mardi 12 mars 2019

Daringham Hall, tome 1 - L'héritier

Titre : Daringham Hall - L'héritier
Auteur : Kathryn Taylor
Traduction : Jean-Marie Argelès
Édition : Archipoche
Parution : 2017
Nombre de pages : 336
Synopsis : Jeune vétérinaire, Kate se rend fréquemment chez les Camden, propriétaires de Daringham Hall, un manoir cossu situé dans la campane anglaise. Sur place, Ralph, le patriarche du clan est sens dessus dessous : il a reçu un pli d'avocat lui notifiant que Ben Sterling, un entrepreneur américain qui a fait fortune dans les nouvelles technologies, serait son fils. Au sein de la famille, cette lettre fait l'effet d'un coup de tonnerre. Ben a clairement l'intention de venger sa mère, de réclamer sa part d'héritage et de s'approprier le titre de baronnet, qui échoit à l'aîné des héritiers. Mais, le jour où Ben décide de se rendre sur place pour affronter les Camden, il est victime d'une double agression, qui le laisse amnésique. Kate lui vient alors en aide...


Avis :
     Parlons un peu romance contemporaine sur ce blog, voulez-vous ? On part sur le premier tome d'une trilogie écrite par Kathryn Taylor. J'ai été attirée par cette histoire parce que le personnage central de l'intrigue devient amnésique pile au pire moment. Juste quand il s'apprête à détruire une famille entière, dis donc ! Et puis aussi pour la romance qui en découle, bien sûr. Mais finalement, qu'est-ce que ça donne ?


    Ben Sterling est un riche entrepreneur qui se dirige vers Daringham Hall pour obtenir ce lui lui revient de droit : le titre de baronnet et une coquette somme d'argent. Il est tout à fait conscient que sa demande apportera des ennuis à toute la famille et entreprend d'ailleurs ce voyage uniquement pour venger sa mère et enquiquiner la famille Camden. Puis, quelque chose que l'on appelle le karma se présente à lui : il est victime d'une agression - somme toute assez bizarre mais passons - et ne se souviens plus de rien. Il ne se souvient plus de ce qu'il fait là, et surtout, il ne se souvient plus de qui il est. C'est fâcheux, mais heureusement il est recueilli par Kate, la vétérinaire, qui voit sûrement en lui un étalon blessé. 


     Commençons par les personnages, voulez-vous ? Ben est au départ une sorte de cliché au masculin. Mais si, vous savez, le mâle qui a réussi et à qui tout sourit. Ce monsieur qui veut prouver aux gens qu'il a réussi, certainement pour compenser l'absence d'un père et d'une mère qui ne sont même pas là pour voir ça ? Bref, voilà. J'ai bien cru que j'allais pas accrocher, mais heureusement, il devient amnésique. Gros trauma crânien et paff, il devient gentil et doux comme un agneau, très empathique et serviable par dessus le marché
Kate a été mon personnage préféré lors de cette lecture : elle est douce, naturellement serviable et aimable, un peu perdue sentimentalement mais clairement dans son élément de par son métier ou la campagne qui l'entoure. J'ai particulièrement accroché avec ce personnage parce qu'elle est vétérinaire. C'est idiot, mais je pense que ça correspond très bien à son caractère. En plus, c'est typiquement le genre de femme sexy et belle sans le faire exprès. Vous les voyez les personnages un peu clichés de la romance ? 

    Je charrie un peu ces personnages mais honnêtement, j'ai beaucoup apprécié leur alchimie. Leur relation évolue très vite - on sait même comment elle va évoluer - mais l'autrice arrive à relever la passion qui les entoure. C'est mignon et sensuel. Juste ce qu'il faut. J'ai bien aimé aussi les quelques personnages secondaires qui gravitent autour de nos deux protagonistes. Juste ce qu'il faut de leur présence. On a même une seconde mini-romance qui se profile... 


    L'histoire, c'est une romance incertaine sous fond de conflit familial. Et les conflits familiaux, tant que c'est pas dans notre famille, on aime encore bien ça. Comme l'indique la première de couverture de certaines éditions, ça rappelle vaguement Dowton Abbey. Mais une petite vague. Une vaguelette. Dans une flaque. Oui, il y a la question de l'héritage. Oui, c'est le milieu aristo... mais bon, dans ce cas-là on retrouve un côté Jane Austen dans Dowton Abbey parce que y'a une romance, et un côté Dowton Abbey dans Harry Potter parce que y'a un orphelin et un côté Harry Potter dans Daringham Hall parce que y'a un château. Ne tombez pas trop dans le piège

    Dans Dowton Abbey, y'a au moins du suspens. C'est surprenant, y'a des rebondissements. Dans Daringham Hall, y'en a pas tellement. L'histoire en elle-même n'est pas surprenante : on sait où se dirige la romance entre Ben et Kate, on sait ce que va devenir le comportement de Ben quand il recouvrira la mémoire, on connaît la réaction de la famille Camden... On ne sait pas ce qu'il va advenir de l'héritage et de la demande finale de Ben. Voilà. 
    

     Finalement, ce roman, finalement, c'est un peu comme le téléfilm que vous regardez sur M6 en début d'après-midi : c'est gentillet, c'est mignon, les personnages se cassent pas trop la tête, y'a des quiproquos, des déceptions, mais aucun suspens. Ce n'était pas une lecture déplaisante mais j'aurai aimé un peu plus de profondeur et d’originalité. Peut-être aurait-il fallu que l'intrigue se déroule dans un autre siècle, pour que j'accroche davantage ? On ne refera pas l'histoire. Je tenterai bien le tome 2 par contre, peut-être que la suite des évènements sera plus ambitieuse ?




