dimanche 17 janvier 2021

Nickel Boys

Titre : Nickel Boys
Titre original : The Nickel Boys
Auteur : Colson Whitehead
Traduction : Charles Recoursé
Édition : Albin Michel
Parution : 2020
Nombre de pages : 259
Synopsis : Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à cœur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l'université pour y faire de brillantes études, il voit s'évanouir ses rêves d'avenir lorsque, à la suite d'une erreur judiciaire, on l'envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s'engage à faire des délinquants des "hommes honnêtes et honorables". Sauf qu'il s'agit en réalité d'un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d'amitié. Mais l'idéalisme de l'un et le scepticisme de l'autre auront des conséquences déchirantes.


Points + : OwnVoice, les personnages d'Elwood et de Turner
Points - : -


Avis :
    J'avais vu ce livre dans la librairie de mon quartier à la rentrée littéraire. Il était mis en évidence et directement je me suis dit : "Oh mais pourquoi pas prendre celui-ci, c'est vrai que j'ai l'autre roman de l'auteur qui m'attend et que je n'ai pas lu depuis un an, ce serait dommage de se priver !". Et puis finalement je l'ai commandé pour Noël, et quelqu'un qui a bon goût a fait le bon choix parmi la liste ! Je ne suis pas spécialement attirée par les livres qui ont obtenu de prix prestigieux - ici le Prix Pulitzer - et j'étais plus attirée par l'histoire, le thème et la façon dont c'était tourné. Qu'en est-il alors ?

    Elwood est un garçon brillant : il est curieux et volontaire et sa soif d'apprendre l'amène jusque sur les bancs de l'université. Mais alors qu'il est en chemin pour y aller, il est emprisonné sur un malentendu, accusé uniquement parce qu'il est noir. Il échappe à la prison mais se retrouve à la Nickel Academy, un centre de redressement pour les jeunes délinquants, dans lequel la ségrégation continue, accompagné des coups, des viols, du chantage, de la torture, parfois jusqu'à la mort. On est, comme vous pouvez le constater, encore dans un ambiance radieuse ! Le soleil brille et les oiseaux chantent...

    Ce livre n'a pas été un coup de cœur mais je ne saurais pas dire ce qu'il a manqué pour qu'il le devienne. Il est clair que je n'ai pas pu rester insensible au sort d'Elwood, à sa naïveté et son tempérament doux et juste. Elwood accepte d'abord sans trop rechigner à aller à Nickel, mais parce qu'on lui vend l'endroit comme un bel établissement d'apprentissage, avec les restrictions en plus. Il déchante vite, très vite. Conscient du racisme de l'endroit, il apprend à ses dépends que la justice n'existe pas non plus à Nickel. C'est la loi du plus fort qui l'emporte. En l’occurrence, les plus forts, ce sont les Blancs, et après les Blancs, le personnel, le directeur.

    La violence est partout à Nickel. C'est un véritable briseur de vies. Les tortures psychologiques et surtout physiques y sont légions. C'est d'autant plus horrible lorsqu'on sait que c'est inspiré d'une histoire vraie. L'auteur s'est inspiré des récits de vrais Nickel Boys (de la Dozier School) pour créer ses personnages.
    Malgré tout cela, la roman n'est pas si sombre. Certaines scènes sont affreuses, ce serait vous mentir que de dire le contraire mais le découpage du récit est fait d'une telle façon que les scènes se succèdent entre moments d'espoir et moments affreux. Lorsque les garçons ne sont pas confrontés aux adultes, ils travaillent à l'école, aux champs, ou à la ville. C'est dans ce contexte qu'Elwood rencontre Turner qui ajoute vraiment un peu d'apaisement. Je ne sais pas vraiment comment l'expliquer. 

    Turner est un personnage cynique, fataliste et pas vraiment prêt à aider son prochain au premier abord. Débrouillard depuis l'enfance, il prend Elwood sous son aile et lui apprend les manigances qui rendront sa vie à Nickel plus supportable. Il attend son moment pour partir, même si quiconque à voulu fuir s'est retrouvé à la Maison Blanche - la cabane dans laquelle les Blancs torturent les garçons. Elwood est un éternel optimiste mais vraiment déterminé à sortir de cet endroit autrement que par la fuite. Il est persuadé qu'à force de travail et de rigueur, on le laissera sortir. A-t-il raison ?

    Revenons sur la façon dont le récit est découpé : c'est chronologique, ça nous permet de voir l'évolution d'Elwood dans cette prison, de le voir se faire des amis, de voir comment évoluent ses amis, ses camarades aussi... Cependant il n'y a pas de réelle continuité. On peut passer d'un chapitre qui parle de la situation de Turner, pour passer ensuite à un chapitre qui parle d'un tout autre garçon. Ça ne me dérange pas : ainsi, l'auteur peut dévoiler tout ce qui a pu se passer derrière ces murs. Le récit commence d'ailleurs dans le présent et avance sous forme de flash-back. On reste quand même bien au temps de Nickel...

    En conclusion, c'est un magnifique récit inspiré d'histoires vraies, qui vous touchera certainement bien qu'il faille s'accrocher à la lecture de certains passages. Les personnages de Turner et d'Elwood apaisent un peu le tout avec leur complicité et leurs rêves. Merci à Colson Whitehead d'avoir mis en lumière une face oubliée de l'Histoire américaine. Sachez que l'établissement est resté ouvert jusqu'en 2011 ! Et cela fait sûrement écho à des scènes plus modernes. J'espère vous avoir donné envie de découvrir l'histoire d'Elwood et sinon, au moins vous avoir donné envie de connaître cette face de l'Histoire.

