dimanche 7 mars 2021

Les bulles en vrac #11

 

Bonjour les lecteurs ! Je reviens encore avec un article Bulles en Vrac, le deuxième en moins d'un mois. Oui, oui. J'ai lu beaucoup de bande-dessinées en un mois.

J'ai lu un seul roman à cause de 1) une panne de lecture et 2) des dossiers à rendre que j'ai mis du temps à faire parce que je procrastine à fond. Je culpabilise chaque jour, sachez-le. Résultats des courses : j'avais plus de 2 mois de retard sur toutes vos chroniques (non, j'ai pas fini, merci le logiciel Netvibes de m'aider à trier les lus des non-lus).
J'espère que les petites bulles que je vous propose cette fois vont vous intéresser. N'hésitez pas à me recommander vos derniers coups de coeur.


Bulle en vrac n°1

Our colorful days, tome 1 de Gengoroh Tagame
Édition Akata (2020)
Sora est un lycéen passionné des arts, ami d'enfance de Nao avec qui on lui prête fréquemment une relation amoureuse. Seulement, Sora aime les hommes. Il est amoureux d'un garçon de sa classe mais refuse d'avouer son homosexualité à qui que ce soit. Un jour, un homme apparaît pour lui dire qu'il l'aime, c'est alors que Sora découvre son café et décide de s'ouvrir à lui à propos de sa sexualité.
Ce manga est touchant par son personnage principal qui essaie de mener une vie normale d'adolescent tout en jouant la comédie la journée. J'ai trouvé certains passages touchants - les moments passés avec le garçon qu'il aime - ou même choquants - les propos homophobes tenus par des élèves - mais je trouve que l'histoire reste en surface. Alors, c'est vrai que les premiers tomes de manga sont souvent introductifs mais j'ai trouvé que les sujets étaient abordés de manière superficielle ou à la va-vite. J'essaierais de revenir sur cet avis une fois la série terminée. Elle est complète en 3 tomes. Les dessins sont agréables cependant et on sent des relations qui tendent à se renforcer. Une petite œuvre ! 

 → Vu aussi chez Les lectures de Chloé


Bulle en vrac n°2

Les indésirables de Kiku Hughes
Édition Rue de Sèvres (2021)
Kiku Hughes raconte un pan entier de la vie de sa grand-mère japonaise, enfermée dans les camps pour sino-américains durant la Seconde Guerre. Elle s'imagine jeune fille, transportée par une brume mystérieuse dans cette partie de l'Histoire. Elle découvre alors que, même en étant japonaise à 1/4, elle est considérée comme l'ennemie des américains. Les premiers voyages sont courts, puis le dernier dure plus d'un an, ce qui lui permet de voir la vie quotidienne de sa grand-mère, tout en subissant les mêmes traitements et les mêmes injustices. J'ai adoré que ce thème soit abordé de cette façon : ça change de beaucoup de récits historiques et on a l'impression que le personnage principal, au-delà de découvrir quelque chose, se rend compte de la dureté de l'expérience. J'aurais aimé qu'on voit davantage sa grand-mère mais, en racontant par ses yeux cet emprisonnement, on imagine aisément comment ça a été vécu. Le récit est renseigné, les dessins sont doux - malgré la dureté du thème - et ça questionne l'identification à ses racines, comment les japonais ont voulu tout oublier de cette période, devenir plus américains que les américains tout en conservant ce traditionalisme. Une BD que je recommande ne serait-ce que pour connaître davantage cette partie de l'Histoire. 

 → Vu aussi chez Des livres, des livres !


Bulle en vrac n°3

L'arabe du futur, tomes 1, 2, 3, 4 et 5 de Riad Sattouf
Édition Allary (2014 - 2020)
J'ai pu lire cette série de BD grâce à une amie qui m'a généreusement prêté ses livres. Quel coup de cœur pour cette série ! Riad Sattouf raconte son enfance au Moyen-Orient, lorsque son père, doctorant d'université, accepte un poste de professeur en Lybie, puis en Syrie, d'où il est originaire. Ce sont alors deux histoires en une qui sont raconté : la vie de Riad, l'école de Syrie, ses relations avec sa famille syrienne, ses aller-retours entre la France et le Moyen-Orient... puis l'histoire de son père, "arabe sachant" parmi les "ignorants" qui souhaite "éduquer" son peuple puis qui bascule petit à petit vers une idéologie plus radicale. L'auteur semble raconter ça en tout innocence, avec ses pensées d'enfant de l'époque. Cette série n'a pas vocation à être politico-historique mais ça raconte simplement l'enfance de ce petit Riad, sensible, blond comme les blés, déjà talentueux pour le dessin et qui dessine parfaitement Pompidou. Le cadre de vie au Moyen-Orient est difficile - le peuple explique qu'il est moderne mais le gouvernement n'a pas la possibilité d'offrir l'électricité à tous par exemple, et la plupart des maisons sont en ruines. Riad Sattouf arrive à exprimer des tas de choses par ses dessins - les émotions ressenties, le cynisme de certaines situations, des propos. Il raconte vraiment son enfance à travers ses yeux d'enfant et sans trop de recul - au premier abord seulement. Je pensais vraiment m'ennuyer en lisant ces BD mais pas du tout, il n'y a pas de longueurs et Riad Sattouf arrive à nous entraîner et à nous plonger dans sa vie, dans cette ambiance, dans ses pensées. C'est vraiment passionnant : il arrive à nous faire sourire sur des situations pas très drôles - excepté pour le 5ème tome qui est plus dramatique. J'ai vraiment vraiment adoré cette BD et je me languis du 6ème tome qui est déjà en cours de rédaction. 
 
 → Vu aussi chez Les pages qui tournent


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Pas de films vus durant cette petite période mais pour les connaisseurs, j'ai passé énormément de soirées sur Twitch - ça me perdra un jour.

