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lundi 27 décembre 2021

Broadway Limited, tome 1 : Un diner avec Cary Grant

Titre : Broadway Limited, tome 1 - Un dîner avec Cary Grant
Autrice : Malika Ferdjoukh
Édition : L'école des loisirs (Médium)
Parution : 2018
Nombre de pages : 598
Synopsis : Automne 1948. Il débarque un soir de grand vent à la pension Giboulée. Par erreur. Un stupéfiant malentendu linguistique. Il est à New-York et on l'a pris pour une demoiselle à cause de son prénom.
Or la pension Giboulée est exclusivement réservée aux jeunes filles. La gent masculine y est rigoureusement interdite. Par chance, il est français. Et il joue très bien du piano...


 

 

Points + : les différents narrateurs, l'ambiance
Points - : les métaphores partout

Avis :
    Ce livre avait été beaucoup évoqué par les Bookstagrameurs - est-ce que ça se dit même ?? - et notamment par Muffins And Books. Ça avait pas mal attiré mon attention et le fait que ce soit qu'une trilogie avait fini de me convaincre. 

    Jocelyn débarque en Amérique pour rejoindre sa famille. Sa sœur française n'a plus de quoi s'occuper de lui, la période d'après-guerre est difficile. Il doit faire escale pendant un temps à la pension Giboulée : il croyait y être bien accueilli mais la pension ne reçoit que des filles. Dit à l'américaine, son prénom est féminin.  Il peut rester à la pension s'il joue du piano une fois par semaine : la belle idée, puisque toutes ces demoiselles sont des artistes en herbe. Le voilà pris dans le quotidien féminin et new-yorkais, chacun arrivera-t-il jusqu'à ses rêves ? 

    L'ambiance dans ce livre est vraiment joyeuse et vive. Les émotions et la vivacité des personnages sont vraiment bien retranscris. Le récit se découpe en plusieurs narrateurs, ce qui nous permet de suivre les histoires de chacune des filles, en plus de celle de Jocelyn. Au début, ça fait énormément de prénoms et de choses à emmagasiner mais heureusement un petit mémo des personnages est présent au début du livre - cœur sur les éditeur.ice.s / auteur.ice.s qui font ça d'ailleurs. 

    Point fort du roman, on est vraiment plongé dans cette ambiance des années 40 américaines. L'autrice aborde à la fois la liberté retrouvée que les problèmes de fin de guerre. Le communisme fait grand bruit et la libération de la femme débute, beaucoup de détails historiques sont abordés de manière discrète. Renforcez aussi votre culture artistique car les références culturelles ne manquent pas. Le roman n'est pourtant pas un coup de cœur pour 2 raisons qui me sont complètement personnelles : 1) la succession des évènements et 2) la présence continuelle de métaphores.


    J'ai adoré suivre les histoires de chacun et chacune. J'aime ça en général parce que si je me lasse d'un personnage, on change de narrateur et ça redynamise le récit, ou on passe complètement à autre chose. J'ai bien aimé ça parce que, malheureusement, je n'ai pas trop aimé suivre les aventures de Jocelyn. Aussi, j'ai trouvé que certains évènements arrivaient comme un cheveu sur la soupe : on passe d'un évènement à l'autre et même parfois sans y être préparé. C'est assez déroutant.
    J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le récit pour une seule et unique raison : trop de métaphore, tout le temps, partout, dès le début du roman, à tel point que je sais même pas de qui ou de quoi on parle. Ça donne un côté original à la narration mais ça m'a brouillé plus qu'autre chose. 

    Comme je l'ai dit, j'ai eu du mal à m'attacher à l'histoire de Jocelyn qui m'a paru davantage spectateur de sa propre histoire que réellement acteur. Il est là, il regarde les autres filles mener leurs vies, il les suit, il répond à leurs questions. Heureusement j'ai été plus attirée par les histoires de Hadley et Manhattan qui rencontrent des soucis dans leur vie amoureuse et familiale. Je l'avoue, je ne lirais le deuxième tome que pour elles. Le personnage de Dido arrive comme un cheveu sur la soupe : voisine de la pension, Jocelyn la rencontre d'une manière un peu bizarre et son personnage est toujours introduit maladroitement dans les scènes. Je ne sais pas comment l'expliquer mais je n'ai pas compris l'entrée de ce personnage et pourquoi il y reste. J'espère que dans le 2eme tome ça prendra sens. 

    En conclusion, un premier tome loin d'être uniquement introductif puisque les choses avancent ou se compliquent pour la plupart des personnages. L'ambiance est telle qu'on se croirait dans les années 40 mais la plume est venue me perdre plusieurs fois. J'espère accrocher davantage avec certains personnages et voir les autres évoluer comme promis.

Pour aller plus loin :
20 photos de New-York des années 40 (pour l'ambiance visuelle)
Mix de musiques années 30/40 - Jazz et Swing (pour l'ambiance auditive)

 

"Son cigarillo exhala une fumée nostalgique. Dans un élan de sympathie, Hadley lui fit cadeau d'un gardénia.
- Est-il exact que Rhett Butler sera des nôtres ce soir ?
- Le bruit court, lui répondit Hadley, l'air mystérieux.
- Formidable. On va enfin savoir s'il portait ou non un dentier dans 'Autant en emporte le vent" 

 

 Ce livre a été lu dans le cadre du Défi Lecture 2021
7/100
 

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Prochaine chronique :
L'anti-Lune de miel de Christina Lauren

dimanche 29 novembre 2020

Les graciées

Titre : Les graciées
Titre original : The mercies
Autrice : Kiran Millwood Hargrave
Traduction : Sarah Tardy
Édition : Robert Laffont (Pavillons)
Parution : 2020
Nombre de pages : 387
Synopsis : 1617, Vardø̀, au nord du Cercle Polaire, en Norvège. Maren Magnusdatter, vingt ans, regarde depuis le villag la violente tempête qui s'abat sur la mer. Quarante pécheurs, dont son frère et son père, gisent sur les rochers en contrebas, noyés. Ce sont les hommes de Vardø̀ qui on été ainsi décimés, et les femmes vont désormais devoir assurer seules leur survie.
Trois ans plus tard, Absalom Cornet débarque d’Écosse. Cet homme sinistre y brûlait des sorcières Il est accompagné de sa jeune épouse norvégienne, Ursa. Enivrée et terrifiée par l'autorité de son mari, elle se lit d'amitié avec Maren et découvre que les femmes peuvent être indépendantes. Absalom, lui, ne voit en Vard
ø̀ qu'un endroit où Dieu n'a pas sa place, un endroit hanté par un puissant démon.

 

Points + : le personnage de Maren, les sujets, la plume
Points - : quelques longueurs

 

Avis :
    J'ai été convaincue de lire ce livre après avoir lu la chronique de My Pretty Books Il faut dire que j'ai eu envie de lire un livre se déroulant en Norvège, et le synopsis avait tout pour me plaire. Le seul livre de la Rentrée littéraire de cette année 2020 que vous trouverez sur le blog !

    Ce livre est un petit bijou : Maren est une jeune femme qui a presque tout perdu et qui se raccroche à son neveu, son amie Kirsten... Puis arrive Ursa, tout juste mariée à Absalom, un homme sec, qui n'accepte pas la contradiction. Ursa trouve en Maren une amie, un réconfort, la façon pour elle de s'intégrer à Vardø̀. Maren trouve en Ursa la douceur qui lui manque désormais dans son foyer, l'affection et également une amie. 