Pour aller plus loin :
Les détails glaçants du pensionnat de l'horreur
Présentation du livre et de l'auteur - Éditions Albin Michel

  

Page 13 :
"Depuis quelques années, d'anciens élèves montaient des groupes de soutien en ligne et se réunissaient de temps à autre dans des diners et des McDonald's. Dans une cuisine, à une heure de route. Ensemble, ils se livraient à leur propre archéologie fantôme, fouillaient les décennies et rendaient aux yeux du monde les fragments et objets de cette époque. Chacun de ces hommes avait une pièce à apporter. Je me rappelle qu'il disait : Je viendrais te voir tout à l'heure. L'escalier branlant qui descendait au sous-sol de l'école. La semelle de mes tennis imbibée de sang. Rassembler ces morceaux pour confirmer qu'ils partageaient une même obscurité : si c'est vrai pour moi, c'est aussi vrai pour quelqu'un d'autre et je ne suis plus seul."

 
Ce livre a été lu dans le cadre du Défi Lecture 2021
1/100

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Prochaine chronique :
J'aime tout ce qui me rappelle que je ne suis pas seule à souffrir sur cette terre de Stéphanie Butland

dimanche 3 janvier 2021

Les impatientes

Titre : Les impatientes
Autrice : Djaïli Amadou Amal
Édition : Emmanuelle Collas
Parution : 2020
Nombre de pages : 252
Synopsis : Ramla, 17 ans, arrachée à son amour pour être mariée de force avec Alhadji Issa, un homme riche et déjà marié. Hindou, sa sœur du même âge, est contrainte d'épouser Moubarak, son cousin, alcoolique, drogué et violent. Quant à Saphira, 35 ans, la première épouse d'Alhadji Issa, elle voit d'un très mauvais œil l'arrivée dans son foyer de la jeune Ramla, qu'elle veut voir répudiée. Pour les aider dans cette étape importante et difficile de leur vie, leur entourage ne leur donne qu'un seul et même conseil : Patience ! 



Points + : OwnVoice, la triple narration
Points - : -


Avis :
    J'ai lu ce livre vers Noël, totalement par hasard. C'est un livre qui m'a plus par son synopsis et parce qu'il se passe au Sahel, une région méconnue dans la littérature populaire. Alors, est-ce que lire des livres au hasard est bénéfique ? 

    Ramla, Hindou et Safira sont trois femmes mariées par contrainte. On leur recommande d'être "patientes" dans tous les moments difficiles de leur vie. Ramla est fiancée à son premier amour mais son père décide de la marier à un parti plus riche. Hindou suit les pas de sa sœur Ramla mais se marie à son cousin, alcoolique, violent et drogué. Safira elle, subit l'arrivée de Ramla dans son foyer et découvre la polygamie et la jalousie. 

    J'ai aimé ce livre bien qu'il ne soit pas un brin joyeux. Je ne vous cache pas que c'est pas la joie à tous les étages mais, attendait-on autre chose ? Le synopsis se vend bien comme ça ! Cependant, on note quelques espoirs lorsque ce mot "Patience" est murmuré ou dit à une de ces femmes. Ce mot leur donne espoir ou les pousse à se rebeller, selon les moments, selon les personnalités. Le livre aborde des sujets difficiles comme les mariages forcés, la question de l'honneur au Sahel, le viol et la polygamie. Par le mot Patience, c'est un ordre qui est donné à ces femmes, de la même sorte qu'on leur dirait "Silence". La plume est fluide, on est tout de suite entraînés dans le récit, on le lit facilement, les histoires se succèdent.


    Le Sahel est une région méconnue en littérature mais force est de constater que les femmes vivent dans une société tout ce qu'il y a de plus patriarcal. J'ai détesté voir ces femmes souffrir et subir. Elles savent pour autant rebondir et espérer de nouveau mais l'ambiance était assez sordide. Le livre est difficile à lire par ses sujets abordés et je sais que je ne vous vend pas du rêve avec cette phrase. Cependant, j'ai aimé comment ces femmes rebondissent et se battent. 

    Le personnage de Ramla est celui que j'ai trouvé le plus touchant. J'ai été touchée par son histoire, sa positivité et sa façon de voir les choses. J'ai eu beaucoup de peine pour Hindou qui a la situation la plus catastrophique. Safira est celle qui m'a le moins touchée : je l'ai trouvée méchante, même si je comprenais les raisons de sa jalousie, je n'ai pas accroché. La triple narration aide à bien se rendre compte des histoires et des personnalités de chacune et on ne ressent pas de longueurs. Le livre n'est pas bien grands mais des longueurs sont si vite arrivées. 

   En conclusion, un livre qui rend compte de la vie des femmes au Sahel, entre dureté et espoir. Vous apprécierez la sagesse et la force de chacune et j'espère que le côté triste du récit ne vous rebutera pas trop, que vous saurez apprécier la plume


Pour aller plus loin :
Situation des femmes au Sahel - Le Monde
Entretien avec Djaïli Amadou Amal


"Le mariage n'est pas qu'une question de sentiment. Au contraire. C'est d'abord, et avant tout, l'alliance de deux familles. C'est aussi une question d'honneur, de responsabilité, de religion – et j'en passe." 