A bientôt les lecteurs !

mercredi 3 mars 2021

My absolute darling

Titre : My absolute darling
Titre original : -
Auteur : Gabriel Tallent
Traduction : Laura Derajinski
Édition : Gallmeister
Parution : 2019
Nombre de pages : 480
Synopsis : A quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte Nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu'elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s'ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandit seule, sous la coupe d'un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu'au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu'elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle essaie alors d'échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.  


Points + : le personnage de Turtle, les pensées retranscrites, la façon dont tout est amené
Points - : le style narratif

TW (que je masque pour éviter les spoils éventuels)
Inceste, viol, violence, sang, pédophilie

Avis :
    J'ai reçu ce livre à Noël de la part de ma cousine, je ne connaissais pas du tout et je pensais que c'était une sorte de road-trip d'une jeune fille qui fuit son père. Mais non ! Je ne m'attendais pas non plus à ce que j'ai lu, c'était une bonne surprise au final. 

    Julia - dite Turtle - habite seule avec son père dans un endroit reculé de la Caroline du Nord. Son père est un homme sadique, pervers, charismatique et manipulateur, persuadé que la fin du monde est proche. Prise dans ce quotidien qui pour elle est la norme, elle se rend compte de l'anormalité de sa situation en rencontrant Jacob et Brett, deux jeunes adolescents qui lui font voir ce que peut être l'affection, l'empathie et la compréhension. Il reste alors à Turtle de démêler ce qui doit l'être et obtenir la liberté qui lui revient de droit. 

    Que je vous prévienne tout de suite, ce livre est un vrai drame. L'ambiance est vraiment pesante, je ne sais pas si c'est lié au fait que la maison est décrite comme un taudis, ou parce que Julia est morose et s'exprime peu au premier abord ou si le père amène cette ambiance à lui seul. Ce qui est sûr, c'est qu'on est pas serein : le père et la fille tirent souvent à balle réelles sur des petites cibles très difficiles à avoir, le père enchaîne les bières tout en traitant son propre père de poivrot, ils ne s'expriment que par vulgarité et ils vivent reclus. 

    C'est vraiment l'ambiance du début du livre : on est dans l'Amérique profonde - qui voterait sûrement pour Trump - à tel point que je me suis demandé si tout le monde n'était pas un peu perdu dans ses propres pensées tordues.
    Au fil du livre, on comprend que c'est l'histoire d'une prise de conscience, du réveil de Turtle qui redevient Julia. On sent tout de suite que la dynamique est malsaine, on s'attend au pire, et ça sera le pire (voir TW). Lorsque Julia rencontre Jacob, ça fait tilt en elle et tout fait sens dans son esprit, ou presque. C'est alors que l'histoire commence réellement et que la course pour sa liberté débute. C'est vraiment fait subtilement et la façon qu'à Gabriel Tallent de le montrer est formidable. Autant, il décrit des scènes affreuses avec beaucoup de détails, mais il détaille aussi beaucoup ce cheminement de pensée qui s'opère en Turtle

    J'ai adoré ce livre, malgré l'ambiance grave qu'on y trouve. J'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire - petite panne de lecture de 3 semaines mesdames et messieurs - mais je ne regrette pas de l'avoir fini. J'ai eu du mal à adhérer au style narratif. Tout y est bien décrit mais lors des dialogues, j'ai eu du mal à distinguer ce qui relevait des pensées de Turtle de ce qu'elle disait ou faisait - vous pouvez voir un peu comment c'est écrit avec l'extrait plus bas. Mais finalement, au bout d'une cinquantaine de pages, on s'y fait, et l'ambiance m'a fait freiner ma lecture. Mais je ne regrette pas. C'est un livre qui mérite d'être lu, mais pas pour les esprits les plus sensibles - j'ai sauté des pages entières, pauvre de moi.

    Comme l'indique la quatrième de couverture, le personnage de Turtle est vraiment inoubliable. Au départ, vous allez certainement être un peu décontenancé par sa sauvagerie, sa vulgarité et sa naïveté. Je n'ai pas réussi à adhérer à ce personnage tout de suite, elle n'était pas attachante, limie méchante. Puis, on comprend, on voit les choses qui se passent dans sa vie, son envie de réussir à l'école malgré son père qui dit que ça ne sert à rien, son envie de s'en sortir, puis son envie de vivre. C'est comme si elle devenait plus humaine au fil des pages. On finit par avoir envie de l'encourager à s'en sortir, à espérer pour elle. Quelques personnages plus sains gravitent autour d'elle - le grand-père et Jacob - mais sont plus des éclairs de joie qu'un réel tremplin dans sa vie.
    Son père, par contre, vous n'allez même pas adorer le détester. Vous allez le détester tout court. Il est détestable, dégoûtant, pernicieux, lâche, menteur, manipulateur, pervers, inconscient, voire bête. Comme Turtle, on ne sait pas sur quel pied danser avec lui. A la fois on a envie de l'apprécier parce qu'il compte beaucoup pour elle, mais il lui fait du mal dans ses paroles puis dans ses gestes. On connaît sa nature malsaine plus tôt que Turtle. 

    En conclusion, un livre à ne pas mettre entre toutes les mains mais que je recommande quand même pour son personnage principal qui est un exemple de force et de maturité. Le récit est plutôt lent mais on peut alors observer toutes les ficelles de la perversion qui se cassent. Je lirais certainement d'autres romans de l'auteur, ou du moins, plus de romans américains. J'espère que vous y adhérerez aussi !