    Ça a été une vraie claque. On est d'abord frappé par cette ambiance froide, apportée d'abord par le gel de la ville de Vardø̀ et aussi par le deuil. C'est une ambiance pesante, déprimante, et nous savons en tant que lecteur que, si l'arrivée d'Ursa apporte de la douceur pour Maren, alors la présence de son mari laisse présager de mauvaises choses. Là où les femmes avaient l'habitude d'agir seules, elles sont rappelées à la religion dès lors de l'arrivée d'Absalom Cornet. Cela rajoute encore quelque chose de pesant à l'ambiance générale. Les seuls moments de douceur sont les instants partagés entre Ursa et Maren, qui se découvrent et se comprennent mieux que quiconque.

    Ce livre est une histoire d'amour, d'amitié. Mais aussi de religion, de sorcières et de leur chasse. Loin de se focaliser sur l'indépendance des femmes, on comprend vite que le sujet du livre tourne autour de la chasse aux "sorcières". Dans un village où semble régner l'acceptation, l'indépendance d'esprit, tout se révèle et se transforme quand le seigneur et le délégué décident de s'occuper de Vardø̀. 

    C'est un livre fort avec un message évidemment féministe, qui rappelle le chemin parcouru dans l'évolution des mentalités sur bien des aspects. Ce roman aborde en réalité tellement de sujets tous liés les uns aux autres que je prendrais encore des paragraphes pour vous en parler. Toute la complexité du livre ne peut être expliquée, mais vraiment, quel bijou ! Quelle force dans les mots ! 

    J'ai adoré le personnage de Maren : cette personne très indépendante d'esprit avant même la disparition des hommes, sûre de ses choix, solidaire, loyale. Ursa représente la douceur, un peu la naïveté aussi, puis au contact de Maren elle se trouve. J'ai tellement d'aversion pour le personnage d'Absalom que je n'arrive pas à adorer le détester. C'est clair ? Un peu comme le mari de Mary dans l'Envol du Moineau. Kirsten et Dinna sont aussi des femmes que vous allez apprécier aussi, victimes du sexisme et du racisme dans le même temps. 

    En conclusion, ce livre est vraiment une claque, tout en étant à la fois une petite douceur. C'est bizarre à expliquer mais l'ambiance pesante est contrebalancée par la relation d'Ursa et de Maren. Vous en apprendrez beaucoup et pour les adeptes de lectures nordiques, féministe ou d'histoires liées à la sorcellerie, vous serez servi.e.s. 

 

Chapitre 1, page 17 :
"La tempête arrive en un claquement de doigts. C'est ainsi qu'ils en parleront, des mois, des années après, quand cela aura cessé de n'être qu'une douleur derrière les yeux et une boule dans la gorge. Quand ils pourront enfin raconter. Mais même à ce moment-là, les mots ne diront pas comment les choses se sont réellement passées. Car les mots ne sont pas toujours fiables : ils donnent forme trop facilement, trop superficiellement." 


Ce livre a été lu dans le cadre du Défi Lecture 2020
24/100

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Prochaine chronique :
24 épisodes pour lui plaire de Marene Goo

dimanche 1 novembre 2020

Hotel Castellana

Titre : Hôtel Castellana
Titre original : The fountains of silence
Autrice : Ruté Sepetys
Traduction : Faustina Fiore
Édition : Gallimard Jeunesse
Parution : 2020
Nombre de pages : 554
Synopsis :
Madrid, été 1957. Passionné de photographie, Daniel Matheson, 18 ans, découvre l'Espagne à travers l'objectif de son appareil. Il loge au quartier général de la haute société américaine : l'hôtel Castellana, où travaille la mystérieuse Ana Torres Moreno. A mesure qu'ils se rapprochent, Ana lui révèle un pays où la dictature fait régner la peur et l'oppression, hanté par de terribles secrets...



Points + : la richesse historique, Daniel, les histoires entremêlées
Points - : une romance qui n'est peut-être pas nécessaire

Avis :
    Je tiens à remercier chaudement Je lis donc je suis et My Pretty Books d'avoir si bien vendu ce livre sur leur blog, parce que je l'ai acheté presque instantanément, dans la foulée, hop, hop ! Et quelle merveilleuse surprise que ce roman ! 

    Daniel accompagne ses parents à Madrid lors d'un voyage d'affaires. Ils sont tous les 3 hébergés à l'Hôtel Castellana, qui regroupe tous les riches puissants de l'Amérique, au sein d'un des plus beaux quartiers de Madrid. Daniel devrait étudier l'économie et reprendre l'entreprise pétrolière de son père, mais sa vraie passion, à 18 ans, c'est la photographie. Un journaliste lui propose alors de faire un reportage-photo de la vie madrilène : seul énorme hic, l'Espagne est encore sous le joug de la dictature de Franco, sa mission est presque impossible. Son chemin croise celui d'Ana, sa femme de chambre attitrée : elle est pleine de secrets, à l'image de ce pays. Plus ils se lient, plus la langue d'Ana se délie, et les secrets horribles de l'Espagne de Franco se dévoilent peu à peu. 

    Je vous le dit à chaud, comme ça : ce livre est un bijou ! Point fort n°1 : le contexte historique est très bien renseigné et ne fait pas de tabou concernant ce pan de l'Histoire espagnole. Pour tout vous dire, je ne connaissais absolument rien de la dictature de Franco et j'ai pourtant réussi à m'y retrouver. L'autrice dissémine ça et là des détails, des dates, des phrases de personnages qui nous indiquent clairement que ça sent pas très bon pour note chère Ana et sa famille. Ma curiosité concernant cette période de l'Histoire a été renforcée et j'ai voulu en savoir davantage, tout en ayant assez d'éléments pour comprendre la forme et le fond de l'histoire du roman.

    Aussi, on se représente parfaitement l'Espagne de l'époque : l'ambiance chaude de l'été se mélange à cette aura de tension ressentie dans les rues, dans les discours, que l'on soit dans le point de vue de Daniel ou d'Ana. Les descriptions sont assez détaillées pour que l'on puisse s'imaginer les années 50-60, sans que cela soit longuet.  

    Outre ce contexte historique, on est aussi happé par les merveilleuses histoires de Daniel et Ana, leur histoire d'amitié et plus si affinités, leurs histoires de vie, le contexte dans lequel ils vivent, leurs rêves. La romance se met en place très doucement, à se demander si elle existe réellement, tellement les signes sont discrets.
    Petit bémol à cette lecture, si c'est vraiment un bémol, mais la romance n'est pas utile selon moi. Je ne dis pas qu'elle est "en trop" mais je dis simplement que l'histoire et leurs destins croisés se suffisent à eux-mêmes. Cependant, j'ai adoré leur relation de bout en bout. 

    J'ai adoré le fait que les personnages - Daniel, Ana et même Puri - gardent leurs secrets jusqu'à la toute fin, gardant un suspens presque insoutenable jusqu'au bout. Il  y a plusieurs narrateurs, ce qui fait qu'on se retrouve avec plusieurs intrigues en même temps. Les rêves de corridas, les rêves de vie sans famine, les orphelins de parents inconnus, l'amour, la photographie, les secrets et menaces et derrière tout ça, un point commun : la dictature. Le roman est un bon mélange de documentaire historique, d'enquête, d'histoires familiales et de romance. Grâce à tous ces éléments, on ne s'ennuie jamais et plus important encore, on ne s'y perd pas. 