 

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2020
28/100 (score final !)

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Prochaine chronique :
Nickel Boys de Colson Whitehead

jeudi 31 décembre 2020

Bilan de 2020

Bonjour à toutes et à tous !

2020 est terminée. Alors, tous ensemble, crions "Enfin !"
Comment était cette année pour vous ? Personnellement, j'ai eu un très très bon début d'année avec un séjour à Paris/Disney, puis PAF !, confinement. Au début, ce confinement allait puis, comme tout le monde, la fatigue, l'énervement, la lassitude...
J'ai pu quand même valider mon année et passer des vacances sympathiques - encore heureux ! 

Côté lectures, j'ai atteint les 38 livres lus. Ce qui est moins que l'année dernière, et je visais 50 livres. Peut mieux faire... Cependant, j'ai eu peu de déceptions, donc on est sur une bonne année livresque.
J'ai réussi à tenir un bon rythme concernant les publications sur le blog et je suis assez contente de ça, parce que ENFIN ! Ce blog a bientôt 7 ans et j'ai enfin un rythme. Incroyable.
Je ne sais pas si vous l'aviez remarqué mais on est sur 1 article par semaine - une chronique ou un tag ou un bilan. Peut-être que cette année je ferais des articles plus personnalisés.
J'ai eu plusieurs pannes de lectures, ça me désole un peu parce que j'aurais aimé lire plus - surtout que c'est pas comme si on avait eu 3 mois de rien du tout entre mars et mai... Mais bon, j'essaierai de garder ce rythme d'une ou deux lectures par semaine. Avec plaisir, sans stress...

Bref ! Quelles sont les lectures les plus marquantes de cette année 2020 de l'enfer ? 


Coup de cœur de l'année
Celles qui restent dans les mémoires


Un si petit oiseau de Marie Pavlenko : la lecture la plus touchante de cette année. C'était triste, c'était difficile mais c'était doux. C'est un livre plein d'espoir et de nouveaux rêves, bizarrement, il vous donnera envie de vous lever et d'aller voir la nature.

Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa : la lecture la plus poétique de l'année. Ce livre est comme un petit conte contemporain, au bout goût de haricots rouges. 3 générations qui se rencontrent autour de dorayakis. et qui en retirent tous quelque chose. Le livre a été adapté en film - que je n'ai toujours pas vu d'ailleurs - et il est très beau, de ce que j'en ai vu. Ce livre vous donnera faim.

Hotel Castellana de Ruta Sepetys : le coup de cœur parmi les coups de cœur. Un livre qui manie habilement l'Histoire et la fiction. Les vies des personnages s'entremêlent pour ne faire qu'une seule histoire dont Daniel et Anna sont les personnages centraux. Vous en apprendrez beaucoup, et, pour les plus réticents, peut-être que la romance saura vous faire accrocher. 


Déceptions de l'année
Celles que je ne vous recommande pas


La goûteuse d'Hitler de Rosella Postorino : Et oui, désolée pour ce livre, mais il finit dans le S tier de l'année. En vérité, l'histoire n'est pas si mauvaise, même pas du tout, mais le synopsis est limite mensonger. Vous n'aurez presque rien sur la vie des goûteuses. Et la vie de Rosa n'est pas si palpitante, on s'ennuie vite. Je sais qu'il a plu à beaucoup d'entre vous, déso pas déso.

Complètement cramé de Gilles Legardinier : c'est le roman de l'auteur de trop. Autant j'avais donné sa chance aux premiers livres que j'avais lu, mais celui-ci est trop déconstruit, trop absurde et surtout pas assez drôle pour me tenter. (Ok Mr Darcy !!). Bref, dernier roman de l'auteur pour moi.

Noël et préjugés - Collectif : c'est dommage qu'un roman qui parle de Noël finisse dans le flop. Vous savez quoi ? En plus c'était ma dernière lecture de l'année. Je suis déçue. Le lien avec Orgueil et Préjugés est minime, les romances sous forme de nouvelles ne sont pas convaincantes et peu d'entre elles font rêver. C'est dommage, mais ça ne me dégoûte pas de romances de Noël pour autant. 


Les autrices de l'année
Celles dont je lirais d'autres livres (et oui, pas d'hommes sélectionnés cette année)


Marie Pavlenko - Un si petit oiseau
J'ai adoré sa façon d'écrire, même si c'est un drame elle a réussi à nous donner de la douceur, de la poésie et des personnages qu'on a envie de rencontrer. A bientôt en 2021 ! 



Philippa Gregory - La dernière reine
J'ai adoré découvrir sa plume : elle a une façon de conter l'Histoire qui est superbe. Elle donne vie à des moments, des instants inconnus de l'Histoire de telle sorte qu'on pourrait y croire. Ses récits sont renseignés mais aussi parfaitement bien narrés. Je lirais volontiers un autre de ses romans ! 
 
 
Claire Favan - Dompteur d'anges
C'est rare d'avoir une autrice qui est publiée pour des thrillers je trouve. Les grands noms sont toujours des hommes - hormis Agatha Christie mais qui est plus dans le genre policier. Un vrai suspens, de l'angoisse, du sang... et des sentiments. Vraiment un bon roman qui m'a convaincu de lire d'autres livres de l'autrice. 
 

Les personnages masculins de l'année
Ceux qu'on a envie de rencontrer - ou pas.


