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vendredi 7 décembre 2018

La faucheuse, tome 1

Titre : La faucheuse, tome 1
Titre original : Arc of the Scythe, book 1
Auteur : Neal Shusterman
Traduction : Cécile Ardilly
Édition : Robert Laffont (Collection R)
Parution : 2017
Nombre de pages : 493
Synopsis : Les commandements du Faucheur :
Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.
Tu accorderas une année d'immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t'ont résisté.





Avis :
    C'est bientôt la fin de l'année 2018. On peut dire que cette année, j'ai découvert beaucoup de saga Young-Adult 100 ans après tout le monde. C'est formidable ! Tout le monde à le pouvoir de me spoiler mes nouvelles sagas favorites, et sachez que je vis très sereinement puisque vous êtes tous très gentils, ou également très en retard sur vos sagas. Bref, je spoile : j'ai été agréablement surprise par ce roman. Je m'attendais à ce qu'il me plaise, mais pas comme ça. 


     C'est lugubre hein. Des gens dont le seul objectif est de tuer d'autres gens. C'est pour ça que j'ai choisi de lire ce livre. J'aime le lugubre. On a tous une petite attirance pour ce qui est interdit ou immoral. Et vu que je ne projette pas de tuer quelqu'un durant les 156 prochaines années, je préfère lire des histoires sur des gens qui tuent d'autres gens. Mais pourquoi tuent-ils ? En réalité, le monde a éradiqué la maladie, la pauvreté et dans la foulée, il a aussi mis fin à la mort. C'est le rêve de bien des gens. L'intelligence virtuelle qui régit le monde désormais souhaite réguler la population, parce que sinon, y'a plus la place. Les Faucheurs sont là pour ça : ils glanent des gens selon des statistiques tirées de l'ancien temps et selon des commandements inviolables. 
    Vu qu'on ne nait pas Faucheur mais qu'on le devient, Maître Faraday décide de former deux jeunes adolescents à son honorable métier de Faucheur. Je dirais qu'il le fait à l'insu de leur plein gré : en effet, Citra et Rowan ne sont pas très chauds pour glaner autrui. Cependant, en les mettant en compétition pour une seule place de Faucheur, il attise leur intérêt et leur montre une facette du métier qu'ils ne pensaient pas pouvoir accepter. 


    Je salue tout d'abord l'originalité de l'intrigue. J'ai l'impression de soulever ce point à chacune de mes chroniques mais ici, c'est réellement purement vrai. Ici, Neal Shusterman prend le risque d'évoquer la mise à mort avec peu de complexes. Dans cet univers, la mort a été vaincue, mais pourtant elle persiste, rare et surprenante. Les personnages la redoutent encore plus que maintenant. Les gens prennent des risques inconsidérés pour l'adrénaline, sans risque de mourir, mais peuvent se retrouver glanés après avoir traversé la route. Souvent par surprise. La mort est un tabou et comme maintenant, on ne peut refuser de s'y soumettre. Les Faucheurs semblent avoir les pleins pouvoirs, ils sont honorés, glorifiés, comme des seigneurs face à leurs serfs. Les gens se méfient, les craignent et gare à ceux et celles qui oseraient les contredire ou les défier. Ils ont quelque chose de majestueux et dans le cas de maître Faraday, quelque chose qui inspire le respect. Maître Faraday inspire le respect parce qu'il n'use pas de son pouvoir, de son devoir. Il respecte une à une les règles et les enseigne à ses deux élèves de la façon la plus correcte qui soit. 

    Maître Faraday choisit d'apprendre  à Citra et Rowan le métier de Faucheur parce que justement, ils ne voulaient pas l'être et que - parait-il ! - c'est une des principales conditions pour en devenir un. Seulement, un seul des deux jeunes adolescents pourra obtenir le titre de Faucheur à la fin de sa période de formation. Passé le choc, nos deux héros vont tout de même s'affronter pour obtenir cette place qui devient chère à leur cœur. Il faut dire que les deux ont des personnalités très différentes : Citra est une jeune fille calme, réservée et craintive issue d'une famille modeste alors que Rowan est issu d'une famille nombreuse, plus impulsif et davantage attiré par le côté glorieux de la chose. Je n'ai pas spécialement accroché aux personnages en eux-mêmes mais j'ai aimé le fait que leur personnalité soit travaillée et si différentes l'une de l'autre. Au fil du récit, Citra et Rowan seront amenés à envisager différemment le métier de Faucheur. 

    La narration se partage entre Citra et Rowan. Cette double narration nous permet de suivre les différents enseignements des Faucheurs à travers la Midamérique. Il y a les bons et les mauvais Faucheurs. Le mauvais Faucheur, c'est le gars qui choisit une personne et y la glane. Et le bon Faucheur, c'est le gars qui choisit une personne et y la glane. Mais c'est un bon Faucheur. 
    Plus sérieusement, le mauvais faucheur, c'est celui qui tue pour le goût du sang. Et le bon, c'est celui qui tue par devoir et dans le respect de la personne. J'ai aimé que l'on aborde cette dualité qui permet de rendre compte des limites de ce pouvoir. 
    
    Mon rythme de lecture a été assez lent au début du roman, on tombe assez vite dans une certaine monotonie. Passé la découverte du métier de Faucheur et leur mode de vie, on se demande où ça va. Heureusement, un évènement inattendu a reboosté mon intérêt pour l'intrigue. En réalité, c'est lorsque que Citra et Rowan ont été obligé de se battre pour une seule place disponible que j'ai lu plus rapidement. Je suis un monstre. J'ai été frustrée du fait que nos deux héros soient obligé de se faire face mais mon côté sadique à aimé la concurrence et leur façon d'apprendre si différente l'une de l'autre.


    En conclusion, j'ai été agréablement surprise parce que l'intrigue n'était pas du tout ce à quoi je m'attendais. Vous vous attendez à quelque chose, vous êtes déçus de ne pas l'avoir, puis vous réalisez que c'est peut-être mieux comme ça. 
    Je salue de nouveau l'originalité de l'univers, la profondeur des idées - assez rare dans un roman YA pour être soulignée, à mon sens - et les rebondissements inattendus qui savent se pointer pile au bon moment pour rebooster l'intérêt du lecteur. D'ailleurs, c'est moche parce que le dernier rebondissement m'a donné envie de lire la suite. Quel sera votre premier commandement à vous ? Si ce n'est de lire ce livre ou de le recommander ? 


Page 233 :
"Alors tu as décidé de faire pénitence en devenant faucheuse, condamnée à glaner des vies pour te punir de cet acte unique qui remonte à ton enfance.
- Je n'ai rien décidé du tout.
- Crois-tu ?"

Ce livre a été lu dans le cadre 
du Challenge des pavés


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lundi 22 octobre 2018

Phobos, tome 1

Titre : Phobos, tome 1
Auteur : Victor Dixen
Édition : Robert Laffont (Collection R)
Parution : 2017
Nombre de pages : 436
Synopsis : Six prétendantes d'un côté. Six prétendants de l'autre. Six minutes pour se rencontrer. L'éternité pour s'aimer. Ils sont six filles et six garçons dans chaque compartiments séparés d'un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se choisir et se séduire, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l'émission de speed-dating la plus folle de l'histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars. Leonor, orpheline de 18 ans, est l'une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l'amour. Elle a signé pour un aller sans retour. Même si le rêve vire aux cauchemar, il est trop tard pour regretter. 



Avis :
    Comme souvent, je suis une des dernière à ma connaissance à lire un livre qui cartonne sur les blogs, à la fois coup de cœur et novateur. J'ai sauté sur l'occasion du prix découverte des éditions Robert Laffont pour me le procurer. Ce n'est pas le coup de cœur que j'avais espéré mais ça n'en reste pas moins une agréable surprise. Je ne sais pas ce qui m'a plu le plus dans ce livre. Est-ce le côté speed-dating de l'espace ? La tournure dramatique que tout cela semble prendre ?