"Elle avait à cet instant l'expression arrogante et méprisante que David ne lui connaissait que trop bien. Il aimait sa grand-mère, mais trouvait intolérable les airs qu'elle se donnait sous prétexte qu'elle avait des origines nobles. Il les trouvait déplacés et vieux jeu.
- Mais ce nom, retorqua Ralph, s'il est vraiment le fils de Jane Sterling, alors...
- Il ment, Ralph. Pourquoi vaudrait-il mieux que sa mère? Tu as déjà oublié ce qu'elle a fait ?
En entendant lady Eliza, Ralph pâlit encore plus. Il se tourna rageusement vers la fenêtre et feignit de s'intéresser à la tempête au-dehors.
- Il faut néanmoins suivre cette affaire de près, dit son frère Timothy. Ce type peut nous causer du tort, même si c'est un escroc. Nous savons que les rumeurs vont vite."


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samedi 16 février 2019

Les bulles en vrac #4



Bonjour et bienvenue dans cette 4ème édition des Bulles en Vrac. Il serait idéal que j'arrive à sortir un article de ce style par mois, étant donné tous les manga et bandes-dessinées que j'arrive à lire chaque mois. J'espère que cet article vous plaira. Enjoy !
Bulle en vrac n°1


Otaku Otaku, tomes 3 et 4 de Fujita
Édition Kana (2018-2019)
Vous n'avez pas pu passer à côté de cette série de manga, je le sais... Le couple Narumi-Hirotaka continue ne nous faire rire, ils s'apprivoisent, ils organisent même un date sans parler une seule fois de trucs geeks. Véritable exploit - atteint ou pas ? C'est de plus en plus mignon... et paff, c'est drôle tout à coup. Leur relation évolue lentement mais je crois qu'ils se plaisent l'un l'autre, de plus en plus.
Dans ce 3ème tome, on a aussi la mise en avant d'un nouveau personnage : Nao, le frère d'Hirotaka, complètement nul aux jeux vidéos, et même carrément ignare sur le sujet. Il rencontre Sakuragi, une jeune fille masculine - qu'il prend pour un garçon d'ailleurs - et qui est aussi geek que nos chers héros. Cela donne des situations très rigolotes pour ce duo.
Le quatrième tome est davantage centré sur le couple Koyanagi-Kabakura, sur leur rencontre, leur passé commun - et tumultueux - au lycée. Je ne pensais pas que ça me plairait autant - je préfère le couple Narumi-Hirotaka - mais c'était à la fois drôle et trop mignon. À l'image du manga. J'aime toujours autant ce manga, il n'est pas cliché, juste drôle, mignon, et parfaitement réaliste. Foncez !



→ Chronique des tomes 1 et 2
→ Vu aussi chez Les instants volés

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Bulle en vrac n°2


L'année du dragon - Franck de Vanyda
Édition La boite à bulle (2016)
Franck est Dragon selon l'astrologie chinoise. Loin de s'en soucier, il semble pourtant que ce soit son année. Tout porte à croire que non, pourtant. Il est au chômage, célibataire, épris de sa meilleure amie qui ne le voit pas comme tel, une famille qui se divise... En trouvant un travail d'animateur en centre aéré, il arrive à relever la tête, si seulement son Dragon derrière lui ne le contrôlait pas.
J'ai bien aimé cette BD... Le personnage de Franck est agaçant par moments, complètement immature, mais comme tous les personnages de Vanyda, on s'y attache forcément. Il rencontre Bernadette et peut-être, ce sera elle qui apprivoisera le dragon en lui, ou le mettra à terre ? J'aime le réalisme des BD de Vanyda, ce droit à l'erreur qu'elle donne à ses personnages, leur imperfections, les chemins divergents qu'ils prennent alors qu'on en voudrait un autre, bien dans les rangs. J'adore globalement tout son travail, donc je manque davantage d'objectivité à chaque nouvelle lecture. Objectivement, soyez sûrs, c'est de la qualité ! 


→ Vu aussi chez Dac ô Doc

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Bulle en vrac n°3


S'enfuir - Récit d'un otage de Guy Delisle
Édition Dargaud (2016)
Cette BD était dans ma WL depuis un moment : le récit d'un otage en 1997, gardé pendant plusieurs mois par ses ravisseurs, sans aucune idée de quand il sortira. D'abord la peur, l'angoisse, l'ennui, la lassitude, la faim, la douleur... toutes ces choses que Christophe subit dès les premiers jours. On attend avec lui, on anticipe, on est surpris, intrigué, tant de questions sans réponses qu'il faut lier à l'attente interminable d'une libération. De par ce récit, et les dessins qui l'accompagnent, on arrive à très bien se rendre compte du calvaire que subit Christophe, enlevé uniquement dans l'espoir d'obtenir assez d'argent en retour d'une libération. Quelle incroyable patience de sa part, quel courage, quelle chance de ne pas sombrer dans la folie, parce qu'il est arrivé à tenir un compte des jours qui passent. Je vous conseille grandement cette lecture - assez longue parce que + de 400 pages tout de même. 


→ Vu aussi chez Comme par enchantements





Bulle en Vrac
en +

 
Odd Girl Out de Morangg : ici
/!\  En anglais
Nari est une ancienne grosse. Après un été à maigrir, elle rentre au lycée. Elle qui a toujours été le bouche-trou, la laissée de côté, la moquée, trouve 3 bonnes amies dans son nouvel établissement.
J'ai adoré cette Webtoon. C'est une des plus tolérante que j'ai pu lire depuis un bon moment. Les 4 filles ont toutes des problématiques propres qui ont fait ce qu'elles sont aujourd'hui, elles s'entraident pour les résoudre et aller de l'avant, s'accepter telles qu'elles sont. Beaucoup de personnes se mettent en travers de leur chemin, souvent par vengeance, des personnes dites "problématiques" ou toxiques, mais elles essaient de se faire accepter ou d'avancer sans changer un brin leur façon d'être. Je conseillerai cette lecture à toutes et tous. C'est mignon, adorable et une vraie ode à la tolérance.