Tatsu dans La voie du tablier : un ancien yakuza qui devient homme au foyer. A la foi dur et sensible, il a du mal à perdre ses réflexes d'ancien truand. Un personnage ambivalent qui vous fera rire à coup sûr !

Leon dans A moi la nuit, toi le jour : un personnage gentil comme tout, qui fait face à ses faiblesses mais qui sait soutenir le monde sur ses épaules. Un des éléments qui fait que A moi la nuit, toi le jour a été une très bonne lecture  !

Cameron dans Dompteur d'anges : un jeune enfant, puis adolescent, puis adulte qui arrive à garder une certaine réflexion malgré le bourrage de crâne de son ravisseur Max. J'ai été séduite par sa personnalité et sa volonté à survivre. Le vrai héros de ce livre quoiqu'en dise le synopsis.
 

Les personnages féminins de l'année
Celles qui sont difficiles à sélectionner tant elles ont été nombreuses

► Malala Yousafzai dans Moi, Malala, je lutte pour l'éducation et je résiste aux talibans : Que dire de plus sinon présenter cette jeune fille comme une des plus brillante de sa génération. Une de celles dont on est ravi de l'existence ! Lisez sa biographie ! 

Tokue dans Les délices de Tokyo : Une femme forte et vraiment méritante dans ce qu'elle a entreprit. Une femme qui semble faible au premier abord mais qui cache bien des capacités et de bien belles qualités. 

Catherine Parr dans La dernière Reine : que dire sinon qu'elle est une des plus fines et intelligentes de toutes les femmes découvertes dans les romans cette année. Habilement, elle arrive à tirer son épingle du jeu et à comprendre plus rapidement que quiconque les vices de son mari et à les éviter. 

 

📚

 

Bilan global de cette année : 
J'ai lu énormément de romans plaçant leur intrigue dans différents pays du monde - Japon, Afghanistan, Sahel, Angleterre, Norvège, Italie, Inde, Espagne, Amérique du Nord, Corée du Sud, Allemagne, Burundi et j'en oublie sûrement. Ce que je peux en dire, c'est que ça m'a ouvert d'autres horizons, ça m'a fait découvrir d'autres cultures - que ça soit une fiction ou une autobiographie. J'ai été ravie de m'ouvrir davantage à d'autres littératures également. 
 
J'ai lu aussi davantage de romans d'autrices. Et aussi plus de livres annoté comme féministes. J'avoue que c'était parfois un peu lourd par moment, alors je coupais avec un roman fantasy ou une romance, mais aussi, ça m'a permis - en liant ça avec les livres étrangers - de voir les combats féministes autour du monde. C'était vraiment une année très diversifiée et qui poussait à la réflexion et à la remise en question.  
 
Parlons résolutions ? 
J'aimerais arriver à lire davantage de romans OwnVoice. Qu'est-ce que c'est ? Cela signifie nos voix / nos propres voix et cela se dit d'un livre qui a été écrit par une personne faisant partie de la même minorité représentée dans son livre. Exemple : Petit Pays, écrit par Gaël Faye, né et ayant lui même vécu au Burundi, dont l'intrigue du livre se passe... au Burundi. Autre exemple ? Pourvu que la nuit s'achève de Nadia Hashimi, elle-même originaire d'Afghanistan. Ou aussi avec le livre Kim Jiyoung, née en 1982 qui parle du sort des femmes en Corée du Sud, écrit par une femme coréenne.
Marche aussi avec les handicaps ou les auteurs LGBTQIA. J'ai remarqué que les livres OwnVoice sont plus authentiques, dans le sens où les auteur.ice.s savent de quoi ils parlent, sans interpréter et sans tomber dans les clichés. Aussi, ça me permettrait, à mon échelle, de mettre en avant certains livres / auteur.ice.s possiblement mis de côté. 
 
►  Vous avez dû le remarquer, j'ai ajouté les Points + et Points - en début de chronique. J'essayerais de penser à rajouter en Points + quand c'est OwnVoice ou quand ce livre traite d'une minorité - de façon bienveillante. Aussi, dans le cas contraire - de façon non bienveillante, ça ira dans les Points -. En faisant la part des choses tout de même sur le sens du récit. A suivre ! N'hésitez pas à me signaler des romans OwnVoice, féministes ou abordant des sujets concernant les minorités de façon bienveillante ou historiquement fiable.
 
La crise a mis en difficulté nombre de commerces indépendants. J'essaierai d'acheter davantage dans les librairies indépendantes. Notamment celle de mon quartier pour commencer. Parallèlement, j'aimerais VRAIMENT vider ma bibliothèque et donc... arrêter d'emprunter des livres mais surtout commencer à vraiment lire les livres que j'ai déjà à ma disposition. Il va falloir jongler entre mon envie d'acheter et ce besoin de faire de la place. On dit quoi ? On dit bon courage Amélie ! 
 
 
 

Merci d'avoir lu ! C'est un article bien long.
Je vous souhaite une bien bonne année 2021, plein de bonnes choses, un maximum, peu importe ce que va nous amener cette année.

Prenez soin de vous, à bientôt !


BILAN OCTOBRE - NOVEMBRE - DECEMBRE


Bonjour à tous !
C'est l'heure du dernier bilan trimestriel de 2020 !

J'espère que vous avez passé un bon dernier trimestre, que vous avez bien repris vos activités après cet été libérateur mais trop court après ce confinement.
Personnellement, j'ai commencé mon stage - que je fini fin Janvier - et j'ai bien repris la formation. Ces dernières vacances étaient nécessaire. 