    J'ai adoré absolument tous les personnages ! J'ai adoré Daniel et son amour pour la photographie, son affection pour l'Espagne d'où sa mère est originaire, sa compréhension et sa lucidité concernant ce qui se passe. J'ai aimé Ana et sa douceur, son courage, sa beauté, ainsi que son frère Rafa avec son enthousiasme. Les personnages de Fuga et Puri sont moins présents et j'aurais aimé connaître un peu plus leurs vies, leurs secrets. Lui est un jeune qui se rêve toreador - pas d'offense, c'est la culture de l'époque et l'autrice fait justement un petit mot à ce sujet pour ceux qui seraient offensés pour ça. Puri est une jeune fille rentrée dans les ordres, qui s'occupe de jeunes orphelins, déposés à la porte chaque jour, de parents inconnus, adoptés par des étrangers ou de riches espagnols. Tous apportent quelque chose au récit. 

    En conclusion, vous l'aurez compris : j'ai vraiment adoré ce roman. Ce livre est riche et palpitant, qui mêle Histoire et histoires de vies, avec ce qu'il faut de romantisme, de drames et d'espoirs. Je vous le recommande, à demander sous le sapin aussi !


Pour aller plus loin :
El Valle de los Caidos - Doc Euronews
Exposition / Rapport à la photographie dans l'Espagne de Franco
L'Espagne face aux fantômes du franquisme - Doc Arte

 

Chapitre 16, page 88 :
"Quand on dit à la radio que "l'Espagne est le pays élu de Dieu", cela signifie-t-il que Dieu a abandonné les autres pays ? Et si les étrangers sont indécents, pour quelle raison l'Espagne ouvre-t-elle ses portes aux touristes ?
- Pourquoi faut-il toujours que tu questionnes tout ? la chapitre sa mère. N'as-tu donc aucune foi ?
Puri a une fois solide, mais elle a aussi des questions. Ne peut-on pas avoir les deux ?"



Ce livre a été lu dans le cadre du Défi Lecture 2020
21/100

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• L'envol du moineau d'Amy Belding Brown
• Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka
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Prochaine chronique :
Petit pays de Gaël Faye

dimanche 11 octobre 2020

La goûteuse d'Hitler

Titre : La goûteuse d'Hitler
Titre original : Le Assaggiatrici
Autrice : Rosella Postorino
Traduction : Dominique Vittoz
Édition : Albin Michel
Parution : 2020
Nombre de pages : 384
Synopsis : 1943. Reclus dans son quartier général en Prusse orientale, terrorisé à l'idée que l'on attente à sa vie, Hitler a fait recruter des goûteuses. Parmi elles, Rosa.
Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerée à sa bouche, Rosa s'exécute, la peur au ventre : chaque bouchée est peut-être la dernière. Mais elle doit affronter une autre guerre entre les murs de ce réfectoire : considérée comme "l'étrangère", Rosa, qui vient de Berlin, est en butte à l'hostilité de ses compagnes, dont Elfriede, personnalité aussi charismatique qu'autoritaire.
Pourtant, la réalité est la même pour toutes : consentir à leur rôle, c'est à la fois vouloir survivre et accepter l'idée de mourir. 

 

Points + : le personnage d'Elfriede
Points - : un synopsis trompeur, une héroïne fade


Avis :
    Les habitués du blog le savent : j'aime lire des romans historiques et en particulier des livres qui se déroulent en 39-45. Je ne crois pas être la seule dans ce cas et les maisons d'édition l'ont compris. Avec ce livre, j'ai voulu plonger dans une face cachée de l'histoire, une facette méconnue. Est-ce que ça a marché ? Pas tellement !

    Rosa est une femme mariée, vivant chez ses beaux-parents en Prusse Orientale. Son mari est parti au front, et elle n'a pas ou très peu de nouvelles de lui. Aussi bien pour participer à l'effort de guerre que pour gagner un peu d'argent, elle se porte volontaire pour être goûteuse d'Hitler. Hitler pense qu'on veut sa mort - et c'est vrai ! - mais surtout, il pense qu'on va l'empoisonner. Il recrute alors des goûteuses pour goûter absolument tous ses plats. La mort peut venir de chaque bouchée. On suit la vie de Rosa, plus dans ses lamentations que dans son travail de goûteuse, je ne vous le cache pas.

    Je crois que c'est clair : c'est une déception pour moi. J'étais pourtant très pressée de découvrir cet aspect méconnu de l'Histoire mais on passe très peu de temps avec les personnages dans leurs rôles de goûteuses. C'est le gros problème de ce livre pour moi : il est frustrant. La frustration est là parce qu'on nous vend ce livre comme une histoire d'une femme goûteuse, et finalement on retrouve peu cet aspect. On a peu d'appréhension, on a peu le sentiment de peur. Non pas que je veuille que les personnages souffrent pendant 350 pages mais on nous le vend comme ça, relisez le synopsis.
    L'aspect historique est assez peu exploité finalement : on voit très peu les SS, on voit très peu le rituel des tickets de rationnement, on nous parle de prisonniers sans le dire clairement. Le livre traite plus de la vie quotidienne des femmes pendant la guerre, finalement. 

    Si on se focalise plus sur la vie des femmes pendant la guerre, le livre est plus intéressant. Il rend bien compte des difficultés rencontrées par les femmes allemandes : le manque de nourriture, la loyauté forcée envers l'Allemagne qui enlève fils et maris, les pulsions sexuelles, la délation, la fraternité qui ne dure qu'un temps...
    J'ai fini ce livre en étant mi-figue, mi-raisin car la fin est aussi frustrante, c'est cohérent de bout en bout. L'histoire est finalement assez insipide. On en sait trop peu et des questions restent en suspens. Mais a-t-on vraiment envie d'avoir une réponse ? 

    Côté personnage, heureusement que les beaux-parents de Rosa relèvent le niveau d'humanité dans ce livre. Elfriede relève clairement le niveau en donnant de l'espoir, des palpitations et de l'émotion, car c'est pas sur Rosa qu'il faut compter. J'aurais vraiment aimé qu'Elfriede soit le personnage principal, l'unique voix de ce roman. 

    Finalement, c'est un roman qui aurait été moins frustrant si le synopsis avait été plus réaliste et moins vendeur. Je ne vais pas aller jusqu'à dire qu'il n'était pas renseigné historiquement mais en tout cas, ça ne s'est pas bien vu. Le personnage de Rosa est fade et ne possède pas de vraies valeurs, ce qui manque dans ce genre de récit. Ce livre aura été une grosse déception, peut-être trouvera-t-il son public ailleurs que dans ma bibliothèque. J'espère que la personne qui l'a pris en boîte à livres appréciera.


Chapitre 1, page 18 :
"Mon estomac ne bouillonnait plus : il s'était laissé coloniser. Mon corps avait absorbé la nourriture du Führer, la nourriture du Führer circulait dans mon sang. Hitler était sain et sauf. Et moi, de nouveau affamée."