Pour aller plus loin :
Se plonger déjà en Caroline du Nord
Entretien avec Gabriel Tallent - petits spoilers


Chapitre 3, page 57 :
"Turtle teste la lame sur son pouce, elle regarde son père.
- En voilà, une putain de leçon de vie, dit-il.
Elle fait tourner le couteau entre ses mains, hésitante.
- Tu me fais pas confiance, c'est ça ? dit-il.
- Si, je te fais confiance, dit-elle.
Et elle pense, Tu es dur avec moi mais tu es bon envers moi, et j'ai besoin de cette dureté. J'ai besoin que tu sois dur avec moi parce que je ne vaux rien •par moi-même, et tu me pousse à faire ce que je veux mais que je n'arrive pas à faire seule ; et pourtant, et pourtant... parfois tu n'es pas prudent. Il y a quelque chose en toi, quelque chose de pas prudent, de presque... Je ne sais pas, je ne suis pas sûre, mais c'est là en toi et je le sais."

 


Ce livre a été lu dans le cadre du Défi Lecture 2021
3/100

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Extinction de Matthew Mather
Miss Amérique ne pleure jamais de Julianna Baggott

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Je maladroit
Les lectures de Mademoizelle Nebel


Prochaine chronique :
Bulles en vrac #11

dimanche 7 février 2021

Les bulles en vrac #10

Bien le bonjour à tous, lecteurs assidus ou du dimanche !
Voici le 10ème rendez-vous des Bulles en vrac. C'est vraiment dingue que j'arrive à tenir ce genre d'article. Je manque de BD, cependant. Je pense m'en procurer un peu plus, ne serait-ce parce que ça me manque un peu d'en lire. 

 

En ce moment, je suis en panne de lecture - je suis sur My absolute darling et j'ai peu de temps pour le lire et sinon, c'est un livre tellement complexe que je n'arrive pas à le lire dans les transports. Donc, me revoici avec ce genre d'article. J'espère que vous aimerez, même si je présente peu de nouveautés mais beaucoup de suite de série.
Côté livre, je participe aussi à un club de lecture sur ma ville. J'ai découvert plein de livres et c'est vraiment enrichissant de pouvoir échanger avec d'autres personnes en live. Je verrais si ça se cale bien avec ma formation. 

Côté formation, j'ai fini mon stage fin Janvier et j'ai des sentiments partagés. En même temps, je peux adopter un rythme de vie plus facile mais les jeunes qu'on accompagnait étaient vraiment sympa, j'étais avec une bonne équipe, et ça va certainement me manquer, cette dynamique. Bref, c'est l'heure des dossiers et des oraux, en espérant ne pas être confinés à nouveau. 

Aussi, bonne lecture de ce rendez-vous !


Bulle en vrac n°1

Blue Flag, tomes 4 et 5 de Kaito [Spoil T3 /!\]
Édition Kurokawa (2020)
A la fin du tome 3, Tôma était à l'hôpital et avait partagé ses souhaits et incertitudes concernant son avenir à Taichi et sa famille. Ce n'est pas du goût du frère de Tôma qui demande à Taichi d'aller sonder Tôma. Pour ne rien vous cacher, j'ai vraiment du mal à accrocher avec Tôma qui ne dit jamais ce qu'il pense et ce qu'il a l'intention de faire. Il lance des indices à Taichi qui n'y voit que du feu et qui s'imagine que son ami est juste perdu. Mais bref, c'est un personnage que je trouve fade. Il met toujours tout le monde dans le flou et personne ne sait comment lui parler. Futaba prend conscience de certaines choses et se rapproche de Taichi, juste au moment où Tôma lui témoigne de l'attention - il met tout le monde dans le flou j'ai dit ! - et Taichi entre dans un conflit de loyauté entre Futaba et Tôma.
C'est un manga plus profond qu'il n'en a l'air et malgré les quiproquos et les incompréhensions de chacun, on prend plaisir à suivre leurs amourettes et leurs interrogations. Petit coup de cœur pour Taichi qui est attachant quand même quoi qu'il fasse. Un manga LGBT que je ne cesse de recommander !

 

 → Vu aussi chez Encore un manga

 

Bulle en vrac n°2


Otaku Otaku, tomes 6 et 7 de Fujita
Édition Kana (2019 - 2020)
Je crois que depuis que j'ai commencé cette série, ce sont mes tomes préférés. J'adore évidemment retrouver Hirotaka et Narumi, qui sont obligés de cacher leur relation à leurs collègues pour plus de tranquillité. Dans le tome 6, les 4 otakus partent en voyage d'entreprise aux thermes. C'est lors de ce voyage que Hirotaka et Narumi comprennent qu'ils aiment passer du temps ensemble. Les maladresses d'Hirotaka et l'engouement de Narumi sont toujours présents. Leur relation continue d'évoluer et de se renforcer. Concernant Kabakura et Koyanagi, le septième tome tourne beaucoup autour de leur relation et de leurs non-dits. Les incompréhensions se font nombreuses et les choses s'enveniment.
J'aime vraiment suivre ces deux couples car ils n'évoluent pas comme dans la plupart des shojo. Hirotaka et Narumi sont timides, mais compréhensifs l'un envers l'autre. Narumi essaie de ne pas brusquer Hirotaka concernant leur relation et Hirotaka prend conscience de ce que Narumi attend. Du coup, ça tourne bien. Kabakura et Koyanagi sont plus dans le conflit, mais finalement, c'est leur façon de fonctionner. Sans oublier le duo Nao / Kô, avec Kô qui s'ouvre davantage. J'adore vraiment cette série de manga qui est raffraichissante et nous offre ce qu'il faut de romantisme. Je recommande toujours aux amoureux des romances et à ceux adeptes de l'humour mignon et intelligent. Si vous hésitez encore, foncez ! 

