mercredi 11 avril 2018

Une braise sous la cendre, tome 1

Titre : Une braise sous la cendre
Titre original : An ember in the Ashes, book 1
Auteur : Sabaa Tahir
Traduction : Hélène Zylberait
Édition : Pocket Jeunesse
Parution : 2015
Nombre de pages : 523
Synopsis : "Je vais te dire ce que je dis à chaque esclave qui arrive à Blackcliff : la Résistance a tenté de pénétrer dans l'école un nombre incalculable de fois. Si tu travailles pour elle, si tu contactes ses membres, et même si tu y songes, je le saurais et je t'écraserai."
Autrefois, l'Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l'empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d'écrire s'expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une esclave, et Elias, un soldat d'élite, vont tout tenter pour retrouver la liberté... et sauver ceux qu'ils aiment.

Avis :
     J'ai vu ce livre passer sur presque tous les blogs que j'ai l'habitude de visiter et à chaque fois pour vous, c'était le coup de cœur. Il restait même dans vos esprits quand il fallait nomme un couple de littérature, un univers, une dystopie... bon ! Je ne pouvais pas passer à côté, surtout qu'en ce moment, je suis dans ma période "J'adore la fantasy c'est fascinant".
    J'ai vu que le service de bibliothèque de ma ville l'avait dans ses rayons mais quand je me décidais à l'emprunter, il était toujours absent des rayons pour une raison X ou Y. Et juste quand je ne l'ai plus cherché, il était là. Du coup, pensez à l'adage : "Moins t'y penses, plus il y sera".... Mais cet adage n'existe pas et je trouve ça regrettable.

    Laia habite avec son oncle, sa tante et son grand frère, qui part souvent en vadrouille on ne sait où. Une nuit, sa maison est attaquée par des Mask - les soldats Martiaux - qui emmènent son frère en prison, alors qu'elle réussi à s'échapper. Elle réussit tant bien que mal à entrer en contact avec la Résistance qui accepte de l'aider à retrouver son frère, à une seule condition : elle devra être l'esclave de la Commandante - dans l'école des Mask - afin de leur transmettre des informations. Laia plonge dans la gueule du loup et découvre ce qui se cache dans la vie des Martiaux.
    Au moment où les troupes Mask pénètrent la maison de Laia, Elias, un jeune soldat Mask encore en formation, projette de s'évader et de laisser derrière lui toute cette violence. Il est alors retrouvé par sa meilleure amie Hélène, qui lui rappelle, plus tard, de venir assister à l'exécution d'un jeune soldat aillant failli à sa tâche. Il se met alors en tête d'aller jusqu'au bout de sa formation, de devenir un Mask libre, et ensuite de fuir tout cela. Il croisera alors le chemin de Laia, jeune fille un peu trop belle et trop vive d'esprit pour être esclave de sa Commandante.

    J'ai adoré ce roman ! Ma chronique pourrait tenir rien qu'avec ces 5 mots. Mais j'ai décidé de développer un peu plus, tout de même.
    Les personnages de Laia et Elias sont des personnes que tout oppose au premier abord : elle est pauvre et a perdu toute sa famille, se retrouve esclave suite au chantage de la Résistance ; lui est "fils de", probablement riche, populaire. Ce qui les rassemble, c'est leur envie que tout change dans un monde où la justice et la confiance sont inexistantes.

    Le monde dans lequel Laia et Elias vivent est absolument monstrueux. Les Érudits sont de pauvres gens qui craignent énormément les Mask et les Martiaux : ils ont tous vu des membres de leur famille mourir ou disparaître suite à une de leurs attaques. Il leur est impossible de faire confiance à leur prochain. Cependant, n'allez pas croire que les Martiaux ont une meilleure vie : à l'école des Mask, les jeunes soldats sont enrôlés dès l'âge de 11 ans - ou moins - et sont forcés à combattre, à tuer. Beaucoup meurent avant d'atteindre l'âge de 17 ans et certains ne supportent pas cette situation. Finalement, les Érudits et les Martiaux sont prisonniers de leur propre situation : il n'existe pas d'échappatoire. Tu es un enfant d’Érudits : tu tiendras une boutique et n'envisagera jamais d'améliorer ta situation. Tu es un enfant de Martiaux : il est fort probable que tu sois inscrit à l'école des Mask et que tu y restes pour mourir ou en sorte pour tuer. Bonne ambiance, hein !