    Des années après notre ère, les humains sont capables d'aller sur Mars. Du moins le pense-t-on puisque le programme Genesis décide d'y envoyer 12 adolescents prêts à tout lâcher et à tenter l'aventure. Le point commun entre tous ces adolescents ? Ils n'ont plus rien à perdre et tout à gagner en allant fonder une nouvelle civilisation sur Mars. Leonor est l'un d'entre eux : orpheline, elle est prête à monter à bord du vaisseau et y trouver l'amour. Tout plutôt que de rester seule sur Terre. Cependant, alors que les speed-dating se déroulent pour le mieux, une nouvelle terrible parvient aux oreilles de notre héroïne...


    J'ai trouvé ça fascinant de les voir évoluer dans l'espace. Les filles semblent très à l'aise et plus ou moins confiantes quant au fait de rester dans l'espace toute leur vie. Leur vie dans l'espace prend un nouveau tournant quand les speed-dating commencent puisque c'est l'occasion pour elles et pour le lecteur de découvrir les garçons. 
    Leonor n'est pas spécialement prête à trouver l'amour, en fait. Leonor est discrète. Tellement discrète que les téléspectateurs eux-mêmes ne misent pas gros sur elle. Elle est d'abord froide et désintéressée, mais après avoir rencontré quelques garçons, puis après avoir constaté qu'elle pouvait rivaliser avec ses concurrentes, tout change pour elle. J'ai eu d'abord du mal avec elle : quel intérêt de suivre l'histoire de Leonor alors qu'elle même ne rentre pas dedans ? J'étais cependant attachée à son indépendance d'esprit et les valeurs qu'elle prônait. En rentrant dans le jeu, elle se joint davantage au mouvement, à l'aspect superficiel de la téléréalité... pour le meilleur et pour le pire. 
   Je ne me suis pas attachée à un personnage secondaire en particulier puisqu'ils sont abordés rapidement - surtout pour les garçons. Les seules qui m'aient marquées sont Kristen et Safia qui sont à mon sens les filles les moins superficielles du lot, en comptant Leonor.


    Les speed-dating c'est bien, mais un peu de drame, c'est mieux. Non... non attendez. C'est pas mieux, mais disons que ça donne un côté "amants maudits" à la lecture. Tout n'est pas si idyllique. Vous l'aurez peut-être compris, il y a un côté malsain avec la téléréalité : leurs speed-dating et leurs journées sont filmées en permanence. Pas le droit de posséder un téléphone ou d'entrer en communication avec la Terre. Vous me direz, ça ressemble énormément aux téléréalités d'aujourd'hui. Coïncidence ? Non.
    Leonor est sceptique depuis le début face à toutes ces précautions pour les isoler puisqu'un homme s'est ruée sur elle à son entrée dans le vaisseau pour lui glisser un téléphone portable. Qui est-il ?
Heureusement, le lecteur garde un pied sur Terre pour suivre l'énigme de plus près. Andrew est un jeune homme recalé par la production qui enquête pour connaître les tenants et les aboutissants du programme Genesis. 
    J'ai assez bien aimé ce côté mystérieux. L'aspect tout beau tout rose de l'émission ne pouvait pas perdurer. Outre le côté romantique, il existe un soupçon de suspens et de mystère. Ça m'a permis de raccrocher à l'histoire quand le quotidien dans l'espace me paraissait fade. C'est un aspect très bien dosé.


    En conclusion, une lecture plaisante même si je n'ai pas eu de coup de cœur. J'ai adoré suivre les speed-dating et le quotidien des adolescents dans l'espace malgré des personnages peu marquants. Notez cependant qu'ils semblent avoir chacun une personnalité travaillée. Le récit est original grâce aux speed-dating déterminants pour l'avenir des personnages, le lieu où se déroule l'intrigue et par la tournure finale de l'aventure. Ce n'est pas ce que j'attendais de ce livre mais il a su être assez surprenant pour me convaincre de lire la suite.



"C'est parce que leur amour naîtra dans l'espace qu'il pourra durer sur leur nouveau monde! C'est parce qu'ils n'ont rien à regretter sur Terre qu'ils ont tout à espérer sur Mars !"


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mardi 2 octobre 2018

Frozen, tome 1

Titre : Frozen, tome 1
Titre original : Heart of Dread, book 1 : Frozen
Auteurs : Melissa de La Cruz & Michael Johnston
Traduction : Valérie Le Plouhinec
Édition : Albin Michel (Jeunesse Wiz)
Parution : 2015
Nombre de pages : 405
Synopsis : La couverture de Nat ne tient plus qu'à un fil. Bientôt tout le monde saura qu'elle fait partie des "marqués". Le casino, où elle officie comme croupière, va découvrir qu'elle a volé des jetons... Sans aucun scrupule, elle fait accuser à sa place un dénommé Wes, joli garçon mais arrogant. Nat, elle, a déjà détourné le regard : elle a assez d'argent pour quitter cet infâme New Vegas plongé dans l'aire glacière, et rejoindre le Bleu, là où l'air est pur et la mer azur. Là où les renégats comme elle peuvent vive en paix. Il suffit juste de payer un mercenaire. Mais le passeur, ô surprise, n'est autre que Wes... Après tout, se dit Wes pas rancunier, un voyage dangereux en compagnie d'une jolie fille ne se refuse pas. 


Avis :
    Je n'avais jamais ajouté ce livre à ma wish-list, je me demande bien pourquoi puisque le synopsis avait tout pour me plaire. On mélange à la fois la dystopie et la science-fiction, avec en fond, une romance sur fond de love/hate : ça annonçait le coup de cœur ! Et pourtant...


    Nat est une jeune fille Marquée, reconnaissable à ses yeux d'une couleur particulière dans ce monde où les pouvoirs magiques et la singularité sont proscrits. Nat veut aller vers le Bleu : un monde idyllique où les gens comme elles sont acceptés. Elle réussi à voler de l'argent au casino où elle travaille et fait accuser Wes, un jeune homme fourbe qui passait par là. En recherchant une bonne âme pour l'amener le plus loin possible de ces terres hostiles, elle n'a pas d'autres choix que de demander de l'aide à Wes et son équipe. Les voilà parti pour un voyage rempli d'aventures. 

    D'abord, j'ai trouvé que l'intrigue tenait debout : une jeune femme à la recherche d'un monde idyllique, plaque tout pour tenter de l'atteindre à ses risques et périls. Elle tombe sur un jeune homme charmant prêt à risquer tous les dangers en échange d'argent. Accompagnés de personnages amusants, méfiants... ou autre, leur trajet ne sera pas sans danger, vous vous en doutez. 
    Je ne me suis pas du tout ennuyée lors de ma lecture. Il y a assez de péripéties pour ne pas tomber dans le monotone. Les imprévus mettent réellement nos héros dans l'embarras, à tel point que l'on s'inquiète réellement pour eux, en se demandant si cela va avoir des conséquences irréversibles. 

    Paradoxalement, j'ai trouvé que tout se passait très vite. On a beaucoup de péripéties, il arrive des choses dangereuses à nos compagnons mais je n'ai pas eu l'impression que ce soit exploité à son maximum. On passe d'un problème à l'autre sans avoir le temps de respirer - donc ça c'est assez cool - mais en même temps j'ai ressenti comme une impression d'inachevé. Vous me suivez ? Non ? Continuons quand même. 
    Peut-être qu'il y a une sensation de rapidité dans le récit par manque de descriptions ? Ou trop d'informations ? Trop brouillon ? Je n'ai pas réussi à me représenter les différentes terres hostiles que nos héros traversent. À part le fait que ce soit rempli de glace, de froid et d'hostilité, j'ai pas compris. J'ai également eu du mal à me représenter les personnages : j'arrive à me rappeler leurs personnalités travaillées mais pas spécialement leur physique. C'est contraignant. Enfin, je trouve.
    Vaut-il mieux un personnage bien décrit physiquement mais sans personnalité ou une personnalité travaillée sans pouvoir s'appuyer sur une description physique ? Je suis assez pour une personnalité plus travaillée au dépend d'une description physique. Même s'il vaut mieux avoir les deux, en sachant que souvent, le physique d'un personnage laisse transparaître sa personnalité. Je ferme la parenthèse. 

