mardi 7 août 2018

Eleanor Oliphant va très bien

Titre : Eleanor Oliphant va très bien
Titre original : Eleanor Oliphant is completely fine
Auteur : Gail Honeyman
Édition : Fleuve
Parution : 2017
Nombre de pages : 432
Synopsis : Eleanor Oliphant est un peu spéciale. Dotée d'une culture générale supérieure à la moyenne, peu soucieuse des bonnes manières et du vernis social, elle dit les choses telles qu'elle les pense, sans fard, sans ambages.
Fidèle à sa devise "Mieux vaut être seule que mal accompagnée", Eleanor évite ses semblables et préfère passer ses samedis soirs en compagnie d'une bouteille de vodka. Rien ne manque à sa vie minutieusement réglée et rythmée par ses conversations téléphoniques avec "maman".
Mais tout change le jour où elle s'éprend du chanteur d'un groupe de rock à la mode. Décidée à conquérir l'objet de son désir, Eleanor s'est lancée dans un véritable marathon de transformations. Sur son chemin, elle croise aussi Raymond, un collègue qui sous ses airs négligés, va lui faire repousser ses limites. Car en naviguant sur les eaux tumultueuses de son obsession amoureuse et de sa relation à distance avec "maman", Eleanor découvre que, parfois, même une entité autosuffisante a besoin d'un ami.


Avis :
    C'est par hasard que je suis tombée sur ce livre. J'étais parfois tombée sur une chronique le concernant sur les blogs mais je ne m'étais jamais vraiment arrêtée dessus puisque la description du personnage d'Eleanor ne me faisait pas du tout envie. Je me suis quand même décidée à l'emprunter un jour où la chasse aux livres à la bibliothèque n'avait pas été très juteuse : meilleure décision de l'année !

    Comme dit dans le synopsis, Eleanor vit seule. Pas seulement chez elle. Mais aussi au travail, dans la rue. Elle se limite au strict minimum avec ses collègues et autres employés de service public ou de magasins. Elle ne comprend pas les règles imposées par la société : pourquoi questionner un collègue sur son week-end inintéressant ? Pourquoi débarrasser son plateau soi-même au McDo si c'est un restaurant ? C'est tout le paradoxe du personnage : elle connait des tas de choses, mais rien sur les relations humaines. 
    Un jour, elle tombe virtuellement amoureuse d'un chanteur membre d'un groupe de rock. Mais pour être à la hauteur le jour où elle va le rencontrer, puis l'épouser, il faut qu'elle s'améliore. Elle fera alors des efforts vestimentaires et cosmétiques. Mais le véritable changement dans la vie d'Eleanor se fera de manière très accidentelle : lorsqu'un vieux monsieur tombe inanimé, Raymond, son collègue de travail lui vient en aide et demande à Eleanor de l'aide également. Dès lors, la vie sociale d'Eleanor s'enrichit et elle - qui adore sa solitude - va se retrouver au centre d'une famille, auprès de Raymond, une personne qui lui veut du bien. 

     J'ai adoré ce roman ! Je ne m'y attendais tellement pas ! C'est vrai que j'ai eu un peu de mal avec Eleanor au départ parce que je me demandais ce qui la poussait à ne faire aucun effort vestimentaire, ni social alors qu'aller discuter avec des personnes qu'elle rencontre tous les jours, c'est pas sorcier - et ça évite de passer pour une pestiférée. Mais justement, Eleanor s'en fiche complètement ! Je dirais même qu'elle est au-dessus de ça : mieux vaut être seule et mal accompagnée, surtout lorsqu'on sait que ses collègues sont des amateurs de potins nuls et hypocrites par dessus le marché.

     Eleanor est aussi très touchante dans sa naïveté et son franc parler : elle ne comprend pas les règles de séduction ni celles de la bienséance. Pour dire, elle n'avait jamais été invitée à une fête ou à boire un café, c'est difficile de se familiariser sans ça.
     Derrière le comportement étrange d'Eleanor se cache "maman", qu'elle a au téléphone une fois par semaine et à qui elle raconte sa vie monotone. "Maman" est un personnage malsain qui souhaite garder Eleanor sous son emprise et qui profite de sa solitude pour pouvoir mieux la manipuler. "Maman" se nourrit de la solitude de sa fille, elle l'entretient. Elle la rabaisse, voire lui ment, lui cache des choses, lui fait des reproches. Si vous vouliez une relation toxique, c'est bien celle-ci. 
    Raymond est également un personnage très touchant et assez drôle finalement. Eleanor fait appel à lui dans le cadre de son travail pour un problème informatique et de là, lui y voit le début d'une relation amicale lorsqu'elle n'y voit que des formalités. Tout change lorsque ces deux-là portent secours à un vieil homme à la famille reconnaissante. Raymond est extrêmement gentil et trouve la franchise d'Eleanor adorable. Il prend plaisir à lui expliquer les bases sociétales des relations humaines et s'interroge sur l'origine de son comportement parfois étrange. J'ai eu un vrai coup de cœur pour ce personnage, lui aussi en marge de la société, mais définitivement plus avenant et attirant qu'Eleanor aux yeux des gens.

    Ce qui pousse Eleanor à changer, c'est la rencontre qu'elle prépare avec son idole, son amour, son chanteur. Mais finalement, on en parle pas tant que ça. C'est peut-être ce qui m'a dérangé au départ parce je trouvais ce scénario cocasse. Mais quand on voit le temps que prennent les transformations d'Eleanor, ça aurait été superflu d'en parler davantage.
    J'ai adoré voir l'évolution du personnage d'Eleanor, sa remise en question vis-à-vis de la relation avec "maman", mais aussi de la relation qu'elle a avec Raymond. C'est un personnage très touchant et c'est finalement avec émotion que j'ai suivi les beaux changements qui s'opèrent chez elle, sans pour autant qu'elle renonce à sa personnalité, à ses plaisirs de lecture et à sa solitude.

    Vous l'aurez compris, c'est un petit bijou que j'ai envie de vous montrer là. C'est très moderne, mais le personnage d'Eleanor nous semble pris dans une autre dimension. J'ai en général beaucoup de mal avec les romans contemporains mais celui-ci sort du lot par sa drôlerie, sa naïveté et la vision de la société qu'il nous offre. Le personnage principal est attachant et rencontre des personnages qui le sont tout autant : j'ai adoré suivre leurs vies durant ces 432 pages. C'est un roman qui fait du bien : il est drôle, émouvant, triste, sérieux... il est tout à la fois mais j'espère que comme moi vous serez très contents de l'avoir pris par hasard.


Chapitre 8, page 95 :
"L'enfer est une invention, bien sûr, mais, s'il existait, je verrais bien un pot-pourri des grands succès des comédies musicales passé en boucle comme fond sonore, derrière les hurlements, le fracas des fourches et les gémissements insupportables des âmes damnées"


Ce livre a été lu dans le cadre 
du Challenge des pavés

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4 commentaires:

  1. Je l'ai repéré et il me tente beaucoup et encore plus à la lecture de cette chronique ;-)

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    1. Haha Merci c'est gentil :) j'espère qu'il va te plaire !

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  2. Il me tente énormément donc ta chronique ne peut que me donner encore plus envie de le découvrir :)

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