Pour aller plus loin :
Margot Woelk, une goûteuse d'Hitler
Les femmes sous le 3ème Reich

 
Ce livre a été lu dans le cadre du Défi Lecture 2020
19/100

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Shades of Magic, tome 3 - Shades of Light de V.E. Schwab

mardi 25 août 2020

L'envol du moineau

Titre : L'envol du moineau
Titre original : Flight of the sparrow
Auteure : Amy Belding Brown
Traduction : Cindy Colin Kapen
Édition : Cherche Midi
Parution : 2019
Nombre de pages : 464
Synopsis : Colonie de la baie du Massachusetts, 1672. Mary Rowlandson vit dans une communauté de puritains venus d'Angleterre. Bonne mère, bonne épouse, elle souffre néanmoins de la rigidité morale étouffante qui règne parmi les siens. Si elle essaie d'accomplir tous ses devoirs, elle se sent de plus en plus comme un oiseau en cage. Celle-ci va être ouverte de façon violente lorsque des Indiens attaquent son village et la font prisonnière. Mary doit alors épouser le quotidien souvent terrible de cette tribu en fuite, traquée par l'armée. Contre toute attente, c'est au milieu de ces sauvages qu'elle va trouver une liberté qu'elle n'aurait jamais imaginée. Les mœurs qu'elle y découvre, que ce soit le rôle des femmes, l'éducation des enfants, la communion avec la nature, lui font remettre en question tous ses repères. Et, pour la première fois, elle va enfin pouvoir se demander qui elle est et ce qu'elle veut vraiment. Cette renaissance pourra-t-elle s'accoutumer d'un retour "à la normale" dans une société blanche dont l'hypocrisie lui est désormais insupportable ?


Points + : la plume, le récit accrocheur, le personnage de James
Points - : parfois un peu de rapidité


Avis :
    Je suis tombée sur ce livre pour la première fois à la Fnac, et j'avoue, j'ai été attirée par la citation de Jim Fergus, l'écrivain de Mille femmes blanches, que j'avais adoré. J'avais vraiment la crainte de retrouver une sorte de copier-coller de ce roman de Jim Fergus mais, heureusement, cela se passe 200 ans avant, et uniquement la différence de culture est commune aux deux romans. 

    Mary est une jeune femme puritaine qui vit dans une colonie anglaise. Un jour, une tribu d'amérindiens attaque sa ville et kidnappe femmes et enfants, les emportant au loin et les répartissant dans différentes tribus. L'opposition avec son mode de vie se fait là : alors qu'elle et son peuple réduisent en esclavage les indiens des alentours, elle se retrouve alors esclave de la femme du chef - ah dommage ! De plus, dans un mode de vie puritain dans lequel elle ne peut pas sortir sans l'accord du mari, chez les indiens, elle peut aller à sa guise dans la nature, elle observe les différentes manières d'éduquer les enfants et surtout, elle découvre la place dominante que les femmes ont dans cette tribu. Mary remet alors en question son mode de vie si sain, si dévoué à ce Dieu qui ne l'aide plus...

    J'ai adoré ce livre ! Je voulais vraiment replonger dans un contexte d'opposition entre Blancs et Amérindiens. J'ai aimé voir la différence entre le monde puritain - que j'ai découvert, je ne pensais pas que c'était si extrême dans les interdictions - et le monde amérindiens. Loin de moi l'idée de faire une chronique qui consisterait à comparer le livre de longue à Mille femmes blanches mais j'ai beaucoup crains que ce soit la même chose... seulement non. Dans ce livre, les conditions de vie sont plus difficiles, il est question de conflits, de guerre et cela rend le récit un peu plus vivant. On craint réellement pour la vie de Mary. On se questionne avec elle sur un possible retour, comment il se déroulerait, comment concilier ses nouvelles valeurs avec les anciennes ? 


    En plus d'un récit accrocheur, le livre est vraiment renseigné. L'autrice s'est inspirée de la vraie vie de Mary Rowlandson, ce qui rend crédible le récit. Les conflits ont réellement existé et les dates coïncident. On est vraiment plongé dans cette partie de l'Histoire. Par contre, la vitesse avec laquelle Mary oublie le massacre de son village est un peu déroutant. Ce n'est pas un kidnapping, c'est aussi un massacre et une bonne douzaine de personnes sont tuées. Mary est à juste titre choquée, elle lutte, essaie de protéger sa fille, mais une fois arrivée au village des amérindiens, la douleur des images s'apaise et elle s'adapte très rapidement. Peut-être que ça s'est réellement passé comme ça mais cela ne m'a pas aidé à m'attacher à Mary à cet instant. Certains passages sont rapidement expédiés, c'est dommage.

   
    Parlons personnages justement, et comme évoqué, j'ai eu du mal à m'attacher à Mary : elle est influençable, formatée par un mariage non pas forcé mais "consenti". J'ai vraiment cru qu'elle avait des œillères, jusqu'à constater qu'en réalité, on lui imposait de ne pas voir. Elle m'a davantage plu lorsque sa vraie personnalité se réveille et qu'elle se découvre une ambition, une force, puisée dans la vie indienne. J'ai adoré suivre le développement de ce personnage. Parlons peu, parlons mal de Joseph, le mari puritain de Mary. Vous allez adorer le détester : il est insupportable et justifie absolument tout par Dieu. Vous me direz il est pasteur mais en gros, si Mary fait une erreur - ou ce qui lui paraît être une erreur - Dieu la punira. Mais si c'est lui, l'erreur n'existe pas, c'est Dieu qui l'a voulu. Vous choppez le truc ? Histoire de le détester encore plus : il est sexiste, raciste et intolérant. Heureusement, le personnage de James rehausse le tout. Ainsi que la plupart des amérindiens avec qui Mary interagit. Vous allez détester être Blanc en lisant ce livre, c'est moi qui vous le dit. Je le vends bien hein... 


    En conclusion, c'était une très bonne lecture, novatrice dans la thématique de cohabitations Anglais/Amérindiens. Je peux aussi qualifier ce livre de page-turner puisqu'il m'a parfois tenue éveillée jusque tard dans la nuit. On en apprend donc beaucoup sur cette époque et son contexte. Au final, un récit touchant, féministe et prônant la tolérance de ce qui nous est étranger.



Chapitre 24, page 295 : 
"Joseph prie avec elle chaque matin et chaque soir, lui lisant de longs passages édifiants des Saintes Écritures. Petit à petit elle recouvre ses forces. Elle gagne peu à peu la certitude que si Dieu a laissé ces terribles épreuves s'abattre sur la Nouvelle-Angleterre, c'est parce qu'ils se sont adonnés à l'esclavage. Au lieu de s'examiner eux-mêmes, les Anglais, dans leur ignorance et leur stupidité, ont cru que tout ce qu'il faisaient était approuvé par Dieu."

Pour aller plus loin :

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2020
13/100

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• La colline aux esclaves de Kathleen Grissom
• La couleur des sentiments de Kathleen Stockett

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Bulles en vrac #9

lundi 25 mai 2020

La dernière reine

Titre : La dernière reine
Titre original : The taming of the Queen
Auteure : Philippa Gregory
Édition : Milady
Parution : 2019
Nombre de pages : 648
Synopsis : A 31 ans, Catherine Parr est une jeune veuve et vit l'idylle parfaite avec Thomas Seymour. Mais lorsque Henri VIII, le souverain d'Angleterre qui a conduit quatre de ses femmes au tombeau, l'invite à l'épouser, elle doit se résigner à un choix qui n'en est pas un. Brillante et indépendante d'esprit, elle est une cible toute désignée pour ses adversaires politiques qui l'accusent d'hérésie, crime puni par le bûcher et dont l'ordre d’exécution est signé... par le roi. Catherine devra déjouer les pièges de la Cour si elle veut un jour retrouver son amant.