    Les personnages, parlons en peu, parlons-en vite. Nat et Wes m'ont beaucoup plu. Indépendamment l'un de l'autre. Nat est une personne courageuse, déterminée, et aussi un peu perdue. Ce qui représente une faille pour ce personnage qui ne veut montrer aucune faiblesse - surtout devant les hommes. Wes est - au départ - un jeune homme bien arrogant et sûr de lui, insensible, meneur de son groupe. Petit à petit, ce personnage laisse lui aussi s'écailler sa carapace et montre ses véritables ambitions. 
    Comme indiqué dans le synopsis : il y a du love. C'est assez cool. Cependant, j'ai été un peu déçue. Pour moi, les romances dans les romans Fantasy, SF, Thriller... etc, c'est une sous-intrigue. C'est la petite histoire mignonne qui rappelle que tout n'est pas noir. Quand un moment romantique se pointe dans le récit, c'est mignon, parfois inattendu. Le souci, ici, c'est que cette romance prend bien 50% de l'intrigue à un certain moment. Et bon, c'est bien. Mais disproportionné. Enfin je veux dire... des choses graves se passent et nos héros divaguent pour un eye contact. Ça va 2 minutes, votre bateau dérive ! J'exagère. Mais si peu. J'ai été un peu lasse de leurs moments d'intimité au bout d'un moment, tout de même.

    La plus grosse déception de ce livre, c'est sa fin. Je ne peux pas vous expliquer pourquoi j'ai été frustrée de cette fin, mais je l'ai été voilà. C'est ma faille. Quel ascenseur émotif. Je pense que c'est une sorte de cliffhanger, mais manque de bol, je n'ai pas spécialement envie de connaître ce genre de suite. Je ne peux pas non plus vous expliquer pourquoi je ne veux pas connaître la suite parce que ce serait 1) dévoiler la fin, et 2) dévoiler les objectifs de chacun des personnages, et donc l'amorce du 2ème tome. 


    Je suis mi-figue, mi-raisin face à cette lecture. À la fois, j'aime le côté oppressant, propre à la dystopie, j'aime le fait d'avoir une romance passionnelle au milieu de tout ce foutoir, j'aime la personnalité de chacun des personnages... mais c'est trop. Trop d'actions rapides, trop de questions sans réponses, une fin qui me donne envie de continuer mais juste par curiosité et non par réelle envie... Finalement, c'est dommage que je n'ai pas eu un réel attachement à l'histoire ou pour le devenir des personnages. C'est peut-être ça qui m'a manqué.


Chapitre 44, page 360 :
"Rappelle-toi notre accord, dit-elle. Plutôt mourir de tes mains que des leurs.
Il secoua la tête.
- On en arrivera pas là."

Lu dans le cadre du
Challenge des pavés

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vendredi 27 octobre 2017

Le secret de l'inventeur, tome 2 : L'énigme du magicien

Titre : Le secret de l'inventeur, tome 1 : L'énigme du Magicien
Titre original : Inventor's Secret, book 2 : The Conjurer's Riddle
Auteur : Andrea Cremer
Traduction : Mathilde Tamae-Bouhon
Édition : Lumen
Parution : 2016
Nombre de pages : 370
Synopsis : Après l'explosion des Catacombes, seul foyer qu'elle ait jamais connu, Charlotte est contrainte de mener sa petite troupe de survivants, parmi lesquels une dizaine d'enfants, vers la Nouvelle-Orléans. Désormais leader du groupe, elle se retrouve face à des choix difficiles pour préserver la vie de ses jeunes protégés, mais continue de voir en Grave, malgré sa force herculéenne et ses origines inquiétantes. un allié et un ami.
Des méandres du Mississippi au bayou de la Nouvelle-Orléans, l'Empire fera tout pour empêcher Charlotte de rallier le quartier général de la Résistance, où l'attendent son frère Ashley et Jack, qu'elle tient désormais pour un traitre... Elle y découvrira l'envers de la rébellion - à commencer par sa propre mère, qui semble s'intéresser de très près à Grave et à ses capacités extraordinaires - sans compter les stratagèmes du puissant mage Nicodème et de Sang d'Acier, un flibustier français aux intentions troubles !

Cette chronique traite du Tome 2 de la trilogie Le Secret de l'Inventeur
/!\ Risques de Spoilers

Avis : 
    Ça fait plus d'un an que j'ai lu le tome 1 de cette trilogie. J'ai eu du mal à me lancer dans le tome 2 puisque j'avais lu qu'il était assez ennuyant, moins rythmé et j'avais peur d'être déçue. Heureusement, j'ai réemprunté les deux premiers tomes de la trilogie pour replonger dans l'univers, et je n'ai pas été si déçue que ça. 

    Le premier tome se termine par la destruction des Catacombes, l'endroit où Charlotte et ses amis ont grandi, où ils étaient en sécurité. Charlotte doit mener les enfants et les jeunes adolescents jusqu'au foyer de la Résistance, à la Nouvelle-Orléans : ils sont à découvert, avec peu de ressources, peu d'armes, et peu d'informations.
    À travers la fuite des enfants de la Résistance, on découvre un peu plus l'environnement dans lequel l'Amérique vit depuis des décennies : il existe des endroits plus sûrs que d'autres, des personnes à qui l'ont peut se fier sans trop de problèmes - "les ennemis de mes ennemis sont mes amis" et "ce qu'on ignore ne nous fait aucun tort" - et surtout, on comprend un peu plus ce qui a mené Britannia à diviser ainsi ses colonies et ses castes, contraignant la Résistance à vivre dans le plus grand secret. 

    C'est le côté "road-trip" qui freinait mon envie de lire ce deuxième tome et finalement, ça ne m'a pas dérangée. J'ai eu peur de tomber dans une action redondante mais j'ai été absorbée par les aventures que vivaient Charlotte, Pip, Birch, Scoff, Grave et les enfants. Tout le monde a fait preuve d'une grande maturité et l'intrigue a réussi à garder mon attention tout le long du voyage.
    Il faut dire qu'au bout du voyage de Charlotte, le Graal : le quartier général de la Résistance - que j'avais hâte de découvrir - et Ashley et Jack - que j'avais hâte de retrouver. 

    En réalité, j'ai un peu moins apprécié ce tome, mais c'est totalement subjectif.  Je m'explique. Les personnages de Scoff, Pip et Birch sont très présents et c'est bien : on découvre leur personnalité, leurs affinités et ils apportent une touche d'humour au récit. Cependant, je m'étais attachée à Ash et Jack et on les retrouve peu dans ce tome-ci, ça m'a un peu manqué.
    Heureusement, j'ai pu compenser ce manque en retrouvant des personnages que j'avais adoré dans le premier tome. Linnet est un personnage que je trouve de plus en plus formidable : elle est courageuse, insolente mais elle sait aussi être douce et sensée. Grave est encore plus attachant dans ce tome : on connaissait ses origines depuis la fin du tome 1, on le découvre "humain" dans ce tome-ci ; il est innocent, juste et loyal et c'est l'un de mes personnages préféré à ce jour. 
    Est-ce que je parle de Coe ? Non, je ne vais pas en parler parce que je l'aime encore moins. Ah ben du coup j'en ai parlé, tant pis *tête innocente*. Ah oui, je dois vous le préciser aussi : ne lisez pas le livre uniquement pour connaître Nicodème, la mère de Charlotte et Sang d'acier. Ils apparaissent encore moins que Jack et Ash, vous serez déçus. 

