samedi 28 février 2015

La fin du monde a du retard

Titre : La fin du monde a du retard
Auteur : J.M. ERRE
Édition : Buchet/Chastel
Parution : 2014
Nombre de pages : 399
Synopsis : La fin du monde a du retard met en scène Alice et Julius, deux amnésiques qui s'évadent de la clinique psychiatrique où ils sont traités. En effet, Julius s'est donné pour mission de déjouer un terrible complot qui menace l'humanité. Poursuivis par la police, par des journalistes et par de mystérieux personnages de l'ombre, ils iront de péripéties en rebondissements jusqu'à l'incroyable révélation finale.






Note : 17/20

Avis personnel :
  Cela faisait un moment que je voulais lire un livre de J.M. Erre, parce que ses titres me font toujours rire et ça laisse présager quelque chose d'absurde, je ne me suis pas trompée. Cette première lecture s'est avérée fort sympathique. Au départ c'est vrai j'ai un peu lu à reculons parce que c'était assez mou, que Julius semblait déjà fort atteint et que je ne comprenais pas bien là où il voulait en venir. Une fois que l'intrigue se débloque - vers la 30ème page je dirais - la lecture s’accélère, de la même façon que leur course poursuite.
  Julius est complètement décalé. Il est amnésique certes, mais aussi un peu paranoïaque et plein d'imagination : tout le monde lui veut du mal, tout le monde est aveuglé, mais lui seul peut rétablir la vérité. C'est le personnage clé de l'histoire, on a envie de le secouer pour le faire revenir à la raison, lui dire de ne pas s’inquiéter, et surtout on peut noter que l'auteur l'a très bien fait évoluer, qu'il est bien construit, chapeau parce qu'il est très complexe. Il va entraîner avec lui Alice - qui n'a rien demandé - juste parce qu'il s'est amouraché d'elle. Alice elle ne ressent pas les émotions suite à l'explosion qui a détruit son mariage et dont elle ne se souvient même pas. Elle suit Julius parce qu'elle veut voir si son histoire de complot tient la route - et peut-être aussi parce qu'elle l'aime bien. Même sans émotions, elle est pleine d'humour et être touchante dans ses réactions.
  Ce livre va vite, les évènements se succèdent à une vitesse folle sans pour autant être bâclés par l'auteur : on a presque l'impression que tout ce que dit Julius a du sens, en fait, donc ça paraît normal.
  Je n'ai pas aimé Ours - ce personnage geek qui sert de meilleur ami du héros - parce que c'est un personnage très cliché et que je ne l'ai pas trouvé sympathique, contrairement à Matozzi et Gaboriau - les deux policiers chargés de comprendre et élucider le problème du mariage d'Alice. Eux font vraiment la paire : d'un côté le vieux policier has-been presque à la retraite et le jeune lieutenant qui prend un malin plaisir à le décontenancer. Vu que l'histoire se concentre aussi parfois sur eux je tiens à dire que ça a été très drôle de suivre leurs altercations.
  L'histoire se déroule en 3 jours - le temps qu'il reste avant la fin du monde - et tout pleins de personnages, de références et de courses-poursuites viendront rythmer votre lecture. C'est complètement absurde, Julius va vous paraître complétement dingue et Alice, sans émotion, va vous toucher aussi. La succession des évènements a presque du sens, et la fin est un vrai régal : je ne m'attendais pas du tout à ça. Peut-être que je suis naïve, ou juste aveugle mais la fin est un véritable coup de théâtre, je vous laisse imaginer et supposer.
  Je ne peux pas dire que J.M. Erre est sur la même longueur d'ondes que David Safier mais quand même dans l'absurde ils sont rois. Donc si vous aimez l'humour de Safier, l'absurde, Paris, les amnésiques, les complots, les histoires d'amour à sens unique et les références nombreuses, ce livre est pour vous.

Lundi ; Chapitre 3 - Page 33
"En moins de temps qu'il n'en faut pour dire "en moins de temps qu'il n'en faut", Julius avait adopté la position de combat : verrouillage de l'ordinateur, extinction des feux, allumage de la lampe frontale, sniffage d'une capsule de Nespresso, what else ?"

6/18

1 commentaire: