dimanche 16 février 2020

Les flops de 2019


Bien le bonjour à toutes et à tous !
J'ai enfin terminé de publier mes chroniques des livres lus en 2019 donc je vais pouvoir vous 
présenter mon top 3 des déceptions.
(Il y a un pléonasme à la fin de cette phrase, sauras-tu le détecter ?)

Sachez avant toute chose que ça ne fait jamais plaisir aux lecteurs de caser un livre dans les déceptions de l'année. J'ai même hésité à les présenter histoire de ne retenir que le meilleur.
Mais je veux passer l'éponge sur les livres qui m'ont déçue, histoire de pouvoir embrayer avec les livres qui ont marqué cette année, littérairement parlant.

[Article sponsorisé par Brooklyn 99]



1) Je viens de Damas - Marieke Aucante


J'ai donc reçu ce livre en Masse Critique Babelio : l'histoire d'une adolescente syrienne qui est obligée de fuir de son pays avec son petit frère. Bien que l'héroïne soit courageuse, j'ai trouvé le récit assez peu réaliste. Je n'ai vraiment pas aimé le côté soutenu du discours, peu adapté à une ado de 16 ans, ni les facilités trop souvent rencontrées. 
Quand on lit ce genre d'ouvrage, on s'attend à découvrir le chemin tortueux et parfois heureux de personnes déracinées, de manière romancée, certes, mais avec des péripéties dignes de ce nom. 
Dans ce livre, les héros vivent beaucoup de choses, on ne peut pas dire que ce soit ennuyeux, non. Mais disons que c'est finalement un voyage en solitaire qu'ils se font... J'ai eu du mal à trouver l'émotion.

Chronique complète → ici




2) Brooklyn - Colm Toibin


Celui-ci, quand je l'ai commencé, je ne pensais pas du tout qu'il finirait ici. Et quelle tristesse que je l'y mette uniquement à cause de cette fin que je trouve bâclée et improbable. 
L'histoire, c'est celle d'Eilis, jeune irlandaise en route pour les États-Unis dans l'espoir de trouver du travail et de s'épanouir. Elle y rencontre des personnes formidables, y rencontre l'amour, jusqu'à ce que le devoir familial la rappelle. Elle devra ensuite faire son choix : Irlande ou Brooklyn ?  
Que dire de plus ? Sinon que le livre n'est pas si mauvais à mes yeux ? Il relate bien la vie des femmes immigrées dans les années 50, on est totalement dans l'ambiance, la plume est superbe... mais cette fin m'a presque fait oublier ce que j'ai aimé dans le livre. Le début et la fin d'un livre sont essentiels : le début permet de nous accrocher, la fin de nous combler, ou du moins de conclure l'histoire. Je n'ai pas apprécié cette conclusion, non pas parce qu'elle ne correspond pas à mes attentes, mais surtout parce qu'elle est toujours incompréhensible pour moi. 

Chronique complète → ici





3) Gardiens des Cités perdues, tome 7 - Réminiscences - Shannon Messenger


C'est avec une profonde tristesse que pour la première fois, je mets un roman de Shannon Messenger dans les flops de l'année. C'est LA déception de l'année. Les autres romans évoqués, je n'en attendais rien. Celui-ci, j'en attendais tant.
Sophie échappe de justesse à une attaque avec Fitz, ce qui les force à rester alités pendant des plombes. Déjà, c'est pas mal ennuyant cette affaire parce qu'on a peu d'interactions et surtout, on voit peu les autres (nombreux) personnages déjà introduits. Et ça dure 400 pages. Sur 700. Les autres 300 pages, c'est des entraînements vite faits bien faits et les pérégrinations spirituelles de Sophie en ce qui concerne ses amours. C'était dur à lire, surtout que l'histoire n'avance pas tant que ça, au final. 700 pages de... rien. Grosse déception.

Chronique complète → ici


À bientôt pour les meilleurs lectures de l'année 2019 !!

samedi 15 février 2020

La passe-miroir, tome 4 : La tempête des échos

Titre : La passe-miroir, tome 4 - La tempête des échos
Auteur : Christelle Dabos
Édition : Gallimard Jeunesse
Parution : 2019
Nombre de pages : 565
Synopsis : Les effondrements se multiplient, de plus en plus impressionnants : Babel, le Pôle, Anima, aucune arche n'est épargnée. Pour éviter l'anéantissement total, il faut trouver le responsable. Trouver l'Autre. Mais comment faire sans même savoir à quoi il ressemble ? Plus unis que jamais, Ophélie et Thorn s'engagent sur des chemins inconnus où les échos du passé et du présent les mèneront vers la clef de toutes les énigmes.