Luff d'Arenchan : ici
/!\ En anglais
Luff est un programme de compatibilité. Toute personne en âge de se marier doit avoir été inscrit sur Luff s'il veut réussir sa vie. On lui proposera alors les personnes célibataires les plus compatibles pour espérer un mariage florissant et une vie heureuse. L'héroïne refuse de se soumettre à ce programme, mais elle y est contrainte pour pouvoir continuer ses brillantes études. L'histoire prend une sacrée tournure quand le programme lui trouve deux hommes compatibles avec elle... à plus de 95% ! J'aime ce personnage, j'aime sa volonté, son indépendance, et son humour. J'aime les deux hommes avec lesquels elle est compatible - j'ai déjà ma petite préférence... J'ai hâte de savoir lequel elle va choisir, si elle en choisit un... et peut-être cela sonnera la fin de ce programme qui discrimine les moins offrants ? 


Je vous parle chaque fois des Webtoon dans ce genre de chronique parce que ce sont des lectures que j'adore et qui me rende accro, pour la plupart. J'aime les Webtoon parce que cela change des romances que l'on peut lire un peu partout. J'adore aussi la diversité des intrigues, la diversité des personnages - je crois n'avoir jamais trouvé autant de personnages LGBT+ ou de personnages racisés dans une histoire. Chaque Webtoon que je lis comporte des personnages divers et variés et ça fait du bien. Je ne devrais même pas avoir à le souligner mais c'est ça qu'on veut. On veut de la diversité. J'en pouvais plus des personnages originaux mais copié-collé d'autres personnages de fiction. Je vous assure que ces lectures font du bien. Surtout si vous comprenez l'anglais. J'ai un niveau d'anglais à la limite du novice mais je comprends très bien l'intrigue et les dialogues qui en découlent ! Pensez-y ! ♦ 


À la prochaine !
PS : Allez voir Ralph 2.0.

lundi 11 février 2019

Une histoire des abeilles

Titre : Une histoire des abeilles
Titre original : Bienes Historie
Auteur : Maja Lunde
Traduction : Loup-Maëlle Besançon
Édition : Les Presses de la Cité
Parution : 2017
Nombre de pages : 396
Synopsis : Angleterre, 1851. Père dépassé et époux frustré, William a remisé ses rêves de carrière scientifique. Cependant, la découverte de l'apiculture réveille son orgueil déchu : pour impressionner son fils, il se jure de concevoir une ruche révolutionnaire.
Ohio, 2007. George, apiculteur bourru, ne se remet pas de la nouvelle : son unique fils, converti au végétarisme, rêve de devenir écrivain. Qui va donc reprendre les rênes d'une exploitation menacée par l’inquiétante disparition des abeilles ?
Chine, 2098. Les insectes ont disparu. Comme tous ses compatriotes, Tao passe ses journées à polliniser la nature à la main. Pour son petit garçon, elle rêve d'un avenir meilleur. Mais, lorsque ce dernier est victime d'un accident, Tao se doit de replonger dans les origines du plus grand désastre de l'humanité.



Avis :
    Suite à l'avis de Léa Touch Book, j'avais très envie de lire ce livre. Déjà pour la conscience écologique qu'il peut apporter et aussi pour l'intrigue, découpée en 3 histoires durant 3 époques différentes. 

    On plonge dans trois époques distinctes : le 19ème siècle, le début des années 2000 et la fin de notre 21ème siècle. Les trois histoires partagent un élément : la façon de traiter les abeilles à travers les époques. Avec William, c'est le début de la domestication des abeilles, avec George, les prémices de l'élevage intensif et de leur disparition et enfin avec Tao, les conséquences de la disparition totale des insectes sur la surface du globe.

    On prend plus ou moins de temps à rentrer dans les différentes histoires. Personnellement, j'ai mis du temps à comprendre l'intérêt de se consacrer à l'histoire de William, si ce n'est pour se pencher sur la modernisation des ruches et de l'apprivoisement de leurs occupantes.
    George vit de plein fouet la conséquence de l'usage intensif des pesticides sur les plantations : les pesticides font mourir les abeilles ou les poussent à fuir leur environnement. Il désespère de devoir vendre son exploitation, surtout quand il apprend que son fils est tout à fait désintéressé par sa profession. J'ai trouvé ce personnage un peu lourd mais finalement très touchant.
    J'ai par contre été plus happée par l'histoire de Tao, qui est la plus dystopique des trois. Elle vit à la limite de l'esclavage. Suite à la disparition des abeilles, elle doit polliniser chaque jour des milliers de fleurs, en compagnie de centaines d'autres personnes. Et ce, pour une misère. En plus de l'aspect dystopique de ce troisième récit, on reste happé par l'enquête que Tao va mener pour découvrir ce qu'il est arrivé à son fils. En essayant de le retrouver dans un hôpital d'une ville lointaine, elle constate que personne ne veut lui donner des réponses. On suit sa petite enquête et le final m'a vraiment surpris. C'est aussi dans son histoire que j'ai ressenti un lien filial plus fort que chez les autres personnages. 