Points + : la plume, Catherine, l'intrigue
Points - : /


Avis :
    C'est après avoir lu la chronique d'Alice des Lectures d'Alice que j'ai mis ce livre dans ma Wish-List. Je pensais d'abord, en lisant le synopsis, qu'il s'agissait d'une romance, vu la maison d'édition, mais il n'en est rien. Cependant, complots et manigances sont de la partie !

    Catherine Parr, fraîchement veuve, est contrainte d'épouser Henri VIII qui vient de lui demander sa main. On ne dit pas non au roi, surtout à un roi qui a le sang chaud comme lui. Son cauchemar commence : en effet, le roi est gros, adipeux, mourant, colérique, et en plus, il a déjà fait exécuter 2 de ses 5 précédentes femmes. Catherine est dégoûtée par lui mais, pour le bien de son église, pour sa foi et surtout pour sa vie, elle va le charmer, l'impressionner et faire fi de son désir pour son amant avec lequel elle prenait du bon temps depuis des semaines.

    Le récit est très prenant. J'ai beaucoup aimé comment Catherine manie son langage pour manipuler son roi, comment elle comprend sa façon de régner pour avoir la situation à son avantage - ou son désavantage. Catherine doit faire face à la bêtise de son roi, elle qui est si intelligente.
    Le roi est très malade et de ce fait, il est mentalement instable et change d'avis extrêmement vite. Le peuple doit se plier à ses désirs les plus étranges. Par exemple, il change d'avis sans cesse sur la façon dont les gens doivent croire en Dieu, sur les textes fondateurs... pas facile de changer sa foi ou sa façon de prier du jour au lendemain. Catherine doit également faire preuve de doigté, s'adapter. Elle n'a pas la même croyance que son roi, alors, de l'extérieur, elle approuve, de l'intérieur, elle prie comme elle le souhaite.

    La plume de l'autrice est très habile. Elle rend bien compte des pensées et des ressentis de Catherine. Nous ressentons ses angoisses, ses victoires... Côté descriptions, elle n'est pas en reste. Le physique du roi est carrément dégoûtant. La moindre description physique du roi me donnait la nausée. C'est bien la première fois que ça m'arrive ! Quelque part c'est pratique, on ressent bien le dégoût de Catherine... Le lecteur a toujours peur pour la pauvre mais téméraire Catherine. La plume de l'autrice retranscrit vraiment bien les mots d'esprit de Catherine, ses élans féministes et sa modernité.

    Le roman est également très renseigné. On en apprend beaucoup sur la royauté et étant novice - pour ne pas dire complètement ignare ! - sur le sujet d'Henri VIII, j'ai appris beaucoup de choses et je me suis amusée à aller vérifier les faits. Bon j'ai un peu déchanté mais je vous laisse checker le copain Wikipédia APRÈS la lecture. Sinon c'est du spoil garanti. Certaines chroniques soulignent des longueurs mais je ne l'ai pas ressenti. Le récit est certes très détaillé mais l'autrice arrive à raviver notre intérêt au bon moment. 


    Côté personnage, Catherine est évidemment le point fort du roman. Par son intelligence, elle souligne la bêtise du souverain et par sa (fausse) pudeur, elle souligne la passion qu'elle entretient pour Thomas Seymour. Catherine est cultivée, maligne, pieuse et forte. Elle sait tenir ses qualités pour ne pas froisser la gent masculine. J'ai beaucoup aimé la relation qu'elle développe avec ses beaux-enfants, on la sent maternelle et objective. Henri VIII est détestable, il ne m'a jamais inspiré de pitié. Comme déjà évoqué, toutes ses descriptions physiques m'ont fait grimacer. 

    En conclusion, c'est un excellent roman historique qui nous plonge dans la tourmente avec une héroïne forte qui se bat avec ses armes. On accroche vraiment à la plume et ça me donne vraiment envie de le plonger de nouveau dans une autre histoire contée par l'auteure. 

Pour aller plus loin :

   
"Tout le monde se fiche comme d’une guigne qu’une femme vive ou meure, dans cette Cour. Devant chaque reine se dresse sa jolie remplaçante, et derrière elle, un fantôme."

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2020
6/100

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Un si petit oiseau de Marie Pavlenko

mardi 21 avril 2020

Le ruban rouge

Titre : Le ruban rouge
Titre original : The red ribbon
Auteur : Lucy Adlington
Traduction : Catherine Nabokov
Édition : Pocket Jeunesse
Parution : 2018
Nombre de pages : 327
Synopsis : Ella, quatorze ans, est couturière. Pour son premier jour de travail, elle plonge dans ce monde de rubans, d'étoffes et de soie qu'elle aime tant. Mais son atelier n'est pas ordinaire, et ses clients le sont encore moins. Ella est prisonnière du camp de Birchwood, où elle confectionne les vêtements des officiers. Dans ce quotidien terrible où tout est affaire de survie, la couture lui redonnera-t-elle espoir ?



Points + : la plume, l’inspiration historique, la positivité
Points - : la fin, l'expression des personnages

Avis :
    Lorsque j'ai vu ce livre pour la première fois en librairie, j'ai hésité... j'achète lui ou Orphelins 88 ? J'ai opté pour l'autre, qui a été un coup de cœur. Après lecture, il s'avère que celui-ci manque de quelque chose pour qu'il soit un coup de cœur, sans pour autant être une mauvaise lecture.

    C'est donc une histoire qui prend place dans l'Histoire. Saviez-vous qu'à Auschwitz-Birkenau, il y avait un atelier de couture ? C'est celui-ci que rejoignent Ella et Lily, deux adolescentes juives déportées. Tous les juifs dans le camp travaillent : si tu ne travailles pas, tu meurs. Ella a la chance de pouvoir travailler en exerçant sa passion. Son rêve en sortant du camp ? Ouvrir un atelier de couture pour confectionner les plus belles robes. Entre deux coups de ciseaux, la réalité les rattrape et c'est la faim, la fatigue, les poux, la souffrance. En plus de cela, les vêtements confectionnés à l'atelier sont destinés aux SS, leurs ennemis. 

    Les seuls moments de joie d'Ella et Lily se trouvent à l'atelier ou le soir sur la couche qu'elles partagent. Ce ne sera pas une surprise si je vous dis que l'ambiance est carrément sordide, mais peut-être que ce sera surprenant si je vous dis que les moments à l'atelier ou de rares complicités sont des petits rayons de soleil. Ils adoucissent le récit. Les filles sont pleine de positivité et de rêves. Il n'y a pas de moments si durs - à la différence de Max ou Orphelins 88 - bien qu'on soit ému quelques fois. Cela dépend bien sûr de la sensibilité de chacun. Les évènements ne sont pas si clairement exprimés - par exemple, ils ne nomment jamais les chambres crématoires. On suit l'histoire des deux jeunes filles en espérant que... Cette chronique commence à être si triste... vite, un truc joyeux ! Euh... Les personnages youhou ! 