→ Vu aussi chez Les instants volés à la vie

Bulle en vrac n°3


A la vie ! de l'Homme étoilé
Édition Calman Levy (2020)
C'est la belle découverte de l'année 2020 ! Ce compte Instagram de L'Homme Étoilé rassemble de bien jolies histoires autour de la fin de vie. Infirmier en soins palliatifs, il accompagne les personnes dans les derniers instants de vie. Il ne s'agit pas uniquement de modifier le traitement quand on sent que c'est la fin. Xavier va aussi chercher l'humain, la personne, l'histoire derrière la maladie. Un dernier sourire, des dernières anecdotes, des secrets, le plaisir de manger la meilleure glace, de partager les meilleurs morceaux de musique. Finalement, mourir, c'est vivre une dernière fois. C'est un peu le message derrière toutes ces histoires. Cette BD est un hommage à ces patients, évidemment, mais aussi un hommage à la profession et à la vie. Je vous la recommande forcément, et vous sauvez que le tome 2 "Je serais là" est sorti au mois de Janvier. 

 

→ Vu aussi chez Lutetia 95

Bulles en vrac en +


Socializing 101 de Relseiy : ici
/!\ En anglais
[TW Santé mentale / Suicide / Dépression / TCA]

Mihai souffre de phobie sociale. La rencontre de nouvelles personne lui fait peur et il a toujours été intimidé par les autres. Il rencontre alors sa nouvelle voisine, qui est l'exacte opposée de lui.
Je n'irais pas jusqu'à dire que ce webtoon est doux, même si ses dessins sont agréables à regarder. Il démarre gentiment, doucement, on pense à une romance simple, et finalement les personnages décompensent et ils doivent combattre ce qui les fait souffrir. Leur rencontre les oblige à ne plus nier leurs problèmes, à libérer la parole, à savourer les instants présents. Une lecture mi-douce mi coup de poing et dont on ne souhaite que le meilleur pour les personnages.


Nice to meet you de Wishroomness : ici
/!\ En anglais
Daze oublie sa carte étudiant en faisant ses courses, mais Mew, jeune fille enjouée et positive la retrouve et décide de l'échanger avec la sienne. C'est ainsi que Daze la retrouve et semble vraiment mécontent de ce petit jeu de passe-passe. Je ne vous cache pas que, vendu comme ça, ça n'a pas l'air fou-fou.
On est sur un scénario classique du perso masculin grincheux et la jeune fille joueuse. Mais c'est vraiment un webtoon doudou qui aborde des thèmes vraiment forts de temps en temps. On sent que ce webtoon n'a pas dévoilé tous ses secrets ni tous ces personnages. Les couleurs sont belles, les vannes sont drôles, les personnages attachants, c'est le rendez-vous du lundi que je ne manque pas. 
 
 

A bientôt pour un nouveau rendez-vous bullesque.
N'hésitez pas à me dire quelles sont vos plus belles découvertes ? Je commence à manquer de BD. 
 
J'ai binge-watché ce drama dernièrement : The Indatables
Et vous ? Quelle série regardez-vous ?
 

 Prochaine chronique :
My absolute darling de Gabriel Tallent

dimanche 24 janvier 2021

J'aime tout ce qui me rappelle que je ne suis pas la seule à souffrir sur cette terre

Titre : J'aime tout ce qui me rappelle que je ne suis pas seule à souffrir sur cette terre
Titre original : Lost for Words
Autrice : Stéphanie Butland
Traduction : Barbara Versini
Édition : Milady
Parution : 2018
Nombre de pages : 376
Synopsis : Loveday travaille dans une librairie d'occasion et préfère la compagnie des romans à celle de ses semblables. Elle reçoit un jour trois mystérieuses livraisons de livres qui la plongent dan les souvenirs de son enfance difficile. Quelqu'un connaît le secret de sa vie. Est-ce Archie, son patron marginal et paternel ? Rob, l'amoureux éconduit qui ne cesse de la harceler ? Nathan, le poète-magicien qu'elle vient de rencontrer, celui qui pourrait l'aider à trouver les mots pour raconter son histoire ? Le moment semble venu pour elle d'affronter son passé et d'enfin tourner la page.


Points + : plus profond que prévu, le personnage de Nathan
Points - : des anecdotes et descriptions parfois superflues

Avis :
    J'ai commandé ce livre il y a presque un an. Peut-être juste avant le confinement de Mars. Je repoussais sa lecture parce qu'après avoir lu et relu le synopsis, il me semblait bien triste, malgré sa couverture colorée. Et aussi, avec ces trois hommes annoncés, je redoutais une sorte de quatuor amoureux. Il n'en est rien et après avoir refermé le livre, je me demande pourquoi je ne l'ai pas lu avant

    Loveday n'a pas une vie facile : placée dans son enfance en foyer puis en famille d'accueil, la solitude est son quotidien. Elle redoute et fuit les échanges sociaux qui n'ont pas de rapport avec les livres. Elle évite aussi de parler d'elle à tout prix. La librairie est son repère, Archie son pilier, son deuxième père. Lorsqu'elle reçoit les livres de son enfance, ses souvenirs resurgissent et son équilibre vacille

    Trois hommes tournent autour de Loveday : Archie, son ami et confident ; Rob, son ex pervers narcissique ; et Nathan le magicien qui semble l'agacer au premier abord. Il n'y a pas de triangle amoureux, ce n'est même pas catalogué "romance" mais on découvre plusieurs type d'amours, c'est assez réconfortant. D'ailleurs, concernant l’identité de l'envoyeur, on s'en doute arrivé à la moitié du livre, à un tel point qu'on a envie de dire à Loveday de réfléchir un peu plus longtemps... 

    L'ambiance du livre et mi-drôle, mi-mélancolique. C'est assez étrange. Loveday est lasse et triste en permanence mais lorsqu'elle se plonge dans ses souvenirs, c'est joyeux, c'est enjoué, c'est mignon, puis au fil des flash-back ça se dégrade, jusqu'à découvrir ce qui a mené à son placement. C'est mélancolique, parfois plein de colère, de regrets.
    Les chapitres s'alternent entre "Section Policier" qui parle du passé, la "Section Poésie" dans lesquels on retrouve Nathan et la "Section Biographie" qui parle de la librairie et d'Archie/Rob. Selon la partie abordé, on saura si c'est romantique, tristesse ou colère. Le livre n'est pas si triste tout de même parce qu'on a des petites notes d'humour et on sent que Loveday veut avancer par rapport à son passé. Cependant, j'ai été émue de la lettre à la fin du livre. Les émotions sont très bien retranscrites. 