Côté livre, j'ai bien rattrapé mon retard - je n'avais pas lu du tout en Octobre - et je pense garder ce format de bilan pour 2021. Faire un bilan par mois me paraît chronophage et parfois inutile étant donné que je ne lis rien certains mois.
Qu'en est-il de ce dernier trimestre niveau lecture ?

 

Meilleures lectures du trimestre


 

Les graciées de Kiran Millwood Hargrave : incontestablement LA lecture du trimestre sans pour autant être un coup de cœur. J'ai adoré l'ambiance nordique, froide, austère et tendue. Les deux femmes Maren et Ursa nouent une belle relation, marchant sur des braises à chaque instant. Un livre à découvrir pour 2021 tout de même, si ce n'est pas déjà fait.
Chronique

Pourvu que la nuit s'achève de Nadia Hashimi : un des livres le plus touchant de cette année, nous découvrons Zeba, accusée du meurtre de son mari par les villageois qui la découvrent. Un livre par lequel on découvre petit à petit ce qu'il s'est passé, bien que Zeba refuse d'ouvrir sa bouche pour dévoiler la vérité. Nous découvrons le système judiciaire afghan bancal, le sort des femmes abandonnées à leur sort... ce ne sera pas le livre le plus joyeux de votre bibliothèque mais je vous assure qu'il gagne à être lu, quelque part, il respire l'espoir et la positivité.
Chronique

 

Autres lectures



La tresse de Laetitia Colombani : une lecture à trois voix qui m'a plu mais pas assez pour figurer sur le podium. J'ai adoré découvrir petit à petit le lien qui unissait ces trois femmes. La lecture est fluide, la plume agréable, c'est une lecture paisible que je vous recommande également.
Chronique

Les impatientes de Djaïli Amadou Amal : un des livres les plus poignant de l'année. Je ne m'attendais à rien avec cette lecture et pourtant, j'ai été absorbée par cette plume, ces histoires entremêlées. Une triple narration comme dans La tresse, des thèmes semblables aux Graciées et à Pourvu que la nuit s'achève, je constate que j'ai eu un trimestre très féministe, avec des femmes inspirantes. C'est le livre qui comporte aussi le plus d'injustices, mais quelle claque !
[Chronique à venir]

 


24 épisodes pour lui plaire de Maurene Goo : une romance s'impatique qui plaira aux amateurs et amatrices de drama coréens. Comme prévu, la romance adopte tous les codes de la romance classique en passant par le triangle amoureux au quiproquo mais la bienveillance des personnages et la relation père-fille radoucit le tout.
Chronique


Noël et préjugés - Collectif : un livre de Noël qui m'a déçu, et qui finira dans les déceptions de l'année, c'est triste. Certaines nouvelles valent mieux que d'autres mais je pense sincèrement que d'autres romances de Noël en One-Shot sauront vous satisfaire davantage. Je ne suis pas fan du format nouvelle pour les romances parce que tout est trop rapidement expédié et le lien censé se faire avec Orgueil et préjugés est ténu. Voire pire que cela, parfois c'est comme un cheveu sur la soupe. On conclu par cette déception.
Chronique

 

C'est la fin de ce bilan trimestriel !
Comment avez-vous conclu cette année ? Par de belles lectures ?


mardi 29 décembre 2020

TAG - Une enquête à mener dans votre bibliothèque


Bonjour ! Cette semaine, on se retrouve non pas pour une nouvelle chronique mais pour un petit tag. Je l'ai trouvé sur un blog récemment découvert : Une lectrice à Wonderland et je l'ai trouvé assez original ! D'ailleurs, tag d'origine ici.
Vous pouvez évidemment le reprendre pour votre blog, ce serait intéressant de voir vos réponses !

 

1) Un livre dont le titre commence par l'initiale de ton nom de famille

Moriarty - Le chien des d'Uberville de Kim Newman
Un nom de famille qui commence par M, c'est facile de trouver des livres. J'ai pris celui-ci, on reste dans le thème de l'enquête en plus. C'est un livre que j'ai depuis sa sortie, quasiment. Et que j'avais commencé et bien entamé, mais c'était beaucoup trop long pour moi et je n'arrivais pas à me faire à ces personnages bien différents de l’œuvre originale. Ici, Sherlock Holmes et Watson sont des brigands, des voleurs, des rusés, des filous, des libertins... bref, rien à voir. Mais, de mémoire, je crois que même ce côté "noir" n'était pas spécialement présent. A lire pour vider la bibliothèque seulement ! Ou pour avoir une bonne surprise à la fin ?

2) Un livre dont l'auteur a un prénom qui commence par la même lettre que toi - ou le même prénom c'est encore mieux. 

 
L'envol du moineau d'Amy Belding Brown
Un prénom qui commence par A, c'est facile aussi. Pas de romans d'Amélie Nothomb dans ma bibliothèque, donc impossible d'avoir mon prénom. Amy Belding Brown fait l'affaire puisqu'en plus, ça me permet de montrer - de nouveau - ce roman que j'avais adoré en 2020 !