Cette chronique traite du 4ème tome de
la saga La Passe-Miroir
/!\ Risques de spoilers

Avis :
    Et voilà, on y est. Je n'arrive pas à croire que je chronique enfin ce quatrième et dernier tome. C'est satisfaisant et triste à la fois. J'ai conclu 2019 avec ce livre et je ne le regrette pas. C'est la fin... la fin d'une saga coup de cœur qui n'en fini pas d'acquérir de nouveaux adeptes. Beaucoup de lecteurs ont été déçus de ce livre au point de réagir de façon virulente. Tout d'abord, je comprends la déception car cette histoire n'est pas celle que j'attendais, ni même cette fin mais Christelle Dabos a respecté son univers, son héroïne et les différents protagonistes, et en ça, elle a déjà fait le travail. 

    Dans ce tome, Ophélie part à la recherche de l'Autre et d'Eulalie Dilleux. Toujours sur l'arche de Babel - arche supra-tolérante souvenez-vous - et en danger suite à l'effondrement des arches, Ophélie se cache et mène l'enquête avec son mari Thorn - il est là pas d’inquiétude. Pour trouver Eulalie, elle doit en savoir davantage sur son histoire : cela la mène à l'Observatoire des Déviations, elle fait des voyages temporels entre Endroit et Envers, rêve énormément... 
    Qui est l'Autre ? Qui est Eulalie Dilleux ? On est sur un tome très mystique, mystérieux, dangereux, oppressant, onirique avec lequel j'ai beaucoup accroché, même si cette thématique ne m'est pas familière. 


    D'abord, j'ai été déstabilisée par l'ambiance mystique et le changement de cap des recherches, et en même temps, j'ai été effrayée des possibles conséquences de l'effondrement des arches. Je n'ai accroché à l'histoire qu'à partir du moment où Ophélie se confronte à l'Observatoire des déviations : une ambiance effroyable et oppressante mais nécessaire pour le parcours personnel d'Ophélie. 
    Une fois plongé dans l'histoire, on ne la lâche plus. Les flashbacks permettent d'avoir une continuité cohérente au milieu de tout ce bazar et ils empêchent les longueurs. C'est une histoire à l'image de Christelle Dabos et à l'image de cette saga qui a toujours eu ce côté mystérieux. 


    Parlons des personnages principaux : on va pas se mentir, on est très content de les retrouver ensemble. Ophélie et Thorn ne se lâchent plus et forment une équipe de façon très complémentaire. Les fans du couple vont savourer les moments qu'ils passent ensemble car il y en a énormément. 
    Ophélie est moins maîtresse de son corps mais son esprit reste très clair quant à ses intentions. Thorn se montre plus sensible mais il est toujours aussi pragmatique. De manière générale, ils n'ont pas beaucoup changé, vous allez aimer. 

    Je voulais conclure cette chronique élogieuse par 2 points négatifs - oooohhh nooon - que vous allez retrouver dans beaucoup de chroniques. 
    D'abord, et surtout, on voit trop peu Archibald, Bérénice, Victoire et les autres. Ils manquaient gravement à l'histoire. Ils n'apportent pas énormément à l'intrigue mais ne serait-ce que parce que c'est le tome final, j'aurais aimé les voir davantage
    Ensuite : la fin. La fin est un peu trop rapide et incompréhensible pour moi. Comme déjà évoqué en début de chronique, ce n'est pas la fin que j'attendais, mais elle correspond à l'univers. On reste sur une sensation d'inachevé mais cela laisse la porte ouverte à beaucoup de possibilités dans notre imaginaire. Histoire de rester sur du mystère...


    En conclusion, c'est un magnifique final pour cette saga qui nous aura fait voyager, qui aura marqué la littérature fantasy, jeunesse, et française par son originalité et des héros particuliers et attachants. La fantasy existe en France et ça marche, la preuve. Longtemps comparée à Harry Potter, cette saga a su faire son chemin et devenir un classique à part entière. Merci Christelle Dabos !! 


Chapitre 5, page 67 :
"Se voir invitée à écouter une poupée ne figurait pas parmi les situations conjugales qu'Ophélie aurait imaginé vivre un jour. Plus que l'objet en lui-même, elle contempla les longues mains osseuses qui le tenaient. Les manches retroussées dévoilaient quelques-unes des cinquante-six cicatrices qui scarifiaient le corps de Thorn.
Ophélie avait vu chacune d'elles. Elle s'en sentait encore impressionnée. Et privilégiée.
Dès qu'il intercepta son regard, Thorn eu un raclement de gorge. Il plaqua vers l'arrière l'unique mèche qui menaçait de quitter les rangs serrés de ses cheveux et ajouta d'une voix plus guindée encore qu'à l'ordinaire :
- Ensemble.
Ophélie hocha la tête.
- Ensemble."

