contrairement à Max - que j'avais trouvé difficile à lire, étant donné la dureté de la narration et le thème abordé - on trouve ici des moments d'humanité, de joie, des jeux, le simple plaisir de manger, de se rencontrer, les découvertes des autres cultures... 

    Plus globalement, le personnage de Josh rend le récit plus doux. Il est plein d'innocence, de curiosité, d'envie de s'intégrer, de vivre le plus normalement du monde... j'ai été extrêmement touchée par son parcours. Il observe d'abord les situations d'un œil naïf, mais ensuite, sa vision des choses nous fait comprendre, à nous lecteurs, ce qu'il en est vraiment. On assiste à la perte de son innocence, sa prise de conscience face à tout ce dont il a pu échapper. Il a souvent l'esprit vif et la pensée tantôt acide et franche, tantôt humaine et compatissante.
    Les personnages de Wally et Ida aussi, contribuent à ce que le récit ne soit pas trop lourd. Wally est un jeune noir américain, militaire volontaire pour restaurer l'Allemagne après sa dévastation et son abandon par le pouvoir en place. Josh est en admiration devant sa Jeep, sa couleur de peau et ses rêves. Wally souhaite se marier à une européenne, et vivre une vie loin de la ségrégation - un bel optimiste en soit. Josh est en réalité le chouchou de tout le monde, hormis des enfants juifs rescapés, qui le mettent le plus souvent à l'écart, étant donné qu'il provient de la Napola. Wally et lui font la paire, puisque chacun essaie de s'intégrer dans un monde en pleine (re)formation.

    Parlons aussi de l'amnésie de Josh, qui rend son histoire si floue. Les souvenirs lui reviennent au compte-goutte, ce qui nous fait nous interroger sur son histoire, on reconstitue le puzzle, on s'imagine des choses, et puis finalement... non, je vous dis pas ce qui arrive finalement, vous n'aurez plus besoin de le lire, sinon ! Josh recouvre la mémoire de telle façon qu'on reste sur le qui-vive, le suspens est présent, et à travers son histoire, c'est celle de la guerre qu'on reconstitue. C'est fait très intelligemment. 


    Je ne taris pas d'éloges au sujet de ce livre. J'ai été agréablement surprise par ce roman. En voyant cette couverture noire et rouge, à l'écriture gothique, et le sujet traité j'étais là à me dire "Oh mais j'ai tellement envie de lire cette histoire, je suis sûre que c'est très renseigné, comme dans Max, mais en même temps, j'ai mis des semaines à me remettre du livre Max, est-ce que j'ai le temps pour ce genre de déprime post-lecture ? Est-ce que j'ai vraiment envie de connaître l'Allemagne d'après-guerre et l'histoire de Josh ?". Et finalement, oui. Ce livre est une claque. Je ne vous cache pas que certains discours ou scènes sont particulièrement horribles, mais en même temps, la dureté du livre est adoucie par la jeunesse, l'amitié, l'espoir d'un monde meilleur, l'échange entre les peuples... Je le digère mieux que Max. Même si j'ai eu la gueule de bois livresque parce que c'était tellement bien, je ne voulais pas lâcher Josh... 


    C'est une longue chronique non ? Vous avez envie de le lire ? Je vous ai assez exposé à quel point c'était bien, plein de suspens, d'anecdotes historiques et de personnages attachants ? Si jamais vous étiez tentés par ce livre suite à cette chronique très longue, je serai ravie, parce que j'ai envie de le brandir comme étant d'utilité publique. Il vaut mieux que de longs cours d'Histoire dans lesquels on vous cache trop de choses. Certains voient ce livre comme la suite de Max - que j'ai évoqué trop de fois, désolée - mais sachez que vous pouvez le lire indépendamment. En somme, c'est un livre que je garderai longtemps sur l'étagère !



Troisième partie, page 292 : 
"Les vêtements donnés par les associations caritatives sont, en grande majorité, à carreaux. On dirait que partout dans le monde, les gens ont voulu s'en débarrasser en même temps. Tiens, c'est moche, les carreaux, on les donne aux orphelins de la guerre !"