    Les trois récits ont pour point commun les abeilles, mais aussi, dans chaque histoire, le personnage principal se bat pour obtenir la santé ou la reconnaissance de sa progéniture. George et William tentent de reconstruire ce lien filial pourtant si fort auparavant. Ils ont des fils qui ne correspondent pas à ce qu'ils souhaitent. William tente de raccrocher avec son fils en perdition et qui ne l'estime même plus, et George est désemparé devant le désintérêt total de son fils pour l'entreprise familiale. L'obstination de ces deux personnages devient un peu lourde au bout d'un moment, et à la limite de l'égoïsme...
    Vous l'aurez compris, j'ai eu plus d'attachement vis-à-vis du personnage de Tao qui possède un instinct maternel plus fort - semble-t-il - et qui a envie que le monde change à tout prix. Et qui fait en sorte que... J'ai aussi apprécié le fils de George qui semble déchiré entre l'envie de ne pas décevoir son père et réaliser son rêve. 

    Pour conclure, je ne peux pas dire que ce soit la lecture la plus optimiste lue en 2018 mais elle permet de prendre conscience de ce qui se joue. Il est essentiel que l'on puisse se rendre compte de ce qu'apportera la disparition de nos amies les abeilles. Les trois récits sont distincts et à la fois entremêlés de façon subtile et intelligente de telle sorte qu'au final, cela reste une grande claque. Les récits ne resteront pas forcément dans ma mémoire très longtemps mais il semble que j'ai compris le message...



Page 309 :
"En chemin, je passais devant l'ancien zoo, dévasté par l'exode, les intempéries. La végétation menaçait d'éventrer la clôture. Qu'était-il advenu de tous les animaux ? Les espèces en voie d'extinction ? Le dernier koala ? Peut-être s'était-ils réfugiés dans les maisons abandonnées et se promenaient-ils en liberté dans les rues. J'aimais l'idée qu'ils puissent continuer à mener leur vie sur terre alors même qu'il restait aussi peu d'humains." 

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mardi 29 janvier 2019

Inséparables

Titre : Inséparables
Titre original : One
Auteur : Sarah Crossan
Traduction : Clémentine Beauvais
Édition : Rageot
Parution : 2017
Nombre de pages : 406
Synopsis : Grace et Tippi. Tippi et Grace. Deux sœurs siamoises, deux ados inséparables, entrent au lycée pour la première fois. Comme toujours, elles se soutiennent face à l'intolérance, la peur, la pitié. Et, envers et contre tout, elles vivent ! Mais lorsque Grace tombe amoureuse, son monde vacille. Pourra-t-elle jamais avoir une vie qui n'appartienne qu'à elle ? 






Avis : 
    La première fois que j'ai entendu parler de ce livre, je m'en souviens très bien, c'était sur le blog de Valentine - Le brocoli de merlin pour qui ça avait été un coup de cœur. J'étais très attirée par l'histoire en elle-même. C'était aussi la première fois que je trouvais une histoire avec pour personnages centraux, des siamois. C'est sans grande surprise que j'ai adoré ce livre ! 

    Grace et Tippi ont leur corps reliés, deux corps qui ne font qu'un. Elles sont atteinte de l'ischiopagus tripus, un mot savant pour simplement désigner le fait qu'elles soient reliées par le bas du corps. Deux têtes, deux cœurs, quatre poumons, quatre bras mais seulement deux jambes. Grace et Tippi sont très fusionnelles, puisqu'elles partagent tout, mais elles sont aussi très heureuses ensemble. Sauf qu'un jour, leurs parents se retrouvent à cours d'argent pour leur payer l'école à domicile et les voilà parties pour entrer au lycée. 


    Dès les premières pages, j'ai adoré le style de narration. Tout en vers, quelques mots par lignes, assez éloquents pour qu'on puisse comprendre ce qu'il en est réellement. Ici, pas besoin de longues phrases pour comprendre la situation de Tippi et Grace. Quelques mots suffisent toujours. Cette mise en page permet aussi une lecture facile et rapide mais, attention, ce la ne veut pas dire que le récit est superficiel. Non, non, non. C'est 406 pages d'émotions intenses rien qu'avec quelques mots. 

    Grace et Tippi n'ont pas de tabous pour parler de leur corps, elles n'ont pas de tabous pour parler de leurs ressentis, les seuls tabous présents, ce sont les autres qui les ont. Elles répondent à toutes les questions que l'ont peut bien se poser, même celles que l'on ose pas se poser.
    Le seul point négatif que je relèverai, ce serait l'orientation du synopsis : oui, une des deux jumelles tombe amoureuse, mais je n'ai pas perçu cet élément de l'intrigue comme central, bien que cela donne à l'héroïne une envie d'indépendance.

    Surtout, je voudrais parler de Grace et de Tippi indépendamment l'une de l'autre, mais il faut déjà aborder ce qu'elles partagent. Le même corps, déjà. Mais aussi parfois les mêmes émotions, impossible de cacher à l'une ce que ressent l'autre. Elles partagent aussi les mêmes maladies, comme la grippe. Elles se soutiennent aussi l'une et l'autre, quelque soit le type d'épreuve. On pourrait penser que 16 ans à partager le même corps puisse les enquiquiner, mais elles ont toujours vécu comme cela. Le simple fait de penser être séparées les mets mal à l'aise
    Après, Tippi et Grace sont deux personnalités distinctes. Tippi est celle qui se fait le mieux entendre, celle qui dit tout haut ce que Grace et elle pensent tout bas. Elle est la plus rebelle des deux, celle qui ne voulait pas aller au lycée mais qui, après que Grace l'ait convaincue, accepte tout de même. Grace est la plus douce, la plus silencieuse, la plus sensible. J'ai eu ma préférence pour Grace, bien que Tippi ne m'ait pas du tout déplu. Leur union fait vraiment leur force, c'est lorsqu'elles se soutiennent mutuellement que j'ai vraiment adoré ces deux héroïnes.