    Côté personnage, vous allez adorer Nathan : il est parfait, même un peu trop pour être réaliste, à tel point qu'on s'attend vraiment à un défaut de sa part tout le long. Rob, c'est vraiment un personnage que vous allez détester. Il est impossible d'adorer le détester comme il nous arrive parfois avec certains "méchants". Non, on le déteste tout court. On pointe bien le problème de sa maladie mentale pour justifier son comportement mais ça ressemble davantage à de la psychophobie. Archie est un personnage que j'ai moyennement apprécié : il est trop paternaliste même si on sent qu'il a une réelle affection pour Loveday. Et puis paie ta charge mentale puisqu'il est précisé tout le long du livre qu'il ne fait pas grand chose dans la librairie et que c'est finalement Loveday qui s'y colle. Loveday justement... elle a tendance à être pessimiste et à penser qu'elle seule a vécu des choses affreuses, mais j'ai aimé l'évolution de son personnage, la notion du pardon, ou du non-pardon, le fait de relativiser, de positiver. 

    En conclusion, c'est finalement une histoire plaisante à découvrir. J'ai aimé l'ambiance mélancolico-comique et le fait évidemment que ça parle des livres. Les plus férus de littérature en reconnaîtront au moins un ! Ça aurait pu être un coup de cœur si les personnages m'avaient plu davantage.

 

Pour aller plus loin :
Article sur la protection de l'enfance au Royaume-Uni
Les plus belles libraires de Londres

 

"C’est pour ça que je n’aime pas parler avec les gens. Je ne trouve jamais rien d’intéressant à leur dire. Il me faut du temps pour trouver mes mots et quand on me regarde, ça me bloque. Et puis je n’apprécie pas vraiment mes semblables. Certains sont corrects, c’est vrai, mais ça, on ne peut pas le savoir tant qu’on ne les connaît pas."

 


Défi Lecture
2/100

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La lettre oubliée de Nina George
Et je danse aussi... de Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux
Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary-Ann Shaffer et Annie Barrows


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Books are my Wonderland
Une histoire de

Prochaine chronique :
Bulles en vrac #10

dimanche 17 janvier 2021

Nickel Boys

Titre : Nickel Boys
Titre original : The Nickel Boys
Auteur : Colson Whitehead
Traduction : Charles Recoursé
Édition : Albin Michel
Parution : 2020
Nombre de pages : 259
Synopsis : Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à cœur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l'université pour y faire de brillantes études, il voit s'évanouir ses rêves d'avenir lorsque, à la suite d'une erreur judiciaire, on l'envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s'engage à faire des délinquants des "hommes honnêtes et honorables". Sauf qu'il s'agit en réalité d'un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d'amitié. Mais l'idéalisme de l'un et le scepticisme de l'autre auront des conséquences déchirantes.


Points + : OwnVoice, les personnages d'Elwood et de Turner
Points - : -


Avis :
    J'avais vu ce livre dans la librairie de mon quartier à la rentrée littéraire. Il était mis en évidence et directement je me suis dit : "Oh mais pourquoi pas prendre celui-ci, c'est vrai que j'ai l'autre roman de l'auteur qui m'attend et que je n'ai pas lu depuis un an, ce serait dommage de se priver !". Et puis finalement je l'ai commandé pour Noël, et quelqu'un qui a bon goût a fait le bon choix parmi la liste ! Je ne suis pas spécialement attirée par les livres qui ont obtenu de prix prestigieux - ici le Prix Pulitzer - et j'étais plus attirée par l'histoire, le thème et la façon dont c'était tourné. Qu'en est-il alors ?

    Elwood est un garçon brillant : il est curieux et volontaire et sa soif d'apprendre l'amène jusque sur les bancs de l'université. Mais alors qu'il est en chemin pour y aller, il est emprisonné sur un malentendu, accusé uniquement parce qu'il est noir. Il échappe à la prison mais se retrouve à la Nickel Academy, un centre de redressement pour les jeunes délinquants, dans lequel la ségrégation continue, accompagné des coups, des viols, du chantage, de la torture, parfois jusqu'à la mort. On est, comme vous pouvez le constater, encore dans un ambiance radieuse ! Le soleil brille et les oiseaux chantent...

    Ce livre n'a pas été un coup de cœur mais je ne saurais pas dire ce qu'il a manqué pour qu'il le devienne. Il est clair que je n'ai pas pu rester insensible au sort d'Elwood, à sa naïveté et son tempérament doux et juste. Elwood accepte d'abord sans trop rechigner à aller à Nickel, mais parce qu'on lui vend l'endroit comme un bel établissement d'apprentissage, avec les restrictions en plus. Il déchante vite, très vite. Conscient du racisme de l'endroit, il apprend à ses dépends que la justice n'existe pas non plus à Nickel. C'est la loi du plus fort qui l'emporte. En l’occurrence, les plus forts, ce sont les Blancs, et après les Blancs, le personnel, le directeur.

    La violence est partout à Nickel. C'est un véritable briseur de vies. Les tortures psychologiques et surtout physiques y sont légions. C'est d'autant plus horrible lorsqu'on sait que c'est inspiré d'une histoire vraie. L'auteur s'est inspiré des récits de vrais Nickel Boys (de la Dozier School) pour créer ses personnages.
    Malgré tout cela, la roman n'est pas si sombre. Certaines scènes sont affreuses, ce serait vous mentir que de dire le contraire mais le découpage du récit est fait d'une telle façon que les scènes se succèdent entre moments d'espoir et moments affreux. Lorsque les garçons ne sont pas confrontés aux adultes, ils travaillent à l'école, aux champs, ou à la ville. C'est dans ce contexte qu'Elwood rencontre Turner qui ajoute vraiment un peu d'apaisement. Je ne sais pas vraiment comment l'expliquer. 

