mercredi 18 février 2015

Les suprêmes

Titre : Les suprêmes
Titre original : The supremes at Earl's all-you-can-eat
Auteur : Edward Kelsey Moore
Traduction : Emmanuelle et Philippe Aronson
Parution : 2014
Édition : Actes Sud
Nombre de pages : 316
Synopsis : Elles se sont rencontrées à la fin des années 1960, et ne se sont plus quittées depuis : tout le monde les appelle "les Suprêmes", en référence au célèbre groupe de chanteuses des Seventies. Complices dans le bonheur comme dans l'adversité, ces trois irrésistibles quinquas afro-américaines aussi puissantes que fragiles ont, depuis leur adolescence, fait de l'un des restaurants de leur petite ville de l'Indiana longtemps marquée par la ségrégation leur quartier général où, tous les dimanches, entre commérages et confidences, rire et larmes, elles se gavent de nourritures diététiquement incorrectes tout en élaborant leurs stratégies de survie.




Avis :
  Je m'y attendais, je le souhaitais tellement : c'est un livre coup de cœur. J'avais déjà lu La couleur des sentiments sur le thème de la ségrégation raciale aux États-Unis et lorsque j'ai vu ce livre en librairie, et surtout le résumé qui me paraissait beaucoup plus léger que le livre de Stockett, j'ai voulu me le procurer. Je ne suis pas déçue et je ne sais pas par où commencer.

  Dans ce roman on y lit les méandres et les joies d'Odette, Barbara Jean et Clarisse, trois cinquantenaires qui ont déjà bien du vécu derrière elles et qui ont encore de l'énergie à revendre. On les appelle "les Suprêmes", leur entourage les voit toujours par trois avant de les voir mariées et pourtant, elles ont des caractères bien distincts et bien uniques en leurs genre. Clarisse est ce qu'on appelle une femme résignée : son mari la trompe, tout le monde le sait, mais elle se tait pour ne pas laisser la honte et le déshonneur imprégner son foyer. Musicienne de talent, elle ne cesse de ressasser ses regrets de ne pas avoir eu la carrière qui lui était destinée. Barbara Jean est la plus douce, la plus gentille, la plus aimante, mais son passé l'a certainement fait devenir comme ça, silencieuse, elle est sous la protection des deux autres mais laisse entendre son avis quand il le faut. Odette, c'est la malade, c'est la cancéreuse, mais elle est née dans un arbre - un sycomore - alors elle est forte, très forte. Elle a eu la vie la plus paisible, et savoure encore pleinement chaque instant, sans avoir peur, et en osant quand même ouvrir sa bouche quand il le faut. Elles ont plein de points communs, mais un ressort particulièrement : ce sont des femmes fortes. Elles ont vécu la ségrégation, des pertes délicates, les années de l'insouciance, et elles sont toujours là, avec la sagesse acquise et les anecdotes nombreuses à raconter Chez Earl - le restaurant point de chute des 3 femmes.

  On oscille entre les points de vue de ces trois femmes, et entre leurs souvenirs, des années 1960 aux années 1980, et on comprend petit à petit pourquoi elles sont si unies. Ce que j'ai apprécié, c'est aussi le fait de lire une histoire qui se passe dans les années 2000 mais qui nous fait voyager dans le temps, avec une telle justesse et de façon si fréquente que j'aurais cru que ce livre était un "retourneur de temps".

  Ce livre est d'une richesse absolue, tant par les anecdotes historiques, personnelles, que par les personnages secondaires. Ils sont pleins, mais vous allez tous les adorer - même, certains, vous allez adorer les détester. En lisant ce livre j'ai vraiment eu l'impression de plonger dans un univers riche, avec des histoires qui s’entremêlent et se lient, et avec des personnages qui s'associent et se séparent. Je n'ai pas plus de mots que ça pour vous décrire à quel point je ne me suis pas ennuyée un brin pendant ma lecture, c'est fabuleux.

  Ce roman regorge aussi de moments tristes, mais surtout de grands moments de rire - toujours ponctués par les remarques acerbes et cyniques d'une des Suprêmes, de leurs mères ou d'un de leurs amis. Chaque personnage a une place importante, primordiale, et même si certains sont insupportables, vous allez vous attacher quand même.
  A qui conseillerais-je ce livre ? A tous ceux que j'ai convaincu, à tous ceux qui ont été tentés avant même de venir ici, et à tous ceux qui hésitent encore. Foncez, vous allez gagner encore 3 amies sorties d'un livre.


Chapitre 30, pages 230-231 :
"Maman acquiesça. "C'est à ça que tu penseras quand tu mourras, tu sais. Combien ton mari était bon, combien tu aimais tes enfants. Combien tes amies t'ont fait rire jusqu'aux larmes. C'est ça qui te traverse l'esprit quand le moment est venu. Pas les mauvais souvenirs. [...]"

Vous aimerez peut-être :
La colline aux esclaves de Kathleen Grissom
La couleur des sentiments de Kathryn Stockett
Sweet Sixteen d'Annelise Heurtier

D'autres blogueurs en parlent :

2/12

2 commentaires:

  1. Tu m'en as parlé dans le commentaire que tu m'as laissé sur mon article concernant La Colline aux Esclaves, de Kathleen Grissom...ce livre me tente beaucoup, depuis que j'ai lu La Couleur des Sentiments, je recherche des romans qui pourraient faire revivre cette ambiance particulière que j'avais tant aimé dans le roman de Kathryn Stockett... je pense que je lirai Les Suprêmes un jour ou l'autre et la couverture est très jolie, en plus ! !

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    1. Oui celui-ci il est sympa. Un peu tiré par les cheveux parfois mais très franchement on retrouve La couleur des sentiments par les personnalités des femmes du livre. :)

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Merci de votre passage sur mon blog !
À bientôt !