Lu dans le cadre du Défi Lecture 2019
6/100

Lu dans cadre du 
Challenge des pavés


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samedi 25 mai 2019

Une prière à la mer

Titre : Une prière à la mer
Titre original : Sea Prayer
Auteur : Khaled Hosseini
Dessinateur : Dan Williams
Traduction : Valérie Bourgeois
Édition : Albin Michel
Parution : 2018
Nombre de pages : 50
Synopsis : Dans une longue lettre, un père prie en regardant son fils dormir, implorant d'être protégés lors de la périlleuse traversée qu'ils vont entreprendre.








J'ai glissé dans cet article des liens vers des vidéos ou articles.
Si le cœur, vous en dit, n'hésitez pas à cliquer, une fenêtre externe s'ouvrira.


Avis :  
     Il est difficile de faire une chronique sur ce genre d'ouvrage, si bien que j'ai hésité longtemps à en parler sur le blog. C'est difficile d'en parler en une chronique, déjà parce qu'il est très court, ce sont surtout des dessins, et ensuite et surtout, pour son sujet, ce poème adressé à Marwan et en même temps à tous ces enfants réfugiés perdus en mer...


     Khaled Hosseini fait parler un père, à travers un poème qu'il adresse à son fils, Marwan. La famille a quitté la Syrie pour tenter la traversée vers l'Europe, comme des milliers d'autres. À travers ce poème, il se rappelle ce qu'est son pays pour lui, les senteurs, les couleurs, la bon vivre d'avant, et puis l'exil, finalement. Cette lettre, ce poème est un cri d'amour et d'espoir pour son fils avec qui il espère finir la traversée. Ce poème a d'ailleurs été inspiré par Aylan, le petit garçon retrouvé sur la plage il y a des années.
    C'est court, mais c'est intense. Le poids des mots, ce qu'ils représentent, accompagnés de ces dessins, ça provoque vraiment quelque chose. Certainement de la tristesse, mais aussi de la colère, la honte, aussi...


     Je ne savais pas quoi rajouter à cette chronique pour exprimer mon sentiment, et ce, sans faire de politique ou même des leçons de morale, puisque ce n'est pas l'objectif de ce blog, et que chacun a le droit d'avoir son propre avis sur la question.
    Je sais cependant que quoi qu'on en dise, la France elle-même, est loin d'être le pays européen qui accueille le plus de réfugiés venant de Syrie ou des pays Subsahariens. Je sais pourtant aussi que pendant 100 ans, la France a accueilli  les diasporas italiennes, portugaises, polonaises, vietnamiennes, algériennes et marocaines. Et j'oublie certainement d'autres réfugiés provenant de tous ces pays, ravagés par la guerre - civile souvent - et que la France a accueillie avec plus ou moins de volonté, ne le cachons pas. Ces vagues migratoires datant de moins de cent ans ont engendré des enfants, et des petits-enfants, qui ignorent peut-être le vécu leurs parents ou grands-parents, ce que c'est d'être déraciné de son pays, de devoir tout quitter pour survivre ou espérer un avenir. Il y a toujours eu des vagues migratoires qui ont traversé l'Europe, et beaucoup d'européens et d'africains ont trouvé refuge ici, je ne vois pas pourquoi ce serait différent maintenant. 


   
     Ce livre, même si court et sans trop de texte, à ce pouvoir de soulever des émotions très intenses, dans le cas où ce genre de sujet nous touche de manière générale. Traversé à la fois par cette pensée "On ne peut pas continuer comme ça" puis "Que peut-on faire à notre échelle ?" puis finalement "Et si ça nous arrivait à nous ?", ce livre a été bouleversant. L'achat de ce livre permet de reverser une petite somme à l'association La cimade, qui lutte contre toute forme d'exclusion vis-à-vis des réfugiés et lutte pour les droits humains. Personnellement, je l'ai emprunté puisqu'il s'est trouvé sur mon chemin, ce n'est donc pas un appel au don de ma part. Cependant, ce livre mérite d'être lu. N'hésitez pas. 



"Car tu es une cargaison précieuse, Marwan. La plus précieuse qu’il ait jamais été. Je prie pour que la mer le sache."


 
Ce livre a été lu dans le cadre du Defi Lecture 2019
4/100


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