    Turner est un personnage cynique, fataliste et pas vraiment prêt à aider son prochain au premier abord. Débrouillard depuis l'enfance, il prend Elwood sous son aile et lui apprend les manigances qui rendront sa vie à Nickel plus supportable. Il attend son moment pour partir, même si quiconque à voulu fuir s'est retrouvé à la Maison Blanche - la cabane dans laquelle les Blancs torturent les garçons. Elwood est un éternel optimiste mais vraiment déterminé à sortir de cet endroit autrement que par la fuite. Il est persuadé qu'à force de travail et de rigueur, on le laissera sortir. A-t-il raison ?

    Revenons sur la façon dont le récit est découpé : c'est chronologique, ça nous permet de voir l'évolution d'Elwood dans cette prison, de le voir se faire des amis, de voir comment évoluent ses amis, ses camarades aussi... Cependant il n'y a pas de réelle continuité. On peut passer d'un chapitre qui parle de la situation de Turner, pour passer ensuite à un chapitre qui parle d'un tout autre garçon. Ça ne me dérange pas : ainsi, l'auteur peut dévoiler tout ce qui a pu se passer derrière ces murs. Le récit commence d'ailleurs dans le présent et avance sous forme de flash-back. On reste quand même bien au temps de Nickel...

    En conclusion, c'est un magnifique récit inspiré d'histoires vraies, qui vous touchera certainement bien qu'il faille s'accrocher à la lecture de certains passages. Les personnages de Turner et d'Elwood apaisent un peu le tout avec leur complicité et leurs rêves. Merci à Colson Whitehead d'avoir mis en lumière une face oubliée de l'Histoire américaine. Sachez que l'établissement est resté ouvert jusqu'en 2011 ! Et cela fait sûrement écho à des scènes plus modernes. J'espère vous avoir donné envie de découvrir l'histoire d'Elwood et sinon, au moins vous avoir donné envie de connaître cette face de l'Histoire.

Pour aller plus loin :
Les détails glaçants du pensionnat de l'horreur
Présentation du livre et de l'auteur - Éditions Albin Michel

  

Page 13 :
"Depuis quelques années, d'anciens élèves montaient des groupes de soutien en ligne et se réunissaient de temps à autre dans des diners et des McDonald's. Dans une cuisine, à une heure de route. Ensemble, ils se livraient à leur propre archéologie fantôme, fouillaient les décennies et rendaient aux yeux du monde les fragments et objets de cette époque. Chacun de ces hommes avait une pièce à apporter. Je me rappelle qu'il disait : Je viendrais te voir tout à l'heure. L'escalier branlant qui descendait au sous-sol de l'école. La semelle de mes tennis imbibée de sang. Rassembler ces morceaux pour confirmer qu'ils partageaient une même obscurité : si c'est vrai pour moi, c'est aussi vrai pour quelqu'un d'autre et je ne suis plus seul."

 
Ce livre a été lu dans le cadre du Défi Lecture 2021
1/100

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J'aime tout ce qui me rappelle que je ne suis pas seule à souffrir sur cette terre de Stéphanie Butland

dimanche 3 janvier 2021

Les impatientes

Titre : Les impatientes
Autrice : Djaïli Amadou Amal
Édition : Emmanuelle Collas
Parution : 2020
Nombre de pages : 252
Synopsis : Ramla, 17 ans, arrachée à son amour pour être mariée de force avec Alhadji Issa, un homme riche et déjà marié. Hindou, sa sœur du même âge, est contrainte d'épouser Moubarak, son cousin, alcoolique, drogué et violent. Quant à Saphira, 35 ans, la première épouse d'Alhadji Issa, elle voit d'un très mauvais œil l'arrivée dans son foyer de la jeune Ramla, qu'elle veut voir répudiée. Pour les aider dans cette étape importante et difficile de leur vie, leur entourage ne leur donne qu'un seul et même conseil : Patience ! 



Points + : OwnVoice, la triple narration
Points - : -


Avis :
    J'ai lu ce livre vers Noël, totalement par hasard. C'est un livre qui m'a plus par son synopsis et parce qu'il se passe au Sahel, une région méconnue dans la littérature populaire. Alors, est-ce que lire des livres au hasard est bénéfique ? 

    Ramla, Hindou et Safira sont trois femmes mariées par contrainte. On leur recommande d'être "patientes" dans tous les moments difficiles de leur vie. Ramla est fiancée à son premier amour mais son père décide de la marier à un parti plus riche. Hindou suit les pas de sa sœur Ramla mais se marie à son cousin, alcoolique, violent et drogué. Safira elle, subit l'arrivée de Ramla dans son foyer et découvre la polygamie et la jalousie. 

    J'ai aimé ce livre bien qu'il ne soit pas un brin joyeux. Je ne vous cache pas que c'est pas la joie à tous les étages mais, attendait-on autre chose ? Le synopsis se vend bien comme ça ! Cependant, on note quelques espoirs lorsque ce mot "Patience" est murmuré ou dit à une de ces femmes. Ce mot leur donne espoir ou les pousse à se rebeller, selon les moments, selon les personnalités. Le livre aborde des sujets difficiles comme les mariages forcés, la question de l'honneur au Sahel, le viol et la polygamie. Par le mot Patience, c'est un ordre qui est donné à ces femmes, de la même sorte qu'on leur dirait "Silence". La plume est fluide, on est tout de suite entraînés dans le récit, on le lit facilement, les histoires se succèdent.


    Le Sahel est une région méconnue en littérature mais force est de constater que les femmes vivent dans une société tout ce qu'il y a de plus patriarcal. J'ai détesté voir ces femmes souffrir et subir. Elles savent pour autant rebondir et espérer de nouveau mais l'ambiance était assez sordide. Le livre est difficile à lire par ses sujets abordés et je sais que je ne vous vend pas du rêve avec cette phrase. Cependant, j'ai aimé comment ces femmes rebondissent et se battent. 