    Je voudrais bien parler des autres personnages mais les seuls adjectifs que je trouve pour les qualifier c'est trop doux ! De toute façon, tout est doux dans ce livre, même si le sujet est tout de même pas très folichon. Tout est absolument doux : Yasmeen et Jon, leurs nouveaux amis, mais aussi Dragon, la jeune sœur de Grace et Tippi que j'aurai aimé voir un peu plus, et aussi leur parents qui se mettent en quatre pour leur faire avoir une vie la plus normale possible.


    De manière générale, et sans dévoiler quoique ce soit de l'intrigue, ce livre est un tourbillon d'émotions positives et négatives. Le cœur fait des loopings comme celui de Grace quand elle voit Jon. On passe du sourire aux larmes toutes les 5 minutes et chaque page est une surprise. Ajoutez à cela la puissance de simples mots et on a le cocktail parfait pour avoir un coup de cœur. 



Page 199 :
"Si on était nées pendant un autre siècle
on nous aurait pointées du doigt,
on se serait demandé
ce à quoi Maman avait bien pu penser
pendant qu'on grandissait en elle.
A l'époque ils auraient dit
qu'elle avait regardé
des images de démons ou lu des histoires sataniques
étant enceinte,
que ces images avaient filtré
jusqu'à son ventre pour
s'imprimer sur nos corps fragiles.

A l'époque il y aurait eu
une coupable,
et cette coupable
aurait été
Maman"


Ce livre a été lu dans le cadre 
du Challenge des Pavés


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vendredi 18 janvier 2019

Victoria

Titre : Victoria
Auteur : Daisy Goodwin
Traduction : Julie Lauret-Noyal
Édition : Milady (Pemberley)
Parution : 2017
Nombre de pages : 571
Synopsis : Alors qu'elle vient tout juste d'avoir 18 ans, Alexandrina Victoria devient reine de Grande-Bretagne et d'Irlande. Dès lors, la jeune souveraine surprend tout le monde : elle abandonne son prénom détesté pour adopter celui de Victoria, insiste pour avoir ses propres appartements et est déterminée à rencontrer ses ministres seule à seul. L'un d'entre eux, Lord Melbourne, devient très vite son secrétaire particulier. Il aurait peut-être pu devenir davantage... si tout le monde n'avait pas soutenu que la Reine devait épouser son cousin, le taciturne prince Albert. Mais ce que Victoria ignore encore c'est qu'en amour comme en politique, il ne faut pas se fier aux apparences.



Avis :
    Ce livre fait parti de ceux sur lesquels on tombe par hasard sans rien en attendre, et puis qui finalement vous plaisent beaucoup plus que prévu. Je ne m'attendais à rien de plus qu'une romance et j'ai passé un agréable moment. On détaille ça ? 


    L'histoire, c'est les débuts de la reine Victoria. Déjà, première surprise pour moi qui avait lu le synopsis en diagonale, il m'a fallu plusieurs chapitres pour comprendre qu'il s'agissait de la véritable Reine Victoria d'Angleterre. Celle qui a eu le règne le plus long, juste après la mondialement connue Elizabeth II. Cet aspect peut en rebuter quelques uns mais croyez-moi, c'est romancé juste comme il faut
    Victoria est, au départ, sous la protection stricte de sa mère, la duchesse de Saxe-Cobourg et de son contrôleur de gestion John Conroy. Peu après ses 18 ans, elle monte sur le trône : nouvelle couronne, nouvelles responsabilités, et découverte de son premier ministre : Lord Melbourne, avec lequel elle va devoir coopérer pour gérer le pays. En Lord Melbourne, elle découvre une figure paternelle qu'elle n'a jamais eu, la capacité de faire ses propres choix et aussi ses premiers émois amoureux...

    J'ai adoré bien aimé le personnage de Victoria : elle représente d'abord toute la naïveté de la jeunesse. À travers son innocence, on trouve aussi de la dureté, une envie de mener le pays d'une main ferme, une envie obsédante de faire ses preuves. Elle n'est pas dépeinte comme une Reine débutante quasi-parfaite, qui révolutionne le système d'un coup de baguette. Elle peut aussi se montrer arrogante, vaniteuse et capricieuse. Elle est parfois un peu agaçante, surtout dans ses moments de vanité ou de caprices, mais il aurait été bizarre qu'elle soit parfaite et sans défauts, rien qu'à l'âge de 18 ans. 
    Il faut dire aussi qu'elle passe d'une ambiance à une autre. Dans son enfance, elle a toujours vécu près de sa mère, à travers des journées à l'emploi du temps strict et millimétré, sans voir personne ni pouvoir s'amuser. Et d'un coup, la voilà Reine, toute puissante : elle peut faire ce qu'elle veut, jouer de son influence et surtout, rester loin de sa mère oppressive. 

    La duchesse et John Conroy sont les protagonistes malveillants de l'histoire. Totalement oppressifs durant l'enfance de Victoria, ils deviennent totalement soumis mais pas sans arrières-pensées dès le couronnement de la jeune Reine. Ils sont comme des boomerangs : toujours à revenir un peu plus violemment à chaque chapitre. Vous allez adorer détester ce John Conroy qui est un être tout à fait abject. 
    Lord Melbourne est le love interest number one de notre chère Victoria. Il revient lui aussi comme un boomerang, mais sans que Victoria l'ait lancé au loin. Victoria jongle entre sa vie au palais et ses devoirs politiques. Et étrangement, elle prend beaucoup plaisir à gérer la politique de son pays. Outre son envie de gérer le pays du mieux possible, elle aime aussi les entrevues avec Lord Melbourne, qui reste un personnage charismatique, mais avec lequel je n'ai pas accroché, malheureusement. 
    Le love interest number two de la Reine, c'est Albert, qui arrive très tard dans le récit, pour mon plus grand malheur. C'est un personnage sympathique et touchant qui gagne l'intérêt de la Reine petit à petit.