    Certains avaient reproché au livre d'être trop ennuyant ou même avec une intrigue beaucoup moins palpitante. Je n'ai pas trouvé : on découvre des nouveaux personnages, on est surpris, il y a du mouvement, les alliances changent ou se reforment... Je ne me suis pas ennuyée du tout.
    Ce tome 2 est clairement un tome de transition : on englouti beaucoup de nouvelles informations, les personnages évoluent peu et on fait un peu de "sur place" sur pas mal de points - notamment sur la romance qui m'avait beaucoup plu dans le premier tome, malgré le triangle amoureux. 
    J'ai pensé que l'intrigue aurait été plus intéressante à suivre si le point de vue avait été celui de Jack ou même Grave - qui est lui clairement au centre de l'intrigue cette fois-ci. Pourquoi pas, hein ? Je lance l'idée, comme ça... *innocence*

    Il semble que je n'ai pas été aussi déçue que mes collègues blogueurs mais ce n'est pas mon tome préféré non plus. J'ai vraiment hâte de lire le dernier tome pour connaître le fin mot des histoires. C'est vraiment un univers très riche que je vous conseille de découvrir, et tout de même : plongez-vous dans ce deuxième tome, vous serez surpris !


Chapitre 8, pages 140 :
 "Depuis le départ d'Ash, elle avait dû endosser le rôle de chef et, même si personne ne s'était plaint ni n'avait contesté son autorité, elle n'était pas certaine de s'être montrée à la hauteur.
Au souvenir d'Ash, sa poitrine se serra. Voilà ce qu'elle aurait aimé retrouver : son frère. Elle avait beau détester son statut de cadette, les conseils réconfortants d'Ashley l'avaient bercée toute son enfance. Si elle ne pouvait recouvrer son innocence, elle pouvait néanmoins retrouver son frère."

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dimanche 15 octobre 2017

Enfants de la paranoïa, tome 1

Titre : Enfants de la paranoïa
Titre original : Children of paranoia
Auteur : Trevor Shane
Traduction : Pascal Loubet
Édition : Michel Lafon
Parution : 2012
Nombre de pages : 363
Synopsis : Depuis des siècles, une guerre souterraine, ignorée du commun des mortels, oppose deux clans qui se déchirent au nom du Bien et du Mal . Des deux côtés, des assassins endoctrinés et entraînés dès leur enfance à haïr et à détruire le camp adverse.
Joseph, vingt-trois ans, est l'un de ces tueurs d'élite. Il ne connaît qu'une réalité : tué ou être tué. Mais alors qu'il retrouve ses deux plus proches amis pour quelques jours de vacances dans le New Jersey, il tombe dans une embuscade. Échappant de peu à ce piège mortel, il est envoyé en mission à Montréal où il rencontre Maria, une jeune innocente de dix-sept ans. Pour la première fois, Joseph découvre l'amour... et le doute. S'il veut protéger la femme qu'il aime, il doit abandonner la vie qu'il a toujours connue et trahir ses frères d'armes. Osera-t-il transgresser les règles ?


Avis :
    J'ai obtenu ce livre lors d'un troc. Je l'avais demandé parce qu'il était dans ma WL et qu'en plus, le synopsis m'attirait pas mal. J''en avais beaucoup entendu parler lors de la sortie et j'avais même tenter de le gagner lors d'un concours - si je me souviens bien...

    On rentre directement dans le vif du sujet en suivant Joseph - Joe - lors d'une mission durant laquelle il tuera une jeune femme qui rentrait de son travail. Pourquoi ? Elle faisait partie du Mal, alors que Joe fait partie du Bien. La guerre entre le Bien et le Mal dure depuis très longtemps, si bien que les "soldats" prenant part à cette guerre ne savent pas pourquoi cela a commencé. Les jeunes soldats sont manipulés dès leur adolescence pour leur faire haïr le camp adverse qui représente le Mal. Joe se pose beaucoup de questions : qui dirige la guerre ? Comment ont-il été répartis dans les camp du Bien et du Mal ? Sont-ils sûrs d'être le Bien ? Le Mal ne vaut-il pas mieux que son camp ?
    En rencontrant Maria, ses questionnements seront plus présents, il doutera de plus en plus, mais peut-il tout arrêter pour vivre sa vie avec une innocente, non mêlée à cette guerre ? 

   J'ai apprécié le personnage de Joe qui remet en cause assez rapidement le système qui l'a endoctriné. Il est doué dans son domaine - tuer des gens, chacun son domaine de compétence... - et semble faire partie de l'élite des soldats de son camp. Il est calme, réservé, froid et distant mais "c'est pour le travail". Après sa rencontre avec la douce et raisonnable Maria, il devient plus humain et plus chaleureux et les choses se bousculent vite.

    L'ambiance est pesante et glaçante, et c'est un point fort du roman. On doute de tous les personnages, on est sur le qui-vive, on tressaille lors des combats ou lorsque Joe passe à l'action lors d'une mission. Ce n'est généralement pas mon genre mais j'ai beaucoup aimé suivre Joe dans ses différentes missions, même si l'issue est assez... sanglante. Le livre est un vrai thriller : on frissonne, on reste tendus presque tout le long.
    Ce qui reste dommage, c'est qu'on ne sait pas pourquoi Joe fait ça. Enfin si, il dit qu'il tue les gens parce qu'ils sont "le Mal", mais sur quels critères ? J'ai beaucoup ralenti ma lecture au départ parce que je ne connaissais pas les tenants et les aboutissants de cette guerre et que je ne voyais pas trop l'intérêt. Pour moi, Joe tuait des gens gratuitement, parce qu'un homme le lui avait demandé par téléphone. C'est très mystérieux et finalement, j'ai eu du mal à adhérer au point de vue de Joe et ses collègues. 

    Je ne saurais pas dire si j'ai finalement apprécié ma lecture : le personnage de Joe, son aventure avec Maria et les missions sous tensions sont trois points qui m'ont convaincues de terminer cette lecture mais je dois avouer que j'ai eu du mal. Il n'y a aucun moment de flottement mais j'ai eu l'impression de connaître la suite des évènements à chaque fois. 
    En réalité, l'histoire est racontée par Joe, qui livre sa vie à Maria via un journal. Au tout début du livre, il lui adresse un mot et ce mot... spoile en fait la fin du livre. J'ai trouvé ça dommage. Arrivée au milieu du roman, j'ai compris que ce mot en disait plus que ce que je pensais, et à partir de là, la tension était là mais j'étais beaucoup moins surprise. Ça refroidit un peu. 

    Le livre est en réalité une trilogie mais à ce jour, les deux derniers tomes n'ont pas été traduits en français. C'est bien dommage parce que je pense que pour une intrigue comme celle-ci, il faudrait lire la trilogie en entier avant de sortir un avis final, comme avec la trilogie Contes des Royaumes.


Chapitre 5, page 68 :
"- Je ne sais pas. Tu crois vraiment qu'ils sont mauvais ?
- Eh bien, c'est soit c'est eux, soit c'est nous, répondit Jared en fixant les vagues du regard.
J'étais écœuré d'entendre cela à tout bout de champ, Maria. Ecoeuré qu'on me dise que c'était eux ou nous. Qu'il fallait tué ou être tué. Déjà, à l'époque, avant qu'on se connaisse, toi et moi, cela ne tenait plus debout. Mais ce n'était pas ce que disait Jared. Ce qu'il affirmait, il fallait que j'y croie.
- Alors c'est tout ? C'est ça ton but dans la vie ? Eux ou nous ? Le premier à tuer est le dernier à mourir ? Je n'arrive pas à voir en quoi ça donne du sens à ta vie."

Lu dans le cadre du 
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samedi 7 janvier 2017

The book of Ivy, tome 1

Titre : The book of Ivy, tome 1
Titre original : The book of Ivy, book 1
Auteur : Amy Engel
Traduction : Anaïs Goacolou
Édition : Pocket Jeunesse
Parution : 2016
Nombre de pages : 304
Synopsis : Je m'appelle Ivy Westfall, et je n'ai qu'une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu'on me destine, Bishop, le fils du président. Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche...