    Le personnage de Ramla est celui que j'ai trouvé le plus touchant. J'ai été touchée par son histoire, sa positivité et sa façon de voir les choses. J'ai eu beaucoup de peine pour Hindou qui a la situation la plus catastrophique. Safira est celle qui m'a le moins touchée : je l'ai trouvée méchante, même si je comprenais les raisons de sa jalousie, je n'ai pas accroché. La triple narration aide à bien se rendre compte des histoires et des personnalités de chacune et on ne ressent pas de longueurs. Le livre n'est pas bien grands mais des longueurs sont si vite arrivées. 

   En conclusion, un livre qui rend compte de la vie des femmes au Sahel, entre dureté et espoir. Vous apprécierez la sagesse et la force de chacune et j'espère que le côté triste du récit ne vous rebutera pas trop, que vous saurez apprécier la plume


Pour aller plus loin :
Situation des femmes au Sahel - Le Monde
Entretien avec Djaïli Amadou Amal


"Le mariage n'est pas qu'une question de sentiment. Au contraire. C'est d'abord, et avant tout, l'alliance de deux familles. C'est aussi une question d'honneur, de responsabilité, de religion – et j'en passe." 

 

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2020
28/100 (score final !)

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jeudi 31 décembre 2020

Bilan de 2020

Bonjour à toutes et à tous !

2020 est terminée. Alors, tous ensemble, crions "Enfin !"
Comment était cette année pour vous ? Personnellement, j'ai eu un très très bon début d'année avec un séjour à Paris/Disney, puis PAF !, confinement. Au début, ce confinement allait puis, comme tout le monde, la fatigue, l'énervement, la lassitude...
J'ai pu quand même valider mon année et passer des vacances sympathiques - encore heureux ! 

Côté lectures, j'ai atteint les 38 livres lus. Ce qui est moins que l'année dernière, et je visais 50 livres. Peut mieux faire... Cependant, j'ai eu peu de déceptions, donc on est sur une bonne année livresque.
J'ai réussi à tenir un bon rythme concernant les publications sur le blog et je suis assez contente de ça, parce que ENFIN ! Ce blog a bientôt 7 ans et j'ai enfin un rythme. Incroyable.
Je ne sais pas si vous l'aviez remarqué mais on est sur 1 article par semaine - une chronique ou un tag ou un bilan. Peut-être que cette année je ferais des articles plus personnalisés.
J'ai eu plusieurs pannes de lectures, ça me désole un peu parce que j'aurais aimé lire plus - surtout que c'est pas comme si on avait eu 3 mois de rien du tout entre mars et mai... Mais bon, j'essaierai de garder ce rythme d'une ou deux lectures par semaine. Avec plaisir, sans stress...

Bref ! Quelles sont les lectures les plus marquantes de cette année 2020 de l'enfer ? 


Coup de cœur de l'année
Celles qui restent dans les mémoires


Un si petit oiseau de Marie Pavlenko : la lecture la plus touchante de cette année. C'était triste, c'était difficile mais c'était doux. C'est un livre plein d'espoir et de nouveaux rêves, bizarrement, il vous donnera envie de vous lever et d'aller voir la nature.

Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa : la lecture la plus poétique de l'année. Ce livre est comme un petit conte contemporain, au bout goût de haricots rouges. 3 générations qui se rencontrent autour de dorayakis. et qui en retirent tous quelque chose. Le livre a été adapté en film - que je n'ai toujours pas vu d'ailleurs - et il est très beau, de ce que j'en ai vu. Ce livre vous donnera faim.

Hotel Castellana de Ruta Sepetys : le coup de cœur parmi les coups de cœur. Un livre qui manie habilement l'Histoire et la fiction. Les vies des personnages s'entremêlent pour ne faire qu'une seule histoire dont Daniel et Anna sont les personnages centraux. Vous en apprendrez beaucoup, et, pour les plus réticents, peut-être que la romance saura vous faire accrocher. 


Déceptions de l'année
Celles que je ne vous recommande pas


La goûteuse d'Hitler de Rosella Postorino : Et oui, désolée pour ce livre, mais il finit dans le S tier de l'année. En vérité, l'histoire n'est pas si mauvaise, même pas du tout, mais le synopsis est limite mensonger. Vous n'aurez presque rien sur la vie des goûteuses. Et la vie de Rosa n'est pas si palpitante, on s'ennuie vite. Je sais qu'il a plu à beaucoup d'entre vous, déso pas déso.

Complètement cramé de Gilles Legardinier : c'est le roman de l'auteur de trop. Autant j'avais donné sa chance aux premiers livres que j'avais lu, mais celui-ci est trop déconstruit, trop absurde et surtout pas assez drôle pour me tenter. (Ok Mr Darcy !!). Bref, dernier roman de l'auteur pour moi.

Noël et préjugés - Collectif : c'est dommage qu'un roman qui parle de Noël finisse dans le flop. Vous savez quoi ? En plus c'était ma dernière lecture de l'année. Je suis déçue. Le lien avec Orgueil et Préjugés est minime, les romances sous forme de nouvelles ne sont pas convaincantes et peu d'entre elles font rêver. C'est dommage, mais ça ne me dégoûte pas de romances de Noël pour autant. 


Les autrices de l'année
Celles dont je lirais d'autres livres (et oui, pas d'hommes sélectionnés cette année)


Marie Pavlenko - Un si petit oiseau
J'ai adoré sa façon d'écrire, même si c'est un drame elle a réussi à nous donner de la douceur, de la poésie et des personnages qu'on a envie de rencontrer. A bientôt en 2021 ! 



