mercredi 18 mai 2016

Revival

Titre : Revival
Titre original : Revival : A novel
Auteur : Stephen King
Traduction : Océane Bies et Nadine Gassie
Édition : Albin Michel
Parution :  2015
Nombre de pages : 439
Synopsis : Il a suffit de quelques jours au charismatique révérend Charles Jacobs pour ensorceler les habitants de Harlow dans le Maine. Et plus que tout autre, le petit Jamie. Car l'homme et l'enfant ont une passion commune : l’électricité. 
Trente ans plus tard, Jamie, guitariste de rock rongé par l'alcool et la drogue, est devenu une épave. Jusqu'à ce qu'il croise à nouveau le chemin de Jacobs et découvre que le mot "Revival" a plus d'un sens... et il y a bien des façons de renaître ! 



Note : 17/20


Avis personnel :
    Revival est le deuxième King que je lis. J'avais été conquise par 22/11/63 et à la sortie de Revival, il me tardait de découvrir l'histoire se cachant derrière les éclairs, la foudre et Dieu. Du mystique et du mystérieux. 
    Dans ce roman, Jamie est le héros principal : au départ, c'est un enfant de moins de 10 ans, fasciné par le nouveau pasteur qui vient d'arriver dans sa ville. Le pasteur Charles Jacobs possède un charisme fou et conquiert tous les cœur de la petite ville de Harlow, mais surtout le cœur de Jamie. Un jour, le frère de Jamie est victime d'un accident et perd sa voix. Le pasteur Jacobs arrive à le soulager miraculeusement grâce... à l'électricité : Jamie est fasciné et reste en admiration de longues années durant. Seulement, par un évènement malheureux, la foi du pasteur Jacobs est ébranlée, et il est contraint de quitter la ville et de vaquer à d'autres occupations, loin des habitants de Harlow et de Jamie. Jamie évolue, grandit, se lance dans la musique - précisément dans le rock, que des conneries en mi - connait ses premiers émois et ses premiers amours, jusqu'à tomber plus bas que terre, et être récupéré par Charles Jacobs, vivant maintenant de tours de passe-passe avec son électricité chérie, et ayant plus d'une idée derrière la tête. 

    Les premières parties du roman m'ont plu : Jamie raconte son enfance, son adolescence, ses premiers amours et sa descente aux enfers. C'est une partie qui est très longue - il m'a semblé - mais pourtant elle est très fascinante et pleine de détails. Jamie est un personnage qui en a vu des vertes et des pas mûres : d'abord enfant insouciant et malin, peu à peu l'adolescence le transforme en espèce de loque plus bonne à rien, sauf à jouer de la guitare. C'est un personnage qui est arrivé à saisir les chances qui lui ont été offertes et même lors de ses moments les plus sombres il reste attachant - j'ai un faible pour les personnes amochées. 
    Je n'ai pas arrêté de changer d'avis sur le pasteur Jacobs - le seul point qui ne changeait pas, c'est qu'il me faisait toujours beaucoup de peine, cet homme. Au début du livre, je l'ai adoré, peut-être parce que j'ai succombé au charisme si bien décrit par l'auteur. Et puis quand il rencontre Jamie une deuxième et la troisième fois, c'était moitié-moitié. Il était effrayant tout en étant fascinant. Mais toujours il me faisait de la peine. 
    Les mots de Stephen King sont précis, il passe du temps à nous relater des faits qui paraissent anecdotiques, à bien faire évoluer chaque personnage et ça n'est jamais soporifique. L'intrigue est bien ficelée, à tel point que je ne me doutais de rien. J'avais bien quelques suppositions au fil du récit mais aucune n'était bonne - je suis peut-être tout simplement pas douée...

    L’électricité est ici comparée à Dieu : est-elle aussi forte que Dieu, cette électricité ? Peut-elle réparer les maux causé par la force de Dieu ? Étant totalement inculte en matière de religion et d'électricité, j'ai tout de même trouvé cette comparaison remarquable : pourquoi pas ? Les personnages semblent expliquer cela avec une telle simplicité et à la fois avec une telle connaissance que finalement je me laisse prendre au jeu. Il y a beaucoup de mystique et de mystère : ces deux conditions étant là par la seule présence de Jacobs qui joue bien le rôle de mystérieux pasteur fou
    La quatrième page du livre promet "On est littéralement sonné par la fin" (Publishers Weekly). Oui, franchement oui. Cette fin est un concentré de force, de révélations et de stupéfaction. Je n'en dirais pas plus.

Une citation de Jung se trouvant dans le livre résume assez bien le livre : "Les plus grands affabulateurs du monde sont dans des asiles". Oubliez l'asile, gardez l'affabulateur, associé à la folie. C'est exactement tout ce qu'est ce livre - et donc parallèlement Jacobs : de la folie, associée à un peu de rêverie et d'espoir. Stephen King a réussi sont pari de faire (re)vivre ses personnages de plein de manières possibles. Jetez-vous dessus.


Chapitre 1, page 28 :
"Pas mal hein ? "Et Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Et Dieu vit que cela était bon." Sauf que je ne suis pas Dieu, je dois donc dépendre de l’électricité. Une invention merveilleuse, Jamie. Un tel don de Dieu que l'on éprouve soi-même une sensation divine à chaque fois que l'on appuie sur un interrupteur, tu ne trouves pas ?"


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4 commentaires:

  1. J'en garde un excellent souvenir, la comparaison et la critique de la religion y est vraiment intéressante. Je suis plus sceptique pour la fin mais j'ai l'habitude avec King ;) et je ne lui en tiens pas rigueur !

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    1. Oui effectivement la fin manque de réalisme mais j'ai trouvé qu'il avait fait de belles métaphores :)

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  2. J'aimerai tellement l'avoir celui la ! Mais j'attend qu'il sorte en livre de poche, parce que sinon mon porte monnaie ne se sent pas vraiment bien ahah !

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    1. Ça devrait pas tarder :) Ton porte-monnaie est rassuré.

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