lundi 31 août 2015

22/11/63

Titre : 22/11/63
Titre original : 11/22/63
Auteur : Stephen King
Traduction : Nadine Gassie
Édition : Le livre de Poche
Parution : 2014
Nombre de pages : 1044
Synopsis : Jake Epping, professeur d'anglais à Lisbon Falls, n'a pu refuser la quête d'un ami mourant : empêcher l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Une fissure dans le temps va l'entraîner en 1958, à l'époque d'Elvis et de JFK, des Plymouth Fury et des Everly Brothers, d'un dégénéré solitaire nommé Lee Harvey Oswald et d'une jolie bibliothécaire qui deviendra le grand amour de Jake.





Note : 19/20

Avis personnel :
    Ça faisait un moment que je souhaitais lire du Stephen King, parce que cela me semblait être de la grande littérature. Plusieurs de ses romans m'ont tenté - dont la série Dôme et Joyland - mais c'est finalement 22/11/63 qui m'est tombé dans les mains le jour de Noël. J'attendais un moment propice - à savoir une longue semaine calme - pour le lire.
    Le thème déjà est intéressant : qui n'a jamais eu envie de partir dans le passé pour changer les choses - que ce soit personnel ou historique ? C'est ce qui arrive à Jake Epping, modeste professeur d'anglais. Afin de rendre un service à un ami, il se rend en 1958 grâce à une faille temporelle. Jake y va dans un premier temps, avec le but de modifier la vie d'un de ses élèves défavorisé intellectuellement - changer le passé de cette personne lui donnerait une vie beaucoup plus appréciable. Mais le service que lui demande son ami est beaucoup plus important : il doit sauver le Président Kennedy des balles de Lee Harvey Oswald.
    C'est d'abord un beau voyage dans le temps que nous offre Stephen King : on passe de l'année 2011 à 1958, ce qui est presque comme changer d'univers. Ce qui est appréciable, bien avant que l'intrigue principale ne commence, c'est ce bon en arrière de 50 ans : c'est un dépaysement total, et surtout quand on n'a pas vécu dans les ambiances comme celles-ci. Je n'ai eu cependant aucun mal à imaginer le nouveau monde de Jake, vu la façon qu'avait Stephen King de le décrire. Il y a des détails. Beaucoup de détails. Mais ça n'a pas été rébarbatif pour moi. On s'attache vite, non pas aux personnages, mais à l'environnement.
    Le sujet central de cette histoire - à savoir l'assassinat de Kennedy - n'arrive qu'en 1963 alors que Jake débarque en 1958. Pour cela l'auteur met en place quelques sous-intrigues qui prennent pourtant une importance telle, de façon à s'harmoniser avec le but principal de ce voyage temporel. Je ne sais pas si c'est typique de l'auteur de mettre des sous-intrigues fortes avant l'intrigue finale mais c'est rudement bien fait ici.
     La description de l'époque est très bien détaillée - mais pas assommante - et celle des personnages et des sous-intrigue l'est aussi : Jake doit faire preuve de finesse, que ce soit pour surveiller Lee Harvey Oswald ou arrêter un père alcoolique et même si ces actions prennent du temps à être effectuées, j'ai été hypnotisée par le travail du protagoniste principal. Tout est calculé, tout est précis et même les plus petits embêtements ne sont pas réglés en deux temps, trois mouvements. Ça nous donne du fil à retordre. Stephen King donne à son héros des problèmes à résoudre et tout cela dans un monde qu'il ne connaît pas toujours.
    J'ai été sceptique quant aux motivations de l'ami de Jake - Al ! - qui lui confie cette mission de sauvetage de Kennedy : il suppose que si l'on sauve Kennedy, on sauve les morts de la guerre du Vietnam et Martin Luther King au passage. C'est certainement un rêve que beaucoup ont fait, mais on est en droit de toujours se demander : en changeant quelque chose d'horrible du passé, arrive-t-on réellement à quelque chose de mieux dans le présent ? C'est la question que je me suis posée quand j'ai découvert les intentions du personnage de Al. Mes interrogations seront partagées par Jake, un tantinet suspicieux lui aussi.
    Je ne vais pas vous le cacher : le livre est long.Très long. Mais pas trop long, parce que je me suis tellement régalée et que je pense que le livre a une taille de récit convenable et nécessaire. Il se passe beaucoup de choses cependant : on doit enregistrer beaucoup d'infos évidentes pour Jake, mais ardues pour nous, lecteurs.
     Il y a un point qui m'a déçu - mais pas tellement parce que voyez, j'ai quand même mis 19 - c'est que je n'ai pas accroché au personnage qui représente de "grand amour de Jake". C'est dommage parce que je m'étais imaginé pas mal de choses sur cette romance inter-temporelle. Je pense que ce n'est pas le contexte qui m'a déplu mais le personnage. Peut-être était-elle légèrement niaise parfois, ou même incroyablement naïve. Mais c'est vraiment le seul petit nuage de cette lecture.
    Passant outre cette déception et ces interrogations, une fois dans la lecture je me suis prise à y croire : c'est une mission de folie qui est confiée à Jake, mais on y prend vite goût. Ça a été une lecture très intéressante, et je dirais même complète. En tous points : le scénario très renseigné et appuyé sur des faits réels, des personnages attachants pour la plupart, une intrigue bien menée et des péripéties qui se tiennent... Je n'ai rien à redire sur tout l'ensemble du roman. Je le conseille à tous - surtout pour un week-end à 1000 -, histoire de faire un sacré bon dans le passé.

Deuxième partie, Chapitre 5, page 156 : 
"Mes pensées se sont tournées vers ma mère et mon père. Mon père avait six ans et vivait à Eau Claire. Ma mère en avait seulement cinq et vivait dans une ferme de l'Iowa qui allait brûler du sol au plafond d'ici trois ou quatre ans. Sa famille déménagerait  ensuite dans le Wisconsin, se rapprochant ainsi de l'intersection de vie qui, en fin de compte, déboucherait sur... moi.
Je suis fou, ai-je pensé. Fou et victime d'une hallucination terriblement compliquée, en hôpital psychiatrique quelque part. Peut-être qu'un médecin va rédiger un article sur mon cas pour une revue spécialisée . Au lieu de "L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau", on m'appellerait "L'homme qui pensait qu'il était en 1958".

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2 commentaires:

  1. Je n'ai encore jamais lu du Stephen King (honte sur moi), j'en ai 2 dans ma PAL mais j'avoue que celui-ci me tente bien !

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  2. Jolie chronique ! Merci d'être passé sur mon blog ! Je pense que si ce livre avait été mon premier SK, ma note aurait été bien supérieure. Mais pour avoir lu de biens meilleurs romans de l'auteur, je ne pouvais pas mettre non plus un 20. A lire absolument : la saga La Tour Sombre, un chef d’œuvre. La saga la plus énorme que j'ai lue de toute ma vie pour l'instant ! Amicalement, JLDragon

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