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jeudi 26 mars 2020

Tiny Pretty Things

Titre : Tiny Pretty Things
Auteur : Sonia Charaipotra et Dhonielle Clayton
Traduction : Alice Delarbre
Édition : Hachette
Parution : 2019
Nombre de pages : 451
Synopsis : Gigi, Bette et June sont danseuses dans la prestigieuse école du Ballet de New-York.
Lorsque Gigi, nouvelle et seule élève noire, est choisie pour incarner le rôle phare du premier ballet de l'année, les rivalités se déchaînent. Bette, ballerine star de l'école, est prête à tout pour récupérer son titre et éviter la rage de sa mère, qui ne tolère pas qu'elle ne soit pas la meilleure. La perfectionniste June rêve quant à elle de ne plus être cantonnée au rôle de l'éternelle doublure. Lorsqu'Alec, petit-ami de Bette, devient le partenaire de Gigi : c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase ! Les trois filles ont bien du mal à résister à la pression du monde impitoyable de la dans...


Points + : un récit vif, du suspens, de l'émotion
Points - : une romance en trop...


Avis :
    Depuis le temps que je le voyais passer, celui-là, il a enfin fini entre mes mains. Je ne m'attendais à rien, puisque le thème de la danse ne me motivait pas plus que ça, et pourtant, ça s'est fini comme une agréable surprise ! Place à la chronique !

    On est donc sur un roman jeunesse contemporain qui se distingue des autres par l'originalité du lieu, ses protagonistes - merci de mettre de la diversité, enfin !! - et la complexité de son intrigue, ce qui est plutôt rare dans du Young-Adult. 
    Les 3 filles - Gigi, Bette et June - se livrent une guerre sans merci pour obtenir une place qu'elles méritent, qui leur "revient". L'histoire est fascinante parce qu'elle joue avec les sentiments et les valeurs des héroïnes. Chacune possède des valeurs différentes, mais elles n'ont qu'une passion, la danse. Jusqu'où peuvent-elles aller ? La réponse est  : loin, beaucoup trop loin. 

    Ce livre lève le voile sur le monde impitoyable de la danse, et en particulier, celui de la danse classique. On découvre - oui je mets en italique parce qu'on s'en doutait un peu quand même - leur lutte pour garder la ligne,  ou même parfois la faire diminuer, la course à la célébrité, la gloire, les heures d'entraînement, tout paraît terrible. On est sous tension en permanence : le récit ne laisse presque aucune pause. On ne sait pas quel coup bas va tomber au chapitre d'après, ni d'où cela va venir. C'est vraiment cette course au premier rôle qui m'a tenu tout au long du livre. On est happé. 

    Comme je l'ai dit plus haut, les personnages vont remettre en cause leurs valeurs, ce qui en fait des personnages complexes. Ni bonnes, ni mauvaises, les filles sont justes des filles qui en veulent et à qui la vie a fait trop souvent des mauvais coups. 
Gigi est, à mon sens, la plus admirable : elle est intègre, elle est celle qui renonce le moins à ses valeurs. Passionnée, elle veut juste danser les plus beaux ballets, avec la plus belle musique. Elle cherche également une légitimité en tant que danseuse noire, au milieu de toutes ces filles blanches.

June est celle qui m'a fait le plus de peine : elle a une mère exigeante, est toujours sélectionnée pour les seconds rôles, ou pire, en tant que doublure. Elle n'est jamais estimée par ses professeurs, ses Maîtres. J'ai eu envie de la voir réussir, mais son comportement jaloux a terni le tableau. 
Bette est la plus insupportable des trois. Vous voyez la peste blondes des films américains ? Dans Moi, Lolita ? Bah pareil. On ne sait pas sur quel pied danser avec elle, sans mauvais jeux de mots. Elle est vicieuse et manipulatrice, chaque chapitre est une surprise. Elle possède aussi ses propres souffrances mais elle est celle avec qui j'ai le moins accroché. 