Avis :
    Je me suis procurée ce début de saga en format poche il y a peu, mais environ 10 ans après tout le monde. J'étais très contente de me le procurer et j'étais quasiment certaine qu'il allait me plaire.

    Ivy est la descendante d'un des fondateurs des nouveaux États-Unis. et pour maintenir la paix et faire croire à une cordiale entente, elle doit se marier au fils de l'autre fondateur, maintenant Président de leur nouveau pays. Sa famille, toujours en colère de ne pas avoir pu imposer leurs règles et leurs lois qu'ils jugent meilleures, la pousse à épouser Bishop... pour le tuer. Son plan se divise en plusieurs missions, dont elle doit faire le rapport à sa famille, de l'autre côté, sans jamais faillir.

    J'ai énormément apprécié ce livre : le personnage d'Ivy m'a convaincu, le personnage de Bishop est parfait, et l'intrigue politico-historique créée de toutes pièces tient la route. Enfin, ça tient la route... c'est un retour en arrière de plus de 100 ans niveau normes et valeurs, tout ça pour maintenir une relation de force-soumission mais ça tient la route. Je m'explique : il y avait deux fondateurs à l'origine, le grand-père d'Ivy et le grand-père de Bishop. Le grand-père de Bishop gagne les élections - me semble-t-il - et ainsi, pour maintenir une mixité dans les rangs, les filles des vaincus épousent les fils des vainqueurs et les filles des vainqueurs épousent les fils des vaincus. Vaincus qui sont les plus pauvres hein, parce que sinon c'est moins drôle côté soumission à l'autorité. Et c'est là que dès le départ j'ai pas compris. Y'avait que ça comme solution pour maintenir une mixité sociale ? C'est un peu régressif ? Des milliers d'années d'évolution des mentalités pour en arriver là. Bravo les nouveaux américains !

    Enfin bref, Ivy est la descendante d'un perdant et doit épouser le fils d'un "gagnant" et le descendant direct, s'il-vous-plait. Sauf que le nouveau mari, ben il est adorable. Il est gentil, il est patient, il est beau - oui bon ça elle le savait - mais avouez que c'est déjà difficile d'assassiner quelqu'un, mais si en plus il est super comme ça ?

    Ce livre est pas mal parce qu'au travers d'Ivy, on comprend que tout n'est pas blanc, tout n'est pas noir, comme elle croyait savoir. Le fils du méchant a quelque chose de blanc en lui et révèle les côtés noirs de la propre famille d'Ivy. Les deux protagonistes font preuve d'une grande ouverture d'esprit et ensemble,  ils tentent de chercher pourquoi un tel conflit, et pourquoi ne peuvent-ils pas être libres ? Bien qu'il semble que Bishop ait une longueur d'avance puisque Ivy se contente d'abord de suivre les conseils de sa famille, de façon malhabile.
    On suit la plupart du temps le quotidien du nouveau "couple", et au début c'est un peu longuet parce qu'Ivy, en l'absence de son mari qu'elle doit tuer, n'a rien à faire. Embêtant. Heureusement, ce que j'ai trouvé de bien dans ce livre, c'est que la protagoniste évolue, elle prend conscience des choses, n'hésite plus à donner son opinion. Ça fait pas trop rebelle, mais en même temps, ça fait pas pantin.

    Je sais ce que la plupart des gens peuvent penser : c'est écrit, ce qu'il va se passer, comme dans toutes les romances jeunesse, ces love-hate, ces mariages forcés... En tout cas, c'est ce que j'ai pensé, avec mon envie d'avoir une histoire fleur bleue. Mais c'est aussi sur ce point que le livre m'a surprise :  la fin est imprévisible et ça reste encore une bonne préparation au second tome. J'ai bien envie de lire la suite, qui a l'air de porter un peu plus sur le contexte politique que l'histoire d'Ivy et Bishop. Je me demande ce que cela peut donner, alors rendez-vous en 2017 !

Chapitre 2, page 40 :
"J'ai l'étrange impression qu'il ne s'en prendra pas à moi... et j'ignore ce que j'en pense, d'un seul coup. Ma mission serait sans doute plus facile à accomplir s'il m'avait fait du mal." 

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mercredi 29 juin 2016

La présidente

Titre : La Présidente
Auteurs : François Dupraire et Farid Boudjellal
Édition : Les Arènes
Parution : 2015
Nombre de pages : 158
Synopsis : Et si le 7 mai 2017, d'une poignée de voix, Marine Le Pen était élue Présidente de la République ?
C'est l'effervescence sur les plateaux télé. Éditorialistes, politologues, politiciens se succèdent, incrédules, pour relater les neuf premiers mois de ce mandat inédit.
Une plongée dans ce futur incertain et chaotique.








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Avis :
    J'avais entendu parler de cette bande-dessinée "futuriste" sur plusieurs plateaux télé et je vous avoue que cet objet a titillé ma curiosité. Ce livre s'ouvre sur un sujet qui est épineux : la politique, et plus particulièrement la politique française d'extrême-droite. C'est pour cela que je vais essayer de le chroniquer de la façon la plus neutre possible - "votre mission si vous l'acceptez...".

    On commence l'histoire le 7 mai 2017, jour du dernier tour de l'élection Présidentielle en France. Les auteurs imaginent que le second tour opposera François Hollande et... Marine Le Pen. Et Marine Le Pen est élue Présidente. Actuellement, cette idée fait frissonner une partie des Français quand elle en enthousiasme d'autres. Le livre traite ensuite des 9 premiers mois de cette Présidence - du côté Le Pen, comme du côté "civil". On assiste aux premières décisions de la nouvelle Présidente et à ses premières confrontations avec le peuple. Pour le côté "civil", on retrouve 4 habitants du quartier de Belleville, complètement de gauche : deux jeunes frères, une grand-mère ancienne résistante et une jeune femme sans papiers. Quand une décision est prise ou un évènement surgit dans le mandat de Marine Le Pen, on a accès à ce qu'il se passe autant en coulisses que devant la télé de nos chers civils.

    La bande-dessinée traite de ce sujet de la façon la plus réaliste possible : les auteurs se basent sur des vrais propositions issus du programme du Front National, sur des vraies "anecdotes" passées - l'état d'urgence et les moments où il a été nécessaire, la surveillance numérique - et c'est assez effrayant de constater qu'ils ont raison, que ces choses là se sont réellement passées, dans des contextes assez proches de celui que l'on a actuellement. 
    Je ne vais pas vous dévoiler quelles mesures sont mises en place sous la présidence de Le Pen - toujours selon les auteurs - parce que ça casserait l'envie de le lire : toute l'envie de lire la bande-dessinée repose sur la question "Mais que ce serait-il passé si... et si... et si... ?". Donc c'est inutile - voire même méchant de ma part - que je dévoile ne serait-ce qu'une action de la nouvelle supposée présidente.

     Selon moi, certains évènements du livre qui sont évoqués arriveront sans doute après une élection de Marine Le Pen, mais j'ai trouvé qu'en l'intervalle de 9 mois, cela faisait juste. Qu'un conflit entre les partis arrive, pas de soucis, que des grèves se déclenchent, pas impossible mais tout cela est bien trop rapide. Après je ne suis pas experte en (géo)politique et j'espère que vous ne vous n'allez pas vous fier à mon avis. Je parle juste de la rapidité des évènements - peu importe leur nature. 
    Je note au passage que j'ai hésité entre rire ou pleurer à certains moments : certaines choses sont totalement prévisibles - allez... un indice "étrangers sur le sol français" - quand d'autres, je n'y aurais même pas pensé, mais finalement, j'ai ris jaune face à l'évidence - un autre indice "retournement de veste des politiques de droite".