    Côté personnage, j'ai beaucoup apprécié Ella et sa positivité. Elle est un vrai rayon de soleil. J'ai adoré Lily et sa naïveté qui la sauve de certaines réalités difficiles. Sur la 4ème de couverture il est noté "Nous quatre : Lily, Carla, Martha et moi aurions pu être amies". J'ai d'abord pensé que c'était des jeunes juives mais non. Carla est une commandante SS et Martha la cheffe de l'atelier. Les relations entre les 4 sont évidemment tendues mais les relations sont ambiguës, rapprochées tantôt par leur amour de la mode. C'est vraiment intéressant à suivre. Petit bémol cependant, concernant la façon de s'exprimer des filles : tout le long du roman je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'elles avaient 12 ou 13 ans. Mais en fait elles en avaient 15-16. Quelque chose dans les dialogues faisaient enfantin.

    En conclusion, un bon roman jeunesse qui peut être lu par tous. Le récit est renseigné et les relations sont si complexes qu'on doute toujours des intentions des uns et des autres. Petite déception concernant la fin qui n'est pas autant détaillée que le reste du roman et des dialogues trop enfantins pour moi. Cependant, à lire, ce serait-ce que pour la véracité historique.

Pour aller plus loin :

Page 177 : 
"Tu sais, Ella, je ne t'ai jamais dit à quel animal tu me fais penser. 
- Va-y, dis-je prudemment. 
- C'est simple : tu es un renard. 
- Un renard ? 
- Pourquoi pas ? Le renard est loyal envers sa petite bande, il est rusé pour survivre et s'adapte à son environnement. Il a des dents pointues pour attaquer et se défendre, mais il est doux et chaud à caresser. Les fermiers les détestent, mais on ne peut pas tout avoir."

Lu dans le cadre du Défi lecture 2020
4/100

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• Orphelins 88 de Sarah Cohen-Scali
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Bulles en vrac

dimanche 15 septembre 2019

Lady Helen, tome 1 - Le club des mauvais jours

Titre : Lady Helen, tome 1 - Le club des mauvais jours
Titre original : Lady Helen, book 1, The dark days club
Auteur : Alison Goodman
Traduction : Philippe Giraudon
Édition : Gallimard (Jeunesse)
Parution : 2016
Nombre de pages : 568
Synopsis : Londres, avril 1812. Lady Helen Wrexhall s'apprête à faire son entrée dans le monde. Bientôt, elle sera prise dans le tourbillon des bals avec l'espoir de faire un beau mariage. Mais d'étranges faits surviennent qui la plongent soudain dans les ombres de la Régence : une bonne de la maison disparaît, des meurtres sanglants sont commis et Helen fait la connaissance de Lord Carlston, un homme à la réputation sulfureuse. Il appartient au Club des mauvais jours, une police secrète chargée de combattre des démons qui ont infiltré toutes les couches de la société. Lady Helen est dotée d'étranges pouvoirs mais acceptera-t-elle de renoncer à une vie faite de privilèges et d'insouciance pour basculer dans un monde terrifiant ?





Avis :
    J'avoue. J'ai une tendance à lire des livres qui ne sont pas dans ma WL. En bibliothèque, ça se fait aussi au feeling. C'est un sacré pavé que j'ai trainé partout, jusqu'à Chamonix, et pourtant je l'ai lu à 4 jours de la fin de l'emprunt. Pour tout avouer, j'ai regretté de ne pas l'avoir lu dès le départ.

    Lady Helen s'apprête à faire son entrée dans le monde. Chaperonnée par sa tante et surveillée de près par son oncle, elle espère faire un très beau mariage et mettre derrière elle la réputation de sa mère, qui la déshonore presque partout où elle va. Cependant, elle va avoir d'autres chats à fouetter : une des domestiques de la maisonnée a disparue sans laisser de traces, juste au moment où Lord Carston réapparait. Ce même Lord accusé d'avoir tué sa femme. Quelle n'est pas sa surprise lorsque Lady Helen découvre que Lord Carlston s'intéresse à elle, non pas pour un mariage, mais pour les pouvoirs qu'elle semble posséder, bénéfiques au Club des mauvais jours. Semble-t-il aussi que ce Lord mystérieux puisse la renseigner sur la disparition de sa domestique.

  
    J'ai adoré ce livre. Je crois qu'il sera le coup de cœur du trimestre. Restez connectés, le bilan du trimestre arrive fin Septembre. J'ai adoré l'ambiance qui se dégageait de ce livre : on est à la fois en plein milieu des sorties mondaines du début du 19e, tous ces froufrous, ces courbettes, ces formules de politesse, et à la fois, on est plongés dans un monde fantasy à la limite du gore où se côtoient des gens aux pouvoirs puissants et des monstres se nourrissant de l'énergie humaine. Voyez Elizabeth Bennet ou Jane Eyre qui capture des monstres assoiffés d'âmes humaines ? Bah c'est à peu près ça. Le récit dose parfaitement les deux genres et cela coïncide étonnamment bien.

    J'aurai envie de dire qu'on ne s'ennuie pas du tout mais je dois relever le fait que le début paraît particulièrement long. Les 80 premières pages se concentrent sur le début d'enquête menée par Lady Helen et sa vie à la cour, et les choses s'accélèrent un peu lorsqu'elle rencontre Lord Carlston. Leur relation est constamment sous tension. L'un avec le regard calculateur et l'autre avec son regard plein de méfiance. Ça pimente un peu l'intrigue, je dois l'avouer.
     Ce qui pimente encore plus l'intrigue, c'est la découverte du Club des Mauvais jours auquel appartient Carlston : les membres de ce Club, les Vigilants, combattent les Abuseurs, des êtres détestables, indétectables par le commun des mortels, mais qui se nourrissent de leur cible jusqu'à provoquer leur mort. Et puis au milieu de ça, Helen qui fait son entrée dans le monde et fait des petites promenades avec des gentlemans. On passe d'une ambiance sophistiquée, calme, à la violence, la perversion et les pouvoirs, et j'ai trouvé ça totalement fascinant.


    Côté personnages, on a bien sûr Lady Helen et Carlston comme duo fort du roman. Helen est d'abord obsédée par les rumeurs le concernant, obnubilée par le sort de sa domestique. Elle reste tout en retenue, tout en féminité pour ensuite découvrir le monde de Carlston, qui lui donne à voir son monde tranquille d'une manière bien différente. Je dois avouer que j'ai bien aimé son courage et sa sauvagerie.
    Carlston est en passe de devenir mon personnage préféré : il est toujours énigmatique, calculateur, sérieux... On l'apprécie ou on le déteste, mais finalement il nous surprendra tous (un peu comme Thorn de La passe-miroir, voyez...).


    En conclusion, c'est un vrai coup de cœur pour ce roman que je regrette de ne pas avoir lu plus tôt. Il dose parfaitement la fantasy et l'historique - on retrouve même des références à la vraie Histoire. Le duo Helen/Carlston marche du tonnerre et j'ai vraiment hâte de les retrouver dans le prochain tome !
   



"Nous sommes un lusus naturae, ce qui signifie...
- Je sais ce que cela signifie, dit-elle d'un ton un rien trop brusque. Un caprice de la nature.
- Vous savez le latin ?
- Un peu, répondit-elle en se gardant d'évoquer les heures passées à étudier en secret les livres de son frère.
La plupart des hommes jugeaient le savoir ridicule chez une femme. Pour une raison ou pour une autre, elle ne voulait pas voir de la dérision dans le regard de Sa Seigneurie. Elle se rendit compte qu'il la fixait encore, mais il avait de nouveau cet air calculateur. Au moins, ce n'était pas du dégoût."