3) Un livre qui a un joli titre selon toi

La couleur des sentiments de Kathryn Stockett
J'ai eu du mal à sélectionner un titre que je trouvais beau parce que c'est rarement quelque chose à laquelle je fais attention. Mais La couleur des sentiments, c'est assez poétique : on parle ici d'affection, d'amitié entre une jeune femme blanche et deux bonnes noires. Je ne sais pas si je suis dans le vrai mais le mot "couleur" fait lien avec la couleur de peau, et tout le titre peut sous-entendre finalement que les sentiments ne tiennent pas compte de la couleur ? Bref, c'est peut-être pas ça mais j’interprète ça d'une belle façon, ça passe !


4) Un livre dont le titre contient un mot que tu ne connais pas

Je n'ai pas de livre à mettre dans cette catégorie car je connais toujours les mots des titres.
Sorry !

5) Un livre dont le titre forme une phrase complète

Le temps passé avec un chat n'est jamais perdu de Véronique Aïache
Un livre qu'on m'a offert, un livre de développement personnel qu'on m'a offert pour mon anniversaire. J'ai un chat, sait-on ce qu'il peut m'apprendre ?

6) Un livre avec une couverture très réussie


Les sorcières de Pendle de Stacey Halls
La couverture n'est-elle pas magnifique ? En plus y'a des reflets dorés de toute bôté ! Un livre reçu à Noël, merci bien !
Celui-ci, j'ai vraiment hâte de le lire. J'avais adoré les Graciées et celui-ci m'a l'air d'être du même genre. On verra bien !

7) Un livre au titre très petit


Glacé de Bernard Minier
C'est le titre le plus court que j'ai dans ma bibliothèque. Par contre, le livre est un pavé. Je l'ai dans ma bibliothèque depuis 2015 je crois. Il faudrait que je l'en sorte ! 

8) Un livre au titre très long

 
J'aime tout ce qui me rappelle que je ne suis pas seule à souffrir sur cette terre de Stéphanie Butland 
Un livre a la couverture fort colorée mais dont le titre laisse présager quelque chose de triste voire mélancolique. Je ne sais pas ce qu'il en est, puisque je ne l'ai pas encore lu. Oui, j'ai beaucoup de livres non lus... Quelqu'un sait si c'est plus joyeux que triste ?

9) Un livre minuscule, mais pas le moins épais

Les piliers de la Terre de Ken Follett
C'est le plus gros livre de ma PAL. 1050 pages en tout, cette intégrale. Beaucoup en disent du bien mais il faut vraiment que ce soit un page-turner pour que je puisse le terminer. C'est un des seuls livres qui me fait de l’œil mais qui me rebute parce qu'il est gros. Un jour, un jour...

10) Le livre le plus grand, mais pas le plus épais


Les beaux étés, tome 1 de Zidrou

J'aurais vraiment pu mettre Zombillénium, qui est une BD très grande mais petite par les pages, mais ça aurait été de la triche, puisque je ne faisais que les emprunter. Les beaux été est aussi très grand, et peu épais. Je l'ai eue lors des 48h de la BD, c'était une chouette initiative ! Pas encore lue, cependant. 


📚
 

Voilà, c'est un tag de plus sur ce blog ! J'espère que vous avez aimé me lire, et que ça vous a peut-être donné envie de vous lancer aussi. N'hésitez surtout pas à le reprendre, j'adore lire les réponses aux tag ! 
 
 
Bridgerton
❤️
 
Prochains articles :
Jeudi soir : Bilan de 2020
Dimanche : Les impatientes de Djaïli Amadou Amal

dimanche 20 décembre 2020

Noël et préjugés

Titre : Noël et préjugés
Autrices : Isabelle Alexis, Tonie Behar, Adèle Bréau, Sophie Henrionnet, Marianne Levu, Marie Vareille
Édition : Charleston Poche
Parution : 2019
Nombre de pages : 288
Synopsis : Pour Noël, Eva se voit offrir une cure d'amaigrissement détox en Savoie, Cassandra un séjour de rêve dans un hôtel perdu dans les montagnes. Lisa se réfugie chez sa psychanalyste terrifiée à l'idée de revoir son amour de jeunesse. Vincent tente désespérément de reconquérir son ex avec l'aide d'un coach en séduction loufoque. Lara est enfermée dans un magasin de jouets avec son chef qu'elle exècre, quant à Charlie, elle est coincée dans une tempête de neige à New-York, coupée du monde à un moment crucial...
Ces six personnages ne se connaissent pas, mais sont liés à leur insu au même roman : une ancienne édition d'Orgueil et préjugés à la couverture rouge, qui passe de main en main et pourrait leur porter chance... ou pas ! 


Points + : certaines nouvelles sont touchantes
Points - : les jeux de mots, manque de lien avec O&P

Avis :
    J'ai acheté ce livre l'année dernière dans l'optique de le lire pour ce Noël. Histoire d'avoir des petites histoires touchantes à lire à Noël... ça n'a pas été le cas. Je suis assez déçue de ce livre. Dans cette chronique, il est évident que je ne remets pas en cause le travail des autrices, qui ont évidemment assez de talent pour faire parti d'un collectif comme la #TeamRomCom.

    La première histoire est celle d'Eva et Daniel pour lesquels la romance se fait au milieu des montagnes, dans un magnifique château qui a ce défaut d'organiser des séjours détox. Eva est une femme qui est en surpoids et qui s'assume, hors de question pour elle de se priver. Le séjour détox à peine grossophobe, elle n'a pas envie d'y aller. Elle se laisse prendre au jeu des balades, des paysages, et de Daniel, qui est comme un ours bourru et sans sentiment au premier abord.  La romance se fait trop vite, on n'y croit pas... peu convaincue par celle-ci. On ajoute à cela une agressivité de la part d'Eva qui ne donne pas envie de s'attacher à elle.

