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samedi 25 mai 2019

Une prière à la mer

Titre : Une prière à la mer
Titre original : Sea Prayer
Auteur : Khaled Hosseini
Dessinateur : Dan Williams
Traduction : Valérie Bourgeois
Édition : Albin Michel
Parution : 2018
Nombre de pages : 50
Synopsis : Dans une longue lettre, un père prie en regardant son fils dormir, implorant d'être protégés lors de la périlleuse traversée qu'ils vont entreprendre.








J'ai glissé dans cet article des liens vers des vidéos ou articles.
Si le cœur, vous en dit, n'hésitez pas à cliquer, une fenêtre externe s'ouvrira.


Avis :  
     Il est difficile de faire une chronique sur ce genre d'ouvrage, si bien que j'ai hésité longtemps à en parler sur le blog. C'est difficile d'en parler en une chronique, déjà parce qu'il est très court, ce sont surtout des dessins, et ensuite et surtout, pour son sujet, ce poème adressé à Marwan et en même temps à tous ces enfants réfugiés perdus en mer...


     Khaled Hosseini fait parler un père, à travers un poème qu'il adresse à son fils, Marwan. La famille a quitté la Syrie pour tenter la traversée vers l'Europe, comme des milliers d'autres. À travers ce poème, il se rappelle ce qu'est son pays pour lui, les senteurs, les couleurs, la bon vivre d'avant, et puis l'exil, finalement. Cette lettre, ce poème est un cri d'amour et d'espoir pour son fils avec qui il espère finir la traversée. Ce poème a d'ailleurs été inspiré par Aylan, le petit garçon retrouvé sur la plage il y a des années.
    C'est court, mais c'est intense. Le poids des mots, ce qu'ils représentent, accompagnés de ces dessins, ça provoque vraiment quelque chose. Certainement de la tristesse, mais aussi de la colère, la honte, aussi...


     Je ne savais pas quoi rajouter à cette chronique pour exprimer mon sentiment, et ce, sans faire de politique ou même des leçons de morale, puisque ce n'est pas l'objectif de ce blog, et que chacun a le droit d'avoir son propre avis sur la question.
    Je sais cependant que quoi qu'on en dise, la France elle-même, est loin d'être le pays européen qui accueille le plus de réfugiés venant de Syrie ou des pays Subsahariens. Je sais pourtant aussi que pendant 100 ans, la France a accueilli  les diasporas italiennes, portugaises, polonaises, vietnamiennes, algériennes et marocaines. Et j'oublie certainement d'autres réfugiés provenant de tous ces pays, ravagés par la guerre - civile souvent - et que la France a accueillie avec plus ou moins de volonté, ne le cachons pas. Ces vagues migratoires datant de moins de cent ans ont engendré des enfants, et des petits-enfants, qui ignorent peut-être le vécu leurs parents ou grands-parents, ce que c'est d'être déraciné de son pays, de devoir tout quitter pour survivre ou espérer un avenir. Il y a toujours eu des vagues migratoires qui ont traversé l'Europe, et beaucoup d'européens et d'africains ont trouvé refuge ici, je ne vois pas pourquoi ce serait différent maintenant. 


   
     Ce livre, même si court et sans trop de texte, à ce pouvoir de soulever des émotions très intenses, dans le cas où ce genre de sujet nous touche de manière générale. Traversé à la fois par cette pensée "On ne peut pas continuer comme ça" puis "Que peut-on faire à notre échelle ?" puis finalement "Et si ça nous arrivait à nous ?", ce livre a été bouleversant. L'achat de ce livre permet de reverser une petite somme à l'association La cimade, qui lutte contre toute forme d'exclusion vis-à-vis des réfugiés et lutte pour les droits humains. Personnellement, je l'ai emprunté puisqu'il s'est trouvé sur mon chemin, ce n'est donc pas un appel au don de ma part. Cependant, ce livre mérite d'être lu. N'hésitez pas. 



"Car tu es une cargaison précieuse, Marwan. La plus précieuse qu’il ait jamais été. Je prie pour que la mer le sache."


 
Ce livre a été lu dans le cadre du Defi Lecture 2019
4/100


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mardi 31 mai 2016

Mille soleils splendides

Titre : Mille soleils splendides
Titre original : A thousand splendid suns
Auteur : Khaled Hosseini
Traduction : Valérie Bourgeois
Édition : 10/18
Parution : 2013
Nombre de pages : 409
Synopsis : A Kaboul, Mariam endure un mariage contraint avec un homme violent. L'arrivée de la jeune Laila sous son toit est une épreuve de plus. Mais, entre ces femmes que tout oppose, la rivalité va bientôt faire face à une indéfectible amitié... Et à l'espoir d'une autre vie.