    Le livre est très long - il y a beaucoup de pages - mais je n'ai pas ressenti un seul instant de l'ennui. Le récit valse bien entre la romance et l'intrigue historique. Je n'ai trouvé aucune longueur. J'avais la crainte que la romance prenne le pas sur l'intrigue historique, que cela tourne trop autour des émois de Victoria mais que nenni ! J'ai trouvé que ce livre rendait bien justice à l'Histoire.

    Vous l'aurez compris, j'ai adoré le fait que ce soit tiré d'une histoire vraie, d'une vraie partie de l'Histoire, et ce, dans les moindre détails. Le tout est assez romancé pour permettre au lecteur de ne pas tomber dans la monotonie, et s'ajoute à la véritable histoire une romance décrite à demi-mots. Le livre est en effet inspiré des écrits de la Reine Victoria et j'ai trouvé ça vraiment super, mieux que si cela avait été une réécriture. Il m'est même arrivé pendant la lecture d'aller vérifier sur Internet la véracité des faits, ou même la suite des évènements - oui, Wikipédia m'a spoilé, n'y allez pas !


    Finalement, une bien belle surprise, ce roman. Je le conseillerai chaudement aux adeptes des romances historiques et même à ceux qui apprécient l'Histoire en général. Cette lecture regorge de petites anecdotes historiques. J'ai vraiment passé un bon moment avec ce livre, j'espère que vous aussi.



"Il y avait quelque chose d’irrésistiblement comique à la vue de ces deux vieillards battant en retraite comme s’ils avaient été tirés par des fils invisibles ; mais Victoria savait qu’elle devait s’empêcher de rire. Être la reine lui conférait le droit de donner congé, mais pas de ridiculiser ses sujets. La dignité était la qualité essentielle de tout monarque. Victoria se souvenait à quel point elle avait été embarrassée lorsque son oncle avait entamé une chanson évoquant un marin ivre au beau milieu d’un banquet de gala."


Lu dans le cadre du
Challenge des pavés


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Mon année 2018 en livres


Coucou ! Ça fait longtemps que je n'ai pas fait de tag. Déjà parce qu'on ne m'identifie jamais dedans, et puis ensuite, parce que... non, juste parce qu'on m'identifie jamais. Mais pas d'offense, je ne vérifie pas non plus quand on m'identifie... Attendez, c'est pas logique !

Bref ! Les filles de Twogirlsandbooks ont crée ce tag et l'on laissé en libre service. Et je me suis dit "pourquoi pas ?". J'ai déjà fait mon bilan de 2018 (ici) mais c'est l'occasion de revenir parfois plus en détail sur certaines lectures

Ok calme...

1 - Rappelez-vous du mois de Janvier, avec quel livre avez-vous inauguré l'année 2018 ?


J'ai commencé 2018 avec le T2 de la Trilogie du Tearling d'Erika Johansen. C'est presque pénible de l'évoquer, j'ai l'impression d'en parler tout le temps, c'est pas comme si j'avais adoré !

À qui je vais sérieusement faire croire ça ? Lisez-le !


2 - Il y a comme un air de défi, combien de fantastiques ouvrages avez-vous lu ? 

J'ai atteint le nombre fantastique de 34 ouvrages tout aussi fantastiques. Merci les bandes-dessinées et les manga. Vous sauvez l'honneur.
Point positif : seulement 3 déceptions ! *V de la victoire avec les doigts*


3 - Parfois, l'attente est longue pour avoir son précieux : le livre que vous avez le plus attendu ? 


J'ai longtemps attendu le T7 des aventures de Sophie et ses amis et cette année, enfin ! J'ai non seulement rattrapé mon retard sur la saga mais en plus un tome sort en 2018.
Bon, il paraît qu'il est pas tip-top. Je n'en rajoute pas, je digère encore l'info !


4 - Tous ces livres sont là uniquement grâce aux maisons d'édition... Quelle maison d'édition à le plus accompagnée vos lectures ? 

Je n'ai pas compté, mais je pense que ça doit être les éditions Kana qui remportent le gros lot cette année : au moins 5 manga lus de leur maison d'édition. Je pense que je n'ai pas + pour les autres.


5 - Vous l'avez lu et vous vous êtes dit "wahou" : un auteur coup de cœur en 2018.

Sans trop hésiter : la plume de Gail Honeyman (Eleanor Oliphant va très bien) m'a beaucoup séduite cette année. Merci à la traduction également. 


6 - Magie, amour, frissons : l'univers qui vous a le plus marqué en 2018.


L'univers de Shades of Magic m'a énormément plu. On est vraiment dépaysé, on voyage - littéralement en plus ! 


7 - Du rire aux larmes, le livre qui vous a donné le plus d'émotions.


Bon. Ce serait hypocrite de dire que j'ai beaucoup rigolé avec cette lecture qu'est Inséparables mais il m'a fait sourire, vraiment. Et puis il m'a aussi vraiment fait pleurer.


8 - Duologie, trilogie ou plus, une saga que vous avez découvert en 2018.


Je ne regrette pas du tout d'avoir découvert la saga Une braise sous la cendre (T1 et T2). Même si j'avoue avoir été assez déçue du 2ème tome mais ça n'enlève rien au fait que j'ai été ravie de découvrir cette saga ! 