Lu dans le cadre du
Défi Lecture 2019
13/100
(Regardez-moi ça, si c'est pas triste... juste 13 livres lus qui rentrent dans ce challenge...)

Lu dans le cadre du Challenge des pavés

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Diabolo fraise de Sabrina Bensalah

lundi 27 mai 2019

Orphelins 88

Titre : Orphelins 88
Auteur : Sarah Cohen-Scali
Édition : Robert Laffont (Collection R)
Parution : 2018
Nombre de pages : 432
Synopsis : Munich, juillet 1945. Un garçon erre parmi les décombres. Qui est-il ? Quel âge a-t-il ? D'où vient-il ? Il n'en sait rien. Il a oublié jusqu'à son nom. Les Alliés le baptisent "Josh" et l'envoient dans un orphelinat où Ida, directrice dévouée, et Wally, jeune soldat noir américain en butte au racisme de ses supérieurs, vont l'aider à lever le voile de son amnésie.
Dans une Europe libérée mais toujours à feu et à sang, Josh et les nombreux autres orphelins de la guerre devront panser leurs blessures tout en empruntant le douloureux chemin des migrants. 





Avis :
     Il existe des livres qu'on commence à lire et dont on sait qu'ils deviendront des coups de cœur. Orphelins 88 est de ceux-là. Je ne me mouillais pas trop : j'adore lire des romans historiques et j'avais déjà adoré Max, de la même autrice. Ce livre est certifié premier coup de cœur de 2019.

    Le contexte ? C'est la fin de la guerre : Hitler est mort, l'Allemagne est perdue et un petit garçon erre parmi les décombres. Il ne sait pas comment il s'appelle, mais sait juste qu'il sort de la Napola, une école d'enfants Lebensborn - des enfants typiquement aryens, enlevés à leur famille, ou encore, nés uniquement dans le but d'en faire de bons petits allemands. Comme bon nombre d'enfants perdus, il est récupéré et placé dans un orphelinat de fortune tenu par les américains et Ida, la responsable. Rebaptisé Josh en attendant de trouver sa véritable identité, il vit les arrivées des nouveaux venus, provenant des camps, ou du programme Lebensborn comme lui. Bien qu'il arrive à s'épanouir, l'envie de connaître ses origines devient sa priorité...


     Par où commencer pour parler de ce merveilleux livre ? Parlons de la façon dont il traite de la fin de la Seconde Guerre Mondiale. C'est l'un des livres les plus complet et les plus renseignés qu'il m'ait été donné de lire. J'ai eu l'impression que l'autrice n'omettait aucun détail de la période après-guerre : les orphelins, les rescapés des camps, leur longue guérison, leur renaissance, la présence des soldats américains et leur façon de faire découvrir les produits d'Amérique, leurs viols, la présence des Russes, la façon dont les Américains et les Russes se découpent les territoires allemands et Polonais, les autres massacres de Juifs en Pologne - les progrom - mais aussi la famine, les vagues migratoires de populations qui tentent de retrouver, famille, amis et maison... 

     L'histoire pourrait s'en tenir à "un jeune enfant perdu tente de retrouver ses origines tout au long du roman", mais ce serait presque triste de résumer ce roman à cela. Le récit est tellement riche que l'on peut trouver plusieurs histoires en une : celle d'Halina, rescapée des camps qui cherche à retrouver sa famille, Wally qui rêve d'un futur meilleur, et toute l'histoire de ce peuple allemand qui cherche à fuir la famine et le déshonneur, ou qui perd sa dignité pour chercher à manger. On se penche aussi sur l'occupation soviétique, loin d'être vus comme des héros. Le roman ne se concentre pas seulement sur l'Allemagne, mais aussi la France, la Pologne, et même le Japon. Je ne pourrais pas détailler en une chronique à quel point le récit est objectif et extrêmement bien renseigné.
    Ça semble lourd, écrit comme ça, mais contrairement à Max - que j'avais trouvé difficile à lire, étant donné la dureté de la narration et le thème abordé - on trouve ici des moments d'humanité, de joie, des jeux, le simple plaisir de manger, de se rencontrer, les découvertes des autres cultures... 

    Plus globalement, le personnage de Josh rend le récit plus doux. Il est plein d'innocence, de curiosité, d'envie de s'intégrer, de vivre le plus normalement du monde... j'ai été extrêmement touchée par son parcours. Il observe d'abord les situations d'un œil naïf, mais ensuite, sa vision des choses nous fait comprendre, à nous lecteurs, ce qu'il en est vraiment. On assiste à la perte de son innocence, sa prise de conscience face à tout ce dont il a pu échapper. Il a souvent l'esprit vif et la pensée tantôt acide et franche, tantôt humaine et compatissante.
    Les personnages de Wally et Ida aussi, contribuent à ce que le récit ne soit pas trop lourd. Wally est un jeune noir américain, militaire volontaire pour restaurer l'Allemagne après sa dévastation et son abandon par le pouvoir en place. Josh est en admiration devant sa Jeep, sa couleur de peau et ses rêves. Wally souhaite se marier à une européenne, et vivre une vie loin de la ségrégation - un bel optimiste en soit. Josh est en réalité le chouchou de tout le monde, hormis des enfants juifs rescapés, qui le mettent le plus souvent à l'écart, étant donné qu'il provient de la Napola. Wally et lui font la paire, puisque chacun essaie de s'intégrer dans un monde en pleine (re)formation.

    Parlons aussi de l'amnésie de Josh, qui rend son histoire si floue. Les souvenirs lui reviennent au compte-goutte, ce qui nous fait nous interroger sur son histoire, on reconstitue le puzzle, on s'imagine des choses, et puis finalement... non, je vous dis pas ce qui arrive finalement, vous n'aurez plus besoin de le lire, sinon ! Josh recouvre la mémoire de telle façon qu'on reste sur le qui-vive, le suspens est présent, et à travers son histoire, c'est celle de la guerre qu'on reconstitue. C'est fait très intelligemment. 


    Je ne taris pas d'éloges au sujet de ce livre. J'ai été agréablement surprise par ce roman. En voyant cette couverture noire et rouge, à l'écriture gothique, et le sujet traité j'étais là à me dire "Oh mais j'ai tellement envie de lire cette histoire, je suis sûre que c'est très renseigné, comme dans Max, mais en même temps, j'ai mis des semaines à me remettre du livre Max, est-ce que j'ai le temps pour ce genre de déprime post-lecture ? Est-ce que j'ai vraiment envie de connaître l'Allemagne d'après-guerre et l'histoire de Josh ?". Et finalement, oui. Ce livre est une claque. Je ne vous cache pas que certains discours ou scènes sont particulièrement horribles, mais en même temps, la dureté du livre est adoucie par la jeunesse, l'amitié, l'espoir d'un monde meilleur, l'échange entre les peuples... Je le digère mieux que Max. Même si j'ai eu la gueule de bois livresque parce que c'était tellement bien, je ne voulais pas lâcher Josh... 