    Le plus oppressant dans ce livre, c'est pas le milieu dans lequel évoluent les personnages mais surtout cette tension insoutenable qui apparaît sans arrêt dans le récit.
    C'est à mon sens, le point le plus fort du roman : le récit nous tient en haleine tout le long. Aucun temps mort. L'auteur ne donne pas de répit à ses personnages : chaque instant de joie, de soulagement, d'espoir sera accompagné très rapidement de tristesse, de désillusion, de colère... C'est sûr que dit comme ça, c'est pas très joyeux, mais j'avais le sentiment que le récit était une vraie montagne russe, sans temps mort. On espère tout le long que la joie, l'espoir, sera le dernier sentiment ressenti par les personnages, ou en tout cas le sentiment dominant.

    Je n'aurai pas eu le sentiment que les émotions dans le récit prenaient les montagnes russes si les espoirs des personnages n'étaient pas aussi importants, et si leurs désillusions n'étaient pas si fatales. Le monde dans lequel ils évoluent est absolument affreux. Je l'ai déjà évoqué : ils ne sont pas libres, quelque soit le monde dans lequel ils sont nés. Les actes de cruautés auxquels ils font face sont absolument atroce : coups de fouets, gifles, brûlures, fractures, attaques à l'arme blanche, agressions sexuelles ou viols... s'ils ne l'ont pas vécu eux-mêmes, ils l'ont vu. Après des scènes de violence comme ça, après que les personnages aient souffert, l'espoir les gagne, la joie reprend parfois le dessus quelques instants, et puis bim ! De nouveau une nouvelle qui les fait redescendre plus bas que terre, psychologiquement ou physiquement.
    C'est ce qui m'a fait accrocher au récit : on est sous tension presque autant que les personnages - ou alors c'est juste moi ? Je voulais absolument savoir si Laia allait survivre, s'en sortir et si Elias allait tenir ses engagements.

    Il m'est difficile de décrire à quel point l'histoire était formidablement accrocheuse. C'est bien autant que c'est mal. L'auteur nous présente ses personnages, on s'y attache, et notre empathie se développe 1000 fois plus. Elias est un soldat Mask en formation renonçant à l'objectif de toute une vie suite aux injustices déjà trop nombreuses qui se sont déroulées sous ses yeux. Tiraillé entre la loyauté envers sa caste d'origine et ses envies de liberté, il rencontre alors Laia, jeune esclave semblant fragile et soumise, mais pourtant obligée de jouer le jeu. Laia développe une force phénoménale - surtout psychologique - pour tenir bon et permettre à la Résistance de sauver son frère alors qu'Elias apprend à montrer son côté sensible, quitte à s'attirer les foudres de ses camarades durs à cuir, plongés dans un monde violent. Je n'ai jamais lu de personnages qui se complètent autant qu'Elias et Laia.

    J'ai été conquise par la personnalité de nos héros et leurs objectifs tout à fait louables, leur relation qui prend forme petit à petit, seuls et contre tous, ne pouvant se fier qu'à eux-même dans un monde qui prône la prépondérance d'une population par rapport à une autre. Ce concept de population qui se retrouve au-dessus d'une autre n'a pas grand chose de novateur (le district 1 est plus "fort" que le district 12 dans Hunger Games par exemple) et le fait que les personnages mènent le même combat en étant pas de la même trempe (comme dans L'école du bien et du mal) non plus, et pourtant ce roman se distingue. Je n'arrive pas à savoir pourquoi. Peut-être pour cette montagne russe émotionnelle qui ne nous quitte pas de la première à la dernière page ou pour ces relations sociales ambigües et angoissantes.

    Je crois que vous l'avez compris : ce livre est un véritable coup de cœur, et jamais je ne regretterai de l'avoir lu. Merci à moi-même d'avoir eu le réflexe de l'emprunter et pas merci à moi-même parce que du coup j'ai incroyablement envie de lire la suite - indisponible en bibliothèque depuis des mois (penser à penser à "Moins t'y penses, plus il y sera"). Merci à toutes les chroniques hyper positives qui m'ont donné envie de le lire : pour une fois, je suis tout à fait d'accord avec vous ! Les autres, rejoindrez-vous le cercle des amateurs d'Une braise sous la cendre ?
   

Lu dans le cadre du Challenge des pavés


"Ne me dis pas que tu crois aux mythes de djinns, des éfrits et des spectres qui kidnappent les enfants la nuit ?
- Non.
Je pense au raid. Au Mask. Ma légèreté s'évanouit. 
"Je n'ai pas besoin de croire au surnaturel quand une réalité bien pire erre la nuit.""

Vous pourrez aimer :
L'école du bien et du mal, tome 1 de Soman Chainani
Hunger Games, tome 1 de Suzanne Collins

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2 commentaires:

  1. Il est dans ma PAL, j'avais déjà super envie de m'y plonger et ton avis me rend davantage curieuse ^^ J'espère passer un aussi bon moment !

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  2. Je te le souhaite. J'espère que tu regretteras de l'avoir laissé dans ta PAL ;) (ceci est un encouragement et non une malédiction :'))

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