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2019

Autres tomes :
1 - 2 - 3

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Entre deux lignes

lundi 10 février 2020

Ma vie de geisha

Titre : Ma vie de Geisha
Titre original : Geisha of Gion
Auteur : Mineko Iwasaki
Traduction : Isabelle Chapman
Édition : Livre de Poche
Parution : 2006
Nombre de pages : 348
Synopsis : On a dit de moi que j'étais la plus grande geisha de ma génération. Certes, j'ai recueilli les plus beaux succès. Mon destin était jalonnés d'extraordinaires défis et de merveilleuses gratifications. Et pourtant, les astreintes de ce qui est plus qu'une profession - un véritable sacerdoce - m'ont finalement poussé à l'abandonner... Il est temps de lever les voiles du mystère qui plane autour de la vie des geishas. Je veux briser un silence vieux de 300 ans. Je vous invite à me suivre dans le monde des fleurs et des saules, le monde de Gion-Kobu.



Avis :
    Cette année 2019, j'ai demandé à la volée sur Twitter - BibiliAmelie - si les lecteurs avaient des livres d'auteurs japonais à me recommander. Quelqu'un m'a recommandé celui-ci, entre autres recommandations. Ayant déjà lu Geisha, je voulais tout de même me plonger dans un réel témoignage. C'est chose faite...

    Masako est une petite fille issue d'un milieu pauvre, cadette d'une grande fratrie. Alors que deux de ses grandes sœurs sont en formation pour devenir Geiko, elle est repérée par Tata Oïma, la gérante de la plus grande maison de Geisha de Gion-Kobu. En effet, elle est belle et semble avoir des disposition pour l'art et la danse. Après de multiples refus de la part de sa famille, elle est finalement adoptée par Tata OÏma, se fait renommer Mineko, et commence sa longue et douloureuse formation pour être geisha. Cette Tata Oïma semble vouloir faire d'elle l'héritière de la maison Iwasaki, et dès lors que Mineko accepte cela, elle s'efforcera d'être la meilleure.

   
    L'objectif de cette chronique sera de faire le moins de références possible à Geisha. Ce qui est un peu raté parce que ça fait deux fois que je le cite. Ici, l'histoire contée par Masako est réelle, une vraie initiation au monde des geisha. Les termes ici sont plus techniques - j'avoue même que je n'ai pas tout retenu - mais c'est vraiment ce que je recherchais avec ce livre : un dépaysement et en apprendre plus sur le Japon de l'époque et les geisha, sans romantiser le récit.

    Masako est une jeune fille aussi déterminée que têtue. D'abord assez réticente à l'idée de quitter sa famille, elle se lance ensuite le défi d'exceller et de faire honneur à la maison Iwasaki. Malgré un désir de réussite omniprésent, loin d'elle l'idée de vouloir du mal à d'autres geisha plus populaire. L'intégrité est son mot d'ordre. Loin des conflits et de l’hypocrisie, elle aura parfois du mal à conserver sa popularité.
   
    Le livre est court et se lit facilement. N'ayez crainte des termes inconnus, ils sont très souvent expliqués par l'auteure. J'ai lu ici et là que la lecture pouvait être monotone, parfois ennuyeuse mais ça n'a pas été mon cas. Pas de suspens, très peu d'action mais j'ai réussi à accrocher au récit. On apprend beaucoup de choses et on suit la progression de Masako. La progression est le fil rouge du livre. 

    En conclusion, un livre intéressant qui plaira aux adorateurs du Japon, et aux fans d'autobiographies historiques. Un récit palpitant qui rend merveilleusement hommage à celle qui le conte.


Chapitre 25, page 231 :
"Il est difficile d'imaginer un monde où tous ceux qui vous entourent sont en rivalité avec vous, vos amies, vos sœurs, jusqu'à votre mère."

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2019
17/100


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vendredi 3 janvier 2020

BILAN OCTOBRE-NOVEMBRE-DECEMBRE

 
 

Bonjour à toutes et tous, et surtout, une bonne année 2020 ! Je vous demanderai bien vos résolutions mais j'ai peur que ça me culpabilise de ne pas en avoir prises. Allez, quelles sont vos résolutions ?

