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mardi 17 juin 2014

Entre chiens et loups, tome 1

Titre : Entre chiens et loups
Titre original : Noughts and Crosses, book 1
Auteur : Malorie Blackman
Traduction : Amélie Sarn
Édition : Milan (Macadam)
Parution : 2005
Nombre de pages : 396
Synopsis : Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé ou méprisé.
Un monde où les communautés s'affrontent à coup de lois racistes et de bombes. C'est un monde où Callum et Sephy n'ont pas le droit de s'aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d'un rebelle clandestin.




Avis : 
  Je ne m'attendais pas à ça. Je m'attendais à un coup de cœur, un livre dont j'aurai envie de lire la suite. Mais non. Je n'irai pas non plus dire que c'est une énorme déception (voyez comme j'ai mis une bonne note quand même !) mais j'ai été très déçue de certains évènements et surtout la fin.

  Les personnages de Callum et de Sephy ont une personnalité bien propre et bien exploitée, et je dirais même, assez représentative de leur milieu. Sephy est une enfant de riches en total désaccord avec les idées de ses parents, souffrant d'une solitude assez souvent observée chez les jeunes comme elle. Callum est un adolescent plein de rêves utopiques et prêt à tout pour faire changer sa situation, autant résigné qu'attaché aux valeurs familiales, il est la personnalité forte du roman - étant surtout la principale victime du racisme ambiant. J'ai regretté ce côté vu et revu des personnages secondaires : une mère résignée, un père sévère (pour les deux personnages principaux), un frère révolutionnaire, une sœur complice ou à moitié peste. Ce sont des personnalités que j'ai pu retrouver pas mal de fois mais ne pas oublier que c'est avant tout un roman jeunesse.

  En parlant du roman jeunesse, j'ai quelques fois douté : le racisme est abordé en profondeur et sous toutes ses coutures, avec des propos violents, et une réalité à faire frémir le moins sensible d'entre nous. Je doute fortement qu'un(e) enfant de 8/9 ans arrive à comprendre en totalité la portée de ce qu'il lit et s'il arrivera à en terminer la lecture tellement les mots sont forts et violents. Je ne sais pas si je dois classer ce roman dans le contemporain, parce que le racisme envers les Blancs, qui est en fait une sorte de parallèle au racisme envers les Noirs, n'est pas tout à fait exact. 
   Je m'explique : de nos jours, toujours du racisme. Mais plus à un tel point. Les actes anti-Blancs dans ce roman sont tels qu'on pourrait plus les mettre en parallèle avec les actes racistes des années 50 (Martin Luther King, Rosa Park... voyez ?). Heureusement, la tolérance a évolué dans notre société des années 2000, même s'il nous reste beaucoup à faire, mais en lisant, vous verrez de quoi je parle, le niveau de racisme du roman est élevé par rapport à ce que vivent réellement les Noirs de nos jours (ou alors je n'espère pas me tromper parce que ce serait terrible et il faudrait que je rouvre les yeux).

  Le pourquoi du comment que j'ai mis "que" 15 : j'ai apprécié ma lecture, et j'ai vraiment été absorbée par l'histoire, et malgré ce qu'en disent certaines critiques, c'est un environnement original et très bien exploité comme toujours par Malorie Blackman. Cependant, il y a un nombre assez élevé de moments mélodramatiques voire carrément glauque. Je n'en dirais pas plus mais le nombre de fois où j'ai fermé le livre en me disant "Non c'est pas vrai... bon, où j'ai mis mes DVD de Friends pour décompresser là ?". Trop de mélodramatique. Vraiment. Même si, je vous l'accorde, la situation inversée devrait être telle, je me suis demandé si c'était vraiment un roman jeunesse, sachant qu'une adulte comme moi a du mal avec ces situations.

  Je ne parlerais que très peu de la fin : décevante. Oui je sais qu'il y a une suite et je vais tarder un peu avant de la commencer parce qu'il va me falloir digérer cette fin horrible et déprimante...
  Pour conclure (enfin !) je conseille quand même ce livre, parce qu'il amène à réfléchir sur la situation que les Noirs ont pu vivre par le passé et que c'est une histoire assez originale pour faire renverser la balance. Roman jeunesse : pas seulement, vous l'aurez compris. Moi de mon côté je vais aller lire un livre rigolo pour faire passer la pilule. 

"Mon désespoir était le sien, son désespoir était le mien. Comme si le seul rempart que nous avions trouvé contre le monde était notre amour."