    Le parallèle fait entre la politique de Le Pen et le groupe de gauche est aussi intéressant à suivre. La famille que l'on suit durant les 9 mois de présidence n'est pas représentatif du peuple français : ils sont totalement opposés, mettent un blog en ligne nommé "Résistance" et n'ont de cesse de prendre des risques. Ce n'est pas que je n'ai pas aimé les suivre - au contraire - mais j'aurais voulu aussi voir les réactions de personnes neutres voire approuvant les idées - et peut-être ainsi observer un retournement de veste en bonne et due forme suite aux premiers échecs de la nouvelle politique. Après je ne vais pas en demander trop aux auteurs... mais j'ai l'imagination qui frétille.

    C'est une bande-dessinée, parlons alors en quelques lignes des dessins : c'est aussi eux qui rendent l'histoire probable et réaliste. Les portraits sont réussis, que ce soit les politiques, personnalités ou journalistes et j'ai vraiment eu la vague impression de lire à travers un écran de télévision. Bon, petit sourire tout de même quand j'ai vu la tête un peu embellie de Robert Ménard, vous êtes sympas.

Finalement, je suis désolée, après relecture, je n'ai pas été si neutre. Mais je suppose que n'importe qui aurait été effrayé de lire de telles choses, et j'espère que sur certains points, les auteurs se trompent - certainement qu'ils doivent se tromper, même. Cette bande-dessinée est choquante dans le sens où effectivement, personne ne s'attend à ce que cette politique mette la France dans une telle situation. Mais force est de constater que tout ce qui est évoqué peut arriver, avec ces idées-là.
    Et puis si vous ne l'avez pas eu sous la main vous pouvez encore la lire, on est pas en 2017. Et mieux, on est pas encore le 7 mai 2017. Et puis même, vous pourrez encore la lire, cette date passée, pour comparer la fiction et la réalité peut-être ? Ils ont raison, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas...

Cliquez sur l'image pour voir en plus grand
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lundi 20 juin 2016

Le secret de l'inventeur, tome 1 - Rébellion

Titre : Le secret de l'inventeur, tome 1 - Rébellion
Titre original : Inventor's Secret, book 1
Auteur : Andréa Cremer
Traduction : Mathilde Bouhon
Édition : Lumen
Parution : 2015
Nombre de pages : 407
Synopsis : Imaginez un monde où l'Empire britannique aurait écrasé la rébellion qui a donné naissance aux États-Unis d'Amérique...
Dans ce XIXe siècle alternatif, Charlotte, seize ans, vit loin de ses parents, descendants des révolutionnaires américains, qui continuent la lutte contre les sous-marins et les machines volantes de Britannia. Entourée d'autres enfants de la rébellion, elle habite dans un réseau de grottes souterraines non loin de la Cité Flottante de New-York, où les artisans de la Ruche et les ouvriers de la Grande Fonderie côtoient l'aristocratie des vainqueurs. Un matin, elle croise dans la forêt un garçon amnésique, poursuivi par les machines de l'Empire, et lui sauve la vie. 
Mais quand elle le ramène dans les Catacombes, auprès de ses compagnons de lutte, l'équilibre de son existence est bouleversé : parmi ses camarades, tous ne sont pas ce qu'ils prétendent être, et l'existence de ce mystérieux garçon fait peser sur la rébellion une terrible menace... Charlotte est contrainte de quitter son refuge pour partir explorer le vaste monde.



Avis :
    Alors que toute la blogosphère livresque l'a déjà lu ou l'a en sa possession, je viens à peine de le finir. C'est avec une certaine appréhension que j'ai commencé ma lecture. D'une part parce que c'était la première fois que je lisais un livre du thème steampunk - j'adore ce mot ! - et d'autre part, il avait tellement de bonnes critiques que je me devais d'apprécier autant, sinon ça serait un horrible ascenseur émotif pour moi. Heureusement, il n'en est rien !
    
    Alors que Charlotte est en mission à l'extérieur de ses catacombes, elle trouve sur son chemin un jeune garçon amnésique qu'elle sauve d'une mort certaine. Elle le ramène dans les Catacombes et il n'est pas bien accueilli par les autres membres de sa troupe de Résistance. Ils ne savent pas d'où il vient et en plus, il risque d'amener le danger au sein de l'abri. Cette partie dans les Catacombes ne dure pas bien longtemps et c'est bien dommage parce que j'adore l'absence de lumières. Les plus influents  des Catacombes - et ceux avec le plus de personnalité - partent de façon un peu brouillée et avec précipitation vers la Cité Flottante pour concrétiser leurs projets. 
    Le premier point positif de ce livre, c'est l'ambiance. Quand je dis "ambiance" je pense environnement, décors et personnages. J'ai adoré la partie Catacombes parce que j'imaginais parfaitement comment vivaient les enfants au sein de la Terre, sous les cliquetis métalliques et dans des teintes de bronze et d'obscurité. J'ai eu plus de mal à me représenter la Cité Flottante et la Ruche mais c'est certainement parce que j'étais prise dans l'intrigue. J'ai adoré aussi la façon qu'avait l'auteur de décrire les habits/costumes des personnages. Le personnage principal, Charlotte, semblait très bien vêtue - faut penser à chercher quelques fanarts s'il en existe. 

    Les personnages aussi jouent sur le fait que j'ai apprécié ma lecture. C'est un des seuls livres où j'ai bien aimé l'héroïne - danse de la joie - et j'espère que ça durera. Cependant, j'ai préféré les personnages de "Grave" - le jeune amnésique - et le personnage de Jack. Ils sont aux antipodes l'un de l'autre. Grave est doux, attentionné, et juste incroyablement paumé. Son innocence m'a plu. Jack est totalement l'opposé : il se trouve être parfois désagréable avec Charlotte et il est sûr de lui, mais son charisme m'a plu. Les deux personnages ont une histoire toute particulière qui apporte un certain entrain à l'intrigue. 

    L'intrigue, parlons-en. En gros - si vous voulez éviter de vous farcir ce synopsis qui embrouille plus qu'autre chose - c'est qu'après avoir trouvé Grave, Charlotte, son frère - qui est le chef ohlala ! - Jack et Meg partent pour la Cité Flottante où en tant que Résistants, ils ne sont pas les bienvenus. Un jeu de rôle se met en place jusqu'à ce que le frère de Charlotte et Jack arrivent à leur objectif premier. Que je ne révélerai pas. C'est plus court que le synopsis et j'espère que c'est plus clair. Mais sorti de ça, entre le temps où ils décollent de leur cave et la fin du livre c'est un peu longuet parfois. Alors heureusement que les histoires de Grave et Jack font irruption parce que sinon je pense que je me serais ennuyée comme au cinéma devant un film serbe sous-titré en hongrois. Je dirais même que ces deux sous-intrigues m'ont plus intéressé que l'intrigue de base mais ça ce n'est peut-être pas l'avis de tout le monde, alors laissez tomber. Les relations qu'entretient Charlotte avec les autres personnages sont très complexes et je ne vous conseille pas de sauter quelques pages "pour aller plus vite" parce que déjà vous seriez perdu et des indices sont dispersés un peu partout. Un love-hate est assez bien amené - je ne préciserais pas entre qui et qui, méfiez-vous - et si vous êtes adeptes du genre, foncez. Bon, après ne surlignez pas si vous ne voulez pas de spoiler : je me demande si dans ce love-hate il était NÉCESSAIRE d'introduire un TRIANGLE AMOUREUX. Je pense que ça gâche tout, et comme à toutes les fois, je me doute de qui sera choisi... Parfois l'histoire se concentre sur des aspects de l'histoire que j'ai moyennement apprécié : par exemple, la divination ou la religion. C'était peut-être un peu la touche de trop. C'est déjà assez mystérieux pour moi sans en rajouter une touche de mystique. 

    Je recommande volontiers ce livre. C'est original - en tout cas moi je suis novice dans ces ambiances steampunk hein... - et puis l'histoire est riche et intéressante. Les personnages sont travaillés et attachants, l'auteure semble leur accorder beaucoup d'importance, même aux plus insignifiants. Niveau richesse de l'histoire et des personnages j'ai pensé un moment que cela s'apparentait à Harry Potter. Ça ne copie pas tellement les histoires déjà célèbres chez les young-adult, cela permet à l'auteure d'innover et nous de nous régaler d'une nouvelle histoire toute neuve. 