Ce dernier trimestre, je l'ai passé en stage, ou à rédiger des dossiers. C'est pas mal. Point positif : je ne regrette pas d'avoir repris mes études. Sérieusement, c'est très cool. J'ai hâte d'entrer dans ma deuxième période de stage.

Côté lecture ce trimestre : je ne pensais pas avoir tant lu - merci les BD et les manga de relever le niveau hein parce que si on s'en tenait qu'aux roman merci bien. J'ai réussi mon Challenge Goodreads tout pile. J'ai eu beaucoup de pauses dans mes lectures, beaucoup de fatigue et beaucoup de flemme aussi, soyons honnêtes. Je vais tenter de faire 50 lectures cette année. Mais surtout, passons au bilan !



Je viens de Damas de Marieke Aucante : une lecture Masse Critique qui m'a beaucoup déçue. Trop peu réaliste, un langage trop soutenu, ce n'est pas ce que j'attendais du livre, d'autant plus que l'émotion n'était pas trop là...
L'invitation de Jim et Mermoux : une belle BD sur l'amitié et ce qu'elle représente pour nous. Qui sont vraiment nos amis ? Qu'est-ce qu'un ami ? Une BD qui amène à réfléchir.
Le goût du chlore de Bastien Vivès : une BD au thème intéressant mais à la fin décevante... Pas tout compris.
Otaku Otaku, tome 6 de Fujita : la relation entre les deux protagonistes évolue mais elle est entrecoupée de flash-back, ce qui casse le rythme de lecture.
Ma vie de Geisha de Mineko Iwasaki : une fabuleuse autobiographie d'une geisha, très renseignée, on en apprend beaucoup et sans longueurs. Je recommande !
Daytime Shooting Star, tomes 1 à 5 de Mika Yamamori : un début de saga intéressant même si je redoute la relation prof-élève qui se profile. J'aime beaucoup le personnage de Mamura assez absent...
Dernière heure, tome 1 de Yû : un manga entre fantasy et historique à l'histoire intéressante. Un tantinet déprimant mais vraiment accrocheur. A suivre...

Meilleure lecture du mois

 La passe-miroir, tome 4 : La tempête des échos de Christelle Dabos
Au vu de toutes les personnes ayant été déçues par cette fin, je redoutais vraiment cette lecture. Et oui, la fin n'est pas celle que je voulais, mais finalement, c'est une fin qui correspond à l'univers. L'intrigue est encore plus mystérieuse qu'avant et c'est dans une ambiance angoissante qu'évoluent Thorn et Ophélie, plus soudés que jamais. J'ai vraiment savouré cette lecture, sachant en plus que c'était la dernière. Je n'ai pas été déçue comme je m'y attendais et finalement c'est encore une très bonne lecture. Cette saga est vraiment une de mes favorites. 
 

Chez les autres blogueurs :
Thalie nous parle d'Extincta, le dernier roman de Victor Dixen, et sa chronique est convaincante
La Parenthèse Imaginaire sur lequel on trouve une des première chroniques du quatrième tome de La passe-miroir, enjoy !
Gribouille nous parle des Chroniques Saxonnes : une saga que j'espère commencer ! 


 Et encore une très bonne année 2020 à vous tous !

jeudi 2 janvier 2020

Je viens de Damas [Masse Critique]

Titre : Je viens de Damas
Auteur : Marieke Aucante
Édition : Ramsay
Parution : 2019
Nombre de pages : 200
Synopsis : A Damas, un soir de printemps, à l'heure où les roses exhalent leur parfum, une famille d'artisans de la soie est égorgée parce que chrétienne. Pour répondre à l'ultime demande de leur maman, les deux survivants une adolescente de quinze ans et son petit frère qui n'a jamais parlé partent dans l'espoir de rejoindre l'Angleterre. Une marche longue et semée d'embûches les conduit à faire face à des drames et à des instants de lumière. Grâce aux mystères de la rencontre, ils partagent plusieurs jours de leur vie avec les combattants kurdes, une bénévole de Lampedusa, une Arménienne à Nice, des migrants dans la Jungle de Calais, une Asiatique à Paris...
Yasmine et Elias avancent sur les chemin du monde à la recherche d'une seconde "maman"? Rien ne leur sera impossible parce qu'ils sont habités par le courage.


Avis :
    Il s'agit du second livre que je reçois en Masse Critique Babelio. Je suis assez étonnée d'être sélectionnée et j'étais ravie de recevoir ce livre. J'ai choisi ce livre pour son thème et le voyage contraint de ces deux enfants. Au final, je suis assez déçue de ce livre...