    Parlons peu, parlons romance, parce que oui, il y a des danseurs beaux gosses dans cette école. Et bien, même si j'ai tendance à chercher les romances dans les livres, celle-ci était de trop. Et fade. Voilà. C'est triste. L'intrigue se suffit à elle-même je pense... ou alors la romance aurait pu survenir plus tard dans le récit. 


    En conclusion, c'est un très bon roman Young-adult, avec du suspens, des émotions, de la diversité - lisez pour découvrir, je spoile pas - et une complexité dans les relations. La fin laisse penser à une suite explosive, il me tarde de la lire.

Pour aller plus loin :


"Ne vous y trompez pas : je me suis battue longtemps, et durement, pour voir ce jour arriver, j’ai versé des larmes, de la sueur et du sang, je me suis privée a la moindre occasion. J’ai mérité d’être là."

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2020
2/100


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• Miss Amérique ne pleure jamais de Julianna Baggot
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Prochaine chronique : 
Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa

dimanche 13 avril 2014

Miss Amérique ne pleure jamais

Titre : Miss Amérique ne pleure jamais
Auteur : Julianna Baggot
Édition : Flammarion
Parution : 2005
Nombre de pages : 277
Synopsis : Pixie, ex-Miss New Jersey, croyait sincèrement que son titre suffirait à lui garantir une vie de rêve. Mais à mesure que les années passent, il lui faut bien se rendre à l'évidence. Son premier mari la quitte pour un homme. L'amour que lui porte le second, un ennuyeux dentiste séduit par sa beauté, faiblit à mesure que les rides font leur apparition. Quand à son fils, en pleine crise d’adolescence, le moins qu'on puisse dire est qu'il ne lui est d'aucun soutien. Pixie combat ses démons à coup de Prozac et de frénésies ménagères jusqu'au jour où sa mère lui révèle son terrible secret. Sa vie bascule alors définitivement.



Avis : 
    Le synopsis de cette histoire m'avait assez plu, c'était intrigant et on sentait une touche d'humour parmi tous ces personnages déprimants. Après avoir vu une chronique assez positive sur le blog Les mots de Gwen, je me suis lancée, et je l'ai emprunté.


    La structure de l'histoire m'a assez plu : elle est racontée alternativement par Ezra, le fils, et par Pixie. C'est un format de lecture que j'apprécie assez. Je trouve que ça a donné un peu de "boost" à la lecture parce que les passages racontés par Pixie sont plus descriptifs et assez répétitifs. Alors qu'avec Ezra, il y a plus de dialogues, de pensées cyniques et de rebondissements. En même temps vu la vie pas tellement trépidante de l'ancienne Miss, fallait y songer.


    Je ne dirais pas que l'histoire est originale, mais au moins les personnages ont une vie qui sort de l'ordinaire - la vie Américaine, comme ils disent. On tombe directement dans l'histoire et les secrets, les passés viendront au compte-goutte, c'est certainement ce qui m'a fait tenir tout au long de cette lecture. Leurs histoires passées sont assez sombres, surtout pour Pixie, son fils et sa mère, et la facilité avec laquelle Pixie semble prendre les choses est assez déconcertante et en même temps assez rassurante, vu le côté "burlesque" prédit par les critiques. Je dirais que l'action peine à démarrer, et que les événements se précipitent dès la seconde moitié du roman, c'est ce qui m'a gêné dans le début de lecture. Mais disons que le côté plutôt descriptif/narratif qu'on retrouve au début du roman est totalement nécessaire pour bien comprendre les réactions et les pensées de nos deux personnages pour la suite de l'histoire.
    Côté personnage,  ils sont tous très attachants - même le beau-père un peu lourd, si, si ! - et j'ai souvent regretté de ne pas entendre plus parler de la petite sœur qui à l'air d'être pleine de bon sens et de fantaisie.

    J'ai mis 15 parce qu'au final, sous ses airs comiques et mélodramatiques, ce roman se révèle être une vraie leçon de vie. On se retrouve à la fois dans le personnage d'Ezra, qui soutient sa mère à sa façon faut le dire, et aussi tout autant dans le personnage de Pixie, véritable féministe qui décide de combattre le mal par le mal. Et c'est ça que j'ai adoré, ces deux personnages renversent les clichés tout en donnant une leçon de vie, leurs vies. On ne peut pas finir ce livre sans se poser des questions sur son futur et remettre en question son passé. Une bonne lecture qui fait passer un agréable moment, si vous vous laissez embarquer par ces personnages aux personnalités multiples.