Avis :
    J'ai mis beaucoup de temps à me décider de lire ce livre. Emprunté une première fois sans vraiment accrocher, puis obtenu à Noël 2015, et perdu dans les étagères. Et puis je me décide à vider un peu ma PAL, mon choix se porte sur ce livre. Aucune déception ! Coup de cœur !

 
    Au départ, le récit se concentre sur Mariam, son enfance avec sa mère malade - psychologiquement parlant - et un père qui vient la voir très peu mais dont elle savoure les instants. Mariam est une harami - une bâtarde - et sa mère n'a de cesse de le lui rappeler comme elle est maudite. Des années plus tard elle décide de laisser sa mère possessive une journée entière pour passer la journée dans la maison de son père riche, accompagné de ses femmes et de ses enfants. Son destin va alors basculer. Elle se retrouve contrainte d'épouser un homme qu'elle ne connait pas et qui a des dizaines d'années de plus qu'elle. Elle se rendra compte alors quel homme violent il est. 
    La seconde partie du  roman se focalise sur Laila, la fille d'un ancien professeur d'université. Elle est jeune, va à l'école, a des amies fidèles et un meilleur ami, Tariq. Elle mène une vie à peu près paisible - en tout cas bien plus paisible que celle de Mariam - mais le destin se joue d'elle, et après avoir eu tous les espoirs du monde à quitter le pays en guerre, elle se retrouve sous le toit de Mariam, qui la voit comme une intruse. Ensuite, le récit s'alterne entre les deux protagonistes.

    L'intrigue prend place au début du conflit en Afghanistan, à la fin des années 70 : conflit qui a permis de renverser la dictature en place, et de poser un régime communiste. Entraînant par la suite un soulèvement rebelle, et l'instauration d'une République islamiste. J'avoue avoir été un peu perdue, et j'avoue aussi ne rien y connaitre sur le conflit en Afghanistan - merci Wikipédia pour l'aide. J'ai dû réellement arrêter la lecture parce que j'avais du mal à m'y retrouver historiquement et dans l'histoire de "qui était allié avec qui". Quand la narration passe à Laila, son père parle beaucoup avec elle du contexte historique et je me suis perdue. C'est en réalité une part très importante du livre étant donné qu'avec tous ces changements de gouvernements, les droits des femmes ont beaucoup changé. 

   Laila et Mariam n'ont pas eu la même vie mais elles vivent toutes deux des injustices dont elles ressortent apeurées et affaiblies. Toutefois, il leur reste tout le long quelque chose d'essentiel : l'espoir. Ce livre respire l'espoir dans toutes les pages tournées. Tout le long du livre j'ai espéré qu'elles s'en sortent et que ça aille mieux pour elles, que ce qu'elles entreprendront réussira.
    J'ai eu une petite préférence pour l'histoire et la personnalité de Laila, que je trouve plus affirmée et plus déterminée. Son tempérament provient peut-être de ses parents... voire de son parcours scolaire. Quelles conclusions en tirer ? Je vous laisse chercher. 
    L'auteur dépeint une autre image de l'Afghanistan : il casse parfois les clichés, nous offre deux visions différentes d'un concept (le port du voile par exemple) et nous montre aussi deux faces des femmes dans le pays : celles qui acceptent et celles qui subissent.

    Il est très difficile de faire une chronique avec mes mots futiles quand quelque chose de si complexe et de si beau est abordée d'une façon si intelligente. Ce livre ne comporte pas un seul thème mais des dizaines. Il est tantôt triste et dur et tantôt on se perd dans des moments joyeux - plus rares, c'est pour ça que les héroïnes les savourent. Il m'a fallu tout de même parfois stopper ma lecture face à des scènes qui ont été un peu trop dures pour moi du genre "Oh, là j'ai trop lu de choses tristes je reviens au livre dans... une heure !". Je vais certainement pas vous conseiller ce livre pour vous remonter le moral, je pense qu'il n'est pas fait pour.  Quoique... Mais je vous le conseille pour toutes les choses qu'il y a dedans, à commencer par la plume de l'auteur, en passant par le contexte historique que certains ignorent et pour finir pour le merveilleux message qui s'en dégage, tout le long.


Deuxième partie, chapitre 16, page 117 :
"Très tôt, il avait expliqué à sa fille que sa plus grande priorité dans la vie, juste après sa sécurité, était qu'elle aille à l'école.
"Je sais que tu es encore jeune, disait-il, mais je veux que tu comprennes une chose dès maintenant : le mariage peut attendre. Pas l'éducation. Tu es une fille très, très intelligente. Vraiment. Tu pourras faire ce que tu veux plus tard, Laila. Je le sais. Et je sais aussi que lorsque cette guerre sera terminée l'Afghanistan aura besoin de toi autant que de ses hommes, et peut-être même davantage. Parce qu'une société n'a aucune chance de prospérer si ses femmes ne sont pas instruites, Laila. Aucune chance."

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