    C'est l'histoire de Yasmine et Elias, mais surtout de Yasmine, une jeune chrétienne syrienne qui voit sa famille se faire assassiner sous ses yeux parce qu'ils sont chrétiens. Elle est contrainte de fuir avec son frère, d'abord dans une église, dans laquelle elle rencontrera le prêtre qui lui permettra de quitter la Syrie.

    Je vais d'abord commencer par les points positifs. Il y en a 2 : d'abord la plume de l'auteure, et le personnage d'Elias que j'ai particulièrement aimé.
L'auteure a une plume douce et pleine de métaphore et de poésie. Ça donne un côté apaisant à cette lecture à la fois rapide et oppressante. J'ai aussi aimé le personnage d'Elias, un jeune muet qui fait passer ses émotions par ses gestes et son visage. C'est à travers lui qu'on peut comprendre aussi la gravité d'une scène puisqu'il est souvent mis en avant par l'intermédiaire de sa sœur qui veille sur lui comme s'il était son propre enfant. 

    Passons maintenant aux points négatifs : d'abord et surtout, l'histoire me paraît assez peu réaliste. En réalité, tous les gens que Yasmine rencontre lui veulent du bien. Elle tombe systématiquement sur LA personne qui va l'aider à aller plus loin dans son périple. La souffrance est presque inexistante, si l'on exclu la tristesse liée à la mort de ses parents et le fait de quitter son pays. Alors attention, je demande pas qu'elle soit mise au pilori, qu'elle tombe sur malintentionné systématiquement ou qu'elle perde un œil hein... mais bon, on parle quand même d'un trajet effectué par des milliers de personnes chaque année et qui semble être un vrai parcours du combattant. Je n'ai pas trouvé de pénibilité dans son récit, si ce n'est UNE mauvaise rencontre, vite expédiée, vite oubliée. Yasmine ne connaît aucun ralentissement, presque pas la faim, ni la soif, ni le froid, ni la chaleur, elle n'est jamais refoulée nulle part. Là où certains mettent des mois à s'en sacrifier la vie, elle passe tranquillement. Je ne m'attendais pas à ça. C'est trop peu réaliste. 

    Ensuite, et cela, c'est totalement subjectif : c'est trop axé sur la religion chrétienne. Yasmine est une chrétienne d'Orient et en Syrie, ils sont aussi persécutés que les autres. Son appel à la foi est normal, il nous rappelle ses origines et le parcours effectué. J'aurai davantage toléré cette évocation de la chrétienneté si l’État Islamique n'était pas si souvent mélangé avec l'Islam. C'est vraiment dommage.
De plus, Yasmine utilise un langage trop soutenu pour une jeune fille d'à peine 15 ans. Tout le monde a la même façon de parler, ce qui rend le discours un peu fade... Tout est très soutenu, tout le monde est très poli, tout le monde raccorde tout à la religion... un peu monotone ! 
Le livre est de manière générale très court et avec une succession rapide d'évènements, C'est dommage parce à des moments où j'aurai voulu un approfondissement, ce n'était pas possible, comme lorsqu'elle se retrouve avec des combattantes kurdes. 


    En conclusion : un roman qui abordait de façon singulière la guerre en Syrie et l'immigration provenant de ce pays, puisqu'il met en avant des enfants chrétiens, dont un handicapé. Il aurait pu avoir un gros potentiel mais le langage soutenu et le manque de réalisme de l'histoire m'ont refroidie.


Chapitre 23, page 109 :
"J'aimerais savoir comment on nous appelle au juste nous les Syriens, chrétiens d'Orient, en déplacement vers l'Angleterre. Sommes-nous des migrants, des réfugiés, des demandeurs d'asile, des exilés, des déplacés, des clandestins, des persécutés, des opprimés ?"


 Lu dans le cadre du Défi Lecture 2019
16/100

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lundi 30 décembre 2019

Et soudain tout change

Titre : Et soudain tout change
Auteur : Gilles Legardinier
Édition : Fleuve Noir
Parution : 2013
Nombre de pages : 375
Synopsis : Pour sa dernière année de lycée, Camille a enfin la chance d'avoir ses meilleurs amis dans sa classe. Avec sa complice de toujours, Léa, avec Axel, Léo, Marie et leur joyeuse bande, la jeune fille découvre ce qui fait la vie. 
A quelques mois du bac, tous se demandent encore quel chemin ils vont prendre. Ils ignorent qu'avant l'été, le destin va leur en faire vivre plus que dans toute une vie... Du meilleur au pire, avec l'énergie délirante et l'intensité de leur âge, entre espoirs démesurés, convictions et doutes, ils vont expérimenter, partager et se battre. Il faut souvent traverser le pire pour vivre le meilleur.