    C'est une longue chronique non ? Vous avez envie de le lire ? Je vous ai assez exposé à quel point c'était bien, plein de suspens, d'anecdotes historiques et de personnages attachants ? Si jamais vous étiez tentés par ce livre suite à cette chronique très longue, je serai ravie, parce que j'ai envie de le brandir comme étant d'utilité publique. Il vaut mieux que de longs cours d'Histoire dans lesquels on vous cache trop de choses. Certains voient ce livre comme la suite de Max - que j'ai évoqué trop de fois, désolée - mais sachez que vous pouvez le lire indépendamment. En somme, c'est un livre que je garderai longtemps sur l'étagère !



Troisième partie, page 292 : 
"Les vêtements donnés par les associations caritatives sont, en grande majorité, à carreaux. On dirait que partout dans le monde, les gens ont voulu s'en débarrasser en même temps. Tiens, c'est moche, les carreaux, on les donne aux orphelins de la guerre !"


Lu dans le cadre du Défi Lecture 2019
6/100

Lu dans cadre du 
Challenge des pavés


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vendredi 18 janvier 2019

Victoria

Titre : Victoria
Auteur : Daisy Goodwin
Traduction : Julie Lauret-Noyal
Édition : Milady (Pemberley)
Parution : 2017
Nombre de pages : 571
Synopsis : Alors qu'elle vient tout juste d'avoir 18 ans, Alexandrina Victoria devient reine de Grande-Bretagne et d'Irlande. Dès lors, la jeune souveraine surprend tout le monde : elle abandonne son prénom détesté pour adopter celui de Victoria, insiste pour avoir ses propres appartements et est déterminée à rencontrer ses ministres seule à seul. L'un d'entre eux, Lord Melbourne, devient très vite son secrétaire particulier. Il aurait peut-être pu devenir davantage... si tout le monde n'avait pas soutenu que la Reine devait épouser son cousin, le taciturne prince Albert. Mais ce que Victoria ignore encore c'est qu'en amour comme en politique, il ne faut pas se fier aux apparences.



Avis :
    Ce livre fait parti de ceux sur lesquels on tombe par hasard sans rien en attendre, et puis qui finalement vous plaisent beaucoup plus que prévu. Je ne m'attendais à rien de plus qu'une romance et j'ai passé un agréable moment. On détaille ça ? 


    L'histoire, c'est les débuts de la reine Victoria. Déjà, première surprise pour moi qui avait lu le synopsis en diagonale, il m'a fallu plusieurs chapitres pour comprendre qu'il s'agissait de la véritable Reine Victoria d'Angleterre. Celle qui a eu le règne le plus long, juste après la mondialement connue Elizabeth II. Cet aspect peut en rebuter quelques uns mais croyez-moi, c'est romancé juste comme il faut. 
    Victoria est, au départ, sous la protection stricte de sa mère, la duchesse de Saxe-Cobourg et de son contrôleur de gestion John Conroy. Peu après ses 18 ans, elle monte sur le trône : nouvelle couronne, nouvelles responsabilités, et découverte de son premier ministre : Lord Melbourne, avec lequel elle va devoir coopérer pour gérer le pays. En Lord Melbourne, elle découvre une figure paternelle qu'elle n'a jamais eu, la capacité de faire ses propres choix et aussi ses premiers émois amoureux...

    J'ai adoré bien aimé le personnage de Victoria : elle représente d'abord toute la naïveté de la jeunesse. À travers son innocence, on trouve aussi de la dureté, une envie de mener le pays d'une main ferme, une envie obsédante de faire ses preuves. Elle n'est pas dépeinte comme une Reine débutante quasi-parfaite, qui révolutionne le système d'un coup de baguette. Elle peut aussi se montrer arrogante, vaniteuse et capricieuse. Elle est parfois un peu agaçante, surtout dans ses moments de vanité ou de caprices, mais il aurait été bizarre qu'elle soit parfaite et sans défauts, rien qu'à l'âge de 18 ans. 
    Il faut dire aussi qu'elle passe d'une ambiance à une autre. Dans son enfance, elle a toujours vécu près de sa mère, à travers des journées à l'emploi du temps strict et millimétré, sans voir personne ni pouvoir s'amuser. Et d'un coup, la voilà Reine, toute puissante : elle peut faire ce qu'elle veut, jouer de son influence et surtout, rester loin de sa mère oppressive. 

    La duchesse et John Conroy sont les protagonistes malveillants de l'histoire. Totalement oppressifs durant l'enfance de Victoria, ils deviennent totalement soumis mais pas sans arrières-pensées dès le couronnement de la jeune Reine. Ils sont comme des boomerangs : toujours à revenir un peu plus violemment à chaque chapitre. Vous allez adorer détester ce John Conroy qui est un être tout à fait abject. 
    Lord Melbourne est le love interest number one de notre chère Victoria. Il revient lui aussi comme un boomerang, mais sans que Victoria l'ait lancé au loin. Victoria jongle entre sa vie au palais et ses devoirs politiques. Et étrangement, elle prend beaucoup plaisir à gérer la politique de son pays. Outre son envie de gérer le pays du mieux possible, elle aime aussi les entrevues avec Lord Melbourne, qui reste un personnage charismatique, mais avec lequel je n'ai pas accroché, malheureusement. 
    Le love interest number two de la Reine, c'est Albert, qui arrive très tard dans le récit, pour mon plus grand malheur. C'est un personnage sympathique et touchant qui gagne l'intérêt de la Reine petit à petit.


    Le livre est très long - il y a beaucoup de pages - mais je n'ai pas ressenti un seul instant de l'ennui. Le récit valse bien entre la romance et l'intrigue historique. Je n'ai trouvé aucune longueur. J'avais la crainte que la romance prenne le pas sur l'intrigue historique, que cela tourne trop autour des émois de Victoria mais que nenni ! J'ai trouvé que ce livre rendait bien justice à l'Histoire.

    Vous l'aurez compris, j'ai adoré le fait que ce soit tiré d'une histoire vraie, d'une vraie partie de l'Histoire, et ce, dans les moindre détails. Le tout est assez romancé pour permettre au lecteur de ne pas tomber dans la monotonie, et s'ajoute à la véritable histoire une romance décrite à demi-mots. Le livre est en effet inspiré des écrits de la Reine Victoria et j'ai trouvé ça vraiment super, mieux que si cela avait été une réécriture. Il m'est même arrivé pendant la lecture d'aller vérifier sur Internet la véracité des faits, ou même la suite des évènements - oui, Wikipédia m'a spoilé, n'y allez pas !


    Finalement, une bien belle surprise, ce roman. Je le conseillerai chaudement aux adeptes des romances historiques et même à ceux qui apprécient l'Histoire en général. Cette lecture regorge de petites anecdotes historiques. J'ai vraiment passé un bon moment avec ce livre, j'espère que vous aussi.



"Il y avait quelque chose d’irrésistiblement comique à la vue de ces deux vieillards battant en retraite comme s’ils avaient été tirés par des fils invisibles ; mais Victoria savait qu’elle devait s’empêcher de rire. Être la reine lui conférait le droit de donner congé, mais pas de ridiculiser ses sujets. La dignité était la qualité essentielle de tout monarque. Victoria se souvenait à quel point elle avait été embarrassée lorsque son oncle avait entamé une chanson évoquant un marin ivre au beau milieu d’un banquet de gala."


Lu dans le cadre du
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