9 - Il n'y a pas d'histoires sans personnages : votre personnage chouchou de l'année.

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J'ai choisi de nommer Lila dans Shades of Magic. Une des femmes les plus badass de cette année. Et peut-être même dans un top 3 personnel.



10 - Un bon livre est toujours plein de surprise : le livre qui vous a le plus surpris. 


J'aurai pu en mettre plein dans cette catégorie, parce que beaucoup m'ont agréablement surprise. Certains m'ont aussi désagréablement déçue, mais passons. Je voudrais mettre en avant Victoria de Daisy Goodwin : je ne m'attendais pas à ce qu'il me plaise autant. Je m'attendais à un foutu triangle amoureux gnian-gnian... ce n'est pas le cas. Et c'est aussi plein de références historiques. Enfin bref, la chronique arrive prochainement !


11 - "Boom", la fin la plus explosive de l'année. 


Là aussi, beaucoup de livres m'ont surprise par leur fin. Mais la fin la plus explosive, c'est celle du tome 1 de La faucheuse. Je ne m'y attendais pas, et je trouve cette fin tout à fait priceless


12 - Toutes les bonnes choses ont une fin : votre dernière lecture de l'année.


Ma dernière lecture, c'était Inséparables de Sarah Crossan. Et quelle lecture !


13 - Le temps est venu de récompenser votre meilleure lecture de l'année. 


Et le coup de cœur de l'année revient à... Eleanor Oliphant va très bien ! J'ai adoré l'histoire, j'ai adoré Eleanor, Raymond, leur humour... enfin tout est génial. Avec en fond, une touche dramatique. Meilleure lecture.


14 - Parce qu'on ne peut pas tout le temps être satisfait : votre moins bonne lecture. 


Et la palme de la plus grosse déception revient à... The Mortal Instruments ! Alors, ce n'est pas une vraie déception parce que je n'ai pas eu de grosses déceptions cette année mais tout de même. Assez déçue de l'intrigue, des personnages... enfin bon, pas beaucoup d'éloges de ma part !


15 - 2018... que retiendrez-vous ? 

Parlons bien, parlons livres, uniquement. Ce n'est pas ma meilleure année livresque qui vient de s'achever, mais disons que je pensais à pire. Peu de déceptions, beaucoup de belles découvertes, beaucoup de bande-dessinées ou de manga lus... c'était une de mes résolutions ! J'espère lire encore plus, m'évader encore plus, et échanger encore plus en 2019 !

À bientôt !

vendredi 11 janvier 2019

La trilogie du Tearling, tome 3 : Le sort du Tearling

Titre : La trilogie du Tearling, tome 3 - Le sort du Tearling
Titre original : The Queen of the Tearling, book 3 - The Fate of the Tearling
Auteur : Erika Johansen
Traduction : Valérie Rosier
Édition : JC Lattès
Parution : 2017
Nombre de pages : 537
Synopsis : En moins d'un an, Kelsea Glynn est devenue reine du Tearling, une reine puissante et visionnaire qui a transformé son royaume. Dans sa quête de justice et pour mettre fin à la corruption, elle s'est fait de nombreux ennemis, notamment la Reine rouge, sa plus féroce rivale, qui a déclaré la guerre au Tearling.
Pour protéger son peuple de l'invasion, Kelsea se livre à l'ennemi, avec son saphir magique, et nomme Massue, son fidèle chef des gardes, régent à sa place. Massue va alors tout faire pour sauver sa reine, prisonnière de Mortmesne.
Dans cette fin de partie pleine de suspens va se jouer le destin de la reine Kelsea, et du Tearling lui-même.


Cette chronique traite du tome 3 de la Trilogie du Tearling
/!\ Risques de Spoilers


Avis :
    Et c'est le final ! Le fin d'une trilogie que tout le monde commence à connaître au fil du temps. Globalement, je ne m'attendais pas à aimer autant cette série de livres. Je pense que c'est ce qui, depuis 2 ans, m'a donné envie de lire de la Fantasy. Je ne regrette rien ! J'ai trouvé que ce troisième tome répondait à toutes mes espérances et qu'il concluait en beauté cette saga. 


    À la fin du deuxième tome, Kelsea s'est rendu à la Reine Rouge pour éviter que le Tearling ne soit mis à feu et à sang. La Reine l'enferme dans une prison dans l'espoir de pouvoir se servir d'elle plus tard. En effet, la Reine a pris de force les joyaux de Kelsea... mais elle ne sait pas comment s'en servir. Kelsea et elle vont devoir coopérer pour que chacune arrive à son but.
    Avant de quitter son royaume, Kelsea a fait de Massue son Régent, il était donc chargé de régner le Tearling jusqu'à ce qu'elle revienne. Que nenni ! En tant que Garde de la Reine, Massue n'assume pas ce rôle de régent et part à la recherche de sa Reine avec une bonne partie de la Garde. Ce n'est pas sans conséquence puisque le départ de la reine Kelsea a fait monter un vent de rébellion et le château risque d'être pris d'assaut...

     Je vous en ai raconté un peu plus que ce que le synopsis laissait voir. Parce que grand Dieu ce synopsis est si vide comparé à tout ce qu'on trouve dans ce tome ! J'ai trouvé d'ailleurs que c'était le tome le plus complet, qui comptait à la fois le plus d'informations sur l'univers et qui aussi comprenait le plus d'action et de rebondissement. Je ne me suis pas ennuyée une seule fois.
    Il faut dire qu'arrivé au troisième tome, le lecteur en sait déjà beaucoup sur les personnages, sur le monde, on évolue donc en terrain connu. C'était l'occasion pour l'auteure de dévoiler le Gût, le passé de la Reine Rouge ou encore l'époque post-traversée. On est vraiment en immersion dans l'univers et cela donne beaucoup de diversité au récit. 