Avis :
   J'avais un bon souvenir de Demain j'arrête, du même auteur. Pourquoi ne pas continuer sur les livres pleins de bons sentiments avec des couvertures remplies de chats ? J'ai saisi l'occasion en achetant ce livre lors d'une brocante, mais qu'en est-il réellement ? 

    Camille est une adolescente banale, qui mène une vie banale, avec des amis banals. C'est sa dernière année au lycée et quelle chance : tous ses amis sont dans sa classe. Voilà. L'histoire comme on nous la présente, c'est ça : une vie basique de lycéens. Ils sortent, ils vont en cours, ils parlent... nous avons droit au début à énormément de petites anecdotes, à tel point que je croyais que l'intrigue se résumait uniquement à ça. Puis, l'élément déclencheur, cet élément qui va faire tomber notre petit groupe de son piédestal. Ainsi, ils vont devoir cohabiter avec la maladie, l'absence, la solidarité, le désespoir mais aussi heureusement,  avec l'espoir.  

    J'ai eu énormément de mal à rentrer dans l'histoire et à accrocher aux personnages. L'élément déclencheur met énormément de temps à arriver, il m'a semblé. Avant cela, on assiste à des scènes entre adolescents qui n'ont aucun lien entre elles, et qui, il faut le dire, sont ennuyeuses et sans grand intérêt. Surtout quand on revient dessus après avoir terminé l'histoire. Bref. L'élément déclencheur est surprenant et bouleversant - ok petit spoil qui va faciliter la rédaction de cette chronique : un des personnages est gravement malade voilà ouf c'est dit. Nos amis lycéens sont tous très choqués et les émotions sont bien retranscrites. Ils font preuve de solidarité et bien que parfois ils en fassent des caisses, c'est gentillet et on reprend foi en l'humanité, merci monsieur l'auteur de faire des romans qui font un peu sourire quand même. L'intrigue devient un peu plus intéressante à partir de là, et cela permet à Camille, protagoniste principal, de gagner en caractère.

    Parlons personnages : ils ne m'ont pas spécialement touchés. Surtout au début, parce qu'ils me semblaient bien immatures. Alors vous allez me dire "Non, mais Amélie t'as plus de 25 ans heureusement que tu les trouves immatures !". Mais immatures dans le sens où, même pour des lycéens, j'ai trouvé qu'ils avaient des réactions de collégiens. Vraiment. 
     Heureusement, Camille, Léa et Axel remontent globalement bien le niveau. Camille est une jeune fille effacée, sensible et gentille. Un peu perdue dans cette année décisive, son monde s'écroule lorsque la maladie pénètre dans leur vie. Léa est la sagesse même : la plus mature de tous, sans contestation possible. Big up à toi.

    J'ai apprécié le roman dès lors que ce grand élan de solidarité se met en place. Je le répète : ils sont immatures, c'est plein de bons sentiments, c'est de la philosophie de comptoir mais ça fait un peu de bien, de lire sans se prendre la tête, et de voir une bande de jeunes tout faire pour que les choses changent, pour que leur quotidien soit meilleur. On a une vision de la jeunesse, mais pour une fois attention sans clichés ! Merci monsieur l'auteur.
    Je note cependant une vision quelque peu utopique du monde dans lequel on se trouve, ça manque un peu de réalisme. Par exemple : un des jeunes abîme détruit la voiture d'un vieux monsieur intolérant raciste. Alors déjà, c'est pas bien d'être raciste. Mais c'est pas bien non plus de péter une voiture. Et ben qu'est-ce qu'ils font les ados : ils se cotisent pour payer la dette de cet adolescent. Alors oui c'est formidable, mais... vraiment ? 
    Plus choquant encore, et là, c'est vraiment quelque chose qui m'a choqué et qui est loin d'être utopique. Alors en fait, comme à semi-spoilé, un de leur camarade de classe est malade, cette personne va à l'hôpital et certains de la classe en profitent pour dire du mal d'elle à chaque fois. Quelle réponse des adolescents ? Prendre le vilain, l'attacher à une chaise au milieu d'un passage à l'heure de pointe et lui retirer ses vêtements, PUIS son slip. Ah et son se moque de la taille de son sexe aussi, c'est rigolo ça. C'est légèrement excessif. Et c'est du harcèlement. Et aucun professeur/directeur/surveillant ne dit quelque chose hein. Bah non, quelque part c'est mérité il a dit du mal de la personne malade vous comprenez. Bref. Ça va de paire avec l'immaturité des personnages évoquée plus haut. 