Philippa Gregory - La dernière reine
J'ai adoré découvrir sa plume : elle a une façon de conter l'Histoire qui est superbe. Elle donne vie à des moments, des instants inconnus de l'Histoire de telle sorte qu'on pourrait y croire. Ses récits sont renseignés mais aussi parfaitement bien narrés. Je lirais volontiers un autre de ses romans ! 
 
 
Claire Favan - Dompteur d'anges
C'est rare d'avoir une autrice qui est publiée pour des thrillers je trouve. Les grands noms sont toujours des hommes - hormis Agatha Christie mais qui est plus dans le genre policier. Un vrai suspens, de l'angoisse, du sang... et des sentiments. Vraiment un bon roman qui m'a convaincu de lire d'autres livres de l'autrice. 
 

Les personnages masculins de l'année
Ceux qu'on a envie de rencontrer - ou pas.


Tatsu dans La voie du tablier : un ancien yakuza qui devient homme au foyer. A la foi dur et sensible, il a du mal à perdre ses réflexes d'ancien truand. Un personnage ambivalent qui vous fera rire à coup sûr !

Leon dans A moi la nuit, toi le jour : un personnage gentil comme tout, qui fait face à ses faiblesses mais qui sait soutenir le monde sur ses épaules. Un des éléments qui fait que A moi la nuit, toi le jour a été une très bonne lecture  !

Cameron dans Dompteur d'anges : un jeune enfant, puis adolescent, puis adulte qui arrive à garder une certaine réflexion malgré le bourrage de crâne de son ravisseur Max. J'ai été séduite par sa personnalité et sa volonté à survivre. Le vrai héros de ce livre quoiqu'en dise le synopsis.
 

Les personnages féminins de l'année
Celles qui sont difficiles à sélectionner tant elles ont été nombreuses

► Malala Yousafzai dans Moi, Malala, je lutte pour l'éducation et je résiste aux talibans : Que dire de plus sinon présenter cette jeune fille comme une des plus brillante de sa génération. Une de celles dont on est ravi de l'existence ! Lisez sa biographie ! 

Tokue dans Les délices de Tokyo : Une femme forte et vraiment méritante dans ce qu'elle a entreprit. Une femme qui semble faible au premier abord mais qui cache bien des capacités et de bien belles qualités. 

Catherine Parr dans La dernière Reine : que dire sinon qu'elle est une des plus fines et intelligentes de toutes les femmes découvertes dans les romans cette année. Habilement, elle arrive à tirer son épingle du jeu et à comprendre plus rapidement que quiconque les vices de son mari et à les éviter. 

 

📚

 

Bilan global de cette année : 
J'ai lu énormément de romans plaçant leur intrigue dans différents pays du monde - Japon, Afghanistan, Sahel, Angleterre, Norvège, Italie, Inde, Espagne, Amérique du Nord, Corée du Sud, Allemagne, Burundi et j'en oublie sûrement. Ce que je peux en dire, c'est que ça m'a ouvert d'autres horizons, ça m'a fait découvrir d'autres cultures - que ça soit une fiction ou une autobiographie. J'ai été ravie de m'ouvrir davantage à d'autres littératures également. 
 
J'ai lu aussi davantage de romans d'autrices. Et aussi plus de livres annoté comme féministes. J'avoue que c'était parfois un peu lourd par moment, alors je coupais avec un roman fantasy ou une romance, mais aussi, ça m'a permis - en liant ça avec les livres étrangers - de voir les combats féministes autour du monde. C'était vraiment une année très diversifiée et qui poussait à la réflexion et à la remise en question.  
 
Parlons résolutions ? 
J'aimerais arriver à lire davantage de romans OwnVoice. Qu'est-ce que c'est ? Cela signifie nos voix / nos propres voix et cela se dit d'un livre qui a été écrit par une personne faisant partie de la même minorité représentée dans son livre. Exemple : Petit Pays, écrit par Gaël Faye, né et ayant lui même vécu au Burundi, dont l'intrigue du livre se passe... au Burundi. Autre exemple ? Pourvu que la nuit s'achève de Nadia Hashimi, elle-même originaire d'Afghanistan. Ou aussi avec le livre Kim Jiyoung, née en 1982 qui parle du sort des femmes en Corée du Sud, écrit par une femme coréenne.
Marche aussi avec les handicaps ou les auteurs LGBTQIA. J'ai remarqué que les livres OwnVoice sont plus authentiques, dans le sens où les auteur.ice.s savent de quoi ils parlent, sans interpréter et sans tomber dans les clichés. Aussi, ça me permettrait, à mon échelle, de mettre en avant certains livres / auteur.ice.s possiblement mis de côté. 
 
►  Vous avez dû le remarquer, j'ai ajouté les Points + et Points - en début de chronique. J'essayerais de penser à rajouter en Points + quand c'est OwnVoice ou quand ce livre traite d'une minorité - de façon bienveillante. Aussi, dans le cas contraire - de façon non bienveillante, ça ira dans les Points -. En faisant la part des choses tout de même sur le sens du récit. A suivre ! N'hésitez pas à me signaler des romans OwnVoice, féministes ou abordant des sujets concernant les minorités de façon bienveillante ou historiquement fiable.
 
La crise a mis en difficulté nombre de commerces indépendants. J'essaierai d'acheter davantage dans les librairies indépendantes. Notamment celle de mon quartier pour commencer. Parallèlement, j'aimerais VRAIMENT vider ma bibliothèque et donc... arrêter d'emprunter des livres mais surtout commencer à vraiment lire les livres que j'ai déjà à ma disposition. Il va falloir jongler entre mon envie d'acheter et ce besoin de faire de la place. On dit quoi ? On dit bon courage Amélie ! 
 
 
 

Merci d'avoir lu ! C'est un article bien long.
Je vous souhaite une bien bonne année 2021, plein de bonnes choses, un maximum, peu importe ce que va nous amener cette année.

Prenez soin de vous, à bientôt !