Chapitre 3, pages 46-47 :
"Le lendemain matin, Jack l'avait prise au dépourvu en se présentant à sa porte avec un gage de réconciliation : des replis de son long manteau de cuir, il avait sorti une boîte en acier carré au couvercle orné de vignes de fleurs. Lorsque, décontenancée, elle s'était laissé convaincre d'ouvrir e coffret, elle en était restée bouche-bée : une petite musique obsédante égrenait ses notes tintinnabulantes tandis qu'un minuscule jardin de feuilles, d'herbes et de fleurs métalliques commençaient à croître sous ses yeux. Les plantes se rétractaient ensuite à la fermeture du couvercle, pour mieux repousser la fois suivante. 
A en croire Jack, cette mélodie s'intitulait La Sonate au Clair de Lune. C'était l’œuvre d'un compositeur allemand nommé Bethoveen."

Autres tomes :
2 - 3

7/12
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vendredi 13 novembre 2015

Divergente, tome 1

Titre : Divergente, tome 1
Titre original : Divergent, book 1
Auteur : Veronica Roth
Traduction : Anne Delcourt
Édition : Nathan (Grand format)
Parution : 2014
Nombre de pages : 448
Synopsis : Dans le Chicago dystopique de Béatrice, la société est divisée en cinq faction, chacune dédiée à la culture d'une vertu : les Sincères, les Altruistes, les Audacieux, les Fraternels et les Érudits. Sur un jour désigné de chaque année, tous les adolescents âgés de 16 ans doivent choisir la faction à laquelle il consacreront le reste de leur vie. Pour Béatrice, la décision est entre rester avec sa famille et être qui elle est, les deux sont incompatibles. Alors elle fait un choix qui surprend tout le monde, y comprit elle-même.
Mais Tris a aussi un secret, celui qu'elle a caché à tout le monde parce qu'elle a été avertie qu'il peut signifier la mort. Et comme elle découvre un conflit croissant qui menace de percer cette société en apparence parfaite, elle apprend aussi que son secret pourrait l'aider à sauver ceux qu'elle aime... ou pourrait la détruire.



Avis :
    Si vous suivez le blog depuis quelques semaines - voire quelques mois - vous pouvez voir que je rattrape petit à petit les sagas que j'ai ignoré il y a quelques années. Cette fois-ci, c'est Divergente.


    On tombe alors dans un monde post-apocalyptique où la société est divisée en factions, qui représentent des qualités précises. On découvre Béatrice - une Altruiste - qui s'apprête à passer le test pour savoir pour quelle faction elle est destinée. Il y a un problème avec son test : elle est Divergente parce qu'elle ne correspond pas précisément à une faction. Elle peut donc choisir d'être Divergente - mais aller à une mort certaine - ou choisir une des factions qui lui correspond : à savoir soit les Altruistes, soit les Audacieux. En choisissant les Altruistes, elle reste avec sa famille - l'honneur est sauf ! - mais elle n'est pas elle-même, ou alors elle choisi les Audacieux, et devient elle-même, délaissant sa famille.

    Alors que je me doutais bien qu'il allait y avoir des problèmes concernant le système de faction, j'ai beaucoup aimé le fait que la société soit divisée en fonction des types de personnalité. C'est très réducteur - comme si être érudit vous empêchait d'être tout autant altruiste - mais de toutes les dystopies que j'ai lu pour l'instant, ça a le mérite de sortir du lot. Béatrice - Tris ! - devient alors une Audacieuse, et pour elle qui voulait changer de mode de vie, c'est gagné ! Comme tous les nouveaux novices de chaque faction, elle doit effectuer des tests d'évaluation qui lui permettront d'être réellement considérée comme une vraie Audacieuse.

    C'est aussi un moment que j'ai adoré - ça représente les trois quart du livre - on suit les nouveaux Audacieux dans leur formation : c'est laborieux, c'est vicieux, c'est immoral, mais qu'est-ce que c'est bien ! C'est au début que j'ai eu un peu de mal avec Tris - je la croyais un peu faiblarde, et pas à sa place - et où les autres personnages m'ont beaucoup plu : Quatre, Christina, Will, et même Peter. Que ce soit les amis ou les ennemis de Tris, j'ai aimé suivre les évolutions de chacun dans la diversité des exercices. L'évolution de Tris est lente mais je n'aurais pas supporté que ce soit l'exclue qui arrive à tout dès le départ - vous savez... ce genre d'héroïne qui n'arrive à rien en général mais que là, ça va, elle devient la plus forte ! Tris n'est pas super douée mais ça rajoute un peu de réalisme à l'intrigue. 
    Parallèlement aux exercices, des amitiés se nouent, des rivalités se créent, et même hors de la faction, les choses changent : une façon pour l'auteur de placer la suite de l'intrigue je suppose. Le côté dystopique ne ressort qu'au début du livre et quand on entend parler de ce qui se passe à l'extérieur : sinon on est concentrés, enfermés, dans l'horreur et le courage de la faction des Audacieux.

    C'est globalement une très bonne introduction au monde qu'à crée Veronica Roth, elle y pose les bases, les personnages - déjà des chouchous - et une ambiance un peu glauque. J'en redemande, personnellement. Outre le fait que Tris ait baissé dans mon estime à son entrée chez les Audacieux, c'est la fin qui m'a paru un peu rapide : certains moments dans le livre - qui ne sont pas très importants - durent plus qu'ils ne devraient mais la fin passe à une vitesse folle. C'est une sorte de préparation au second tome, mais c'est surtout très sadique.


Chapitre 6, page 60 :
"Il a une voix grave quand il parle.
- Comment tu t'appelles ? 
- Heu...
Je ne sais pas pourquoi j'hésite. Mais "Béatrice" ne me parait plus approprié.
- Réfléchis, ajoute-t-il avec un demi-sourire qui lui retrousse les lèvres. Après tu ne pourras plus changer.
Un nouvel endroit ; un nouveau nom. Ici je peux devenir quelqu'un d'autre.
- Tris, déclaré-je d'un ton ferme.
- Tris, répète Lauren. Fais l'annonce, Quatre ! 
Le garçon - Quatre - se retourne pour lancer : 
- Premier saut : Tris !"

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10/12 

20/18

samedi 24 octobre 2015

Hunger Games, tome 3 : La révolte

Titre : Hunger Games - La révolte
Titre original : Mockingjay
Auteur : Suzanne Collins
Traduction : Guillaume Fournier
Édition : Pocket (Jeunesse)
Parution : 2011
Nombre de pages : 416
Synopsis : Contre toute attente, Katniss a survécu une seconde fois aux Hunger Games. Mais le Capitole crie vengeance. Katniss doit payer les humiliations qu'elle lui a fait subir. Et le président Snow a été très clair : Katniss n'est pas la seule à risquer sa vie. Sa famille, ses ami et tous les anciens habitants du district Douze sont visés par la colère sanglante du pouvoir. Pour sauver les siens, Katniss doit redevenir le geai moqueur, le symbole de la rébellion. Quel que soit le prix à payer.



Ce livre est le dernier tome de la Saga Hunger Games
/!\ Risques de Spoiler

Avis :
    Enfin ! C'est une trilogie que j'ai mis du temps à commencer, et à finir ! C'est maintenant chose faite. Je comprends tout à fait que cette saga ait plu. C'est une histoire sombre, haletante et pleine de rebondissements.