    Je me rends compte que je ne dis pas grand chose de positif sur ce roman alors qu'il ne m'a pas tant déplu - la scène du harcèlement a descendu toute mon estime. C'est cependant un roman qui se lit facilement, avec de beaux messages et de belles valeurs. Tout compte fait, le livre n'est pas si superficiel que ça, sous son intrigue adolescente. J'ai presque versé une larmichette. 

Conclusion : un roman sympathique qui aurait pu l'être davantage pour moi si j'avais réussi à accrocher aux personnages, qui manquent bien de profondeur. Le roman se lit finalement assez facilement et malgré tous les bons sentiments à outrance, on passe un bon moment, le message reste assez profond. Je regrette sincèrement l'immaturité des personnages qui s'apparente plus à des collégiens qu'à des lycéens de terminale... le prochain roman lu de l'auteur sera le bon ! 


Chapitre 25, page 150 : 
"Qu'est-ce que ça fait, un analyste en posture ? Et un agent de développement local ? Il est vrai qu'aujourd'hui on ne dit plus un balayeur mais un technicien de surface. On ne parle plus d'un chômeur mais d'un sans-emploi. Les clochards ont disparu, mais il y a de plus en plus de sans-abri. On ne dit plus non plus un aveugle, on dit un non-voyant. On ne devrait donc plus dire un gros connard, mais un non-pensant en surpoids. L'art d'enrober, de détourner. On nous saoule de mots, de "concepts", d'idées "neuves" et personne ne parle de l'essentiel, de ce qui nous touche tous."


Lu dans le cadre du Défi Lecture 2019
15/100


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mardi 10 décembre 2019

Les bulles en vrac #7


Bonjour ! Ça fait longtemps qu'on s'est pas croisé ! Je me fais discrète - non en fait je suis carrément absente des réseaux par manque de temps - motivation - lectures - rayez la mention inutile.
Encore 4 bulles en vrac. J'espère que vous en trouverez à votre goût.

Bulles en vrac
12 - 3 - 4 - 5 - 6


Bulle en vrac n°1


Blue flag, tome 2 et 3 de Kaito [/!\ Spoil T1]
Édition Kurokawa (2019)
C'est le manga coup de cœur de 2019. Taichi a toujours la mission d'aider Futaba à se rapprocher de Tôma. Tôma prend conscience de ses sentiments envers Taichi... et toutes les relations sont floues. Taichi est un personnage plein de culpabilité avec un syndrome de l'imposteur évident. Il est le plus touchant des trois selon moi. Les trois ont un cœur énorme mais lui->  fait le bien sans s'en rendre compte. J'apprécie l'évolution de ce personnage et ses différentes prises de conscience au cours de ces 2 tomes. Le tome 3 est le plus triste, pour l'instant. Des remises en questions, des disputes, des pleurs, des souvenirs... on comprend mieux la culpabilité incessante de Taichi. Futaba est encore trop mignonne. Son affection balance entre Tôma et Taichi, et le tome 3 sera tourné en partie sur ses interrogations à elle. Elle est toujours en train d'apprendre l'amour et comment il se manifeste. C'est la naïveté même. Tôma est le plus loyal, le meneur. Sa loyauté - son amour même - va le pousser à prendre beaucoup de risques.
C'est un manga "shojo" qui sort vraiment de l'ordinaire. D'abord parce qu'il aborde beaucoup de types d'orientations sexuelles - gay, lesbienne, voire bi ou polyamour - et ça change parce que les personnage ne sont pas rangés dans des histoires dont on devine facilement l'issue. Ensuite, le "shojo" n'aborde pas les codes des shojo et ça fait du bien de ne pas être dans le cliché. Rien ne peut nous faire deviner la suite de l'histoire. Tome 4 le 9 janvier 2020.


→ Vu aussi chez L'apprenti Otaku





Bulle en vrac n°2


Zombillénium, tomes 1 et 2 d'Arthur de Pins
Édition Dupuis (2010/2011)
Ça tombe bien que je vous parle de cette BD maintenant, c'est bientôt Halloween. Aurélien, homme trompé par sa femme va mourir et se retrouver embauché par le directeur de Zombillénium, un parc d'attraction sur le thème des montres et de l'horreur. Dans le second tome - qui peut être lu indépendamment du premier -  on suit l'histoire d'une famille qui découvre le parc à contrecœur, allant de surprises en surprises, secrets révélés à la clef.
Les histoires sont originales, parfois à la limite de l'effrayant - je parle du T2. J'adore l'idée d'un parc géré uniquement par des monstres, quelques soit leurs particularités. Les vivants n'y voient que du feu. Arthur de Pins joue beaucoup avec ses personnages et possède un humour qui me plaît beaucoup. Du cynique, de l'absurde, des références à la pop culture... J'ajoute en petit + les dessins dont j'adore le graphisme. Deux vrais petits coups de cœur.