    Cassandra en veut à sa mère pour absolument tout ce qui va mal dans sa vie. Des années qu'elle lui en veut d'avoir gâché sa romance avec Alexandre, son premier amour. Sa mère lui offre un séjour et qui voilà ? Alexandre. J'ai eu du mal à comprendre aussi cette romance qui m'a semblé aller trop vite, bien qu'on appréciera les moments romantiques entre les deux tourtereaux

    Lisa et Max, c'est une histoire de rendez-vous manqués. Des années après être sortis ensemble, ils ne font que se louper, débutent des romances, les terminent et se croisent de nouveau. Ça m'a fait penser à Un jour de David Nicholls. Une de mes préférées. Cependant, les jeux de mots ne sont pas si drôles et sont mêmes parfois lourds.

    Vincent est un homme désespéré : il tente de reconquérir son ex en la harcelant de SMS. Il fait appel à un "love coach" qui a sûrement déniché ses conseils sur quelques sites internet douteux. Il a la garde de ses neveux pour la période de Noël et je vais l'annoncer - quitte à passer pour une mauvaise personne - mais je déteste les enfants dans les films / romances / séries qui se mêlent de la vie sentimentale des adultes. Ce n'est jamais crédible et ça donne juste l'air hautain à cet enfant donneur de leçons. J'ai apprécié cependant le fait qu'on observe une déconstruction d'une relation toxique. C'est fait facilement mais c'est étonnant de retrouver ça dans un recueil pour Noël. 

    Lara travaille dans un magasin de jouets bondé à la période de Noël. Elle se retrouve coincée par sa faute avec son patron sec et exécrable toute la nuit du réveillon. C'est une histoire originale et finalement une de mes préférées tant sur l'humour que sur le récit. La romance ne tombe pas de nulle part et le huis-clos paraît même crédible. 

    Charlie est en train de terminer son dixième roman quand la panne d'Internet survient. Elle aurait dû passer le réveillon avec ses trois vieilles voisines mais son roman lui prend tout son temps. Son amie lui envoie un homme pour l'aider à réparer sa panne. C'est l'histoire que j'ai le moins aimé car on rentre trop dans les détails de sa vie, et la romance n'a pas de sens... seulement des petites phrases ici et là. 

    Vous l'aurez compris : j'ai été déçue de ce recueil de romances. Je n'ai pas aimé le fait de lire des romances sous le format de nouvelle, tout allait trop vite, sans lien... j'espère que ce format conviendra à d'autres. Le livre semble avoir plu à un grand nombre de personnes. Les histoires dans leur globalité n'étaient pas très originale et les dialogues étaient vraiment sans profondeur.
    Aussi, vous me direz : "quel lien avec Orgueil et préjugés, qu'en est-il du livre à la couverture rouge ?" et bien il apparaît partout, de manière plus ou moins subtile. Sur livraddict, ils écrivent que le lien avec le livre Orgueil et préjugés est "ténu". Plus que cela, on dirait que l'anecdote sur le livre a été rajouté exprès pour coller au thème général. C'est vraiment fait sans subtilités. C'est vraiment dommage parce que je m'attendais à des liens à faire entre le livre et les caractéristiques des personnages, ce qui arrive parfois mais trop peu. Parfois, c'est juste pour signaler que la personne est romantique. Cool cool cool. 

    Globalement, je suis désolée d'avoir fait une si longue chronique pour un livre qui m'a tant déçue. Dire que parfois je ne trouve pas les mots pour ceux que j'adore. Je ne recommande pas trop de recueil de nouvelles, à part si vraiment vous avez envie de vous plonger dans une ambiance de fêtes de fin d'année, parce que par là ça marche. Mais le romantisme et Orgueil et préjugés, j'ai vu vraiment mieux. Dommage !

Pour aller plus loin :
Le véritable Mr Darcy découvert !
"En lisant Jane Austen, notre génération avoue sa nostalgie pour l'authenticité du sentiment"


Page 201 :
"Elle ouvrit délicatement l'édition ancienne et joliment reliée, à la couverture rouge, et plongea son nez entre les pages, humant l'odeur propre aux livres qui ont traversé les ans. Lara ne put s'empêcher de parcourir quelques passages.
"Qu'est-ce qui vous rendait si réservé quand vous êtes venus nous faire visite et le soir où vous avez dîné à Longbourn ? Vous aviez l'air de ne pas faire attention à moi.
- Vous étiez grave et silencieuse, et ne me donniez aucun encouragement.
- C'est que j'étais embarrassée.
- Et moi de même.
- Vous auriez pu causer un peu plus quand vous êtes venus dîner.
- Un homme moins épris en eût été capable sans doute.
"
- Non mais je rêve ! Madame bouquine pendant que je cherche comme un malade ?
Lara rougit, et referma prestement le roman."



Ce livre a été lu dans le cadre du Défi Lecture 2020
27/100

Vous pourriez aussi aimer :
Orgueil et préjugés de Jane Austen (évidemment !!)
Emma de Jane Austen
Elizabeth Darcy d'Abigail Reynolds

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Les chroniques de Jess Swann
Les lectures du Chatpitre

Prochaine chronique :

dimanche 13 décembre 2020

La tresse

Titre : La tresse
Autrice : Laetitia Colombani
Édition : Grasset
Parution : 2017
Nombre de pages : 222
Synopsis : Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l'école.
Sicile. Giulia travaille dans l'ételier de son père. Lorsqu'il est victime d'un accident, elle découvre que l'entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu'elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu'elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est réservé et décident de se battre. Vibrantes d'humanité, leurs histoires tissent une tresse d'espoir et de solidarité. 