    La narration se partage encore entre beaucoup de personnages : Kelsea bien sûr, mais aussi la Reine rouge, Massue, le Père Tyler, Aisa - la fille d'Andalie souhaitant faire partie de la Garde de la Reine - et même Ewen ou le Fetch. J'ai adoré jongler entre tous ces points de vue qui permettent une plongée dans les différents fardeaux qui rongent le pays. Cela permet même de rendre compte de la diversité des enjeux, des destins formés par des années de monarchie ou de dictature.
     Grâce à Kelsea, nous faisons également d'autres voyages dans le passé. Rappelez-vous, dans le deuxième tome, Kelsea plongeait dans la vie de Lily, une jeune femme battue par son compagnon, recueillie par le Tear pour se diriger vers un monde meilleur. Et bien ils sont tous là. Kelsea ne plonge plus dans l'esprit de Lily mais dans celui de Katie. Katie est née après la Traversée et elle vit donc dans un monde utopique plus ou moins contrôlé par William Tear. On observe la vie à cette époque, les relations qui naissent, les tensions qui commencent à se créer et la transformation du machiavélique Row, qui nous a fait part de sa présence durant les 3 livres de la façon la plus énigmatique qui soit. 
    J'ai adoré suivre ces voyages dans l'esprit de Katie, je l'ai trouvé forte, intelligente et cruellement utopiste malgré le chemin que semble prendre la communauté. On découvre aussi Jonathan, le fils de William Tear et de Lily, promis à un destin de "leader" qui pèse beaucoup trop lourd sur ses épaules. 


    Je voudrais bien affirmer que j'ai trouvé les personnages plus construits et plus profonds que dans les précédents tomes parce que c'est faux : ils ont toujours été bien construits et profonds, relevant chacun un des vices de l'être humain et les combats à mener pour y faire face. Ils sont tous plus sombres dans ce troisième tome mais peut-on les blâmer ? Je ne vous cache pas que c'est légèrement la galère. 
 
    Kelsea est plus mature et moins impulsive. Elle commence à se connaître elle-même et apprend de ses erreurs. Une qualité que certains personnages féminins devraient acquérir - je dis ça, je ne dis rien. Dans les premiers tomes, elle prenait conscience de son pouvoir et en abusait mais ici, c'est plutôt tempéré. Disons qu'elle sait de quoi elle est capable et que ça lui donne les armes pour agir et réfléchir plus posément. Aussi bizarre que ça puisse paraître, j'ai aimé suivre sa relation avec la Reine Rouge. Il y a énormément d'animosité entre elles, c'est certain, mais la Reine rouge est dépendante de Kelsea : elle subit elle aussi des tentatives d'assassinat, des rébellions et pour se débarrasser du principal fautif, elle a besoin de Kelsea. Kelsea elle, fait preuve d'empathie envers cette Reine dont elle a pénétré l'esprit et découvert l'histoire. C'était intéressant à suivre, vraiment, je ne m'y attendais pas.

    J'ai aussi été surprise d'apprécier les points de vue d'Aisa et Ewen. Aisa est mise en avant dans ce tome, elle est reconnue comme une des plus vaillantes, une des plus déterminées, et se fait accepter au sein de la Garde - en partie pour sa loyauté et aussi parce qu'un membre de la Garde en plus, ça ne fait pas de mal. Ewen est un de mes personnages chouchous : c'est un gardien de prison tout aussi loyal qu'Aisa que l'on pourrait qualifier de gentil et surtout très pur. J'ai aimé l'approche de ce personnage au cours du livre, je ne vous en dit pas plus sinon que sa pureté reste sa plus grande force et j'ai adoré ce message. 


    Cette chronique commence à se faire longue et je n'ai pointé aucun défaut à cette lecture. Je pourrais tout laisser passer mais non. Encore aujourd'hui - soit quelques semaines après la fin de ma lecture - j'ai du mal à décider si j'adhère à la fin du roman ou non. Je défie quiconque de deviner cette fin, même celui qui aurait le meilleur instinct au monde. Elle est à tomber par terre. Belle, mais à la fois terrible. Terrible, mais à la fois belle, je ne sais dans quel sens la qualifier. Un des plus gros retournements de situation jamais lu, sans pour autant être illogique. Chapeau. 


    En conclusion, c'est une des saga Fantasy les plus fabuleuses que j'ai pu lire. L'intrigue est assez sombre et pourtant très bien gérée, très bien amenée, très logique sans pour autant être prévisible. Les personnages ne sont ni tous noirs, ni tous blancs, et chacun possède un développement et une personnalité propre. Le point fort de cette saga, ce sont les messages qu'elle souhaite faire passer : c'est très très intelligent, féministe, égalitariste - c'est pareil ! - mais aussi humain et compréhensif. 
    Je ne cesserai jamais de vous recommander cette trilogie !

    

Chapitre 11, page 387 :
"À l'instant critique, les gens étaient prêts à se retourner les uns contre les autres, et la chute de la Ville fut très rapide, à tel point que l'auteur de cet ouvrage se demande si toutes les communautés de ce type ne sont pas vouées à l'échec. Certes notre espèce est douée d'altruisme, mais ce n'est pas une qualité que nous pratiquons volontiers, ni pour laquelle nous sommes doués."


Ce livre a été lu dans le cadre du
Challenge des pavés


Autres tomes :
1 - 2


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Les messagers des Vents, tome 1 de Clélie Avit


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