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Bulle en vrac n°3


The promised Neverland, tomes 1 et 2 de Kaiu Shirai et Posuka Demisu
Édition Kazé (2018)
Emma, Ray et Norman vivent heureux dans un orphelinat situé au milieu de nulle part. Leurs journées sont ordonnées et se composent des repas, des sorties dans le parc... et de tests d'intelligence. Tous les enfants attendent d'être adoptés. Le jour où une enfant "adoptée" oublie son doudou à l'orphelinat, les trois tentent de le lui rendre. Ils font alors une macabre découverte. Le rêve s'écroule. Le trio découvre qu'ils sont élevés pour aller à l'abattoir. Il faut alors un plan pour s'échapper sans attirer l'attention de "maman".
Très surprise de ce manga, parce que, même si j'ai lu beaucoup de chroniques, je ne m'attendais pas du tout à cela. Je pensais à un truc de magie, ou d'enfants perdus. Je ne me suis pas beaucoup trompée, hormis le fait que je ne pensais pas du tout au côté macabre de la chose. Ça donne une dose d'adrénaline : les enfants doivent absolument tous s'enfuir. Le trio met en place stratagèmes et diversions et on accroche vraiment. Ça nous tient en haleine, c'est sombre... Emma est une jeune fille vive et motivée, la grande sœur de tous les autres enfants. Ray est le ténébreux et Norman l'aimable, l'optimiste. On découvre avec eux les différentes faces cachées de cet orphelinat de malheur et la peur peut vous étreindre au fil des découvertes et des rebondissements. Comme beaucoup donc, je vous recommande chaudement ce manga !





Bulle en vrac n°4

Les cahiers d'Esther : Histoires de mes 10 ans de Riad Sattouf
Édition Allary (2016)
Une BD que j'ai découvert par l'intermédiaire du dessins animé que regarde ma sœur. Les histoires sont racontées par Esther, une vraie petite fille de 10 ans. Riad Sattouf les illustre. J'aime le franc-parler d'Esther, qui peut parfois ressembler à de l'insolence. Elle pose un regard mi-naïf mi-réaliste sur les choses d'adultes. Son plus grand rêve ? Avoir un I-phone et être souple pour être une star - le lien est logique, quand c'est elle qui l'explique. Ça m'a rappelé un peu Titeuf, à la différence que les histoires ici sont vraies et qu'on est dans une autre décennie. Ne plaira pas à tout le monde mais j'ai adoré !

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Bulles en vrac en +


Your letter de Hyeon A Cho : ici
/!\ En anglais 
Gentille et empathique, Sori est victime de harcèlement après avoir défendu un élève en difficulté. Elle est transférée dans une nouvelle et école et découvre à son bureau une lettre, qui mènera à une autre lettre puis à des indices... jusqu'à une autre personne. 
J'ai bien aimé cette histoire toute douce et tout de même intrigante : on se demande tout du long qui est l'auteur des lettres, ce vil manipulateur. Qui est ce garçon qu'elle rencontre et qui semble rester tout autour d'elle ? Une histoire sur l'amitié qui fait du bien.



The kiss bet d'Ingrid Ochoa : ici
/!\ En anglais
Sara Lin vient d'avoir 18 ans mais... problème : elle n'a jamais embrassé de garçon. Son ami Patrick lui lance ce pari : est-elle cap d'aller embrasser le jeune garçon blond du métro ? Oui... mais non. Quelle n'est pas sa surprise, quand le "subway boy" se trouve être... son nouveau tuteur de mathématiques :
Je vous le vends assez mal, puisqu'en lisant, cette histoire a l'air hyper clichée - elle l'est - mais c'est vraiment drôle. Sara Lin est décontenancée d'un rien, et "subway boy" impassible. C'est vraiment drôle. 
 
 
 
Voilà ! Mes (presque) dernières lectures en BD. Laquelle vous tente ?
Je vais beaucoup poster d'articles d'ici la fin de l'année parce que je veux publier toutes les chroniques des livres de 2019. 
A bientôt !
 

La saison 3 de The Crown est là. 
Quelle est votre série de fin d'année ?