Points + : récits touchants
Points - : des histoires qui m'ont moins touché que d'autres

Avis :
    C'était un des livres présent dans ma bibliothèque depuis le plus longtemps : je l'ai eu à Noël 2017. Je l'ai calé dans beaucoup de challenges, dans beaucoup de piles à lire de vacances, et finalement c'est sur une inspiration que je l'ai lu. Mieux vaut tard que jamais ! Je pense aussi qu'il fallait lire ce livre sans me forcer : c'est un roman qui n'est pas appréciable si on se force trop à le lire. 

    Comme vous avez pu le constater, on est sur un roman à trois voix. Trois belles histoire rassemblées autour d'un élément que l'on découvre à la fin. Smita est une femme indienne, une Intouchable, destinée à faire les métiers les plus ingrats, sans se plaindre, et ainsi espérer à la fin de sa vie être réincarnée dans une vie plus confortable, n'importe quel animal vaut mieux que le statut d'Intouchable. Mais Smita veut évoluer dans cette vie, permettre à sa fille d'échapper à ce statut, et l'emmener à l'école.
    Giulia est italienne, fille d'artisan possédant une entreprise sicilienne prospère. Son père tombe malade, dans l'impossibilité de s'occuper de l'entreprise familiale fabriquant des perruques, Giulia prend le relais mais découvre les dettes insurmontables cumulées depuis des années. Elle va devoir briser innover pour l'entreprise pour sauver la famille et les ouvrières de la ruine.
     Sarah est une working-girl, rien ne peut arrêter son ascension : depuis des années une avocate connue et reconnue au sein d'un des plus grand cabinet du Canada, elle met de côté sa vie sentimentale et sa famille pour arriver à son but. Malheureusement, la vie la rattrape et tout s'écroule, bien qu'elle lutte jusqu'au bout. 

    C'est un récit dans lequel vous ne verrez pas tout de suite le lien qui unit ces trois femmes, ni comment ça pourra se rassembler. Le lien se forme au fil du livre de manière plus ou moins subtile. Peut-être même que vous avez déjà deviné le lien qui les unit. On n'apprend qu'à la fin le lien qui unit Smita aux autres femmes, quand le lien entre Giulia et Sarah se découvre facilement. 

    J'ai été touchée par ces trois histoires, qui présentent toutes des femmes qui se battent, indépendantes. J'aimais particulièrement celle de Smita, qui est vraiment une mère formidable et qui risque sa vie pour améliorer celle de sa fille. On ne sait pas vraiment vers quoi elle se dirige, elle non plus, mais on ne peut que l'encourager. Il y a une sorte de suspens autour de son histoire. Giulia ne m'a pas spécialement touchée mais j'ai aimé retrouver son histoire pour replonger en Italie, dans la Sicille traditionnelle, voire parfois trop traditionnelle. Sarah m'a semblé froide au premier abord , fixée sur un seul objectif au point de reléguer au second plan ses enfants et sa vie sentimentale, mais vers la fin, elle m'a émue. 

    Le récit dans son ensemble est bien ficelé : on commence avec Smita, puis on passe à l'histoire de Giulia, puis Sarah, et les récits tournent entre eux. Je sais que c'est un aspect qui ne plaît pas à tous les lecteurs mais on arrive a raccrocher les bouts de récits entre eux, bien que ça puisse frustrer de couper les histoires à des moments cruciaux. Cela empêche cependant les longueurs.

    En conclusion, un très beau récit qui met en lumière les différents combats des femmes à travers le monde. Toutes font le choix de l'indépendance, de se battre. La triple narration empêche les longueurs et le récit est touchant dans son ensemble. Une lecture qui vous redonnera foi en l'humanité et que je vous recommande chaudement. 


Pour aller plus loin :
L'histoire des perruques
La révolte des Intouchables

Page 56 :
"Au cabinet, tous le savent : on l'appelle Maître ou Mademoiselle, jamais Madame. Deux fois mariée, deux fois divorcée, les effets s'annulent. Et puis Sarah l'exècre, ce mot qui signifie : vous n'êtes plus une jeune femme, une demoiselle, vous êtes passée dans la catégorie d'après. Elle hait ces questionnaires où il faut cocher la tranche d'âge à laquelle on appartient. Il a fallu renoncer à la séduisante tranche des 30-39 ans pour passer à celle, moins attrayante des 40-49. La quarantaine, Sarah ne l'a pas vue venir. Pourtant, elle a bien eu trente-huit ans, elle a même eu trente-neuf, mais quarante, non, vraiment, elle ne s'y attendait pas. Elle ne pensait pas que cela viendrait si vit. "Personne n'est jeune après quarante ans", elle se souvient de cette phrase de Coco Chanel lue dans un magazine, qu'elle avait aussitôt refermé. Elle n'avait pas pris le temps de lire la suite : "Mais on peut être irrésistible à out âge"."


Ce livre a été lu dans le cadre du Défi Lecture 2020
26/100

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Culottées, tome 1 de Pénélope Bagieu
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Mavilyly
442 pages

Prochaine chronique :
Noël et préjugés - Collectif