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lundi 2 juin 2014

Boys don't cry

Titre : Boys don't cry
Auteur : Malorie Blackman
Traduction : Amélie Sarn
Édition : Milan (Macadam)
Parution : 2009
Nombre de pages : 287
Synopsis : Dante attend les résultats de ses examens. Le courrier qui lui ouvrira les portes de l'université. De sa future vie. Celle dont il a toujours rêvé.
Mais, quand on sonne enfin à la porte, ce  n'est pas le facteur, c'est Mélanie. Son ex-copine, dont il n'a plus entendu parlé depuis des mois. Avec un bébé. Le sien. Le leur.
Être père à 17 ans ? Il y a de quoi pleurer. Mais les garçons ne pleurent jamais.




Avis : 
  Un petit coup de cœur ce livre ! Il a tout ce qu'il faut pour plaire : de la joie, du suspens (si, si !), de l'amour, des leçons de vie, quel bouleversement en 287 pages ! J'ai presque failli verser une larmichette à 2 reprises - et non je vous dirais pas quand !


  On est tout de suite plongés au cœur du problème : Dante reçoit Mélanie, son ex, accompagnée de sa fille, Emma. Par un moyen assez lâche - il faut le reconnaitre - elle lui laisse leur fille sur les bras, provoquant un véritable chamboulement dans cette famille d'hommes. Au départ, c'est une famille qui semble assez peu soudée, ou en tout cas, les manifestations de sentiments et d'affection sont quasiment inexistants, mais ce petit bébé va faire apparaître chez eux des comportements et réactions qu'ils ne soupçonnaient pas les uns des autres. C'est ça que j'ai trouvé très mignon : cette solidarité qui se met en place pour aider Dante - qui, avec une mauvaise foi évidente ne se rend pas compte des sacrifices mis en place par son père principalement. Au début, Dante se révèle être très égoïste et passe par le déni de paternité - ça existe ? - et ensuite envisager les pires suites possibles à son avenir. C'est aussi ce que j'ai apprécié : Dante a une grande capacité à se remettre en question et essaye tout de même de faire au mieux pour sa fille qui reste désormais le seul but de sa vie. 
  J'ai trouvé que ce livre était très réaliste - en tout cas pour ce qui est des pères/mères adolescents - et qu'effectivement Malorie Blackman aborde toutes les difficultés et les joies auxquelles sont confrontés les (jeunes) parents. Rien à dire là dessus, je pense que le sujet est traité avec beaucoup de justesse.


  Il est beaucoup aussi questions de sentiments, des relations familiales : pas seulement entre Dante et sa fille mais aussi entre Dante et son père, Dante et son frère, et même la relation "du père au fils" est assez largement traitée. Sans mère, cet environnement masculin se croit assez fort mais est pourtant assez faible pour laisser entrevoir quelques failles du passé, et tout le long du livre, cette absence de communication se révèle être un lourd fardeau.


  On alterne les passages narrés du point de vue de Dante et du point de vue d'Adam - son frère - bien que celui-ci soit plus rare. Un sujet est également traité de façon assez claire : l'homophobie. Je ne dirais pas l'homosexualité parce qu'elle est à peine révélée dans le début du livre et vite, on constate que la "phobie" prend la place de l'homosexualité, c'est traité assez profondément pour qu'on se sente concerné et assez superficiellement pour qu'on oublie pas le but premier du livre, mais je pense surtout qu'elle a été insérée pour démontrer l'amour fraternel et les choix que nous sommes amenés à faire toute notre vie. 

  C'était un livre tellement fort et qui, j'en suis sûre, restera dans ma mémoire. Je pourrais en parler - et écrire dessus - pendant des heures encore. On pourrait être amené à se dire que finalement, avec un enfant jeune à 17 ans, on peut s'en sortir, mais c'est pas exactement le message que veut délivrer l'auteure à mon avis. Ça amène à réfléchir, et peut-être que certains changeront leur manière de penser suite à la lecture de ce livre.

"Je me suis assis dans le fauteuil face à la poussette et j'ai observé le visage tout plissé du bébé. Des larmes roulaient sur ses joues. Tout en pleurant, il me regardait le regarder. Je me suis dit à cet instant que lui et moi, on ressentait peut-être exactement la même chose. Et il pleurait et pleurait et pleurait de plus en plus fort. Il avait de la chance. J'aurais vraiment voulu en faire autant. Mais les garçons ne pleurent pas. C'est ce que Papa nous a toujours dit et répété à Adam et moi. Et puis ça n'aurait servi à rien."

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