"Je me sentais vieux. Je me suis dit que lorsque j’aurais l’âge de ma grand-mère, je me sentirais sans doute jeune parce que j’aurais déjà été vieux dans ma jeunesse." 

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dimanche 9 mars 2014

Le manuel de la mauvaise mère

Titre : Le manuel de la mauvaise mère
Titre original : The bad mother's handbook
Auteur : Kate Long
Traductrice : Aline Azoulay
Édition : Nil
Parution : 2006
Nombre de pages : 392
Synopsis : Si seulement Charlotte arrivait à empêcher sa grand-mère Nan qui perd un peu la tête ces temps-ci de mettre ces devoirs dans le grille-pain, elle pourrait peut-être se concentrer sur un problème autrement plu grave. Si seulement sa fille Karen voulait bien l'écouter, Nan arriverait peut-être à lui expliquer que les liens du sang sont bien moins importants que l'amour d'une mère pour sa fille, même adoptée. Et Karen ? Si seulement elle arrivait à se convaincre qu'il y a pire que d'être grand-mère à 33 ans, elle accueillerait plus volontiers ce bébé que sa fille Charlotte attend à 17 ans. Une chronique tendre et drôle sur les mères, ce qui les sépare, mais surtout ce qui les unit !



Avis :
    Ce livre, c'est un des seuls que j'ai acheté à Emmaüs sur un coup de tête. J'avais tout de suite accroché sur le titre, sur le synopsis. Je suis pourtant peu cliente des chick-lit mais pourquoi pas ?
    On trouve dans ce livre une certaine dimension réelle. Il est certes fictif mais les sentiments, les réactions et les péripéties qui arrivent aux personnages sont réalistes. On retrouve donc Charlotte, se découvrant enceinte, sa mère une presque quarantenaire qui se demande si elle arrivera à se retrouver quelqu'un un jour et la grand-mère, qui perd complètement la boule mais qui soude ce trio féminin plus qu'elles ne le croient. J'ai adoré le personnage de Charlotte même si elle campe beaucoup trop dans son rôle d'ado rebelle, et qui, comme l'indique le synopsis, est très irresponsable, je dirais même idiote. Alors qu'elle se retrouve complètement perdue, une aide inattendue lui viendra en aide. La mère, Karen semble complètement dépassée par les évènements et accuse sa mère et sa fille de lui causer tous les torts. La grand-mère est un personnage très décalé, mais surtout très mystérieux.

    On pourrait résumer ce roman en une phrase : Dégagez vos préjugés. Les deux plus jeunes femmes du trio en ont plein, et elles seront bien forcées de les mettre de côté. J'ai vraiment adoré l'évolution de leur personnage, l'intrigue qui nous surprend du début à la fin. 
    Les personnages entourant le trio sont adorables aussi : le père de Charlotte - et ex de Karen, l'ami encombrant de Charlotte et même le collègue de Karen. Tous les personnages m'ont plu - hormis l'ex de Charlotte, bien trop porté sur sa personne... C'était frais, moderne, un brin féministe, c'est une bonne lecture pour se détendre entre deux thrillers ou deux déceptions ! 
    Ce livre peut être lu autant par les adolescents que par les adultes à mon sens. Il est rempli de sensibilité, d'humour, de drames, mais aussi d'amour, plus que tout, entre ces trois femmes que tout semble opposer.
     Bien qu'on n'y retrouve pas de la grande littérature, ce roman amène à réfléchir sur le rôle que nous avons dans notre famille et le rôle que les autres ont pour nous, toutes générations confondues. C'est un livre que je relirais volontiers !


 "Vous attendez des années pour surpasser vos parents, et quand vous y arrivez, ça n'a rien d'une victoire.
Mais rien ne vous prépare au jour ou vous réalise que vos parents sont plus faibles que vous. C'est comme si le sol se dérobait sous vos pieds." 

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