    Chaque livre de cette trilogie amène de nouveaux personnages qui sont tous aussi travaillés que les précédents. On est au coeur de la résistance, dans le district Treize, véritable quartier souterrain préparé à toutes les attaques. La tension était très forte dans ce dernier roman : le roue est en train de tourner pour le Capitole, mais il n'a pas dit son dernier mot, il détient toujours Peeta, seule personne qui peut encore influencer Katniss sur les choix cruciaux qu'elle fera.
    Katniss fait donc partie de la résistance, mais étant encore utilisée comme un objet, elle a du mal à rester passive face à l'horreur qu'elle côtoie lors de ses missions de propagande. Elle passe la moitié du roman à s’inquiéter pour Peeta... et à fricoter avec Gale. Vous l'aurez compris, le triangle amoureux continue, rendant Katniss encore plus indécise que jamais. Personnellement, j'ai un coup de coeur pour le couple Katniss-Peeta, mais [je ne  comprends pas sa motivation soudaine à repousser Gale. Effectivement, c'est à cause de lui qu'il est arrivé une tragédie, mais ce n'est pas entièrement de sa faute. Elle avait peut-être de la pitié pour Peeta, mais j'ai trouvé sa réaction un peu exagérée face à Gale]. J'ai quand même un peu moins aimé la romance qui s'offrait à nous, peut-être que Katniss était trop girouette. 

    Les combats sont plus présents dans ce tome, il y a des choses violentes qui sont décrites mais on sent bien que les choses s'aggravent, que les choses sont sur le point de changer. Dans les trois romans on retrouve cette sombre ambiance, ces troubles qui s'emparent des personnages, à tel point qu'on sait que rien ne sera comme avant pour eux. Tout devient une question de stratégie : Katniss n'a plus le droit à l'erreur, chacun de ses gestes est contrôlé, les paroles filmées sont très précisément choisies. C'est une guerre de communication, à qui arrivera à rallier le plus de monde à sa cause. Il y a un suspens insoutenable, mais qui m'a laissé un peu sur ma fin, vu la précipitation des évènements de la fin.

    Pour conclure, c'est une très bonne trilogie, bien que je n'ai pas accroché avec Katniss, qui me paraît trop sur les nerfs et trop girouette - mais sans doute peut-on lui trouver des éléments justifiants son comportement - et heureusement que l'histoire qu'à crée Suzanne Collins rattrape ceci. C'est peut-être une des meilleures saga post-apocalyptique bien qu'un peu extrême. Il y a sans doute un côté sadique qui fascine le lecteur, mais qui cherche aussi à l'émouvoir, c'est ce qui se passe pour moi. On a du mal à s'imaginer à la place des personnages tant ce qui leur arrive est horrible, et ce dans chacun des livres. Il existe bien des moments de répit où le lecteur - comme les moments simples de la vie que partagent Katniss et Peeta ou dans le district Treize - ce qui nous permet d'entrevoir un peu l'espoir. A tous ceux qui sont passés à côté du premier tome sans jamais l'ouvrir : Puisse le sort vous être favorable !

Chapitre 1, page 17 :
"Hier après-midi, alors que la porte se refermait derrière moi, j'ai entendu Coin crier :
- Je vous avais dit que nous aurions dû récupérer le garçon en priorité.
Elle parlait de Peeta. Je suis bien de son avis. Il aurait fait un porte-parole idéal.
Et qui a-t-on arraché à l'arène à sa place ? Moi, qui refuse de coopérer."

18/18

Autres tomes :
1 - 2

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jeudi 3 septembre 2015

Hunger Games, tome 2 : L'embrasement

Titre : Hunger Games - L'embrasement
Titre original : Catching Fire
Auteur : Suzanne Collins
Traduction : Guillaume Fournier
Édition : Pocket (Jeunesse)
Parution : 2010
Nombre de pages : 399
Synopsis : Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatient de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire. Mais pour Katniss, il s'agit d'une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d'une rébellion qui pourrait bien embraser Panem. Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le Président Snow n'hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. A l'aube des Jeux de l'Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss...



Ce livre est le deuxième tome de la saga Hunger Games
/!\ Risques de spoiler
Avis :
    J'ai mis un certain temps à me replonger dans l'univers qu'avait crée Suzanne Collins, pour la simple raison que j'avais tellement aimé le premier tome, que j'avais un peu peur d'être déçue - et aussi peur de voir les personnages que j'affectionne tomber de façon sanglante.

    L'ambiance dans le district Douze, quand on s'y replonge, est assez calme : Katniss et Peeta profite de leurs nouvelles maisons avec leurs familles, et essayent tant bien que mal d'aider les habitants du district à combler leur faim. Ce n'est pas glorieux mais quand on sait que l'ambiance dans le premier tome était atroce, on se réjouit d'un rien. Outre l'hiver qui plonge Panem dans un froid glacial, la relation entre Katniss et Peeta est aussi très froide. Notre héros avait découvert les manigances de Katniss pour les sortir de là, et avait compris qu'il n'y avait pas de réels sentiments de sa part jusqu'alors. Cependant, il n'y a pas de temps pour les remontrances, car Katniss et Peeta doivent encore faire semblant de s'aimer pendant la Tournée, pour convaincre les autres districts que cet acte avec les baies n'étaient pas un acte de rébellion mais un sacrifice amoureux. Les relations avec le Capitole sont donc très tendues, et cela complique les relations de Katniss avec Peeta, mais aussi Gale, son ami de toujours.

    On retrouve assez rapidement l'ambiance de Panem qui souffre à travers le district Douze, mais en plus, voit aussi souffrir dans les autres districts que vont visiter les deux survivants. J'aurais pensé que cette partie de la Tournée, allait durer un peu plus longtemps dans le livre, étant donné que Katniss doit se montrer convaincante dans tous, on les visite à peine, en tant que lecteurs. J'ai trouvé cela dommage dans le sens où on nous en parle pendant quelques chapitres au début, et que c'est évoqué sur seulement quelques pages. Le seul moment intéressant de la Tournée étant ce moment de pseudo-soulèvement dans le district de Rue. Il y a bien quelques situations où Katniss est en danger, ou en tout cas menacée, mais cela se confirme quand elle est remise face à des situations de survie. C'est-à-dire presque au trois quart du livre. Ce n'est pas que je me suis ennuyée pendant les trois quart du livre, mais j'aurais aimé plus de détails des autres districts, plutôt que de me concentrer sur les sentiments de Katniss envers Gale et Peeta. 
    Ça aussi, parlons-en : Katniss passe son temps à changer d'avis concernant ses sentiments envers Peeta et Gale. Un coup, elle n'aime pas Peeta mais deux pages plus tard, comment ne pas l'apprécier. Elle aime aussi Gale, mais elle ne peut pas "lui faire ça" donc renonce à l'aimer. Et si ses tergiversations ne suffisaient pas, elle fait du mal à l'un et à l'autre. J'ai bien mon favori parmi les deux mais j'ai réellement trouvé ça lourd de la voir hésiter toutes les deux pages. Katniss baisse un peu dans mon estime, donc.

    Après, n'allez pas croire que je n'ai pas aimé du tout ma lecture : c'était très addictif, et j'ai eu du mal à le lâcher pour passer à autre chose dans la journée. Cependant, l'action n'arrive vraiment que quand Katniss est recrutée avec Peeta pour les Jeux de l'Expiation, alors qu'il manque une centaine de pages avant la fin. 
     J'ai très envie aussi de lire la suite La Révolte, en espérant une vraie action, avec des vrais actes de rébellion et une romance qui s'éclaircira. Enfin. 


Chapitre 4, page 68 :
"Je reste là, muette et toute petite, sous le poids de ces milliers de regards. Il y a un long silence. Puis, dans la foule, quelqu'un commence à siffler la petite mélodie à quatre note de Rue. Celle qui annonce la fin d'une journée de travail dans les vergers. Notre signal de reconnaissance dans l'arène. Je repère le siffleur, un vieillard tout ratatiné en chemise et salopette rouges. Nos regards se croisent.
La suite n'est pas un accident. Elle est bien trop exécutée pour être spontanée. A l'unisson, toutes les personnes présentes pressent contre leurs lèvres trois doigts de la main gauche, avant de les tendre vers moi. Le vieux signal du district Douze, le dernier adieu que j'ai adressé à Rue dans l'arène"

Autres tomes :
1 - 3

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